Pour les reviews ^^
yuna : Coucou, merci pour ta review. Tu me conseilles d'écrire en langage plus courant dans les dialogues je comprends le truc et ça me parait intelligent (il y aura un côté plus naturel) mais par contre au niveau de l'imparfait et du passé simple j'ai pas compris... J'utilise trop l'imparfait (ou alors au mauvais moment ?) Sinon, merci encore j'espère que tu accrocheras à la suite ^^
C'est parti !
Chapitre 2
Le réveil sonna à neuf heures. Elle attendit quelques secondes et commença à entendre le bâtiment s'activer. Toutes les filles se levaient et parlaient. Les portes et les fenêtres s'ouvraient. Elle entendait les babillages des étages inférieurs. Elle se leva en baillant et se regarda dans le miroir. Elle n'avait pas fait attention mais elle pouvait se voir pendant qu'elle dormait. En fait, les trois miroirs permettaient de voir toute la pièce. Elle s'étira et chercha un pantalon à mettre avec son tee-shirt. Elle choisit un legging noir qu'elle enfila à la vitesse de l'éclair avant de rabattre son large tee-shirt bleu foncé dessus. Elle prit des socquettes et mit des baskets avant d'attacher ses cheveux en chignon. Elle sortit de sa chambre en emportant ses clés dans la poche interne de son pantalon.
Elle descendit l'escalier et s'arrêta sur la dernière marche. Elle regarda dans le couloir en ne laissant que sa tête dépasser du mur. Les autres finissaient d'emprunter le couloir menant au réfectoire. Elles portaient toutes des nuisettes colorées courtes et de toutes les matières chères imaginables. Luna se glissa à leur suite une fois qu'elles furent toutes passées et déboucha dans la cantine.
« Une nouvelle ! » s'écria l'une d'elles. Luna sursauta et balaya la pièce du regard. Tous les yeux étaient posés sur sa personne. Elle rougit et se cacha derrière sa main. Elle vit plusieurs des femmes l'entourer. Bientôt elles furent agglutinées autour de Luna. La pauvre se sentait désemparée devant le nombre de questions et les cris qu'elles poussaient.
« Les filles calmez-vous ! » intervint une blonde. Les filles restantes se turent et laissèrent passer la sauveuse de Luna. « Salut toi » dit-elle calmement.
« Bon…Bonjour ! » s'exclama Luna en reprenant de l'assurance. Elle leur offrit un beau sourire et toutes lui rendirent.
« Excuse-les mais ce n'est pas souvent qu'une nouvelle rejoint nos rangs » expliqua-t-elle. « Je m'appelle Johanna Monrier. Et toi ? »
« Luna. » Elle fronça les sourcils. « Je n'ai pas de nom, enfin, je ne le connais pas… » Johanna lui envoya un regard concilient.
« Parle-nous un peu de toi, nous sommes des femmes très curieuses et bavardes ! Nous aimons être au courant des dernières actualités ! » Elle se pencha vers elle et lui chuchota à l'oreille. « Si tu veux savoir quelque chose sur quelqu'un dans le monde de la mafia nous saurons te fournir ce que tu cherches. Nos oreilles trainent tout le temps. » Elle se redressa en faisant un clin d'œil. Luna hocha la tête et prit un plateau à la suite de Johanna. Elles s'assirent à table et celles qui le purent s'assirent à côté, le reste se mit debout sur les bords des tables ou par terre pour manger et suivre la discussion. « Alors ! Qui es-tu ? » demanda Johanna en appuyant sur le : qui.
« Hum… » Luna réfléchit en avalant une bouchée de sa brioche. « Je m'appelle Luna, ça je vous l'aie déjà dit. Je ne connais pas mon nom de famille. Je vous l'aie dit aussi. »
« Pourquoi ? » s'étonna Johanna.
« Euh… Je ne sais pas trop pourquoi. J'ai oublié les premières années de ma vie. Mes premiers souvenirs remontent à mes 12 ans. Je ne me souviens de rien avant. »
« Raconte-nous à partir de là alors ! » Luna retint un soupir.
« Je me suis réveillée un soir dans une ruelle du vieux Tokyo. Vous savez comme moi que ces endroits ne sont pas recommandés pour des jeunes filles. Encore moins seules et en pleine nuit. J'ai errée pendant toute la nuit… »
Flash-back
Une petite fille de 12 ans couraient seule dans les ruelles noires de Tokyo. Des bruits sinistres résonnaient autour d'elle. Des chiens hurlaient, des morceaux de fers grinçaient, des sirènes de polices et parfois des coups de feu. Elle trébucha. Son visage heurta le sol. Elle se releva avec peine. Tout son corps lui faisait mal. Elle portait une robe violette arrachée de toute part. Ses cheveux étaient décoiffés et rattachés à la va-vite. Elle était sale, de la terre et d'autres substances malodorantes la recouvraient. Elle sursauta quand un chien se jeta sur la grille en fer à sa droite. Il aboyait et bavait en mordant les barreaux. Terrifiée, elle se remise à courir sans avoir où elle allait. Elle ne se souvenait plus des chemins qu'elle avait empruntés. Elle se souvint juste avoir trouvé des poubelles assez grandes pour se cacher. Elle grimpa dedans, referma le couvercle sur elle et s'endormit sur les ordures. Elle resta planquée pendant trois jours entiers sans boire ou manger. Elle avait trop peur. Quelqu'un finirait bien par la chercher. Quels parents laisseraient leurs filles sans faire l'effort de fouiller la ville. Elle ne voulait pas sortir et essayer de trouver un poste de police. Elle avait l'impression qu'il n'y en avait pas à des kilomètres à la ronde. Elle n'avait peut-être pas de souvenirs mais elle décida de faire confiance à son instinct qui s'en rappelait surement. Il lui disait aussi que là où elle se trouvait elle n'avait pas de chance de survie si elle mettait la tête dehors.
Elle décida de fouiller dans sa tête. Elle se souvenait de tous ce qu'elle savait. Ecrire, lire, les lois, le système, la politesse, les mathématiques, la stratégie, le combat, le tir. Elle savait armer un fusil. Ne demandé par pourquoi. Elle savait aussi qu'elle préférait les armes de petite taille. Qu'elle était très bonne tireuse. Elle se voyait faire des katas et des prises d'arts martiaux dans le vide. Elle savait encore parler anglais et japonais. Elle savait tout. Tout sauf où elle habitait, qui étaient ses parents, pourquoi elle était là et ce qu'elle avait fait auparavant… Elle ne savait qu'une chose. Elle s'appelait Luna… Luna Ari.
Le troisième jour, un coup de feu retentit. Elle faillit crier tellement il était proche. Elle se recroquevilla entendit des voix. Des hommes criaient dans la ruelle adjacente.
« Si tu ne sors pas espèce de merde, nous allons fouiller chaque ruelle, chaque trou, chaque gouttière ! » s'écria-t-il. Luna se figea. Fouiller ? S'ils la trouvaient elle était perdue. Elle devait s'échapper. Pendant ces trois jours, elle avait eu le temps de se recoiffer en faisant un chignon très serré qui ne la gênerait pas. Elle avait aussi déchiré le bas de sa robe et les manches qui étaient les parties les plus abimées. « Très bien ! Tu ne vas pas faire long feu ! » Elle entendit trois coups de feu et des cris de rage. Ils étaient beaucoup et ne tarderaient pas à la voir. Elle poussa doucement le rabat et regarda dehors. Personne pour l'instant. Elle se faufila et se mit à courir en ballerine sur le béton. Elle se tenait dans l'ombre des bâtiments pour ne pas attirer l'attention. Soudain, elle entendit une respiration hachée. Elle se figea et scanna le terrain autour d'elle. Il y avait un homme.
Il était assis entre deux poubelles et tenait son poignet avec la main gauche. Elle était pleine de sang. A ses pieds gisait un pistolet. Il faisait nuit. Luna vit ses yeux se diriger vers elle. Elle ne se souvenait plus de son visage ni de sa voix. Mais il ne parla pas immédiatement. Il porta un doigt à sa bouche et lui fit signe de se taire. Elle hocha la tête. Il devait avoir environ 20 ans. Elle se souvenait qu'elle l'avait trouvé beau. Même là, essoufflé, blessé et sale. Des hommes surgirent dans la rue. Elle s'était cachée derrière un tas de ferraille pour ne pas se faire attraper. Ils l'avaient vite trouvé et l'homme appela ses semblables.
« Tu es fait comme le rat que tu es ! » L'un d'eux le souleva par le col et le secoua en l'air. Il avait l'air fragile en face d'eux. Luna pensait qu'il allait mourir ici mais il n'abandonna pas. Il assomma son opposant et tira dans le poumon d'un deuxième. Un troisième fut envoyé au sol grâce à un coup de pied et un quatrième mourut avec une balle dans la tête. Il tua définitivement les deux autres en leur tirant dessus. Il appela quelqu'un et raccrocha rapidement. Il s'accroupit en essuyant sa joue et fit signe à la petite de venir vers lui. Luna hésita mais finit par sortir de sa cachette. Elle était plus grande que lui comme ça.
« Tout va bien ? » Elle hocha la tête ne savant pas quoi dire. « Tu as dû avoir peur non ? Qu'est-ce que tu fais là au milieu de nulle part. » Elle hocha les épaules. « Tu n'es pas une gamine bavarde dis-moi… »
« Salop ! Tu as tué mes potes ! » Il n'eut pas le temps de se retourner un coup de feu retentit et Luna vit la balle venir se loger dans le bas de sa nuque juste sur le côté. Aucun organe vital n'était touché mais s'ils n'agissaient pas il risquait de finir paralysé. Elle ne savait pas comment elle en avait déduit ça mais elle s'en fichait. Ils étaient tous les deux en danger de mort. L'homme accroupit devant elle s'écroula sur le côté en poussant un râle de douleur et lui lança un regard. Il était résolu mais semblait désolé pour elle.
« Cours… » réussit-il à articuler. Elle nia de la tête en retenant des larmes. « Idiote, tu vas mourir aussi… » Elle le retourna pour qu'il ne l'écrase pas et il se retrouva sur le dos.
« Tu fais baby-sitter maintenant ? » se moqua l'homme. Luna fixa l'homme dans les yeux et sa main glissa le long de son bras. Il écarquilla les yeux quand il la sentit prendre l'arme dans ses mains. Elles étaient fines et petites comparé aux siennes. Elle ne savait pas pourquoi mais elle savait qu'elle pouvait le faire. Il résista avant de lâcher prise.
« Folle… » Elle lui sourit et il se détendit. Il ne pouvait plus bouger de toute façon. L'homme la vit se redresser avec l'arme en main. Il rit.
« Que penses-tu faire avec ça petite ? Tu tiens à peine sur tes jambes et tu veux me tirer dessus ? Pour qui tu te prends ? » Luna ne l'écouta pas. Elle se campa sur ses jambes et tourna légèrement son buste pour être de profil. Elle leva ses bras devant elle, tendus. Elle s'immobilisa. Sa respiration se coupa naturellement et elle sentit son œil droit se fermer. Elle était calme, parfaitement calme. Elle aligna le viseur et le monta un peu plus. « Salope ! » dit-il en levant son arme. Elle appuya sur la gâchette. Elle ne bougea pas en sentant la balle partir. L'objet en métal atteignit le milieu des yeux et se logea dans le crâne de l'homme qui tomba à terre. Elle rabaissa ses bras et regarda au sol. L'homme à ses pieds la fixait sans ciller. Il n'y avait que son regard qui la dévisageait qui prouvait qu'il était étonnée.
« De rien… » dit-elle en souriant faiblement puisqu'il restait muet. Elle s'écroula sur son buste. Elle s'était évanouie. Il la sentit respirer sur lui et mit une main dans ses cheveux pour la rassurer malgré qu'elle ne soit plus consciente.
« Maintenant je dois ma vie à une gamine qui surgit de nul part… » dit-il en se moqua de lui-même.
« Chef ! » s'écrièrent deux personnes en débouchant dans la ruelle. Il tourna la tête comme il le pu. Elle n'entendit plus rien après cela. Elle avait arrêté de lutter et sombrait dans l'inconscience en se concentrant sur la main qui massait sa nuque. Elle avait eu l'impression que la pression sur son cou ne s'était pas estompée jusqu'à son réveil.
Fin flash-back
« Et après ?! » s'étrangla l'une d'elle. Luna vit qu'elle avait réussi à capter l'attention de toutes. Elle avala une gorgée de son chocolat chaud.
« Après quoi ? Que voulez-vous savoir de plus ? »
« Quand est-ce que tu t'es réveillée ? Pourquoi ? Avec qui ? Où ? Qui était ton sauveur ? » demandèrent plusieurs en même temps. Luna pinça ses lèvres.
« Ne leur en veut pas, il faut s'imposer avec elles, si tu ne veux pas il te suffit de dire non. Soit ferme et sûre de toi. C'est ce qui te sauvera dans notre métier. » Luna parut pensive.
« Ne t'en fais pas. Je sais faire. C'est juste que je n'aie pas été aussi bien depuis un moment. Entendre autant de questions et d'intérêt pour moi est étrange. » Elle passa sa main dans ses cheveux. « Je suis heureuse d'être là avec vous. C'est la meilleure chose qui m'est arrivé depuis un moment je vous assure. » Il y eut un grand silence. Elle ouvrit la bouche sans savoir quoi dire. « J'ai fait quelque chose de mal ? »
« Trop mignonne ! » s'écrièrent-elles à l'unisson. Luna rougit en se mordant la lèvre.
« Tu es un ange tu sais ? » sourit Johanna.
« Ah euh… » Luna ne savait pas quoi répondre. « Je continue mon histoire ? » se fut tout ce qu'elle trouva pour changer le sujet.
« Oui ! » répondirent-elles. On se croirait au milieu d'adolescentes. Pourtant elles avaient toutes entre 30 et 50 ans. C'était fou. Il fallait dire qu'elles étaient très bien conservée et en pleine forme. Leurs yeux pétillaient comme ceux des enfants et leurs attitudes étaient rafraichissantes. Elles ne faisaient pas leurs âges. Luna songea qu'elle devait être la plus jeune ici.
Flash-back
L'homme la secoua doucement pour la réveiller. Elle ouvrit les yeux et tomba sur son menton. Elle était dans ses bras. Il la portait sans mal. Elle s'agita pour qu'il la pose. Il s'était changé. Il portait un costard propre, des chaussures vernies et des gants en cuir noirs. Il la mit au sol et se baissa pour la regarder dans les yeux. Elle ne dit rien absorbée par ses yeux. Il posa une main sur son épaule. Elle le regarda faire. En se baissant, sa chemise entrouverte bailla un peu. Elle était petite, elle n'y prêta pas attention.
« Hey gamine, merci pour tout à l'heure. Tu m'as sauvé la vie. Je t'en dois une. Comme tu n'as pas l'air décidé à parler je t'ai emmené ici. Tu pourras vivre le t'en remettre et rentrer chez toi. » Elle inclina la tête en signe de reconnaissance. « Tu ne pourrais pas au moins me parler dis-moi ? »
« Je pourrais » répondit-elle. « Mais je n'ai rien à dire » continua-t-elle. Elle entendit un rire derrière l'homme et se penchant. Elle vit un homme et une femme accoudés à la voiture.
« Elle en a du toupet celle-là chef ! » rit la femme en faisant du bruit. Luna se remit droite et fit un signe discret à l'homme de s'approcher. Elle se mit à côté de son oreille et chuchota.
« En fait si, cette dame à un rire très bizarre. Elle ressemble à une folle » dit-elle tout bas. Son interlocuteur retint un rire.
« Tout le monde le dit ne t'en fais pas. » Elle lui sourit. Il sortit un objet de sa poche et regarda l'heure. Il vit qu'elle le fixait intensément. Elle s'approcha intéressée. « Tu portes enfin de l'intérêt à quelque chose. » Il lui tendit. Elle le prit précautionneusement et l'observa. « C'est une montre à gousset. Ouvre-la, tu vas voir. » Elle appuya sur le cran en haut et une partie se souleva. Elle était en argent. Les aiguilles étaient en fer. Le tout dans un style ancien. Elle retourna la montre. Sur le dos était dessiné des lettres avec des arabesques dans un style très épuré. Il tira sur la chainette qui se décrocha de sa poche. « Prend-la, c'est un cadeau. »
« Vraiment ? » s'étonna-t-elle. « Elle a l'air de coûté beaucoup d'argent. » Il lui fit un clin d'œil. Elle sautilla sur place et le rangea dans la poche de sa robe. « Merci, merci, merci » répéta-t-elle joyeuse.
« Mais de rien mademoiselle, ce fut un plaisir. » Alors qu'il allait se relever, elle s'approcha et l'embrassa sur la joue.
« Merci ! » dit-elle encore. Il rit doucement. Elle vit que même les personnes derrière lui s'étonnèrent.
« Attention chef, nous allons finir par croire que vous avez des préférences pour les enfants ! » se moqua la femme.
« Ne dit pas des conneries toi ! » Il se releva en ébouriffant les cheveux de Luna. « Qui voudrait d'une gamine comme elle pour ça ! » Luna qui avait compris le sujet rougit. Elle était jeune pas dupe. Elle savait beaucoup de choses du monde des grands. Il se retourna vers elle. « Ne l'écoute pas. Comme tu l'as si bien dit, elle est folle. » Luna hocha la tête en stoppant ses rougeurs. « Allez, on y va ! » L'homme entra dans la voiture et ouvrit la fenêtre. « Attends ici, ils vont venir te chercher quand on ne sera plus là. » Elle hocha à nouveau la tête. Son élastique craqua à ce moment et ses cheveux s'éparpillèrent autour d'elle. Il la dévisagea et la voiture partit en vitesse. Elle s'assit sur un tas d'objets et attendit.
Fin flash-back
« Après, ce sont des jeunes du quartier qui sont venus me chercher. Ils vivaient en bandes et l'une d'elles m'avaient recueillie. Il savait où me déposer pour attirer l'attention. Personne ne sait pourquoi je parlais avec cet homme. Je ne leur aie jamais raconté. J'ai feint avoir perdu entièrement la mémoire et qu'il m'avait trouvé. Ils m'ont inséré à leur vie et initié à la survie dans les zones basses et malfamée de Tokyo. J'ai vite pris l'habitude et je suis devenue l'une des plus réputée à un jeune âge. »
« Mon dieu, pauvre fille ! Ton enfance a été horrible ! » gémit une femme. Luna haussa les épaules.
« Sinon, pour les formalités, quel âge as-tu ? » demanda Johanna. « Tu as dit jeune donc… »
« J'ai 21 ans » répondit-elle. Nouveau silence suivit d'un bourdonnement. Johanna grimaça.
« Ma pauvre, vraiment… Notre métier n'est pas facile et tu es si jeune… La plus jeune d'entre nous avait 31 ans. Tu viens de la détrôner haut la main » continua Johanna en baissant les yeux. « J'aurais aimé que tu trouves mieux… » Luna posa une main réconfortante sur sa cuisse.
« Je vous l'ai dit. Vous êtes la meilleure chose qui m'est arrivée depuis un moment. Je ne me plaindrais pas ! » dit-elle en haussant la voix pour que toutes l'entende.
« Tu as déjà eu un petit copain ? » intervint l'une d'elle.
« Moui… Quand j'avais 18 ans. Nous ne sommes pas restés ensemble très longtemps. C'est avec lui que j'ai sauté le pas. »
« C'est trop chou comment elle le dit ! » Luna rougit et se planta devant son plateau en mangeant le premier truc qui passa.
« En même temps… Je… je n'ai pas trop l'habitude d'en parler… J'étais entourée de garçons… Le maquillage et tout, je ne sais pas comment ça marche. Et puis… » Elle rougit au possible. « Je ne l'ai fait qu'une fois dans ma vie. » Un murmure général se fit.
« T'inquiète pas, on va te protéger ! Tu iras bien ! Tu es comme notre petite sœur ! On te montrera ! On te donnera les ficelles ! » dirent-elles chacune de leur côté. Luna sentit des larmes monter à ses yeux mais elle les retint.
« Sinon, dernière chose, comment es-tu arrivée ici ? Beaucoup d'entre nous sont issues de la rue. Nous étions déjà dans ce métier avant que Marianna nous repère. D'autres faisaient parties du marché humain et on eut la chance de se faire repêcher » expliqua Johanna.
« C'était récemment. J'étais en route pour notre planque. Je venais de finir d'acheter de la nourriture avec l'argent tiré des ventes des objets de la décharge. Je suis arrivée près d'une zone à risque. Nous savions tous que les mafieux passaient par là pour faire leurs transactions. C'était rare qu'ils trainent dans les parages. A peine deux fois par an, c'était plus rapide par ce chemin et comme il faisait noir et que je passais tout le temps par-là, je ne me suis pas posé de question. J'ai eu le malheur d'attirer l'attention de deux groupes de personnes en train de se parler. Je ne m'y suis pas intéressée et j'ai continuée. Je n'avais rien entendu et je ne voulais pas me mêler de leurs affaires. Ils n'ont pas eu l'air d'accord. Ils m'ont rattrapé et ont décidé seuls que je savais ce qu'ils faisaient. Je me suis défendue. J'en ai envoyé sept à terre avant qu'ils ne me sautent dessus ensemble. Je n'ai pas pu me défendre et ils m'ont emmené de force dans leur QG. C'est là-bas que Marianna est venue me chercher. »
« Ta bande ne va pas s'inquiéter ? » s'étonna Johanna. « Et tes affaires ? Ta montre ? »
« Ma montre s'est cassée i ans et je n'ai rien d'autre de valeur. Je suis absente depuis 4 jours. Ma bande va surement s'inquiéter mais les disparitions arrivent souvent. Ils arrêteront de me chercher après une semaine. Ou alors, si j'arrive à obtenir une permission j'irais les voir… Tout dépend de la suite. »
« Marianna ne t'empêchera pas de sortir en journée. Sauf si nous avons une soirée le même jour… Tout dépend de la date » dit-elle en souriant.
« Nous avons quelque chose aujourd'hui ? » Johanna secoua la tête. « Parfait, je vais pouvoir leur rendre visite. Est-ce qu'on a de l'argent de poche ? » hésita-t-elle.
« Non, Marianna couvre tous les frais. Si tu n'en fait pas trop bien sûr. Normalement tu as une carte bleue reliée à un compte spécial qu'il est dur de vider je t'assure. En plus, elle sera conciliante si tu fais beaucoup de dépense maintenant vu que tu viens d'arriver » lui dit-elle.
« Génial ! » s'écria Luna. Elle allait prendre une douche, s'habiller, prendre un taxi, se rendre à sa planque, revenir, faire des emplettes, ranger le tout et aller faire du sport ! Journée chargée en vue. Elle regarda l'horloge. Il était environ 10h30. Johanna le vit et sourit.
« Nous n'allons pas te retenir plus longtemps. Tu dois avoir envie de faire plein de choses. »
« Exactement ! » répondit Luna en se levant et en rangeant son plateau vide.
« Une dernière chose ! » l'interpella Johanna. Luna se retourna et fut surprise de voir des sourires sur tous les visages. « Nous devons te trouver un surnom pour que tu fasses partie de notre famille ! » Luna haussa les sourcils. « Un peu comme un baptême. Ne fais pas cette tête. » Elle rit. « Alors… » Elle réfléchit. « Je sais ! » Elle claqua des doigts. « Miss. Qu'est-ce que tu en dis ? C'est simple et mignon comme toi ! » Luna sourit en rougissant.
« Ça me va ! » Toutes lui souhaitèrent la bienvenue ne l'appelant par son surnom puis elle courut vers sa chambre le sourire aux lèvres. Elle redescendit aux douches avec ses affaires. Elle était la première. Johanna et les autres devaient prendre leur temps. Elle se doucha à la vitesse de l'éclair. Enfila un des uniques jeans de son armoire et un tee-shirt blanc. Il n'y avait rien de simple. Que des robes de soirée, des hauts travaillés et autres. Elle avait pris quelques une des affaires basiques. Elle remit ses baskets noires, coiffa ses cheveux en queue de cheval. Elle remonta dans sa chambre, mit la carte bleue, ses nouveaux papiers, les clés de la salle de sport, son pass d'accès au complexe, du liquide, son téléphone dernier cri et deux ou trois bricoles comme un stylo, du baume à lèvre, un parapluie… Elle sortit en trottinant dans les couloirs. Elle croisa plusieurs filles dans la cantine. « Je sors, à plus tard ! » s'écria-t-elle joyeusement. Elles lui firent un signe mais elle n'était déjà plus là.
« Vraiment adorable la Miss, une vraie bouffée d'air frais » dit l'une d'elle. Les autres approuvèrent. Luna se dirigea vers une porte et montra son pass. L'homme lui ouvrit et elle sortit. Elle appela un taxi. Le numéro était déjà enregistré parmi tant d'autre. Il y avait celui des urgences, des centrales de taxi, de Marianna, des gardes et de toutes les filles et le fixe du complexe. Ah, et un livreur de pizza. Pourquoi donc ? Elle ne savait pas mais elle avait ri.
Elle monta dans le taxi qui s'arrêta devant elle.
« Bonjour, où voulez-vous aller ? » Elle s'approcha de l'avant.
« Dans les ruelles du quartier Est de la ville basse. » Il se figea. « C'est une zone sûre la journée. Ne vous en fait pas. Si vous le souhaitez-vous pourrez m'attendre à l'entrée. » Il hocha la tête et l'emmena. La voiture s'arrêta après 20 minutes.
« Je n'irais pas plus loin. » Elle hocha la tête.
« Vous me laissez un moment ? Je reviendrais et cette fois j'aurais besoin d'aller au centre commercial le plus proche. » Il hocha la tête. « Merci. » Elle descendit ave son sac et pénétra dans les ruelles. Elle connaissait le chemin par cœur. Elle s'approcha d'une pente. Elle mit son sac sur son épaule et se baissa.
Elle passa sous une barre en fer et entra dans un bâtiment désaffecté en béton. Elle passa divers obstacle et souleva un tapis plein de poussière. Elle sauta dans le trou et atterrit sur des escaliers détruits. Elle les descendit doucement. Un bourdonnement venait de plus bas. Arrivée à un endroit, elle vit de la lumière. Le plafond était assez haut et des étagères remplies d'objets étaient accrochées au mur. Des matelas reposaient au sol et des hamacs étaient tendus entre les poteaux qui maintenaient les fondations. Elle se glissa plus en avant.
« Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici et comment êtes-vous entrez ? » Elle leva les mains en souriant.
« Dis donc, Eric, tu ne rigoles pas avec la sécurité. » Le jeune homme de 20 ans se tenait face à elle. Il était bien-bâtit, brun, les yeux marrons et quelques cicatrices sur le torse. Il écarquilla les yeux.
« Luna ? » Elle hocha la tête.
« Et ouais ! » Elle posa une main sur sa hanche. « Heureux de me voir ? » rit-elle.
« On pensait que tu étais morte ! » dit-il en jetant sa batte sur le côté.
« Il en faut plus pour me tuer ! » dit-elle en riant aux éclats. « Mais comme ça. » Elle ouvrit un œil. « Tu t'inquiétais pour moi ? » le taquina-t-elle.
« Bien sûr ! Tu es l'une des plus forte ! S'il t'était arrivée quelque chose nous n'aurions pas pu le supporter ! » Elle sourit et s'approcha de lui. Il était torse-nu mais elle avait l'habitude. Elle tapa sur son épaule.
« Désolé de t'avoir inquiété Monsieur l'anxieux. » Il l'attrapa et la coinça dans ses bras. Elle s'agita. « Ah non ! C'est pas juste ! Les autres aidez-moi ! Sauvez-moi ! » cria-t-elle en riant.
« Ils ne feront rien, ils sont sous mon commandement maintenant Mademoiselle la fugueuse. » Elle arrêta de bouger dans tous les sens et se reposa contre lui. « Tu sens encore meilleur qu'avant » chuchota-t-il. Elle écarquilla les yeux et le regarda. « Je veux dire, déjà avant tu sentais bon, tu es la seule qui sentais bon ici. A ton avis, pourquoi tout le monde voulais dormir avec toi ! » dit-il en riant. « Mais tu sens bien meilleur maintenant. » Elle s'énerva.
« Je ne suis pas un sens-bon humain ! Pour qui tu te prends toi ! » Il rit. Elle le pinça. Il sursauta et la lâcha. Elle s'écarta et sourit. « Bien fait ! »
« Toujours aussi violente ! Tu ne trouveras jamais personne à ce rythme ! » Elle lui tira la langue.
« Je me suffit à moi-même ! Pas besoin d'un mec ! » Il éclata de rire.
« J'aime les filles indépendantes comme toi ! »
« Faux ! » Il la regarda perdu. « Tu m'aimes tout court ! » le charia-t-elle.
« Vrai » répondit-il et ils rirent en chœur. Les autres écoutaient leur discussion et riaient avec eux. « Sinon… » Il reprit un air sérieux. « Où étais-tu pendant ces 4 jours ? » Le regard de Luna s'assombrit. Elle s'assit en tailleur et leur raconta. Ils prirent un air sérieux. « Donc tu ne peux pas rester. » Elle secoua la tête même s'il s'agissait plus d'une affirmation que d'une question.
« Je voulais au moins venir vous dire en face que je partais et que je n'étais pas morte. » Il hocha la tête.
« J'apprécie que tu nous portes autant d'intérêt. »
« Ne raconte pas de conneries ! Vous m'avez recueillie ! Sans toi et Alexandre je serais morte dans la rue depuis des années ! » Alexandre était l'un des doyens de la bande. Il avait 53 ans. Tous les âges étaient représentés ici. Les plus vieux sortaient souvent pour des affaires plus importantes. Ils ne revenaient que le soir. Il avait 45 ans quand Luna les avaient rejoint. C'était son père adoptif... en quelques sortes. « Je ne sais pas comment vous remerciez. En plus, je pars comme ça. Sans vous prévenir. Ils ne sont même pas là… » Elle retint une larme. « Vous êtes ma toute première famille. Je ne vous oublierais jamais. Jamais… Si je vis c'est grâce à vous. »
« C'est d'abord grâce à l'homme qui t'a amené ici. » Elle hocha la tête.
« Je sais… Mais vous êtes ceux qui m'ont élevée… » Elle baissa les yeux et joua avec son lacet. « Je suis égoïste mais j'aimerais que vous ne m'oubliez pas non plus. » Elle releva la tête.
« T'inquiète ! A jamais dans le cœur et l'esprit ! C'est notre devise, tu le sais. » Il pointa un mur. Elle sourit en le regardant. Tous leurs noms étaient gravés. Tous, sans exception. Ceux des morts, des vivants et le sien parmi tout ça. Avec une belle note à côté : Luna, la femme la plus forte de notre bande ! Elle se releva et ils se levèrent tous avec elle. Elle sourit à travers ses larmes. « Tu sais que si tu cherches où allez un jour, tu pourras toujours revenir ici. Il te suffit d'arrivé avec du pain et tu auras rempli ta dette. » Elle hocha la tête, à court de mot. « Mes amis ! Une de nous nous quitte aujourd'hui ! Offrons-lui un souvenir de notre famille ! » Ils se redressèrent et offrirent leur cœurs en souriant. Tous dans la même pose. Luna sortit son téléphone et prit une belle photo de sa famille.
« Au revoir, je reviendrais un jour ! Je vous aime tous ! » cria-t-elle en remontant les escaliers. Ils ne bougèrent pas jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue. Puis elle entendit des cris et des pleurs dans son dos. Elle ne s'arrêta pas. Elle remonta le chemin et rejoint le taxi comme une âme en peine. Il ne posa pas de question en la voyant entrer.
« Le centre commercial ? »
« Le centre commercial. » La voiture se mit en route et elle alluma son téléphone. Elle mit la photo en fond d'écran et la fixa longuement en pleurant. Petit à petit, ses larmes se tarirent et elle se calma.
« Nous sommes arrivés… Autre chose ? » Elle secoua la tête. « Ça fera 75 euros s'il vous plait. » Elle tendit le liquide et sortit du véhicule. « Au revoir. »
« Au revoir. » Elle toisa le bâtiment à cinq étages et y entra. Elle fit le tour de toutes les boutiques une par une pour sortir de ses pensées. Elle en eut pour le reste de la matinée et l'après-midi entière. Elle fit plusieurs boutiques de vêtements pour s'acheter des basiques comme des vêtements de sports, des jeans, des tee-shirts ou des vestes simples. Elle passa chez un coiffeur et se fit couper les pointes et se fit des soins. Elle se laissa tenter par un massage express et des soins de la peau. Elle acheta des conneries à manger et des bonbons. Des peluches, des babioles décoratives. Elle acheta un beau cadre photo double et fit développer la photo de ses amis et celle des filles prise avant qu'elle n'ait son téléphone. Surement au même moment où elles avaient rentrées leurs numéros. Elle acheta des livres, des écouteurs et une radio. Elle rappela un taxi et entra dans la voiture.
« Bonjour, où est-ce que je vous emmène ? » demanda-t-il poliment.
« Le vendeur d'arme le plus réputé de la ville. » Elle s'assit confortablement à côté de tous ses achats. Le conducteur ne posa pas plus de questions et démarra. Il s'arrêta devant une échoppe. « Vous pouvez m'attendre ici ? »
« C'est un supplément de 5 euros les dix minutes. » Luna hocha la tête et sortit. Elle entra dans la boutique. Elle était grande. Des coups de feu retentissaient dans l'arrière salle. Une clochette sonna quand elle passa la porte. Elle regarda les armes accrochées au mur. Il y en avait des blanches et des à feu. Petites ou grandes. Elle en reconnaissait certaines mais ne savait pas les nommer. Un homme arriva au comptoir. Il était grand, baraqué avec des tatouages et un style de motard. Cliché.
« Salut ma petite dame, que puis-je pour vous ? » Elle s'approcha de l'homme et posa ses coudes sur le comptoir.
« Je voudrais savoir comment l'on peut obtenir le droit de porter une arme blanche ou à feu. » Il rit.
« Si c'est pour tuer votre mari qui vous a trompé, je vous conseille de le faire avec un couteau de cuisine. Ce sera moins contraignant. » Elle rit avec lui mais se stoppa net.
« J'ai demandé, comment obtient-on un permis de port d'arme ? » Elle appuya sur ses mots. Il la regarda de haut. Elle lui lança un regard de défi avant de sourire comme une enfant. Elle se redressa et recula d'un pas. « Je suppose que je ne suis pas à la bonne enseigne. Désolé de vous avoir dérangé. » Il sera le rebord du meuble par énervement.
« Les permis ne peuvent-être obtenu que par l'intermédiaire de professionnels comme nous. Il faut passer une sélection très précise et un entretien avec un psychologue plusieurs fois. Ainsi que suivre des cours. Le tout coûte très cher et le taux de réussite est très bas pour décourager les potentiels intéressés. » Elle se rapprocha et reprit sa position initiale.
« Au lieu de dire très cher et très bas. Donnez-moi des chiffres précis. » Elle afficha un rictus.
« Le prix est d'environ 5 000 euros sans armes fournie et le taux de réussite est de 3%. » Elle soupira et il sourit. « Décourageant n'est-ce pas ? » Elle hocha la tête et frappa doucement ses mains sur le comptoir.
« Je vais renoncer aux armes à feu pour l'instant. Les armes blanches sont en vente libre non ? »
« Oui, mais elles sont plutôt chères et non autorisées à sortir de chez vous. » Elle hocha la tête.
« Montrez-moi vos katanas. » Il haussa un sourcil.
« Il va falloir être plus précise, nous avons pleins de katanas. » Elle tendit ses bras devant elle.
« Pas plus grand que ça, avec une garde qui tient bien dans une de mes mains, une lame solide et fine qui tranche l'air. Je veux que l'arme en tout soit légère. » Elle réfléchit. « Et si possible avec un équilibre un peu vers l'avant. » Il partit dans la salle arrière et revint avec plusieurs armes. Il en déballa plusieurs. Elle prit celle qui lui tendait en main. Elle haussa un sourcil et la reposa immédiatement. « Vous vous foutez de ma gueule. Elle n'a pas l'air du tout robuste et elle n'est pas légère. » Il sourit.
« Je voulais juste m'assurer que vous n'étiez pas n'importe qui. » Elle le regarda de biais.
« Satisfait ? » Il hocha la tête.
« Essayez celle-là. C'est un bon modèle. Le seul avec un poids sur l'avant. » Luna empoigna la garde et regarda la lame. Elle suivit la courbe des yeux et la tint à bout de bras pendant plusieurs minutes sans rien dire. Elle lâcha la garde et la rattrapa sans mal. Elle la fit pivoter en l'air pour échanger sa prise. Elle fit plusieurs huit avec l'arme et un sifflement continu se fit entendre. Elle ferma les yeux et se mit debout avec le katana sur le côté. Elle amorça un mouvement et l'arrêta brusquement pour en commencer un autre. La lame prit un peu de retard à cause de son poids vers l'avant. Elle rouvrit les yeux et la posa.
« Parfaite, je le prend. » Il remballa les autres et garda le katana.
« Une seule question, vous ne prenez pas ce que tous les autres prennent. Ce katana est génial mais son confectionneur avance toujours un peu son centre d'équilibre. Il perd donc en popularité car tous veulent des armes équilibrées. Pourquoi choisir un katana mal fabriqué ? » Elle leva des yeux moqueur sur l'homme.
« C'est simple, face à des adversaires, une fille n'a pas beaucoup de chance en force pure. Tout le monde le sait et je ne le démentirais pas. Elle peut jouer à jeu égal si elle exploite ses propres capacités. La vitesse et la finesse sont nos capacités premières. Elles dépassent de loin celles d'un homme avec de l'entrainement. » Elle prit le carton sous son bras. « Mon style de combat n'est pas fait pour être beau ou adapté à une compétition. Il a été créé pour être efficace. Je cherche à gagner en vitesse. Le centre de gravité de l'arme est plus avancé. Elle est donc plus lourde au bout et n'écoute pas mes demandes à la seconde. Il me suffit d'amorcer mes mouvements suivants une secondes en avance, elle finit le mouvement précédent à la perfection et commence le suivant immédiatement. Mon temps de réaction et d'exécution se retrouve réduit à zéro car il est absorbé par la fin du mouvement de ma lame provoqué par son déséquilibre. » L'homme resta bouche-bée. Il ne dit rien et la regarda sortir. Elle retint la porte avec son pied. « Au revoir. Ce fut un plaisir de converser avec vous. » Elle rejoint le taxi et rentra au complexe. Elle déballa ses affaires, les rangea et planqua son arme sans le carton sous son lit. L'arme avait une garde sculpté en argent et sa lame était un alliage comportant du titane. Quasiment indestructible… Le fourreau était tout fin et noir avec une arabesque argentée qui rappelait la garde en plein milieu.
On commence à entrevoir la personnalité de Luna. Cool !
