Blabla : Bonjour bande de gens ! Alors mes lapins, comment ça va chez vous ? Moi je pète la forme ! Mes oraux de langues sont passés, la vie est belle. Bref, vous l'attendiez ? La voilà ! La suite d'AMAP !
Chapitre 3
Le lendemain matin, Jasper partit faire de la moto. Évidement, Alice fut contrainte de le suivre, elle ne pouvait pas lui laisser la télécommande tout le temps. Enfin contrainte... Maintenant elle n'avait plus peur. Au contraire, elle adorait ça ! La vitesse, le vent si fort qu'il vous donne l'impression de voler, Jasper serré dans ses bras... Que du bonheur !
En plus, elle pouvait prétexter ne pas être rassurée pour se coller un peu plus à lui. Mais cela manquait un peu de crédibilité, car elle avait pu constater à quel point il conduisait bien.
Il rentrèrent à treize heures, et juste avant d'entrer chez elle, Alice fut interceptée par Madame Swan, sa voisine de palier. Cette dernière lui offrit un énorme plat de lasagnes préparé par ses soins, en remerciements de l'aide fréquente de la jeune femme.
Elles étaient absolument délicieuses, si bien que Jasper et Alice finirent le plat en entier le midi-même.
Ayant trop mangé, Alice alla se coucher et Jasper passa l'après-midi à regarder la télé.
Alice émergea vers 17 heures. Elle sortit de sa chambre habillée d'un grand t-shirt qui lui tombait sur les épaules. Ses cheveux courts partaient dans tous les sens, son maquillage avait coulé et elle avait une longue trace noire sur la joue droite. La gauche n'était pas mieux : aussi rouge que l'autre, elle était couverte de traces d'oreiller. Et en plus, elle avait encore les yeux mi-clos, et semblait avancer dans du coton. Et pourtant, Jasper la trouvait adorable, et surtout incroyablement attirante. Oula, non ! Regarder ailleurs, il fallait regarder ailleurs et penser à autre chose. Il tourna les yeux vers la télé. Ah, une publicité où deux filles en bikini étaient couvertes de mousse et lavaient une voiture. Ca c'était vraiment sexy. Et pourtant Jasper préférait Alice et ses yeux retombaient toujours sur elle.
Quant à Alice, dès qu'elle croisa le regard de Jasper, elle rougit jusqu'aux oreilles et s'enfuit dans la salle de bain. Trop encomatée, elle l'avait oublié, mais dès qu'elle avait vu les yeux bruns du blond, son rêve lui était revenu en pleine figure. Pfff, elle n'était vraiment pas nette pour rêver de ce genre de trucs. Qu'elle soit amoureuse, OK. Qu'elle trouve Jasper irrésistiblement parfait et attirant, passe encore. Mais que elle, supposée être aussi naïve et innocente qu'un agneau, fasse des rêves érotiques comme ça, ça n'allait pas du tout !
Et puis, ce n'était pas comme si elle avait une grande expérience derrière elle... Elle n'avait couché qu'une seule fois avec un garçon. Elle en était amoureuse, mais lui, l'avait jetée en l'envoyant chier après. Un peu trop sensible et assez fleur bleue, elle en avait été désespérée et n'avait pas laissé un homme approcher d'elle pendant des années, et la sexualité était devenue tabou chez elle.
Mais là, dans son rêve, ça avait été tellement mervei- Eh non ! Non, non, ça n'allait pas du tout ! Elle baissa la température de l'eau et s'aspergea le visage d'eau froide.
N'empêche, elle avait évolué. Ca ne l'avait pas choquée de se contenter de coucher avec Jasper, à défaut de mieux, pour rester auprès de lui.
PCHHT, eau froide.
Elle ressortit de la salle de bain, coiffée et maquillée, puis elle alla s'habiller dans sa chambre. En en sortant, elle croisa de nouveau le regard brun de Jasper. Dans son rêve, ses yeux étaient plus clairs et... Argh ! Elle fuit son regard et pris son manteau et son sac.
- Bon, je reviens, je dois aller acheter un truc.
- Est-ce que c'est...
Mais Alice avait déjà fermé la porte derrière elle. C'était stupide, mais elle avait l'impression qu'il allait deviner son rêve s'il la regardait dans les yeux.
Elle se rendit à la banque, de toute façon elle y avait un dépôt à faire. Elle n'y était pas encore que son portable sonna, affichant "maison". C'était Jasper. Encore perturbée et ne sachant pas trop quoi faire, elle ignora l'appel. Moins d'une minute plus tard, son téléphone sonna une nouvelle fois. Elle l'ignora encore. La troisième fois, se demandant ce qui se passait, elle se décida enfin à répondre, timidement :
- Euh, ou-
- ALICE ESPECE D'IDIOTE !
- Euh...?
- T'ES VRAIMENT PAS POSSIBLE, HEIN ? TU T'ES PAS DIT QU'EN PRENANT LA TELECOMMANDE AVEC TOI ET T'ELOIGNANT JE ME PRENDRAIS UNE DECHARGE ?!
Alice fut surprise, il était vraiment en colère. Ce n'était vraiment pas bon ça. Ce qu'il avait crié arriva enfin à son cerveau.
- Ah ? Oh ! Oh non, je suis désolée ! Je-je reviens tout de suite.
- Mais tu foutais quoi ? Ca fait cinq minutes que j'essaye de t'appeler. Plus tu t'éloignes, plus c'est violent.
- Oh Jasper, je suis tellement désolée... Je me dépêche !
C'est vrai qu'elle n'avait pas pensé à ça... Elle arriva enfin, à bout de souffle, devant son appartement. Jasper l'attendait les bras croisés, derrière la porte.
- Je-je suis désolée ! Pfiou...
- T'as couru jusque là ? S'étonna-t-il alors que ses traits se détendaient un peu
- Bah, oui...
- Ton cas est plus grave que j'le pensais. A partir du moment où tu étais à moins d'un kilomètre d'ici, le bracelet s'est arrêté.
- Oh c'est, pff, c'est, pff, c'est vrai.
- Allez, viens t'asseoir. On dirait que tu viens de courir un Iron man.
Jasper lui prit gentiment la main, mais elle la retira précipitamment.
- Euh, ce, euh... C'est bon, je vais bien.
Jasper la regarda de travers. Elle était bizarre depuis qu'elle s'était levée.
Elle avait une bonne raison de l'être. Jusqu'à maintenant, elle avait vaguement conscience d'être amoureuse de Jasper. Mais depuis la fin de l'après-midi, elle s'était rendu compte qu'elle le désirait tout entier aussi – vraiment tout entier - et perçu en même temps l'ampleur de ses sentiments. Et ça n'allait pas du tout. D'ici quelques jours il allait retourner en prison, et elle ne le verrait plus qu'une fois par semaine, et ils seraient sûrement séparés par une vitre.
De plus, à long terme, elle ne pourrait plus être satisfaite de la seule relation que Jasper pourrait lui proposer.
Le problème était qu'à chaque fois qu'elle le regardait, son coeur faisait un bond et son souffle devenait plus court.
Alors, elle l'évita soigneusement toute la soirée jusqu'au moment ou, lassé, Jasper la suivit dans la cuisine où elle commençait à faire la vaisselle.
- Eh Alice...
Elle ne répondit pas, alors Jasper lui saisit le poignet.
- C'est parce que je me suis énervé tout à l'heure au téléphone ? Je suis désolé. Eh...
Il tira doucement sur le poignet de la jeune femme, obligeant celle-ci à se retourner, et elle se retrouva nez à nez avec lui. Il se pencha, l'air désolé, pour être à sa hauteur, et Alice leva les yeux vers lui. Grave erreur. Tous les deux, d'un même mouvement, approchèrent leur visage de celui de l'autre et s'embrassèrent. Très vite, ils reculèrent, scrutant la réaction de l'autre. Et se réembrassèrent, encore et encore. Bien vite, Alice se retrouva assise sur le plan de travail, bras et jambes liés autour de Jasper.
- Merde Alice...
Bisou
- C'est...
Bisou
- C'est pas bien ce qu'on fait.
Bisou
- Alice...
Mais peu importait. En moins d'une demi-minute, il furent tous les deux sur le lit, Jasper allongé au-dessus d'Alice, à s'embrasser à perdre haleine.
Sans vraiment s'en rendre compte, ils ne furent plus qu'en sous-vêtements. La jupe d'Alice pendait lamentablement, coincée sur le coin supérieur de la porte ouverte. Son débardeur avait disparu derrière le fauteuil, rejoint par le jean de Jasper. Quant au t-shirt de ce dernier, il trônait désormais au-dessus d'une armoire.
Jasper déshabilla Alice du regard – il n'y avait plus grand chose à enlever, de toute manière – et sourit. Elle portait le soutient-gorge rose sur lequel il s'était assit la première fois qu'il était venu. Alice le remarqua et elle rosit un peu.
Bien vite, Jasper se recoucha sur elle et s'empara une nouvelle fois de ses lèvres, s'attaquant en plus à son soutient-gorge.
- A-a-attends.
- Quoi, qu'est-ce qu'y'a ?
- Ca... Ca va faire mal, n'est-ce pas ?
Jasper se redressa et s'assit sur les jambes de la jeune femme.
- Alice...T'as eu combien de relation de ce genre avant ?
- Euh... Une seule. Et ça avait été un peu une catastrophe.
Il pinça les lèvres. Il savait qu'il aurait dû s'arrêter. Alice n'était pas ce genre de fille, en plus une mauvaise expérience avait pu la traumatiser, alors impossible de prévoir sa réaction. Il savait aussi parfaitement qu'après, rien ne serait plus pareil entre eux. Mais c'était trop tard. Il n'arriverait plus à s'arrêter maintenant qu'il la voyait comme ça, en-dessous de lui. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était la rassurer et être plus doux que d'habitude.
- T'en fais pas, je vais te faire aimer ça.
Jasper vérifia quand même l'état d'Alice. Mais elle répondit en attrapant son cou pour le rapprocher d'elle. Alors bien vite, les sous-vêtements des deux amants imitèrent le reste de leurs vêtements, et se perdirent dans un coin aléatoire de la pièce.
En se réveillant le lendemain matin, Alice eut le sentiment de ne jamais avoir aussi bien dormi de sa vie. Elle était bien, elle avait chaud, et il y avait une bonne odeur – malgré la petite note de tabac. Tabac, chaleur... Elle ouvrit les yeux et se retrouva face au torse nu de Jasper, qui bougeait au rythme de sa respiration.
Ah... Ah... Aaaaaah !
Évidemment, la nuit avait été extraordinaire – elle s'en souvenait maintenant - et elle était heureuse d'avoir partagé ça avec quelqu'un qu'elle aimait mais... Ses sentiments n'étaient pas partagés, et elle ne pourrait pas regarder Jasper en face avant longtemps. Et puis elle avait forcément été nulle et l'avait probablement déçu... D'un autre côté, s'il lui reproposait, elle ne dirait pas non.
Il dormait profondément et il bloquait Alice dans ses bras. Elle décida d'en profiter un peu, la joue contre la poitrine chaude de Jasper. Mais au bout de vingt minutes, elle décida de se lever – elle avait trop chaud.
Elle s'affaira à préparer le petit déjeuner après avoir enfilé une robe et cherché, sans résultat, ses sous-vêtements de la veille. Jasper émergea une demi-heure plus tard, son jean lui tombant sur les hanches.
- Eh, t'aurais pas vu mon caleçon ?
- Négatif. Tu as bien dormi ? Tu as faim ?
- Bah ouais, les émotions ça creuse.
- Ben tiens, c'est prêt. J'ai déjà mangé moi, je vais me laver.
Et avant que Jasper ne réponde, elle avait déjà disparu sous la douche.
Elle avait les cuisse toute collantes. Beurk.
Elle ressortit une dizaine de minutes plus tard. Une fois habillée, coiffée et maquillée, elle prit ses clefs et sortit : la veille elle n'avait pas pu aller à la banque. Elle rouvrit la porte presque tout de suite, posa la télécommande sur la table basse et ressortit
Arrivée devant la banque, Alice se dit qu'elle était vraiment stupide. Elle approchait de son but, alors pourquoi l'évitait-elle comme ça ? Mais c'était plus fort qu'elle, elle était gênée.
Une fois rentrée, elle évita le sujet, mais pas Jasper. Sauf que l'ambiance entre eux était tendue. Jasper ne comprenait pas vraiment
- Dis, tu comptes te comporter bizarrement longtemps ? Je ne sais pas ce qu'il te passe par la tête et je m'en fous un peu, mais on ne peut pas éternellement faire comme si nous n'avions rien fait parce que même si tu essayes de l'ignorer, ça ne sera plus jamais comme avant nous deux. Et je te préviens que je ne supporterai pas cette ambiance merdique bien longtemps. Alors, c'est quoi ton problème ? C'était pas bien ?
- Non, c'est pas ça... Je ne remets pas en cause tes... Performances, mais à mon avis c'était une connerie. Et parfois quand on fait une connerie, il vaut mieux faire comme si rien ne s'était passé. Alors... N'en parlons plus, d'accord ?
Mais qu'est-ce qu'elle faisait ?
Jasper haussa les épaules.
- Comme tu veux. Bon je sors.
- Tu vas où ?
- Fumer.
- Ah, ok.
- Je prends ça, on sait jamais, dit-il en s'emparant de la télécommande. Une objection ?
- N-non.
Alice n'osait pas le contrarier : il n'était clairement pas de bonne humeur.
Jasper sortit et Alice failli le rattraper en voyant son paquet de cigarettes posé sur la table basse. Mais elle comprit avant. Franchement, elle détestait qu'il fume ce genre de trucs.
Elle décida d'appeler sa belle-soeur.
- Rose ?
- Oui, 'Lice ?
- J'te dérange ?
- Pas du tout. Qu'est-ce qu'il se passe, le lutin ?
- Arrête avec ce surnom ! Ca allait quand j'avais treize ans, mais maintenant j'en ai vingt-deux !
- Oui, oui, cause toujours.
- Bon... Tu te souviens du mec dont je t'avais parlé... ?
- Celui qui habite chez toi ?
- Ouais, pendant deux semaines.
- T'en es amoureuse, et alors ?
- Hein ? Mais comment-
- Oh Alice, voyons, c'est aussi clair que mon père manque de goût.
- A ce point ?
- Haha, de vraies langues de vipère. Bon, quel est le problème ?
- Bah hier... On a... Enfin...
- Oui ?
- Fait... Des trucs d'adultes ?
- Déjà ? Eh ben, où est passée ma petite Alice terrorisée par les histoires de cul ?
- Eh, ne dis pas ça comme ça !
- Bon, et alors, c'est plutôt une bonne chose, non ?
- Non !
- Ah ?
- Pour lui ça ne veut rien dire, il s'en fiche de moi...
- Ouais, en gros pour lui t'es qu'un trou.
- ROSE ! Un jour il faudra que tu penses à apprendre à parler de manière moins crue.
- Oui je sais, on me rabâche les oreilles avec ça sous prétexte que je suis Comtesse de Tructruc.
- Je sais pas ce qu'il te faut...
- Sinon, ton problème c'est qu'il ne t'aime pas, c'est ça ?
- En très gros.
- Ca va venir. Tu crois que j'aimais ton frère moi au début ? Non, ça a mis du temps. A force de trois parties de jambes en l'air par semaine pendant-
- Stop ! Je n'veux pas savoir.
- Bon, de ce que tu m'as dit, le caractère de ce type et le mien sont assez similaires. Non ?
- Oui, un peu. Un tout petit peu.
- Dans ce cas, c'est une question de temps. Oui je sais, c'est pas ton éthique de coucher sans sentiments mais vois ça comme un moyen de... Coucher pour réussir !
- Oui bon, c'est pas ton genre non plus. Un investissement à long terme ?
- De toute façon, dans environ une semaine il repart en p... Pologne !
- Ah, c'est vrai que tu m'as dit qu'il était étranger. Mais tu n'avais pas parlé du Texas ?
- Euh... Non, tu dois confondre.
- Mouais, peut-être. Bon, désolée ma cocotte, mais avec ce genre de mec y'a pas trente six mille solutions. A toi de voir. Ton frère essaye de me déshabiller depuis tout à l'heure. A plus la lutine.
Clang.
- Su-per.
Ayant "grave la flemme" de cuisiner, Alice sortit quatre pots de nouilles instantanées. Trois pour elle et un pour Jasper. Ou deux chacun, à voir.
Il mis du temps à rentrer mais Alice ne lui fit aucune réflexion. Elle mis l'eau chaude dans deux des pots de nouilles et lui en apporta un.
- C'est quoi ?
- Bah... Des nouilles instantanées, répondit-elle comme si c'était une évidence. C'était une évidence.
- Et c'est bon ce truc ?
- Quoi, t'en as jamais mangé ?
- Non.
- Mais... Mais... T'as raté ta vie !
- Oui, on me le dit assez souvent.
- Trêve de bavardages, prends ça et mange.
- Des...baguettes ? Je sais pas manger avec ça moi.
- ... Attends, je fais une crise cardiaque, je reviens. TOUTE ton éducation est à refaire.
- Oui, oui. Bon file-moi une fourchette et fous-moi la paix.
- Ah, euh, oui.
Alice s'était un peu laissée emportée, oubliant le malaise qui régnait entre eux. Mais les nouilles instantanées, c'était la base de tout.
Finalement, Jasper mangea deux pots, avec beaucoup moins d'enthousiasme qu'Alice qui en sortit un cinquième pour en manger trois (et elle faisait facilement trente centimètres de moins que lui).
Il partit se laver et Alice en profita pour mettre le plan "conquérir ce glaçon de Jasper" à exécution. Cela nécessitait de sacrifier ce si beau canapé. Mais bon...
Elle sortit une scie de la boîte à outils – inutilisée puisqu'elle appelait toujours un réparateur – et entreprit de fragiliser le canapé en son centre. On se serait cru dans un de ces dessins animés où un personnage s'amuse à pourrir la vie de l'autre. Elle abima également un des pieds.
Le résultat fut probant. Quand vers vingt-trois heures Jasper s'assit pour se coucher, la canapé se cassa en deux, formant une sorte de "V".
- Ah bordel !
Alice se sortit de sa chambre, feignant l'incompréhension;
- Que se passe-t-il ?
- Rien. Le canapé n'est pas très en forme, c'est tout.
- Oh mon Dieu ! Euh... Tu peux venir dormir avec moi si tu veux.
Et bim ! Bon, OK, elle était nulle niveau subtilité.
- Sans façon, ça va aller.
Aïe, c'était mal barré.
- Mais ça va te faire mal au dos.
- Mais non, regarde, ça va.
Il s'allongea, un peu tordu, et le pied fragilisé céda, juste sous la tête de Jasper qui se cogna violemment.
- Rah putain !
- T'as plus vraiment le choix.
- J'ai cru comprendre que je n'étais pas le bienvenu dans ta chambre.
- On va faire une exception. Eh, qu'est-ce que tu fais ?
- Bah je prends les coussins du canapé. Je vais quand même pas dormir par terre.
- Non mais... Ok, tu as raison.
Mince, raté ! Bon, elle aviserait le lendemain. En attendant, Jasper dormit par terre dans le salon, sur deux coussins qui glissaient sans arrêt.
Alice était un peu déçue. Elle ne comprenait pas vraiment l'attitude de Jasper. Au contraire, il devrait être content que ça ne soit que l'histoire d'un soir.
Le lendemain, quand elle se leva, Jasper était attablé, la tête entre les mains, avec des cernes qui descendaient jusqu'aux genoux. Ou presque.
- Alice, je t'en supplie... Achète un nouveau canapé le plus vite possible.
- Oh, bien sûr, je vais voir ça tout de suite.
Elle trottina vers son ordinateur.
- J'ai retrouvé le même. Par contre, il ne sera livré que sous quarante-huit heures.
- Et merde... Je me posais une question. Depuis une semaine que je suis là, je ne t'ai pas vu bosser une seule fois ou aller en cours. Tu m'as bien dit que tu étais étudiante, non ?
-Oui mais j'ai arrêté. Et... Je ne travaille pas.
-Alors comment tu peux vivre dans un appart' comme celui-là, ne pas râler pour ton canapé cassé et rouler dans une bagnole pareille ?
- La Porsche ?
- Quelle Porsche ? C'était pas une Chevrolet ?
- Ah si, oui, aussi.
- Mais...
- Mes parents son bourrés d'argent. Ils m'ont payé l'appart' et les voitures.
- Dans ce cas, tu fous quoi de tes journées ?
- Je... Dessine.
- Des ?
- Des dessins.
- Ah oui ? C'est original... Abrutie.
- Des robes.
- Etrangement, ça ne m'étonne pas du tout. Et pourquoi tu n'en dessines plus ?
- Bah... Parce que t'es là.
- Et quoi ? Tu as honte ?
- Non. Mais je ne veux pas te laisser tout seul.
- Tu peux, je m'en fiche. De toute façon je m'ennuie.
- Je suis désolée. Que veux-tu faire ?
- Je sais pas.
- Que faisais-tu avant d'aller euh...
- En prison ? J'essayais de cacher le corps de ma connasse de copine. Et puis je vendais de la drogue. Je faisais de la moto. Et je me bourrais la gueule avec mes potes. Je fuyais la police aussi. Après y'a eu mon procès et-
- La moto, c'est bien la moto.
- Non.
- Pourquoi ?
- J'en faisais souvent en circuit cross. J'aurais pas pu t'emmener dessus. De toute façon j'en ai pas envie. Et le circuit fait plus d'un kilomètre de largeur. Imagine que je me fasse électriser en pleine course.
- Si tu prends la-
- Non. Y'a pas de poche sur les vêtements qu'on utilise. Si je la fais tomber, je te souhaite bonne chance pour la retrouver ensuite.
- Et... Tu ne veux pas aller voir des amis ?
- Amis est un grand mot. Et c'est pas une bonne idée d'aller fréquenter un membre de gang quand t'es en conditionnelle.
- T'as sûrement raison. Alors-
- Laisse tomber. Je vais regarder la télé sur... Les coussin du canapé. Va faire tes dessins, j'ai pas besoin que tu sois là.
Zut. Leur relation avait fait un pas en avant quand Jasper s'était montré moins sec et froid, puis un deuxième la nuit dernière. Et là, elle faisait un énooorme bond en arrière. Retour à la case départ avec en prime un Jasper agacé.
Alice passa l'après-midi, cloitrée dans sa chambre à dessiner, en écoutant de la musique. Vers vingt et une heures, elle décida de sortir de sa tanière pour préparer à manger. En ouvrant le frigo, elle perdit courage. Elle dégaina son arme ultime - le téléphone fixe – et appela la pizzeria du coin.
- Jasper ?
- Ouais...?
- Quatre fromages, ça te va ?
- Fais comme tu veux.
Après une dégustation pizza-bière en bonne et dûe forme devant une émission de téléréalité, Alice et Jasper – bien abrutis par leur activité intense – partirent se coucher.
- Bah j'ai hâte que ton canapé arrive.
Elle ne l'avait pas commandé; le délai était de douze heures et non quarante-huit.
- Je vais pas supporter une semaine sur ces coussins.
- Ne sois pas stupide, tu vas te ruiner le dos. Il y a de la place dans mon lit.
Oh quel hasard ! Elle ne savait pas encore tout à fait comment, mais grâce à ça elle se ferait apprécier de Jasper. Elle était complètement folle, mais c'était amusant.
Hohoho, ça change de TEC où il faut attendre neuf chapitres avant le premier baiser, et MCM où faut attendre...plein de chapitres aussi !
Eh, un p'tit commentaire ça mange pas de pain, et c'est suuuper gratifiant ;)
