L'Effondrement, Prélude au Cataclysme m'inspire beaucoup concernant Anduin et Varian. Sans doute parce que je l'ai lu récemment, et que j'aime bien la relation tendue entre Varian et Anduin (de par leurs idéaux assez opposés) sans que cela ne nuise trop à leur relation père fils.
Personnages secondaires : Anduin, Jaina.
Chronologie : Après l'Effondrement, Prélude au Cataclysme mais avant Cataclysme justement.
Genre : Famille.
Résumé : Il semblait évidemment qu'après avoir été pris dans une effroyable tempête à Theramore, Anduin tombe malade. Ce qui n'empêchait pas Varian d'être agacé que tout le monde semble vouloir minimiser le fait que son fils ait été inconscient en décidant de rester volontairement dans une tempête. Il le disputerait bien, s'il n'était pas trop occupé à s'inquiéter pour la santé d'Anduin.
Varian
Ce fils têtu
— IL A QUOI ?
Jaina grimaça au ton courroucé employé par Varian. Apparemment, elle devait s'attendre à ce que cela le mette hors de lui, ce qui était parfaitement normal : comment était-il censé réagir à cette annonce ? Il venait d'apprendre que son fils, alors qu'il venait d'échapper à une espèce de coup d'état par une gamine naine arrogante à Forgefer, s'était retrouvé dans une tempête à Theramore et au lieu de rester à l'abri à l'intérieur, il était sorti aider à faire évacuer tout le monde. La bonté de son fils le perdrait un jour.
— Et tu n'as pas pensé bon de l'arrêter ? enchaina sévèrement le roi d'Hurlevent en foudroyant la mage du regard à travers le miroir qu'il employait pour converser avec elle.
— J'ai essayé, se défendit Jaina, mais tu connais Anduin. Il a tant insisté que je n'ai pas eu d'autres choix. Surtout que je n'avais pas vraiment le temps de penser à ça. C'était la panique et il fallait agir au plus vite avant que le déluge ne fasse de victimes.
Varian était sur le point de protester mais se retenu, maugréant à voix basse à la place. Il savait que ces derniers temps n'avaient été simples pour personne avec tous ces phénomènes naturels dévastateurs. De plus, d'après ce qu'il avait entendu dire, le déluge à Theramore avait été particulièrement dévastateur, plus que les autres qui l'avaient précédé. Face à une catastrophe naturelle pareille, il était vrai que cela devait être dur de réagir calmement, surtout avec Anduin qui pouvait se montrer très insistant quand il le désirait.
Alors Varian retenu les réprimandes qu'il était sur le point de clamer à haute voix contre Jaina et se contenta de dire :
— Je ne doute pas que tu as fait de ton mieux pour le garder à l'écart du danger, Jaina. Pour ça, je te remercie.
Jaina lui sourit timidement.
— Tu sais bien que jamais je n'aurai volontairement mis Anduin en danger, dit-elle doucement.
— Je le sais, confirma Varian en hochant la tête. Ce n'était pas très juste de ma part de m'en prendre à toi comme ça. Mes excuses.
— Excuses acceptées. Tu te juste fais du souci pour ton fils, défendit Jaina, compréhensive. C'est tout à fait normal. J'espère qu'il se rétablira vite et...
Jaina s'interrompit brusquement, posant une main sur sa bouche alors qu'elle éternua.
Varian fronça les sourcils. Il lui semblait enfin remarquer que les yeux de Jaina étaient un peu rouges. De même, elle paraissait plus pâle qu'à l'ordinaire.
— Serais-tu malade toi aussi, Jaina ?
— Ce n'est rien, assura la dirigeante de Theramore en balayant ses inquiétudes d'un geste de la main. J'ai dû me refroidir lors du déluge.
Varian n'était pas convaincu.
— Anduin m'a dit que tu as beaucoup usé de tes pouvoirs pour tenter de repousser l'eau qui inondait Theramore, fit remarquer le roi. De plus, tu es également restée plus longtemps sous la pluie que lui. S'il est tombé malade avec le peu qu'il soit resté sous cette pluie torrentielle, il y a de fortes chances que toi aussi tu tombes malade. Vas te reposer avant que cela ne s'aggrave.
Jaina secoua la tête.
— Je ne suis plus une enfant, tu sais ?
— Alors comportes-toi comme une adulte, rétorqua Varian en réprimant un sourire. Je te recontacterai quand Anduin ira mieux. Il serait sans doute triste d'apprendre que sa tante ne peut lui parler parce qu'elle est tombée malade en refusant de se reposer alors que lui a écouté les conseils des guérisseurs. Et tu sais combien il est difficile de convaincre Anduin de rester au lit à ne rien faire. Ne lui montre pas le mauvais exemple en étant têtue comme lui.
À ces mots, Jaina rit et consentit à aller se reposer, mettant fin à leur conversation. Une fois qu'elle disparut du reflet du miroir, Varian soupira.
Peut-être qu'Anduin tenait son caractère entêté de sa tante ?
. . .
— Comment te sens-tu, Anduin ?
Varian savait que, si son fils n'était pas aussi malade, il aurait écarquillé les yeux de surprise en entendant son père parler avec tant de douceur. Varian admettait lui-même que ce n'était pas dans ses habitudes mais, pour une fois, il ferait une exception et laisserait son ton bourru de côté pour montrer à Anduin qu'il s'inquiétait pour lui.
Son jeune fils de treize ans était allongé dans son lit, les yeux mi-clos alors que de nombreuses couvertures le recouvraient jusqu'aux épaules pour tenter de le garder au chaud. Ses cheveux étaient trempés de sueur, alors que la serviette mouillée sur son front n'aidait pas à faire baisser la température de son corps.
Plus tôt, lorsqu'il avait finalement admit être malade, Anduin disait qu'il ne comprenait pas comment son corps pouvait être si brûlant de fièvre alors qu'il était pris de frissons et avait l'impression de sentir le vent froid de Norfendre traverser sa peau. Cela avait fait se demander à Varian s'il avait vu un jour son fils véritablement malade.
En tout cas, maintenant qu'Anduin était cloué au lit, Varian était convaincu qu'il préférait voir son fils lui désobéir avec des yeux remplis de malice et de détermination plutôt que de le voir allongé dans un lit en étant malade.
Varian s'approcha du lit, s'asseyant sur un tabouret posé là alors qu'Anduin, tentant au mieux d'ouvrir les yeux pour le regarder, sourit faiblement.
— Mieux que ce matin, assura le jeune garçon d'une voix rauque.
Varian fronça les sourcils. Il se rappelait de combien Anduin paraissait fébrile quand ils s'étaient croisés tôt ce matin. L'enfant était alors pâle comme un mort et marchait avec toute la peine du monde, évitant de peu de se cogner contre les murs tellement sa tête tournait.
— Tu aurais dû me dire que tu te sentais malade plus tôt, réprimanda son père.
— Je... Je ne pensais pas que c'était si grave, se justifia Anduin.
Varian souffla et marmonna :
— Tu es vraiment comme ta tante...
Cela fit rire Anduin et, même si ce rire soit assez étranglé, Varian fut heureux de l'entendre. Au moins, Anduin n'avait rien perdu de sa bonne humeur, même malade. C'était sans doute le signe qu'il se rétablirait vite.
Les guérisseurs disaient qu'Anduin devrait rester au lit quelques jours mais ils étaient beaucoup trop optimistes quant à la capacité d'Anduin de rester immobile autant de temps. Varian ne se doutait pas que, dès qu'il se sentirait un peu mieux, son fils bondirait hors du lit et de sa chambre pour aller vagabonder dans Hurlevent.
Il lui faudrait veiller à avertir le personnel du château de ne pas laisser le prince sortir de son lit et, si le mal était fait, de le ramener dans sa chambre pour qu'il se repose. Au moins dans les deux jours prochains.
— Anduin, reprit Varian. Concernant le déluge qu'il y a eu à Theramore...
— Je suis désolé, coupa son fils. Je sais que j'aurais dû être plus vigilant et...
Varian l'interrompit en levant sa main, lui faisant signe de se taire.
— Je n'ai pas fini, précisa le roi. Oui, c'était assez inconsidéré de ta part et voilà où cela t'a mené. Tu retiendras la leçon à l'avenir.
Anduin grimaça au ton réprobateur employé par son père.
— Cependant... j'ai aussi appris ce que tu as fait pour aider à évacuer les civils. Tu as bien agi.
Son fils lui jeta un regard confus, ne s'attendant clairement pas à ce brusque retournement de situation. Varian sourit.
— C'était très irréfléchi mais également très noble comme geste, poursuivit son père. Je ne peux pas approuver ce comportement parce que je préfèrerai que tu n'agisses pas de la sorte si un tel évènement devait se reproduire mais je suis quand même très fier de toi. Tu as voulu aider au mieux de tes capacités et cela est tout à ton honneur.
— Je...
Varian regarda, assez amusé, son fils tenter de répondre quelque chose sans y parvenir. Soit à cause de la surprise d'entendre son père dire qu'il était fier de lui, soit parce que son esprit était toujours embrumé à cause de la maladie.
Varian passa une main dans les cheveux de son fils, écartant les mèches qui lui tombaient dans les yeux.
— Nous en reparlerons plus tard, dit doucement Varian. Pour le moment, tu as besoin de repos, Anduin. Alors dors et je repasserai bientôt.
Si Anduin voulait protester ou dire quoi que ce soit, il ne le montra pas et se contenta de fermer les yeux, inspirant fortement.
— D'accord, père...
Un sourire vint orner les lèvres d'Anduin et, presque inconsciemment, Varian fit de même alors qu'il quitta la chambre de son fils.
Je suppose que Varian peut être considéré comme un peu OOC dans cet OS mais que voulez-vous ? N'est-ce pas là tout l'intérêt d'une fanfiction de temps en temps ?
