Rapidement, Fred posa ses emplette sur le tapis roulant, se retenant à grand peine d'observer de plus près le fonctionnement de cet instrument bizarre. S'était incroyable comment les moldus se débrouillaient sans la magie ! Mais il résista à son envie et sourit à la caissière.
Il avait été obligé de venir dans le Londres moldu pour se procurer les éléments de leur prochain produit à savoir des piles, des boites de conserve et du papier toilette. Cette invention allait faire un tabac !
« Jeune homme ? Vous oubliez votre monnaie.
- Ah ouai c'est vrai ! Merci mademoiselle. »
Avec un sourire enjôleur, Fred récupéra les quelques pièce que lui tendait la jeune femme de la caisse et se détourna. Il sourit un instant en l'entendant balbutier avec gêne et sortit de la boutique. Une fois dans la rue, il répartit ses achats sous les bras et prit rapidement le chemin du Londres magique. Il ne pouvait pas laisser George seul trop longtemps avec les clients sous peine de se faire tuer. Bien sûr il y avait Vérity mais tout de même.
Quand il arriva sur le chemin de traverse il soupira de soulagement. Il avait beau être étonné tout les jours par l'intelligence des moldus, il était tout de même bien plus à l'aise du côté magique de la ville où tout le monde où presque le connaissait. Et il savourait chaque sourire que lui adressait les enfants. Lui, s'était surtout pour ça qu'il s'était lancé dans les farces. Pour faire rire les gens. De quoi avaient-ils plus besoin que de rire en cette période de guerre ?
Il répondait donc à chaque salut avec enthousiasme et un clin d'œil en plus si s'était une jolie fille. Mais il ne ralentissait pas le pas. Il n'était pas suicidaire et ne tenait absolument pas à affronter son frère en colère. George, tout comme Ginny, ressemblait affreusement à leur mère quand il était en pétards. S'en était effrayant.
Ce fut donc presque en courant qu'il pénétra dans la boutique. Mais il s'arrêta tout de suite. La première chose qui le marqua, fut l'absence de clients. La seconde, le flacon brisé sur le sol à ses pieds. Et la dernière, le visage de George. Son jumeau avait le visage crispé de rage et serrait dans sa main un bout de papier. Il regardait le plafond, tentant de toute évidence, de maîtriser ses nerfs.
« Hey, Forge... Fais pas cette tête là tu me fais peur, plaisanta Fred en posant ses achat sur le comptoir. Qu'est ce qu'il...
- Gred, Dumbeldor est mort. »
Un long silence passa. Long silence pendant lequel Fred lutta pour reprendre sa respiration. George plaisantait, s'était obligé. Dumbeldor ne pouvait pas être mort. Il était immortel. Et puis surtout, pourquoi ? Comment ?
« Tu déconne, articula-t-il difficilement.
- Pas du tout, répliqua George d'une voix froide. Il a été tué hier par Rogue. Les mangemorts étaient à Poudlard et se sont battu contre l'Ordre. Bill a été blessé.
- Quoi ? Comment va-t-il ? »
À présent, le cœur de Fred battait à cent à l'heure. Plus rien ne pouvait désormais le calmer hormis savoir son frère hors de danger. Il s'agrippa au comptoir et fixa son jumeau dans les yeux.
« Papa et Maman nous ont envoyés un hibou, expliqua George. Bill se battait avec un mangemort quand... Quand Greyback lui est tombé dessus.
- Greyback... Balbutia Fred, comprenant tout ce que cela impliquait. Mais ce n'était pas la pleine lune hier ! Il n'était même pas transformé pas vrai ?
- Il peut se transformer en dehors des pleines lunes, répondit lentement George en fermant les yeux. Il a griffé Bill qui s'est illico évanouit... Lupin dit qu'on ne peux pas savoir comment il va réagir. On ne peux même pas être sûr qu'il sera toujours Bill.
- C'est pas vrai... »
Fred se laissa tomber sur une chaise, incapable de dire autre chose. Bill n'était pas seulement blessé, il était mutilé à vie. Plus rien ne serait jamais pareil pour lui. S'était pire que tout.
« On doit y aller, dit George.
- Où ça ?
- À Poudlard. On doit le voir.
- Mais on ne peux pas fermer la boutique comme ça... », protesta faiblement Fred.
À la vérité, il n'était pas sûr de supporter la vue de son frère. Non pas que son nouveau statut change quelque chose à l'affection qu'il lui portait mais... Si réellement Bill ne les reconnaissait plus, il n'était pas sûr d'arriver à tenir le choc.
« On a tout les droits quand il s'agit de notre famille, répliqua George d'une voix acide. C'est de Bill dont on parle. On doit être là pour lui.
- Comment a réagit Fleure ? »
Parce que si en plus la jeune femme annulait le mariage à cause de ça, leur frère aîné pouvait vraiment perdre la tête. Jamais Fred n'avait vu Bill aussi amoureux. Si Fleure le lâchait maintenant, qui sait comment il réagirait.
Le visage de George se radoucit enfin et il s'accorda même un petit sourire.
« Elle a été épatante. Elle a viré maman du chevet de Bill en protestant que s'était à elle de s'occuper de son mari.
- T'es sérieux ?
- J'ai l'air de plaisanter ? » Répliqua George en perdant tout de suite son sourire.
Fred secoua la tête. Évidemment que non. Ça n'était pas le moment de plaisanter. Il se redressa enfin et hocha la tête.
« Tu as raison, on y va. Verity ! »
Dans la seconde, leur charmante assistante apparue dans l'encadrement de la porte. Elle adressa un sourire désolé à Fred.
« Je suis sûr qu'il va bien, lui affirma-t-elle. Il va se remettre Fred tu vas voir. Il ne faut pas vous en faire !
- Tu es gentille... Sourit faiblement George. On peut te laisser la boutique ? Elle est fermée pour aujourd'hui. On va à Poudlard.
Pas de problèmes George, j'assure ! » S'exclama la jeune femme avec un rire forcé.
Fred sourit à son amie puis suivit son frère qui sortait déjà. Ils transplanèrent immédiatement à la limite des protections de Poudlard, derrière la tête de sanglier.
Dans les rues de Près-au-lard, Fred ne manqua pas de remarquer les coup d'œil inquisiteur qui lui lançait la plupart des élèves qu'ils croisaient.
« Qu'est ce que tu veux ? S'énerva-t-il finalement quand une petite Serdaigle de deuxième année lui lança un regard un peu trop appuyé.
- Vous ressemblez beaucoup au demi loup-garou. », répondit-elle avec une grimace de dégoût.
Fred n'eut même pas le temps de réagir que George avait déjà attrapé la gamine au collet et la soulevait de terre sous les cris hystérique de ses deux camarades.
« Je t'interdit de parler de mon frère comme ça, sale morveuse ! S'écria-t-il en le secouant violemment.
- George ! Lâche-la, tu lui fais mal ! »
Obéissant à l'ordre de son jumeau, le rouquin laissa tomber la petite dans l'herbe. Celle-ci hoquetait de peur mais pas instant il ne vint à Fred l'envie de la consoler. Il se contenta de lui tourner le dos en silence, en entraînant son frère vers le château.
« Je les déteste, marmonna George. Ils sont tous là à nous regarder comme si on était des bêtes de foires ! Mais Bill est un être humain ! Au même titre qu'eux tous !
- Arrête de t'énerver pour rien Forge, répliqua Fred. Bill est un demi loup-garou maintenant. Et à cause de ça il va falloir faire face à la discrimination racial. Ça a toujours été comme ça. Les loup-garou, les gobelins, les elfes de maison, les centaures, ils ont tous le droit à ça. Et nous on va devoir s'habituer.
- Le prochain qui parle de Bill avec ce ton suffisant je le tue. », marmonna son jumeau.
Trouvant inutile de rajouter quoi que ce soit, Fred garda le silence et entraîna son frère vers l'infirmerie. Il évita les couloirs trop fréquentés de l'école, n'étant pas certain de parvenir à garder le contrôle de ses nerfs s'ils retombaient sur des gamins aussi stupide que cette petite.
« Harry doit être effondré, remarqua soudain George.
- Ça tu l'as dit... Répondit Fred. Mais Ron, Ginny et Hermione sont là pour son moral.
- Je ne sais pas si Ron va bien, marmonna son frère.
- Quoi ? Parce qu'il s'est battu lui aussi ?
- Évidemment ! Il est sûrement pas resté les bras croisé pendant que son meilleur ami risquait ça vie !
- J'aurais dut me douter qu'Harry était au milieux de cette pagaille, marmonna Fred pour lui-même. Merlin dans quel état il doit être... Et j'espère que Ron va bien. »
Mais le rouquin n'eut pas l'occasion de s'inquiéter plus que ça pour son petit frère car ils avaient à peine poussés la porte de l'infirmerie qu'ils avaient déjà repéré sa touffe rousse. Il était assit à côté d'un lit et non pas dans un lit ce qui voulait dire qu'il allait bien. S'approchant silencieusement, Fred eut tout le loisir d'observer le visage défiguré de son frère aîné.
Les plaies étaient régulières et horriblement gonflées. En regardant la sueur qui coulait le long du front de Bill, le rouquin sentit la colère gronder dans son cœur. Comment Greyback avait-il osé faire ça ?
« Non d'un scroutt à pétards, marmonna George. C'est pas beau à voir.
- Si je tombe sur Greyback, je jure sur Archimède qu'il finira en charpie. », affirma Fred en serrant les poings.
Ron les regarda avec un sourire tordu et les salua d'un vague signe de main.
« Salut.
- Salut Ron, répondit George. Tu t'es battu toi aussi ? Tu n'es pas blessé ?
- Non, pas moi. Mais Neville et Luna sont dans un sale état et je crois que Ginny est encore sous le choc.
- Pardon ? S'exclama Fred. Ginny s'est battue aussi ?
- Tu crois sincèrement qu'elle serait restée sans rien faire pendant qu'on était en plein combat contre des mangemorts ? »
À bien y réfléchir... Non. Ginny n'aurait jamais put faire ça.
« Non tu as raison, sourit-il. J'aurais dut le savoir. Elle serait devenus folle.
- Enfin si elle va bien c'est tout ce qui compte, conclut George. Et lui ? Questionna-t-il en montrant Bill d'un mouvement de tête.
- Comme tu vois, marmonna Ron. Sa rencontre avec Greyback ne lui a pas fait que du bien. Fleure m'a dit qu'il allait se réveiller. La potion de sommeil que lui a donné Madame Pomfresh devrait bientôt cesser de faire effet.
- Et où est Ginny ? »
D'un mouvement de tête, leur jeune frère indiqua un lit, quelques mètres plus loin. Là, Ginny semblait en grande conversation avec Neville et Luna. En s'approchant, Fred et son frère entendirent la dernière question de la blonde.
« Qu'est ce qu'il a ? Demandait-elle sur le ton de la conversation en montrant le lit de Bill du menton.
- Greyback lui est tombé sur le coin de la gueule, répondit George en s'immisçant dans la conversation.
- Y'a plus qu'a espérer que ça ne lui a pas fait perdre les deux malheureux neurones qui se battaient en duel dans son cerveau. », renchérit Fred.
Sans un mot, Ginny pivota et serra George dans ses bras. Elle semblait effondrée. Les traits tirés et des cernes sous les yeux, Fred se dit qu'elle n'avait pas dut beaucoup dormir la nuit dernière.
« Comment tu te sens ? Demanda George en rendant son étreinte à leur sœur.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut poser cette question, marmonna-t-elle.
- Bill est en mauvais état, mais tu t'es battu aussi, répliqua Fred. Il ne faut pas négliger les combattants, quelles que soit leurs blessures.
- Je déteste quand tu parles comme ça, grogna-t-elle. J'ai l'impression que tu sais de quoi tu parle. Et je n'ai pas envie que tu sache. »
Fred lui sourit gentiment. Il ne savait pas de quoi il parlait. Il n'avait jamais eut l'occasion de participer à la moindre mission au nom de l'Ordre. S'était juste des mots qu'il avait entendu prononcer par Fol œil et qu'il avait répété. Ginny n'avait donc aucun soucis à se faire. Puis il reporta son regard sur Neville et Luna et grimaça en voyant leur état. La petite blonde semblait avoir un bras cassé et le brun donnait l'impression de s'être battu en duel avec un champion de boxe thaïlandaise. Ils faisaient peur à voir.
« Dites donc, vous êtes bien amochés vous aussi... Grinça-t-il. Madame Pomfresh ne devrait pas tarder à arriver. La potion de sommeil de Bill va bientôt cesser. Il va se réveiller.
- Viens Ginny, on va le voir. », décida George en entraînant leur sœur vers le lit du blessé.
Elle ne protesta pas et ils rejoignirent rapidement Ron.
« Où est Fleure ? Demanda-t-elle en arrivant.
- Je lui ai dis d'aller se reposer, répondit leur cadet. Elle a veillé toute la nuit et il faut qu'elle dorme aussi. Elle a prit un lit au fond de l'infirmerie pour être tranquille.
- Sa réaction m'a épaté, marmonna Fred, réellement impressionné. Je ne m'attendais pas à ça de sa part.
- C'est vrai, acquiesça George. Je la croyais superficielle et nunuche, mais en fait, ce n'est pas vrai. On ne la connaissait pas vraiment.
- Je crois que je l'aime bien, marmonna Ginny.
- Encore heureux, gémit soudain la voix du blessé. Je vous signal que vous parlez de la fille qui va devenir ma femme là... »
Comme un seul hommes, les quatre roux avaient relevé la tête, un sourire sur le visage. Fred sentit un grand poids s'envoler de ses épaules. Bill avait fait un blague. Il était toujours Bill. Même avec ces horribles cicatrices sur le visage et cette douleur dans la voix.
Fred se sentit fléchir alors que Ginny étranglait carrément Bill de soulagement et que George se massait le visage pour chasser son angoisse. Le rouquin s'affala sur la chaise qui traînait là quand Bill gémit de nouveau.
« Ginny... Tu me fais mal.
- Oh pardon ! S'excusa-t-elle. Dis moi, comment tu te sens ?
- J'ai affreusement mal au crâne et j'ai l'impression que mon visage brûle. J'ai du mal à contrôler mes mouvements et chaque parties de mon corps est douloureuse... Qu'est ce qu'il s'est passé ? »
Le sourire qui était né sur les lèvres de Fred disparut immédiatement. Il ne se souvenait de rien ? Il ne savait donc pas ce qui lui arrivait ? Merde... Évidement, Ron et Ginny se tournèrent tout de suite vers eux pour quetter leur soutient. Mais Fred n'avait absolument pas envie d'être celui qui annoncerait à Bill qu'il était semi loup-garou ! Et George non plus apparemment. Le jumeau se demanda un instant où était Percy avant de se reprendre. Ça n'était pas non plus Percy qui le lui apprendrait.
« Pourquoi vous dites rien ? S'inquiéta le plus vieux du lot. Qu'est ce qu'il se passe ?
- Euh... Bill tu... commença Ron.
- Je quoi ? Qu'est ce qu'il m'est arrivé ? Dis moi Ron. »
Mais le benjamin se tut. Lui non plus n'y arrivait pas. Fred se leva de sa chaise et se mordit les lèvres jusqu'au sang. Pourquoi fallait-il absolument que Bill demande des explications maintenant ?
« Arrêtez de ne rien dire ! S'écria-t-il en commençant à s'affoler. Dites moi ce qu'il se passe ! S'il vous plaît...
- La vache, il t'as pas loupé cet enfoiré... »
Une déferlante de soulagement envahit le cœur de Fred à l'entente de cette voix. Décidément, Charlie choisissait bien son moment ! Le rouquin se retourna, tout sourire vers son frère aîné.
« Qui ne m'a pas loupé ? Demanda Bill après un instant d'étonnement. Qu'est ce qu'il s'est passé Charlie ? Qu'est ce que tu fais là ?
- Salut tout le monde, répondit l'intéressé en ébouriffant Ron. Vous allez bien ? Ginny, tu n'as rien ? Non ? Tant mieux. »
Il topa dans la main de Fred et de son jumeau comme ils le faisaient à chaque fois qu'ils se voyaient et serra Ginny contre lui. Puis il tira une chaise et fit précisément ce que les quatre plus jeunes Weasley attendaient de lui. Il pris la situation en main.
« Vous pouvez nous laisser ? Demanda-t-il. Je vais lui expliquer.
- M'expliquer quoi ? S'énerva d'un seul coup Bill. Merde à la fin ! Qu'est ce qu'il s'est passé ? »
Comme un seul homme, les jumeaux, Ron et Ginny quittèrent la pièce en courant. Fred n'avait absolument pas envie d'assister à la scène. Après un regard coupable vers les autres, il fixa un instant ses pieds en cherchant quelque chose à faire.
« Viens George, proposa-t-il après quelques secondes. On peux aller dire bonjours à Katie ! Ça fait longtemps qu'on l'a pas vus.
- Elle n'est pas en cours ?
- Tu crois vraiment qu'on a cours aujourd'hui ? Marmonna Ron. Cours alors que Dumbeldor est mort ?
- Non tu as raison... Admit George d'une voix coupable. Bon ben allons la voir Fred... »
Grognant à l'adresse de Ron qui avait plombé l'ambiance – qui n'était déjà pas légère –, Fred entraîna son jumeaux vers la salle commune des Gryffondor.
« J'ai du mal à réaliser que Dumbeldor soit vraiment mort, souffla George. Il semblait tellement... Tellement...
- Tellement hors d'atteinte qu'on s'imaginait que la mort elle même ne pouvait l'attraper, termina Fred sur le même ton.
- C'est ça.
- Mais ce n'était pas vrai... Il est mort... »
En entrant dans la salle commune, Fred eut de nouveau envie d'étrangler un ou deux élèves. Tous les fixaient comme s'ils étaient les créatures les plus étranges du monde. Seule Katie sembla contente de les voire.
« Fred ! George ! S'exclama-t-elle en fondant sur eux, les yeux pleins de larmes. Vous m'avez manqué !... Vous m'avez manqué... Dumbeldor...
- Tais-toi Katie, la coupa George d'une voix douce alors que Fred la serrait dans ses bras. Ça ne sert à rien de le dire à voix haute... On est au courant. »
