Troisième genre parodié : les mechas, une variété de shônen avec des robots géants. Et comme les deux premiers avaient comme protagonistes le trio, cette fois, pour varier un peu, ce sera les Maraudeurs.


Si Harry Potter était un mecha…

Là-haut, là-haut

Très loin dans l'espace

Entre la Terre et Vénus

Le ciel garde encore la trace

Du prince Sirius…

Il rêvait de notre Terre

La planète bleue

Dont il voyait la lumière

A cent mille lieues

Remus fuyait.

L'ennemi qui le poursuivait était cependant malheureusement plus rapide que lui, mais il tentait quand même de lui échapper.

Les pas lourds de la machine retentissaient, des coups sourds, le monde tremblait.

Remus trébucha. Le robot apparut alors dans son champ de vision. Devant cet étalage de métal clinquant, il n'était qu'un petit garçon apeuré. Il se mit à pleurer en silence. Ses parents n'étaient pas là pour le protéger.

Sous la visière à la forme lupine, il pouvait apercevoir le pilote aux commandes.

—Je te tiens, mon enfant ! tonnait la voix diffusée par le haut-parleur. Remus pleurait de plus belle, mais que pouvait-il faire ? Il n'avait que huit ans, il n'avait pas encore commencé à étudier la magie et ne pouvait se défendre seul.

La main gigantesque du robot s'approchait de lui, les phalanges de métal articulé se refermaient sur sa frêle silhouette. Le garçon trembla de tout son corps quand il fut soulevé du sol, cueilli ainsi pas un inconnu qui lui voulait du mal pour une raison obscure. Un des doigts robotisés s'ouvrait, et un bras mécanique armé d'une seringue sortait du trou ainsi formé.

On lui injectait quelque chose dans les veines.

A ce moment-là, Remus se réveilla, Sirius Black venait de lui balancer un oreiller dans la tronche.

—Debout la marmotte ! Il faut se dépêcher si on ne veut pas que McGo nous mange tous crus !

Remus s'étira et se frotta les yeux.

Encore ce rêve, celui où il avait huit ans. Il savait que le pilote du robot était Fenrir Greyback, le loup-garou qui l'avait mordu et converti lui-même en lycanthrope. Il se demandait cependant pourquoi les songes récurrents qu'il avait à propos de cet évènement prenaient cette forme. Greyback n'avait jamais dirigé de robot géant, aussi loin que remontaient ses souvenirs.

Mais ce n'était qu'un rêve, Remus tâcha de l'oublier et s'apprêta pour la journée.

Quelques heures plus tard, en plein cours de Botanique, il n'y pensait déjà plus. Toute son attention était concentrée sur son ami Sirius. Remus aimait beaucoup Sirius, mais il ne cessait de se poser des questions à son sujet. C'était quelqu'un de mystérieux par moments. Parfois, il lui arrivait de disparaître sans raison durant quelques temps, et quand il revenait, tout souriant, il avait l'air fatigué. Remus se sentait proche de lui pour cette raison, car finalement, cela ressemblait un peu à de la lycanthropie que de vouloir dissimuler un secret à tout prix.

Mais n'empêche que Sirius cachait quelque chose, Remus en était sûr. Il avait bien tenté de faire part de ses interrogations à James Potter et Peter Pettigrow, leurs deux autres amis, mais ceux-ci n'avaient pas été loquaces, et avaient même tendance à changer de sujet.

Les élèves étaient donc au cours de Botanique, et alors qu'ils coupaient soigneusement des épines empoisonnées sur des plantes carnivores, le sol se mit à trembler. Les yeux de Remus s'agrandirent d'un coup. Il n'aimait pas ça, cela ressemblait trop à ses rêves.

On entendit des coups sourds, comme si un corps gigantesque marchait vers la serre. Bientôt, des cris du dehors retentirent.

—Restez calmes ! ordonna le professeur Chourave.

Les élèves se figèrent. Remus jeta un œil à Sirius. Celui-ci fronçait les sourcils, l'oreille tendue, comme s'il tentait d'évaluer la situation rien qu'en écoutant.

—Restez calmes…

Mais le professeur ne put pas contenir longtemps ses étudiants, le bruit dehors était devenu si fort que la curiosité puis la panique s'emparèrent d'eux. Bientôt, la serre fut remplie de piaulements désordonnés, de cris suraigus de filles.

—C'est un robot géant ! hurla un garçon qui avait osé passer la tête hors de la serre.

Il fut rapidement rejoint par ses condisciples et le chaos s'installa pour de bon.

—Au secours !

—Il va détruire l'école !

—Mais comment un robot peut fonctionner à Poudlard ?

—Vite, sortez et retournez au château ! les somma Chourave.

Les élèves se mirent à courir dans tous les sens en criant. Une fois sortis, ils purent enfin le voir, le robot géant. Haut d'une quinzaine de mètres, son corps articulé rutilait au soleil. Sa silhouette, bien qu'humanoïde, avait quelque chose du loup, et Remus reconnut la créature de ses cauchemars en voyant la forme du casque avec la visière évoquant la gueule d'un canidé.

—Non…

Son sang se glaçait. Autour de lui, ses camarades couraient comme des dératés. Certains couraient effectivement vers le château pour y trouver refuge, mais d'autres étaient tellement fous de panique qu'ils couraient en cercle comme des poulets sans tête.

—Lupin, dépêchez-vous ! l'interpella le Pr Chourave.

Remus chercha ses trois amis du regard. Il les aperçut à l'ombre de la serre voisine. Sirius fixait les deux autres d'un air grave. Il tourna la tête vers le robot —qui semblait nullement l'impressionner— avant d'en revenir à eux. Ils échangèrent un signe de tête et tous trois coururent vers la Forêt Interdite. Remus voulut les rejoindre, mais Chourave l'attrapa par la manche et le força à rentrer avec elle. Il regardait sans cesse en arrière, impuissant.

A l'intérieur du bâtiment, les élèves se serraient les uns contre les autres, effrayés. Les professeurs tentaient de les discipliner. Certains se pressaient aux fenêtres pour voir ce qui se passait dehors. Le robot ravageait le parc, tirant des lasers, piétinant les citrouilles de Hagrid.

—Albus, comment cela est-il possible ? gémissait le Pr McGonagall , ce golem est constitué de technologie moldue, cela n'est pas supposé fonctionner à Poudlard !

—Je l'ignore, Minerva, on dirait bien que quelque chose de nouveau nous arrive…

Remus s'était laissé tomber en position assise dans l'angle d'un mur. Il ne songeait qu'à Sirius, James et Peter. Que faisaient-il en ce moment ? Pourquoi le tenaient-ils à l'écart ? Et si le robot les tuait ?

—Regardez, là ! fit une fille.

Ses camarades suivirent des yeux la direction qu'elle indiquait, et des « Ooooh ! » et des « Aaaah ! » emplirent le château.

Pour expliquer ce phénomène, il faut revenir quelques instants plus tôt, quand Sirius, James et Peter fuyaient vers la forêt. Une fois à l'abri des regards, ils avaient rejoint la base secrète SERV dissimulée dans une grotte au fond des bois. Dès qu'ils eurent passé la porte métallique, Severus Rogue les accueillit froidement.

—Vous en avez mis du temps ! Et si des élèves étaient morts parce que vous lambiniez ?

—On a fait ce qu'on a pu ! se défendit Peter.

—Bon, allez, préparez-vous, je lance la transformation.

Les trois Maraudeurs prirent place sur des plates-formes circulaires prévues à cet effet et Severus tapota sur son clavier d'ordinateur. Aussitôt, les trois garçons se mirent à léviter et à tournoyer à quelques centimètres de leur plate-forme, leurs vêtements furent désintégrés et remplacés par des juste-au-corps qui se recouvrirent progressivement de pièces métalliques : casque, protections pour la poitrine, les coudes, les genoux et les mollets, ainsi que des bottines et des gants. Une fois cette étape remplie, Severus lança la suivante, qui consistait à faire gober les trois comparses par des tuyaux au-dessus des plates-formes, ce qui les mena directement sur le siège de leurs cockpits.

—PATMOL, prêt ! dit Sirius aux autres par communication radio.

—CORNEDRUE, prêt !

—QUEUDVER, prêt !

—C'est parti !

Et quelques secondes plus tard, trois autres robots étaient apparus dans le parc de Poudlard : un chien, un cerf et un rat, tous géants.

Remus n'en croyait pas ses yeux. Ces trois nouveaux titans d'acier n'avaient rien à voir avec son rêve. Dumbledore avait raison : aujourd'hui, quelque chose de nouveau leur arrivait.

Il resta à la fenêtre, à regarder les quatre robots entamer une bataille. C'était, à bien y regarder, de merveilleuses machines. Des amas fantastiques de chrome, de fer et d'acier, chaque boulon vissé avec précision, un design élégant et étincelant sous le soleil. Quiconque possédait un chromosome Y se devait de saliver devant tant de perfection métallisée! Ces monstres dantesques étaient de véritables chefs-d'œuvre de technologie futuriste!

Soudain, le robot-loup lança un rayon laser sur le chien. A l'intérieur de ce dernier, Sirius s'apprêta à répliquer :

—PATMOL ! Fulguro-papatte !

Aussitôt, la patte avant gauche du robot-chien se détacha de son corps, propulsée par un moteur à réaction crachant des flammes et de la fumée, et alla s'écraser contre son adversaire, lui causant de nombreux dégâts.

—QUEUDVER ! Vrillo-museau !

La truffe du robot-rat se transforma en mèche de forage géante tournant à vive allure, ce qui lui permit de s'enfoncer dans le sol pour y disparaître. Pendant ce temps-là, le robot-cerf lança son attaque :

—CORNEDRUE ! Missilo-bois !

Le loup fut bombardé de missiles, il tenta de les esquiver en reculant, mais à ce moment-là le rat émergea de la terre derrière lui et le renversa en avant.

—Et maintenant, on s'assemble ! cria Sirius.

Le chien sauta sur le dos du cerf, et le rat qui était le plus petit vint se percher sur la tête du canidé.

—ASSEMBLAGE ! hurlèrent les trois garçons en même temps.

Les trois robots fusionnèrent pour former un robot unique, de forme humanoïde, et mesurant bien vingt-cinq mètres de haut. Les trois cockpits s'étaient rassemblés en un seul et les trois pilotes se trouvaient côte à côte, Sirius au milieu parce qu'il était le chef.

—En avant, MARAUDRAK !

Le nouveau robot était rudement efficace, il ne fit qu'une bouchée de son adversaire qu'il compacta en une sphère parfaite entre ses immenses paluches, et l'envoya se vautrer en plein milieu du terrain de Quidditch dans une geste qui ressemblait à un lancer au base-ball.

Une fois sa mission accomplie, le bon géant s'en retourna dans la forêt, où il disparut entre la cime des arbres et un épais brouillard qui s'était formé juste pour faire genre.

—Il a sauvé Poudlard ! exulta quelqu'un.

—Doux Merlin…, soupira Minerva.

Remus était bouche bée. Qu'est-ce qu'il venait de voir, là ? Se pouvait-il que…

Il devait en avoir le cœur net.

Profitant que les profs étaient trop occupés à se poser des questions eux-mêmes, il se glissa hors du château en catimini et emprunta le même chemin que le robot. Ses trois amis s'étaient également rendus dans cette direction. Trois garçons…trois robots…le lien n'était pas bien difficile à établir.

Après avoir erré quelques temps dans la Forêt Interdite, il finit par trouver l'entrée de la caverne. Evidement, elle était supposée être secrète et super bien cachée, mais si le personnage principal ne parvient pas à la trouver, l'histoire n'avancera pas. Remus fut donc incroyablement veinard pour le coup.

Et en plus, la porte de métal s'ouvrit juste au moment où il s'en approcha.

—Mr Lupin…, dit Dumbledore en apparaissant dans l'encadrement.

—Mais…mais…vous étiez…

—Une fois le combat finit, je me suis précipité ici.

—Moi aussi !

—Mais moi je savais précisément où aller.

—Ah oui, c'est vrai…

—Remus !

Sirius venait d'apparaître derrière le directeur.

Les deux garçons se toisèrent.

—Alors…c'était bien toi dans ce robot ?

—Hum…je pense que vous devez la vérité à votre camarade, dit Dumbledore.

—Et vous alors, je vous ai entendu dire au professeur McGonagall que...

—Elle n'est pas dans la confidence.

Remus fut autorisé à pénétrer la base secrète, il s'étonna d'y voir Severus Rogue vêtu d'une blouse blanche, et apparemment, il discutait avec James sans animosité aucune. Etrange.

—Remus, je ne sais par où commencer…, avoua Sirius.

—Ben…d'où sortent ces robots ? Et comment peuvent-ils fonctionner ici ?

—Ils utilisent une forme d'énergie qui n'est pas affectée par la magie.

—Mais enfin, ça n'existe pas !

—Sur Terre, en effet, mais sur ma planète natale, la technologie est différente.

Remus se mit à buguer par dix secondes.

—Quoi ? Ta…planète natale ? Mais Sirius, tu es…

—Je suis le Prince Sirius de la Constellation du Grand Chien, mon peuple a été décimé par les forces armées de la galaxie voisine dirigées par l'ignoble Commandant Greyback qui veut répandre la lycanthropie dans tout l'univers et détruire les autres races on ne sait pas pourquoi d'ailleurs lui non plus, c'est juste qu'il est méchant et puis c'est tout. J'ai fuis avec mon jeune frère Regulus, nous sommes les deux seuls survivants. La famille Black, c'était une invention, un camouflage. La vérité, c'est qu'après avoir trouvé refuge sur Terre, nous avons passé notre enfance dans un ranch en pleine cambrousse où j'ai appris à piloter les Animagubots, les robots-animaux que tu as vus tout à l'heure. Mon père m'en avait confié les plans avant de nous permettre de fuir dans la capsule de secours. Ma rencontre avec Severus a été sacrément utile, car c'est un génie de la robotique et de l'informatique, depuis le début je faisais semblant de le détester parce que c'est un Serpentard, mais en fait, il fait partie de l'équipe.

—Même que la base s'appelle SERV, comme Servillus, ajouta James.

—James et Peter ont découvert mon secret l'année dernière, poursuivit Sirius, et depuis, nous combattons ensemble contre Greyback qui a retrouvé ma trace sur cette planète…Severus est parvenu à leur fabriqué des robots, ça lui a prit environ une demi-journée pour chaque, il est très doué…

—Mais…et moi ? Pourquoi m'avez-vous tenu à l'écart de tout ça ?

Sirius échangea un regard gêné avec Dumbledore.

—Mr Lupin, dit gravement le directeur, il faut que vous sachiez quelle est la véritable cause de votre lycanthropie…

—J'ai été mordu par Greyback quand j'avais huit ans et…

—Non, ce n'était pas une morsure, il vous a injecté un virus de sa création dans les veines.

Le sang de Remus se glaça. Une injection ? Comme dans son rêve ?

—Votre mémoire a été modifiée.

—Pourquoi ?

—On ne sait pas, dit Sirius d'un air désolé. Il semblerait que Greyback ait un plan diabolique et que tu en fasses partie. Nous n'avons pas encore élucidé ce que c'était, mais c'est pour ça qu'on a éviter de te mêler à ça avant d'en savoir plus…

Remus n'en croyait pas ses oreilles. Comment tout cela pouvait-il être ?

—Je veux faire partie de votre équipe, annonça-t-il.

—Euh…je…pourquoi pas, fit Sirius pas très sûr, on ne sait pas ce que la lycanthropie peut avoir comme conséquence, mais pour ne peut plus t'écarter, maintenant...

—N'oublie pas que nous avons une autre candidate pour faire le quatrième membre, chuchota James.

—Candidate ? s'étonna Remus.

—Lily Evans.

—Hein ?

—Ouais, nos Animagubots sont tellement cools et classes que même les filles adorent ! Sérieusement, dès qu'elle les as vus, elle s'est rendu compte que les engins mécaniques, c'était toute sa vie. Mais le problème, c'est qu'elle ne veut pas porter la combinaison qu'on lui a dessinée…

—Pourtant il est très bien ce soutien-gorge de combat !

—Et cette combinaison est tellement moulante et orange qu'elle aura l'air d'être toute nue...pourquoi elle n'en veut pas ?

—On se le demande.

—Bien, coupa Severus, Lupin, tu veux que je te fasse un robot ?

—Euh…ouais !

—Ok, reviens demain, et il sera fait.

—…

—Et Lily ? interrogea James.

—En fait, dit Sirius, j'ai décidé que nous allons les recruter tous les deux. Parce que cinq est un chiffre parfait pour quand on s'aligne devant l'ennemi avant la baston. Moi, je suis le leader charismatique enfant d'une civilisation exotique éteinte, toi, tu es la grande gueule qui fait des blagues pas drôles, Remus est le ténébreux qui a souffert, Peter l'abruti trouillard qui mangue tout le temps, et Lily la fille, car son sexe constitue à lui seul un trait psychologique.

—Ah ouais.

Et ainsi commença une lutte de longue haleine contre le Maaaal, durant laquelle nos cinq valeureux compagnons combattirent le même ennemi quasiment de la même façon tous les jours, sauf la fois où Remus vira en mode « berzerk » à cause de sa condition de loup-garou, parce que c'était ça le plan maléfique de Fenrir Greyback.