Bonjour à tous, voici le chapitre 3, mais retravaillé.

Nous continuons encore plus loin dans la déchéance de notre héroïne, vous aurez toujours votre content de larmes, alors accrochez vous.

Disclaimer: Naruto appartient à Masashi Kishimoto


L'inconscience est une période bénie pour moi. Tant que je suis plongée dans l'obscurité des abysses de mon esprit, je ne suis pas dans l'ignoble réalité où je suis sans cesse tabassée et torturée.

Kabuto me réveille une fois de plus avec un seau d'eau glacée, après seulement quelques trop courtes heures de paix. J'halète sous le coup de la surprise tandis que le liquide froid frappe mon corps, tendant instantanément mes muscles déjà éprouvés par les coups portés il y a peu. Alors que je tousse, je vois l'eau pure couler sur mon visage et mon corps, se teintant de sueur et de sang séché, prenant une teinte marron peu ragoutante. C'est à ce moment que je prends conscience de mon état pathétique. Le picotement dans mes yeux m'indique qu'ils doivent être irrités au point que le blanc soit devenu écarlate. J'ai sûrement d'immenses cernes violacés qui me mangent les joues et l'odeur de mes déchets à mes pieds me fait vomir. Lorsque le flot de bile jaune coule sur ma poitrine, je sens que j'ai atteint le fond de l'horreur. Je ne dois vraiment pas être belle à voir, puisque même sans cette nouvelle faiblesse de mon estomac, j'empeste déjà la sueur, le sperme et le sang alors que je peine à me maintenir sur mes jambes. Je regarde les nombreuses marques qui strient mon corps et le liquide séminal qui coule de mon intimité, glissant sur mes cuisses. Tout me revient alors en mémoire, trop rapidement à mon goût, et des larmes de honte recommencent à couler sur mes joues.

Kabuto continue à parler, reprenant ce ton mielleux de mauvaise augure tandis que je lui lance un regard fiévreux. Une violente migraine m'envahit alors, ce que je trouve normal en tant que médecin, puisque depuis deux jours, je n'ai rien mangé, ni bu. Tout semble tourner alors que je perds une partie du sens des réalités. Sans mes fers qui me retiennent au plafond, je me serais déjà laissée tomber au sol, juste pour reposer mes chevilles et mes jambes tendues.

- Sakura-chan, murmure t-il à mon oreille, j'espère que tu seras plus coopérative aujourd'hui.

- Va, haletais-je, ayant des difficultés à former les mots dans ma gorge, va crever …

Même si ma voix s'est cassée la veille à force de hurler, j'arrive encore à prononcer quelques mots. Il ne dit rien, mais je lis dans ses yeux qu'il est piqué au vif. Chaque fois que je le mets en colère, je m'autorise un fin sourire. C'est comme une petite victoire, juste pour quelques instants, mais ces quelques secondes me font tenir. Chaque victoire réchauffe mon cœur, m'éloignant un peu de la folie. A l'inverse, je sens la rupture de mon esprit approcher à chaque défaite, des que je pleure ou que je crie, ou même quand je le supplie d'arrêter. Je sais parfaitement qu'il est capable du pire pour me faire parler, il ne m'a pas encore montré le quart de ces trésors d'inventivité qu'il pouvait mobiliser. Face à l'imagination débordante qui gagne chaque être humain lorsqu'il s'agit de faire souffrir ses semblables, je me raccroche à des bribes d'espoir, essayant de revoir le visage de mes amis à la place de celui que je vois me violer des que je ferme les yeux. Pour Naruto, pour Kakashi-sensei, pour Tsunade-sama, pour Ino-buta, pour mon village, pour mes amis, je ne dois pas parler. Je dois tenir jusqu'au bout, quelqu'en soit le prix. Même si dans les ténèbres, mon esprit meurtri me siffle que le prix sera ma santé mentale ... ou même ma vie.

Mourir.

Je sais que c'est le quotidien d'un shinobi, mais il n'empêche que j'ai tout de même peur.

Kabuto me détache les deux mains jusque là attachées au plafond de la cellule et je n'ai pas la force de me retenir. Je tombe sur le dos assez pathétiquement, comme une poupée désarticulée à qui on aurait coupé les fils. La rencontre brutale avec le sol froid et dur m'arrache à peine un gémissement. Je n'ai même plus la force de bouger, il faut dire qu'il égoutte tout mon chakra avec son maudit dispositif. Enfin, l'aspect positif c'est que la traction de mes membres enchaînés ne tire plus sur mon diaphragme et me permet de respirer. Tout ce que je veux, c'est un peu de repos, puisque je ne suis pas en état de lutter. A quoi bon essayer de m'échapper pour le moment, surtout si c'est pour espérer vainement qu'une tentative mal préparée réussisse ? Si j'échoue, ce qui risque d'arriver, il prendra plaisir à détruire un par un tout espoir de revoir la lumière du jour.

Deux clics résonnent dans la pièce, alors mes poignets sont enserrés dans deux fers fixés au sol. Quitte à être attachée, autant être couchée. Au moins, il ne martyrise plus mes épaules. Aurait-il enfin l'envie de me faire parler d'une autre manière ? Peut-être pense t-il que la douleur ne me fera pas craquer ? J'espère qu'il le pense vraiment, car je ne sais pas combien de temps encore mes limites tiendront.

Je déchante très vite et maudit ma crédule naïveté, lorsqu'il sort quelque chose de sa blouse. C'est une étrange tige, très fine, semblable à un fin sembon, qu'il porte au feu. Sans quitter l'objet des yeux, mon bourreau me repose ses questions et fidèle à mon nindo, je refuse toujours autant d'y répondre.

- Je ne parlerais pas, dis-je avec une voix forte. Tu n'obtiendras rien de moi, tu devras me tuer.

- Vraiment ? sourit-il en rehaussant ses lunettes rondes.

Il s'avance vers moi, avant de me donner un grand coup de poing dans le bas-ventre.

Suite au choc amplifié qui traverse le barrage de mes abdominaux et qui déforme mes organes internes, je laisse mon corps hurler sa douleur, alors que je fais dessus, comme une gamine.

- Tu n'es rien, m'affirme t-il en me regardant de haut. Tu n'es qu'un déchet, une pathétique gamine qui veut jouer à la kunoichi et qui gémit, vautrée dans sa propre merde. Tu espères vainement mourir, mais je peux t'assurer que je compte bien te garder en vie, tu es tellement amusante ma jolie.

Je perds ma confiance en moi lorsqu'il m'annonce que je risque bien de passer des années ici à être sauvagement torturée. Je veux le faire mentir, je ne veux pas mourir et je prie pour que quelqu'un, n'importe qui me fasse sortir d'ici. Mais, bien entendu, personne ne vient et Kabuto ressort l'étrange aiguille qu'il avait laissée dans le feu. J'ai compris avec horreur à quoi il réservait l'utilisation de cet objet lorsqu'il me saisit fermement la main droite. Lorsque Kabuto enfonça cette fine tige chauffée à blanc sous l'ongle de mon pouce, je ressentis ce qu'il y avait d'absolument atroce en terme de souffrance. Un rugissement fou émergea de ma gorge, accompagné de larmes me brûlant les yeux.

Il prit tout son temps pour mutiler chacun de mes doigts fins, séparant lentement mes ongles de leur chair, avec une précision chirurgicale et un sadisme tout bonnement ignoble.

Quand il en eut fini avec ma première main, cassant la moitié de mes doigts, brisant mes phalanges et déchirant mes muscles au passage, je hurlais à en perdre mon âme. Lorsqu'il en eut enfin terminé avec mes pieds, je ne pouvais même plus crier. Alors que mes cordes vocales ne répondent plus, mes extrémités ne sont plus que des trous rouges depuis qu'il m'a arraché les ongles. Au passage, il a cisaillé et charcuté mes doigts dès lors qu'il glissait, ce qui arrivait dès que je me débattais trop à son goût. Il me faisait si mal, que j'en suis arrivée à ne plus bouger, à me soumettre à lui en acceptant sa torture, me laissant me faire mutiler pour éviter des souffrances encore plus atroces.

Kabuto se relève lentement et caresse mon corps avec ses immondes doigts, m'arrachant des frissons de dégoût et d'appréhension. J'ai si peur qu'il ne me viole à nouveau que je préfère me taire.

- Tu sais, reprend t-il en se léchant les lèvres, une victime n'est belle à observer que si elle hurle. Je vais m'absenter quelques heures, juste le temps de finir quelques poisons dont tu me diras des nouvelles !

Je ne prends même pas garde à ce qu'il à dit. J'ai tellement mal, comme une vibration agitant tout mon corps et me vrillant les tympans, martelant l'intérieur de ma tête. Ces souffrances sont absolument insurmontables. Je ne désire plus qu'une chose, que tout s'arrête. Je sais que je suis faible, mais la douleur est intolérable. J'abandonne. Je veux mourir, n'importe qui, aidez-moi.

- Kabuto-san, appelle une autre voix froide, savez-vous où se trouve Orochimaru-sama ?

Cette voix grave qui provient de l'extérieur, elle m'est familière. Je l'ai déjà entendue quelque part, c'est une certitude. D'ailleurs mon tortionnaire n'a même pas daigné fermer la porte lorsqu'il est sorti répondre avec précipitation. La différence de luminosité soudaine entre ma cellule et le couloir éclairé par des torches m'aveugle, mais je ne me trompe pas. La personne qui vient de passer, avec ses cheveux d'onyx et ses yeux de jais au milieu d'un visage de marbre inexpressif, c'est lui. Sasuke-kun. Il est encore plus beau et musclé que dans mes souvenirs, sa chemise ouverte laisse son torse bien proportionné à ma vue. Il apparait comme un ange dans mon enfer, mon seul espoir pour m'en sortir, car même une mort nette et rapide m'apparait désormais comme apaisante.

Le beau brun ténébreux jette un coup d'œil distrait dans la cellule, mais sans son Sharingan, impossible qu'il sache que c'est moi qui est noyée dans l'ombre.

- Sas'ke-kun, murmurais-je de ma voix rauque et brisée. Aide ... moi, par pitié.

Ma voix plaintive n'est qu'un murmure presque inaudible, mais je le vois hausser un simple sourcil. Pour toute réponse à ma supplique, il n'émet qu'un de ses fameux « Hn » méprisants avant de partir. Kabuto referme la porte derrière lui, mais il ignore que cette image vient de me briser plus efficacement que toutes les longues journées de torture précédentes.

Je suis sûre qu'il m'a reconnue, c'est une certitude. Sasuke a toujours été méprisant avec les faibles et c'est bien ce que je suis. Sans chakra, prisonnière, je suis faible. Faible. J'ai donc passé toutes ces années à m'entraîner pour rien ? Ses anciens coéquipiers ne comptent donc plus pour lui ?

Il foule du pied tous mes sentiments, tous mes espoirs, toute ma vie. Quel salaud égoïste, il ne mérite même pas que quelqu'un se soucie de lui. Mes yeux semblent se voiler, alors que je laisse mes larmes couler. Sasuke … je te hais. Mais tu avais raison sur un point. Je suis un boulet … et je vais crever comme un boulet.

J'attends avec une indifférence totale le retour de Kabuto, les yeux dans le vague, l'esprit à mille lieues de mon corps meurtri. Les coups de pied que je reçois, brisant mes cotes et fracturant mes os ne m'arrachent plus aucun cri, car rien n'est pire que ce que je viens de voir. Le barbare se gausse de mes larmes et répète pour une énième fois ses questions. Je n'y fait même plus attention, je n'entends plus rien. Dans mon esprit, je me repasse en boucle ces images qui me brisent le cœur, qui me torturent plus efficacement que tout ce que j'ai pu ressentir depuis mon arrivée ici. D'ailleurs depuis combien de temps suis-je ici, exactement ? La faible lumière artificielle ne m'apporte aucune information et on ne m'a fait manger que deux fois, même si ce terme s'applique difficilement au fait de me faire avaler de force un étrange concentré sans goût.

Kabuto me coupe dans mes réflexions et fait une nouvelle annonce, exposant avec joie le traitement qu'il me réserve.

- Sakura-chan, siffle t-il avec la même perfidie que son maître, tu t'y connais bien en médecine. Tu sais que des nerfs mis à vif sont extrêmement douloureux en cas de contact. Eh bien ce petit kunai est enduit d'une toxine qui multiplie les signaux électriques nerveux. En clair, il décuple la douleur et sais-tu ou je vais m'en servir ?

Son grand sourire indique clairement que je vais souffrir. Il passe l'arme près de mon visage, le plat du métal glissant sur ma joue jusqu'à ce qu'il ne soulève ma paupière droite avant d'approcher lentement la pointe de son arme vers mon œil droit. Un air de pure terreur gagne mon visage et mon regard terrifié.

- Non ! Pitié ! hurlais-je, terrifiée à l'idée qu'il ne me mutile davantage. Je vous en prie, pas ça !

- Alors réponds à mes questions, demande t-il d'une voix douce. Tu le feras tôt ou tard, alors autant limiter tes souffrances en parlant maintenant.

Je tremble. Je m'apprête à tout avouer, lorsqu'il apparait dans mon esprit. Sasuke me fait face, avec son visage hautain, chachant ces mots qui me font si mal. Tu es trop faible. Tu ne devrais pas être une ninja. Tu devrais abandonner.

- Jamais je n'abandonnerais, répliquais-je d'un ton venimeux pour lui prouver qu'il avait tort. Je ne dirais rien.

- Tant pis pour toi, Sakura-chan.

Je bouge de la tête dans tous les sens, suppliant inutilement un miracle, mais Kabuto m'immobilise en maintenant mon crâne droit contre le sol de pierre. Il se délecte de mon regard horrifié, tel un prédateur prêt à mettre à mort sa proie dans un instant. Je n'arrive même pas à fermer la paupière, réflexe bien dérisoire face à un kunai acéré, mais rien d'autre ne me vient à l'esprit.

La pointe de l'arme effleure l'organe blanc tandis que je mords ma lèvre supérieure, ça fait deux jours que l'autre est bien trop déchiquetée pour me soulager. Le kunai s'enfonce brutalement dans mon orbite alors que des râles d'agonie sortent de ma gorge. Ma vue diminue immédiatement et un mélange poisseux de sang et d'humeur vitrée coule sur mon visage. Le poison suintant excite mon nerf optique mis à vif, alors je hurle comme je n'avais jamais hurlé. Je m'abandonne totalement à la douleur car il ne me reste plus que ça, je n'ai plus aucune fierté. Je ne sais même pas si j'en ai jamais eue d'ailleurs. Alors que je hurle sans cesse, je comprends au fond de moi-même qu'il m'a brisée. La réalité n'est plus qu'un cauchemar sans fin, la douleur est telle, que je sombre dans une sorte de folie. Je donnerais n'importe quoi pour que quelqu'un me tue.

- Pitié … aidez moi. N'importe qui. Laissez moi mourir …

Au milieu de mes paroles prononcées en état de délire, je l'entends exulter. Il adore briser ses victimes, voir ceux qui sont fiers souffrir peu à peu jusqu'à les observer perdre tout espoir, jusqu'à en arriver au point ou ils supplient leur tortionnaire de mourir. D'un coup de son kunai, Kabuto me laboure le visage, laissant un profond sillon vertical traversant mon œil crevé. Alors que mon sang coule sur ma joue avant de glisser dans ma bouche, je comprends qu'il compte bien me laisser en vie, jamais il n'accédera à mon désir de mourir.

Il arrête enfin ses coups qu'il porte sur tout mon corps, mais je ne suis pas délivrée de mes tourments pour autant. Je ressens la morsure du venin exciter tous mes nerfs. Il m'a mutilée précautionneusement, détruisant méticuleusement ce qui fait de moi une femme. Je n'ose même pas voir, ni même imaginer, ce qu'il a fait au reste de mon corps, enfin si cette enveloppe peut encore porter ce nom.

Enfin, il arrête. La délivrance n'est que temporaire, je le sais, mais ces moments de calme sont si rares dans cet enfer. Je suis seule, je l'ai toujours été. J'ai toujours été le vilain petit canard qu'il fallait sans cesse protéger. Naruto ne viendra pas à mon secours, personne ne viendra. Konoha ne risquera pas plusieurs vies pour en sauver une seule et ça m'étonnerait que Naruto puisse entreprendre un acte isolé, il sera mis sous bonne garde. Il est tellement prévisible.

Je sais ce qui m'attend. je vais souffrir ici, seule avec ma folie. Puis, lorsqu'il en aura assez de moi, il m'utilisera comme cobaye. Enfin, je vais crever ici, seule comme un boulet. A Konoha, on inscrira mon nom sur une tombe vide. Ils pleureront et petit à petit, le temps cicatrisera leurs plaies. Ils m'oublieront, ils oublieront que je me suis tue, que j'ai résistée pour garder saufs certains des secrets de mon village.

Alors que j'imagine le film de mon destin, je ressens un goût aigre dans la bouche, goût qui n'a rien à voir avec mon vomi. Je comprends que je cède, que je suis en train de renier toutes mes inutiles valeurs. Je déteste ce monde pourri. Ce système avec une morale qui est pire qu'un carcan, ce monde ou l'amitié n'a pas de place et s'efface devant la mission, ce monde ou la reconnaissance reçue en cas de succès n'est rien face à la sanction en cas d'échec. Oh bien sur, certains luttent comme Kakashi-sensei, mais au fond, personne n'ose véritablement s'élever contre ce monde shinobi. Je sens cette sourde colère monter en moi, comme un poison noir qui anesthésie ma souffrance. Je cherche un nom à mettre sur ce doux poison, mais rien ne vient. C'est une sensation que je n'arrive pas à comprendre, puisque je ne l'ai jamais aussi pleinement expérimentée. Ce serait donc ça que l'on nomme la haine ?

La porte de ma cellule s'ouvre à nouveau, prélude à de nouvelles souffrances. Dans quelques instants, Kabuto me posera de nouvelles questions, il me touchera et tout recommencera. Je ne relève même pas le visage vers mon bourreau, je n'en ai ni la force ni l'envie.

- Eh bien ! Que vois-je ? s'esclaffe une voix si différente de celle de mon bourreau. Une petite kunoichi prisonnière, justement celle qu'on cherchait !

Cette voix est bien plus rauque et grave que celle de Kabuto. Intriguée, je relève le cou vers ce nouvel interlocuteur avant que mon unique œil valide ne s'écarquille. Cet homme à la carrure impressionnante, je l'ai déjà aperçu dans le Bingo-Book. Il est fiché comme étant Hoshigaki Kisame, criminel de rang-S, déserteur de Kiri, le village caché du brouillard.

Il est encore plus effrayant en vrai que sur le papier. Sa peau bleue couverte par des branchies donne l'impression d'avoir affaire à un véritable monstre. Ses petits yeux argentés illuminés d'une cruelle lueur bestiale et ses dents tranchantes semblables à celles d'un squale confirment vite ma première impression. L'immense épée couverte de bandages qu'il porte sans efforts montre qu'il est doté d'une force colossale.

Lorsque je le vois, je prends peur. Je suis totalement paralysée face à ce colosse, mais ce n'est pas son visage qui me fait le plus peur. C'est ce que signifie sa présence. Dans ce monde, la chose que les gens craignent le plus ce ne sont pas les bandits, ni les déserteurs ayant la mort aux trousses, ni même les démons. Alors que les bijûs et les kamis étaient les choses les plus craintes, un groupe s'est levé depuis peu. Une organisation dont le nom entraîne une peur chez tous, un groupe composé du ramassis des pires nukenin du monde. Un groupe aisément reconnaissable par leurs manteaux noirs ornés de nuages de sang. L'un d'entre eux me fait face en ce moment même, un membre de l'Akatsuki.

- Bon travail Kisame.

Cette autre voix, terriblement attirante et si glacante, j'arrive à mettre un nom dessus. C'est celle de son partenaire, Uchiha Itachi. Avec ses traits androgynes et envoutants, il est encore plus charismatique que son frère. C'est drôle, mais à la seule mention du nom de Sasuke, j'ai désormais un goût amer de trahison dans la bouche.

Le génie du clan Uchiha, assassin de toute sa famille se tient à moins d'un mètre de moi. Son air impassible me fixe et je n'ai aucune indication de ce qu'il me veut.

- Haruno Sakura.

Déjà, il connaît mon nom. Plus besoin de nous présenter. Enfin, il n'est pas venu jusque dans le repaire d'Orochimaru pour obtenir mon Curriculum Vitae.

- Je veux que tu viennes avec nous à Akatsuki.

Qu'est ce qu'il dit ? Il veut que je le suives dans cette organisation de meurtriers ?

- Jamais, répondis-je avec une détermination renouvelée. Je resterais fidèle à mes amis, je ne les trahirais pas.

- Tes amis, réplique t-il sans la moindre émotion dans la voix. Sont-ils fidèles à toi ? rajoute t-il en me faisant frissonner. Ou sont-ils donc tes amis ?

Il garde son visage aussi inexpressif que celui d'un joueur de poker et je me surprends à me poser une question totalement accessoire et déplacée : Les Uchiha étaient-ils tous aussi inexpressifs ?

Néanmoins, le poison dans sa voix fait son effet. Je sens qu'il à raison. Je suis seule. Ni Konoha, ni ce salaud de Sasuke ne feront rien pour moi.

- Que se passe t'il si je refuse ? questionnai-je pour connaître l'alternative, juste par pure curiosité.

- C'est simple. Nous partirons et tu auras alors tout loisir d'essayer les nouveautés de Kabuto.

Je palis soudainement à l'idée de rester enfermée ici, à la merci du sadique bourreau et l'expression sur mon visage n'échappe pas aux deux criminels. Je ne veux plus souffrir ainsi, j'ai atteint mes limites et je n'ai plus le choix. Je sais que c'est une trahison, mais je n'en peux plus. Je ne suis rien de plus qu'une faible et une lâche.

- D'accord. Je … je viens avec vous.

Mes mots semblables à un murmure meurent rapidement, laissant planer un silence lourd et angoissant, comme si mon destin était scellé. Par ces mots, je viens de sceller à tout jamais ma destinée, mettant un terme à ma vie de kunoichi pour embrasser celle d'une exclue, d'un renégat.

L'être mi-homme mi-requin s'approche de moi, arrachant mes chaînes à main nue avant de me redresser. Vu mon état lamentable, je peine à me maintenir sur mes jambes et je m'effondre. Je sens les puissants bras du porteur du Mangekyô Sharingan me retenir avant que je ne sombre une nouvelle fois dans l'inconscience.