Bonjour, nouveau chapitre ! Rapidement écrit, et avec bien plus de plaisir que le précédent !

Merci pour les review !


Oubliettes : chapitre 3 Se perdre pour mieux se retrouver

Le lendemain, Poudlard brûlait d'une effervescence chaleureuse dès la matinée, les coeurs et les esprits vibraient pour le match et personne n'était à l'abri de cette vague de joie. Hermione en oubliait Snape, tout occupée à ensorceler le chapeau en forme de lion confectionné par Luna Lovegood et à chercher son drapeau à l'effigie de leur maison. Le midi, elle ne cessait d'exhorter Ron à manger avec une voix excitée et de plus en plus aigue, si bien que Harry n'en revenait pas, c'était bien la première fois qu'elle s'investissait autant dans un match de quidditch.

"Allez Ron, n'oublie pas, tout le monde est avec toi ! s'écria-t-elle avant de le laisser entrer dans les vestiaires.

Celui-ci déglutit à ces paroles qui n'eurent pas l'effet escompté puisqu'il courut aux toilettes avant d'entrer sur la pelouse.

Hermione s'était trouvée une place dans la tribune à gauche du gradin réservé aux professeurs et aidée de Luna, Neville et Ginny, elle chantait - ou plutôt hurlait - des encouragements afin de couvrir les insultes des Serpentard. En fait, Hermione craignait que Ron soit déconcentré suite à sa révélation de la veille, principalement parce que le jeune homme semblait ne s'en être toujours pas remis et croyait encore à une mauvaise blague de ses deux amis.

Contre toute attente, il se montra exceptionnellement bon. Hermione en vint à penser que peut-être son esprit était tellement préoccupé qu'il ne ressentait même pas le stress du match. Quoi qu'il en soit, il contribua largement à leur victoire en arrêtant plus de la moîtié des tirs adverses, jusquà ce que Harry attrape le vif d'or après une majestueuse descente en piqué à laquelle renonça l'autre attrapeur.

L'ambiance festive des gradins et des vestiaires se poursuivit jusqu'au soir, dans la salle commune des griffondor.

Les joueurs étaient acclamés par tous leurs camarades et profitaient du bonheur communicatif provoqué par leur première victoire. Mais une personne n'était plus vraiment gagnée par les réjouissances : Hermione s'était mise à l'écart, adossée au mur, elle contemplait d'un sourire léger le spectacle de joie de ses amis. Elle n'oubliait pas que sa relation avec Snape était dans le chaos total et ne pouvait s'empêcher d'en souffrir, malgré tous les efforts de sa raison pour l'oublier.

Harry et Ron, une fois débarrassés de leurs plus ferventes admiratrices, la rejoignirent, soucieux.

« Ca va ?

- Oui ça va, ne vous inquiétez pas, je vais monter ».

Elle les laissa pour disparaître dans les escaliers de son dortoir. Harry serra les poings et échangea un regard éloquent avec Ron. Ils supportaient mal de voir leur amie souffrir à ce point, surtout pour un homme qu'ils détestaient profondément. Leur courage stimulé par leur victoire, les deux garçons échappèrent à la cohue générale et se retrouvèrent dans les couloirs calmes de Poudlard. Quelques minutes plus tard, ils se trouvaient devant le bureau de Snape. Sans hésiter, Harry frappa à la porte. Une voix les invita à entrer. Snape haussa deux sourcils en voyant les deux Griffondor entrer.

Ceux-ci ne prirent la peine de le saluer et entrèrent dans le vif du sujet :

« Ecoutez, on accepte tout à fait que vous vous en preniez à nous, on est habitués mais évitez de vous en prendre à Hermione.

Harry regardait Snape droit dans les yeux, menaçant et sûr de lui. Snape eut un sourire mesquin et répondit sur un ton dédaigneux :

- Vous me donnez des ordres maintenant Potter ? Je crains que votre statut d'élève ne vous autorise pas encore à vous adresser à moi de cette façon...

- Ca suffit, on sait très bien ce qui se passe, Hermione nous a tout dit ! S'écria Ron en faisant un pas en avant, on ne vous laissera pas la faire souffrir autant !

Snape garda le silence un instant avant de répliquer :

- Après les ordres, les menaces, vous êtes en train de gagner un mois de retenue...

- Nous sommes prêts à en parler à Dumbledore s'il le faut...

Le serpentard fronça les sourcils et ses yeux noirs vrillèrent Harry, sans ciller, il se leva et s'approcha des deux élèves.

- Maintenant sortez de mon bureau.

- On n'hésitera pas !

- J'ai dit sortez. »

Sa voix calme et doucereuse était extrêmement menaçante, si bien qu'elle mit mal à l'aise Ron et Harry qui finirent par sortir. Ils n'étaient pas mécontents de leur geste, l'énervement de Snape était sans doute proportionnel à l'effet de leur propres paroles et cela pourrait le forcer à se calmer dans les prochains jours.

Ils revinrent donc avec un sourire satisfait sur les lèvres dans la salle commune des Griffondor. Il y avait toujours autant de monde et de bruit mais ils reconnurent Hermione vers la cheminée. Lorsqu'elle les aperçut, elle vint les retrouver pour leur demander où ils étaient partis :

« Je suis revenue pour participer à la fête mais vous étiez partis.

- Hermione, ne nous en veux pas mais on est allé voir Snape et on lui a dit deux mots... expliqua Harry.

Hermione crut défaillir à cet instant précis...

- Vous avez fait quoi ! S'écria-t-elle, sa voix s'élevant au-dessus des chants et des cris.

Ron eut un regard désolé :

- Je crois qu'il a compris et qu'il va se calmer, c'est pour ton bien qu'on a fait ça...

- Quand je vous en ai parlé, ce n'était pas pour que vous jouiez les chevaliers servants, je voulais juste me confier à vous !

- Hermione...

Mais la jeune fille repartait vers son dortoir en furie. Comment avaient-ils osé mettre Snape dans l'embarras plus qu'il ne l'était déjà ? Comme si ça allait arranger les choses... Elle s'effondra dans son lit, laissa échapper quelques larmes de colère et s'assoupit, épuisée par sa longue journée.

Une heure plus tard, des pas dans le dortoir la réveillèrent, elle se releva et s'assit sur son lit.

Des ricanements s'élevaient des lits les plus proches et elle pressentait qu'elle aurait bien du mal à se rendormir. Il était trop tard pour sortir également...

Ses yeux se posèrent sur un amas de vêtements, posés négligeamment sur une chaise. Elle reconnut la chemise et le pantalon que lui avaient prêtés Snape. Elle avait complètement oublié ! Elle ferait mieux de lui rapporter tout de même... Elle n'avait qu'à les poser devant son appartement, cela lui éviterait une rencontre déplaisante. D'un pas vif et décidé, elle s'empara des habits et les plia avec soin avant de les entourer d'un paquet en tissu. Voilà, il n'y avait plus qu'à retrouver le chemin de ses quartiers.

Hermione était certes très talentueuses, travailleuse et sérieuse, mais elle n'était guère réputée pour son sens de l'orientation. Les premiers jours à Poudlard avaient été un calvaire pour la jeune fille, à l'époque solitaire, qui se perdait dans les couloirs sans cesse et n'osait jamais demander son chemin. Cette fois encore, elle ne fit pas ses preuves dans ce domaine. Après une demi-heure de marche dans les couloirs, elle pestait contre elle-même et s'en voulait de n'avoir jamais cherché de sort pour combler cette lacune. Non seulement elle n'avait pas trouvé sa destination initiale, mais en plus, elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait ! L'obscurité ne l'aidait en rien non plus...

Elle devait se trouver dans les hauteurs du château, puisqu'elle constatait par les fenêtres que le parc était bien lointain en contrebas. Comment avait-elle pu se retrouver en haut alors que le chemin des cachots aurait du la mener dans les sous-sols de Poudlard !

« Eh bien Hermione, tu n'es pas sortie d'affaire... se dit-elle en marmonnant. »

Abandonnant toute volonté, elle se laissa aller à profiter de sa promenade nocturne. C'était parfois en arrêtant de chercher qu'on trouvait son chemin... Elle arriva dans un couloir plus éclairé, non par des torches mais par une lumière naturelle, blanche et fraîche. Curieuse, elle s'avança lentement et découvrit une grande salle ouverte sur l'extérieur par une haute balustrade de pierres. Comme happée par la beauté de la salle, elle pénétra à l'intérieur sans faire attention à la silhouette qui se détachait dans la nuit. C'est seulement à quelques mètres qu'elle s'aperçut de sa présence : une cape noire et longue, une chevelure de la même couleur caressée par une légère brise, Severus Snape se tenait là, les mains posées sur la rembarde.

Hermione retint son souffle : elle le trouvait beau, dans ce cadre, cette atmosphère calme et nocturne. Elle avait le sentiment d'entrer dans un moment privilégié de son professeur qui enfin était libéré de toute pression extérieure. Au bout de quelques secondes, elle se souvint de le but original de sa petite sortie, jetant un coup d'oeil aux vêtements, elle décida de les lui rendre maintenant, au moins, elle ne se serait pas perdue pour rien. Elle s'approcha donc, le pas leste et discret, jusqu'à être derrière lui.

« Professeur Snape ? Demanda-t-elle.

L'homme se retourna vivement :

- Miss Granger !

Hermione sourit en le voyant pousser un soupir, visiblement, il ne l'avait pas entendue arriver et avait été surpris par sa voix. Il devait être plongé dans ses pensées pour perdre ainsi sa prudence légendaire.

- Je ne voulais pas vous surprendre... Je venais vous rendre vos vêtements.

Elle lui tendit le paquet et attendit qu'il les prenne.

- Ah oui, merci.

Ils se regardèrent un instant puis Snape détourna les yeux pour retourner à sa contemplation du ciel, ou plutôt à ses ruminations intérieures.

- Je suis désolée pour le comportement de Harry et Ron, je n'aurais pas cru qu'ils iraient jusque là...

Snape ne réagit pas, Hermione observa son visage impassible puis revint sur ses pas. Elle n'allait pas l'importuner plus longtemps... Mais Snape la rappela :

- Miss Granger, attendez.

Etonnée, Hermione s'arrêta et attendit qu'il lui dise quelque chose. Mais il n'en fit rien. Déconcertée, elle se rapprocha et patienta à ses côtés, posant les mains sur la pierre froide.

Le ciel était étoilé, la lune presque pleine irradiait d'une clarté pure et dessinait la pâleur du visage de Snape, paisible et imperturbable. Hermione savourait l'instant de communion sans paroles ni regards quand il se décida à parler.

- Je suis désolé pour ces derniers jours...

Hermione leva les yeux vers lui, il gardait les siens obstinément fixés dans le vide.

- Je ne voulais pas vous blesser... Enfin si mais...

Il s'arrêta, comme bloqué et honteux avant de reprendre :

- J'ai cru que me faire détester était la solution... Vous ne devriez pas m'aimer, je voulais que vous compreniez cela...

Il soupira longuement après sa déclaration. Hermione émit un rire, à la grande suprise de Snape qui enfin se tourna vers elle avec un regard à la fois vexé et interrogateur.

- Je peux savoir ce qui vous fait rire !

- Vous. C'est complètement ridicule !

Elle rit de plus belle, en voyant son air courroucé. Il détourna les yeux pour cacher un sourire qu'Hermione eut bien le temps de remarquer avant de répliquer d'un ton moqueur :

- Parce que se jeter un sort d'oubliettes, ce n'est pas ridicule peut-être ?

Hermione esquissa un sourire amusé. Snape lui jeta un coup d'oeil rapide et eut un nouveau soupir.

- Je peux revenir en cours ?

Il la regarda un instant dans les yeux, instant qui parut durer une éternité pour Hermione qui se sentait fondre et rougir sous son regard pénétrant.

- Je ne vous priverais pas d'un tel plaisir, dit-il sarcastique.

- C'est un vrai plaisir vous savez, j'aime suivre vos cours.

Il haussa un sourcil mais n'eut le temps de répondre, Hermione ajouta :

- Et Harry et Ron ?

Une lueur de mépris passa dans les yeux de Snape qui grogna sans donner de réponse claire.

- Ils seraient ravis d'être vos souffre-douleur, et qui pourrez-vous maltraiter s'ils ne viennent plus ?

Snape eut l'air de réfléchir sérieusement à la question puis adopta un ton qui se voulait indifférent mais peu convaincant :

- Si vous le dîtes...

Hermione était persuadée qu'il en était au fond totalement ravi. Satisfaite, elle lui adressa un regard de reconnaissance. Elle l'observa alors, ou plutôt le dévora des yeux en freinant son envie de se rapprocher de lui : ses mains croisées, ses bras, son torse, son visage... Elle croisa son regard et détourna les yeux, gênée, il la fixait toujours mais Hermione se concentra sur le paysage devant elle, non sans éprouver un plaisir violent. Enfin elle sentit qu'il regardait ailleurs avec un certain soulagement.

- Comment saviez-vous que je me trouvais là au fait ?

- Je n'en avais pas la moindre idée, je me suis perdue.

- Perdue ? Je reconnais bien là l'intelligence d'une griffondor, ricana-t-il.

Hermione ignora royalement la moquerie et demanda :

- Et vous, qu'est-ce que vous faisiez là ?

- Je ne vois pas pourquoi je vous répondrais, miss.

Déçue, Hermione baissa les yeux mais apparemment, Snape s'était encore moqué d'elle :

- Je viens là parfois le soir, c'est... paisible.

Hermione saisit l'opportunité de lui renvoyer l'ascenceur :

- Je reconnais bien là le sens du contact des Serpentard...

Ravie de s'être vengée, elle afficha un fier sourire.

- Vous parlez à un professeur qui pourrait très bien vous punir de sortir après l'extinction des feux...

- Eh bien punissez-moi si vous le voulez.

Hermione se rendit compte du double-sens de sa phrase et se hâta de rectifier :

- Enfin je veux dire, non pas que je veuille être punie, heu... sans arrière-pensée et...

Snape la regardait s'enfoncer dans son malheur avec un sourire sadique, Hermione qui le remarqua s'interrompit immédiatement, se sentant particulièrement stupide.

- Vous devriez aller vous coucher, il est tard.

La jeune femme acquiesça et le quitta avec un dernier sourire.

- Vous êtes sûre de retrouver votre chemin ? Osa-t-il demander.

- Ne vous en faîtes pas pour moi, je trouverai ! Répondit-elle vexée.

Elle s'éloigna mais s'arrêta à l'entrée. Incertaine, elle se retourna finalement et dit à Snape :

- Vous savez, ce qui compte, c'est celui que vous êtes aujourd'hui, je crois vraiment que vous avez besoin qu'on vous reconnaisse pour l'homme que vous êtes maintenant et non pour vos actes passés. Peut-être est-ce aussi à vous de reconnaître que votre vie ne s'est pas arrêtée le jour où vous les avez trahis. »

Hermione, sur son lit, réfléchissait à sa conversation. Elle reconnaissait qu'elle peinait à se comporter comme une élève avec Snape, jamais elle ne lui aurait parlé de cette manière, plaisantant avec lui, si elle n'avait pas de sentiments. C'était difficile de rappeler à son esprit qu'il était son professeur, et qu'elle était son élève quand elle ne le voyait plus que comme celui qu'elle aimait de façon naturelle et instinctive. Elle s'en voulut un peu d'être aussi faible mais se souvint qu'après tout, il ne s'était montré guère offusqué ou même choqué. Et dans ce cas, quelle importance cela pouvait-il avoir ? Quoi qu'il en soit, elle était bien évidemment capable de se contrôler durant les cours, c'était le principal. Elle ferma les yeux, soulagée d'un poids. Bientôt, elle dormait profondément, d'un sommeil sans rêve ou interruption.

Au petit-déjeuner, elle arborait un sourire étincelant qui charmait tout le monde sur son passage, même Malefoy resta sans voix en la voyant passer et le saluer comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde. Pansy qui emboîtait ses pas l'insulta sans grande inspiration de sang-de-bourbe, piquée d'une jalousie ô combien étonnante.

Arrivée à la table des Griffondor, Hermione dévorait ses toast sous les regards étonnés de ses condisciples. Harry la retrouva après quelques minutes et lui demanda si tout allait bien.

« Bien sûr que oui, tout va très bien.

- Hermione, tu te souviens de ce qui s'est passé les jours précédents ?

La jeune fille faillit avaler de travers.

- Non Harry, je ne me suis pas lancée de sort d'oubliettes. En revanche, j'ai rencontré Snape hier soir...

A ce nom, l'interlocuteur fronça les sourcils mais il n'eut le temps d'interrompre Hermione, pressée de continuer :

- Il s'est excusé et il accepte que nous retournions en cours.

Harry ouvrait des yeux ronds :

- Il s'est excusé ?

- Tu es jaloux ? Demanda Hermione en riant de bon coeur. »

Harry grogna et enfourna un oeuf entier dans sa bouche. Ron venait d'arriver et à son tour, il crut qu'Hermione lui mentait. S'excuser était loin d'être un trait saillant du caractère de Snape... Et pour dire vrai, Hermione le suspectait encore de ne pas la croire et de s'attendre à tout moment qu'elle lui avoue que tout cela n'était qu'une plaisanterie idiote. Mais le rouquin se montra surtout déçu de devoir retourner en cours, la sanction étant pour lui une bénédiction.

Les trois élèves profitèrent du reste de leur journée en flânant dans le parc, sans ouvrir un seul livre, ce qui était un exploit pour Hermione.

Enfin vint le lundi, jour du premier cours de potions après leur rencontre nocturne. Hermione était à la fois heureuse de retourner en cours, d'avoir l'opportunité de le voir mais vibrait d'une grande appréhension à l'idée qu'il ait changé d'avis...

« Ne t'inquiète pas Hermione, ça va aller, la consola Harry - non sans difficulté - qui avait remarqué son trouble.

Par prudence, la jeune fille préféra rester discrète et choisit la table la plus éloignée du bureau, à côté de l'armoire à ingrédients. Neville, devant elle, se retourna pour lui confier qu'il était bien content qu'elle soit là, son aide lui étant généralement précieuse pendant ce cours. Il reprit sa position normale, et son visage pâle, lorsque la porte de la salle claqua, stoppant les murmures et les mouvements.

Snape avait l'air tout à fait normal. Mais Hermione le trouvait justement tout à fait charmant. Elle eut tout le loisir de l'observer en ce début de cours, se délectant du spectacle et sombrant dans le souvenir d'une vision de Snape en tenue moldue d'une grande élégance... La chaleur montait à ses joues et son corps était parcouru par un flot de plaisir. Ses yeux se perdirent dans les profondeurs opaques de son chaudron, le sourire aux lèvres, elle rêvassait, oubliant tout ce qui se trouvait autour d'elle, n'entendant même plus les paroles du professeur de potions... Professeur de potions qui se trouvait précisément à quelques centimètres d'elle.

Hermione sursauta et leva les yeux tout doucement, caressant du regard le corps de Snape pour enfin tomber sur ses yeux noirs qui la fixaient d'un air amusé.

« Miss je-sais-tout n'a pas la réponse à la question ?

Hermione, bouleversée de ne pas savoir de quoi il parlait, jeta un coup d'oeil désespéré à Harry.

- Monsieur Malefoy, voulez-vous bien répéter la question ?

La voix narquoise de Drago s'éleva depuis le côté gauche de la salle :

- Pour une potion de soin de brûlure, quel ingrédient doit être préparé trois jours à l'avance ?

Hermione ne perdit pas un instant, son esprit mit toute sa réflexion en marche et trouva la réponse en quelques secondes :

- Un bézoard qu'il faut faire bouillir puis laisser reposer pendant trois jours à température ambiante.

Satisfaite, elle regarda Snape qui lui rendit un sourire dénué de mépris. Sans doute se le permettait-il dans l'assurance que personne ne pouvait le voir puisqu'il enchaîna avec une réplique cinglante, comme pour préserver l'illusion tout en signalant à Hermione qu'il ne se montrerait plus cruel avec elle :

- Merci Josefa Wilfred, auteur de Potions de soins, comment les réussir."

Il retourna à sa place et les invita à commencer – ordonna serait plus approprié, ce que fit Hermione sans tarder, après s'être remise de la joie suscitée par l'attention de Snape. Elle coupa ses racines de mandragore avec soin, hâcha son bézoard en morceaux, fit bouillir son eau, attacha ses cheveux en arrière pour ne pas être gênée et versa rigoureusement un centilitre de sang de licorne. Elle était parfaitement concentrée, s'apprêtant encore à rendre un travail de grande qualité.

Au bout de trois quarts d'heure, il lui fallait arrêter le feu et patienter cinq minutes avant de continuer. Relâchant son attention, elle considéra l'évolution des potions de ses camarades. Harry n'avait pas mis assez d'eau et en rajoutait avec désespoir, Ron relisait nerveusement son livre en essayant de comprendre pourquoi son chaudron était en train de fondre, et Neville venait seulement de se rendre compte que son feu n'était pas allumé.

La jeune femme eut un sourire attendri, elle avait toujours apprécié les cours de potions pour cette ambiance fiévreuse dans laquelle elle parvenait à rester concentrée sans faillir. Elle jeta un coup d'oeil à Snape, son regard à lui était plus désespéré que souriant, il avait l'air de dire « je ne sais plus quoi faire » face à l'échec de ses élèves. Hermione eut un petit rire et se remit au travail : les cinq minutes s'étaient écoulées. Le voir exprimer une certaine complicité déclencha chez Hermione une euphorie passagère, vite remplacée par le sérieux nécessaire à la suite de son travail.

Comme prévu, sa potion était parfaitement réussie et elle l'apporta avant tout le monde au professeur des potions, ravie de pouvoir à nouveau faire ses preuves. Il était indispensable de faire bonne impression, au moins sur le plan scolaire. Snape leva les yeux et sans le moindre commentaire, récupéra la fiole tendue par Hermione. Cela suffit à la jeune femme qui redoutait encore les moqueries de celui qu'elle aimait...


Fin du chapitre 3 !

Je savais pas quel titre mettre et puis le "proverbe" m'a paru approprié ! Pour le reste, j'espère que ça vous a plu ! Ce que je voulais faire comprendre avec le passage de la photo de Lily, c'est que Snape se montre compréhensif parce qu'il a vécu une histoire difficile également, et peut-être que Hermione lui rappelle son ancien amour aussi. Quant aux deux amis de Hermione, je me suis permis de ne pas trop m'attarder sur leurs réactions et peut-être qu'ils semblent accepter trop rapidement mais honnêtement, c'est une petite fic sans prétention et je n'ai pas trop envie de me risquer dans les digressions sur d'autres personnages.

Il fallait évidemment que Snape se montre à nouveau ainsi et arrête d'être dur envers Hermione, maintenant que ce stade est passé, on peut se diriger naturellement vers la suite. Bref, dites-moi ce que vous en pensez !