Hello!
Merci de votre patience et pour vos reviews !
Réponses aux reviews anonymes :
Nancy : J'ai cru comprendre que tu adorais les deux premiers chapitres ?^^ Merci beaucoup, ça me fait super plaisir et ça m'encourage énormément. J'espère qu'il en sera de même pour celui-ci. Je ne sais pas si j'arriverais à être régulière mais t'inquiètes pas, je ne compte pas lâcher cette fic !
Ocean : Merci beaucoup ! C'est vrai que j'ai envie que Severus exprime ses sentiments… sans pour autant lui enlever son petit côté snapien ! ^^ Mais bon, il a sa fierté aussi donc ce ne sera pas toujours le cas, surtout face à Harry qui risque de lui en faire baver. Je te laisse dévorer ce chapitre. Bon appétit !;)
Kisis : Merci beaucoup ! Effectivement, Severus avait conscience que c'était à lui de faire des concessions. Après tout, c'est lui qui aime Harry et c'est lui qui veut le sauver. Donc c'est lui qui a tout à perdre s'il ne fait pas de petits efforts ;) Reste à savoir si Harry finira par éprouver les mêmes sentiments que lui!
Severus entra de nouveau dans la chambre d'amis où Harry s'était finalement installé dès son réveil, sans un mot.
Il poussa un profond soupir lorsqu'il vit que le jeune homme n'avait toujours pas bougé. Cela faisait de longues heures qu'il était assis là, dans le fauteuil, en face de la fenêtre de laquelle il regardait sans vraiment voir les nuages gris défiler, les bras entourant ses jambes qu'il avait ramenées contre son torse.
Severus lui avait laissé des plateaux-repas qui étaient restés intacts. Il avait tenté à plusieurs reprises d'établir un dialogue, mais Harry répondait toujours _ quand il prenait la peine de répondre_ par monosyllabes et les yeux dans le vague.
Voilà ce qui restait d'Harry Potter, une fois qu'on allumait la lumière et qu'on prenait la peine de regarder.
Mais ça ne pouvait plus durer !
Il était hors de question pour Severus de laisser plus longtemps le jeune homme dans cet état catatonique ou autodestructeur. Il devait reprendre la situation en main, même si pour cela il devait reprendre son rôle d'insensible maître des cachots.
Et ce serait sans doute plus facile qu'il ne l'aurait d'abord cru.
En effet, Harry n'avait fait aucune allusion sur ce qui s'était passé la veille, après son terrible cauchemar. Comme s'il n'avait jamais pleuré dans les bras de son ex-professeur et comme si ce dernier ne l'avait jamais consolé de façon si…démonstrative.
Severus ignorait si c'était par honte ou par gêne que le jeune homme n'avait rien dit ou tout simplement parce qu'il ne s'en souvenait plus, étant trop fatigué et trop bouleversé à ce moment-là. C'est surtout cette dernière hypothèse qu'il espérait.
Bien sûr, Severus n'avait pas pris le risque de soulever le sujet. Il s'en voulait déjà énormément pour cette marque de faiblesse. Oh oui, il avait été faible ! Il n'avait pas réussi à contrôler ses émotions à cause de tous les évènements qui s'étaient succédé la veille. Il s'était comporté comme un véritable Poufsouffle ! Résulta, il s'était beaucoup trop dévoilé, il avait mis en danger son secret.
Harry ne devait jamais rien savoir de ses sentiments !
- Vous comptez rester là éternellement, Potter ? demanda-t-il finalement, d'une voix volontairement sèche.
Silence.
Severus s'apprêtait à aller le secouer vigoureusement quand le jeune homme, sans se retourner, finit par répondre d'une voix basse mais où on décelait une pointe d'appréhension mêlé de reproche :
- Vous avez dit que je pouvais rester aussi longtemps que je le voulais.
Visiblement, Harry n'avait aucune envie de partir du manoir. Severus comprit qu'il avait là un avantage et qu'il devait en profiter. Il n'était pas un Poufsouffle mais un Serpentard par Merlin !
- C'est exact, et je n'ai pas changé d'avis. Comme je vous l'ai déjà dit Potter, j'ai promis à Dumbledore de garder un œil sur vous, donc en fait, ça m'arrange de le faire sans avoir à sortir de chez moi, dit-il d'un air ennuyé.
- Ah ! se contenta de répondre le jeune homme d'un ton neutre.
- C'est le fait que vous restiez collé inutilement sur ce fauteuil qui m'agace ! le houspilla Severus.
- Ah ! réitéra Harry sur le même ton.
Quoi « ah » ? Est-ce qu'il se fichait d'agacer son hôte ou se fichait-il lui-même de rester éternellement assis dans son divan ?
- Et si vous me disiez pourquoi vous, vous tenez tant à rester ici, en compagnie d'un homme que vous n'avez jamais apprécié…et réciproquement, questionna Severus.
Harry haussa les épaules en guise de réponse.
- Vocalement, Potter ! exigea alors le maître des potions.
- Vous savez très bien pourquoi je veux rester. Je ne veux pas rentrer au Square et je n'ai nulle part d'autre où aller, j'en ai assez de courir de droite à gauche. Et puis…
- Et puis ?
- Ce que vous m'avez dit, hier…
Severus se raidit à ces mots. Ses espoirs avaient étés vains, Harry avait tout entendu ! Comment allait-il pouvoir s'expliquer à présent ?
Il relâcha le souffle qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir bloqué jusque-là, quand Harry poursuivit d'une voix hésitante :
- Vous savez, quand vous avez dit que j'étais…que j'étais lâche et tout ça…Vous êtes le seul à avoir osé me dire mes quatre vérités en face. Vous êtes le seul à être resté normal avec moi depuis la fin de la guerre.
Et dire que Severus avait tantôt failli s'excuser pour son manque de tact ! Heureusement qu'il avait toujours eu une sainte horreur de reconnaître ses torts.
- Je vois, dit Severus en tentant de cacher le soulagement et la satisfaction dans sa voix. Mais pour qu'on puisse cohabiter civilement tous les deux, vous savez qu'il y aura quelques règles à suivre, n'est-ce pas Potter ?
- De quel genre ? soupira le jeune homme qui s'attendait au pire.
- Premièrement, ayez la courtoisie de me regarder quand je vous parle, Potter ! J'en ai assez de m'adresser à votre dos!
A contre cœur, Harry se retourna pour affronter le regard sévère du sorcier plus âgé.
Il était à présent vraiment difficile d'associer ce jeune homme fragile et déprimé avec le jeune effronté des précédents jours. Mais Severus ne devait pas faiblir. D'une voix toujours aussi sèche, il reprit :
- Bien. Deuxièmement, j'exige un certain respect dans vos paroles comme dans votre comportement. Pas de grossièreté, d'insolence ou d'impolitesse.
- Très bien, soupira de nouveau Harry résigné avant d'ajouter rapidement, Monsieur.
- Troisièmement, il est hors de question que vous restiez enfermé sur vous-même ou à végéter toute la journée comme en ce moment. Trouvez-vous une occupation intelligente et utile.
- Très bien Monsieur, répondit mécaniquement le jeune homme.
- Quatrièmement, je veux que vous m'informiez si vous sortez, je sais que vous n'êtes plus un enfant mais c'est la moindre des choses. Il n'y a pas de couvre-feu, vous avez malheureusement passé l'âge pour ça, mais je veux que vous me préveniez si vous rentrez à une heure tardive ou si vous comptez passer la nuit dehors. Je ferai naturellement de même si je dois m'absenter.
- Très bien Monsieur.
- Cinquièmement, je ne veux pas vous voir ivre ou drogué dans cette maison.
- Très bien Monsieur.
- Sixièmement, je ne veux pas que vous fuyiez ou que vous vous énerviez à la moindre contrariété. Vous êtes adulte, vous devez être capable de gérer les conflits en adulte.
- Très bien Monsieur.
- Septièmement, les repas sont obligatoires trois fois par jour et je m'attends à ce que vous mangiez, pas que vous grignotiez !
- Très bien Monsieur.
Au bout d'un moment, Severus se demanda si Harry lui prêtait réellement attention. Qu'il accepte sans broncher toutes les consignes de son ex-professeur, c'était beaucoup trop beau pour être vrai !
- Et pour finir, vous me donnerez votre baguette. Je refuse que vous fassiez de la magie ici, dit-il pour confirmer ses doutes.
- Très bien Monsieur.
- Potter ! gronda le sorcier aux robes noires. Vous n'avez strictement rien écouté de tout ce que j'ai dit !
- J'ai écouté ! se défendit Harry. Mais que voulez-vous que je dise ? Je suis chez vous, vous savez que je ne veux pas partir, vous avez les pleins pouvoirs !
- Je ne veux pas que vous disiez oui à tout ce que je dis si vous n'avez pas l'intention de respecter ces instructions ou si vous n'en avez rien à faire ! Je ne veux pas de promesses en l'air, Potter !
- Très bien ! Je veux dire, je… j'aurai peut-être du mal au début, surtout pour la règle n°4 et la 6… et la 5 sans doute… et en y réfléchissant la règle n°…
- C'est bon, j'ai compris Potter ! l'interrompit Severus avec un regard noir.
- Mais je ferais des efforts. Vous avez ma parole ! assura le jeune homme avec conviction. Quand bien même vous me donneriez tous les chaudrons de la terre à récurer avec une brosse-à-dents, je le ferais, du moment que vous ne me jetez pas dehors !
Severus l'examina un instant d'un œil suspicieux mais Harry semblait sincère... et désespéré. Et puis, il ne s'attendait pas à ce que le jeune loup se transforme subitement en agneau. Il savait que la cohabitation ne serait pas facile avec leurs deux caractères et que ses nerfs seraient mis à rude épreuve…ainsi que ses sentiments. Mais au moins, il n'avait pas eu à convaincre ou à forcer Harry de rester au manoir, sous sa "surveillance".
Preuve que le jeune homme n'allait vraiment pas bien !
- Soit. Vous avez des réclamations ou des questions ?
- Non Monsieur. Si ! Une question. Est-ce qu'il faudra que je vous appelle tout le temps « Monsieur » ?
- Pas si ça vous écorche la bouche, Potter ! grogna Severus en levant les yeux au ciel. Vous n'êtes plus un enfant, vous pouvez vous adresser à moi en utilisant mon nom, avec respect bien entendu.
- Ah. Très bien.
- Parfait Potter ! Soyez donc le bienvenu chez moi, conclut Severus de sa voix doucereuse… avant de reprendre d'une voix légèrement menaçante. Les règles s'appliquent dès à présent alors je vous suggère de commencer par vous lever et de manger !
Alors que Severus s'apprêtait à sortir de la chambre, Harry l'interpella d'une voix anxieuse:
- Professeur Snape ? Et si…et si vous en avez marre de moi ? Si vous vous rendez compte que vous ne pouvez pas me supporter ?
- J'ai réussi l'exploit improbable de vous supporter durant toutes ces années, Potter, je crois que j'y arriverai encore ! ricana froidement Severus.
- Ah. Très bien.
La lueur déçue dans les yeux verts n'échappa pas au sorcier. Tant pis, il ne devait pas faiblir ! Il était obligé de se montrer si dur. Pour leur bien à tous les deux. Alors il allait sortir de la chambre sans un mot de plus, conserver son rôle et…
- Vous n'avez pas à vous inquiéter, Potter. Je suis un homme patient et je peux vous assurer que je vous tolérerai aussi longtemps qu'il le faudra, assura-t-il d'une voix… presque trop aimable.
…et il allait se frapper la tête contre le mur pour se punir d'avoir amplement sa place dans la maison des jaunes et noirs !
Harry lui adressa un léger sourire, soulagé de savoir qu'il n'allait pas se faire chasser à la moindre incartade.
- Mangez Potter ! gronda l'ex-espion avant de claquer la porte, juste pour la forme.
Après plusieurs heures, Severus frappa à la porte de la chambre _le respect allait dans les deux sens_ et attendit que la voix plus vivante de Potter ne l'invite à entrer.
Merlin soit loué, Harry avait finalement délaissé son fauteuil. Le jeune homme était à présent en train d'examiner les différents livres que son hôte avait mis à sa disposition dans la bibliothèque. Rien de bien palpitant… si ce n'est qu'Harry ne portait qu'un boxer, dévoilant ainsi son corps si séduisant.
- J'avais pensé à quelque chose, Snape, dit Harry qui avait retrouvé tout son aplomb. Puisque votre manoir n'est pas tout à fait aménagé, je me disais que je pourrais vous aider, si vous n'y voyez pas d'inconvénient bien sûr. Ce serait une occupation « intelligente et utile », non ?
- En effet, c'est une idée Potter. Il y a pas mal de boulot, notamment pour certaines pièces et… vous ne pourriez pas mettre un vêtement sur vous, Potter ? demanda brusquement le sorcier qui commençait à avoir un peu trop chaud.
- Pourquoi, vous trouvez que je suis moche ? interrogea le jeune homme avec un sourire qui pouvait passer pour provocateur.
Moche ? Oh que non ! Et c'était bien ça le problème !
Severus avait du mal à détacher ses yeux de ce corps légèrement hâlé, ni trop fin, ni trop musclé, si tentateur… L'homme dut se mettre une baffe mentale pour déclarer d'une voix froide et de mauvaise foi :
- Là n'est pas la question ! Qui plus est, j'ai autre chose à faire que de perdre mon temps à savoir si vous remplissez les canons de beauté nécessaires, Potter. C'est une question de décence et de respect que de vous couvrir correctement.
Le jeune homme leva les yeux au ciel.
- Le problème, c'est qu'à part mon complet qui est loin d'être commode, je n'ai pas d'autres vêtements avec moi… et je ne me vois pas porter une de vos affreuses robes noires ! soupira le Gryffondor en regardant d'un œil critique la tenue de l'homme.
- Et bien vous n'avez qu'à aller au Square pour récupérer vos magnifiques vêtements, Potter ! Ce n'est pas comme si c'était à l'autre bout du monde, fit sèchement remarquer Severus, légèrement vexé.
Un frisson parcouru le corps du jeune homme et si la pièce n'était pas correctement chauffée, Severus aurait pu croire que le jeune homme tremblait seulement de froid.
- Non, c'est bon. Je ferai une commande de tout ce que j'ai besoin et je demanderai qu'on me les envoie par hibou postal, décida vivement Harry en faisant mine d'être absorbé par le contenu d'un énorme bouquin, intitulé « Les milles et un usages des yeux de tritons en potions ».
Severus n'était pas idiot pour ne pas comprendre pourquoi Harry n'avait aucune envie d'aller au 12 Square Grimmaurd. Pourtant, il fallait bien que le jeune homme y retourne un jour ou l'autre, ne serait-ce que pour éviter d'attraper froid dans cette tenue. Et le plus tôt serait le mieux, de préférence avant que Severus décide de lui sauter dessus !
- Ne soyez pas ridicule Potter, vous n'allez pas refaire toute votre garde de robe sous prétexte que vous être trop fainéant pour vous déplacer… Je dois moi-même sortir dans la soirée, je pourrais vous accompagner si vous le souhaitez, proposa-t-il négligemment.
Il crut que le jeune homme _les yeux toujours fixés sur son livre_ n'allait jamais répondre quand, au bout de ce qui paraissait être une éternité, il finit par l'entendre murmurer :
- C'est d'accord.
…
Dans un léger "pop", Harry et Severus arrivèrent au milieu d'une petite place et quelques secondes plus tard, une maison apparut brusquement entre les n°11 et 13 sans même que les maisons voisines y prêtent attention.
Mais Harry ne fit pas un seul pas pour y entrer. Il restait planté là et fixait la façade d'un œil presque terrorisé, comme si Voldemort et ses pires Mangemorts se cachaient à l'intérieur.
Il faut dire que le Sauveur ne venait jamais au Square en étant sobre. Et même en étant aidé de plusieurs verres, il faisait en sorte de ne pas s'éterniser dans cette maudite demeure. Trop de souvenirs, trop de fantômes, trop de souffrance peuplaient les lieux. Il avait finit par haïr cet endroit, tout comme Poudlard ou le Terrier. Il n'avait plus de chez-lui, plus de refuge.
C'est pour cela qu'il traînait toujours dans des bars et des boîtes de nuit, qu'il acceptait telle invitation ou telle proposition plus malsaine d'inconnus.
Mais parmi toutes ces nouvelles fréquentations _plus ou moins fréquentables_ il n'avait et ne voulait aucune attache. Ils avaient beau le distraire, l'adorer, lui donner du plaisir, les "autres" finissaient toujours par l'ennuyer ou le dégouter rapidement. Parce qu'ils n'étaient rien que des "autres" justement.
Au bout de ces deux mois, il avait finit par trouver une sorte de point de repère. Quelle ironie que ce soit en la personne avec laquelle il avait eu le moins d'affinité durant toutes ces années passées : Severus Snape !
Voyant que le jeune homme était comme paralysé, Severus posa doucement sa main sur l'épaule d'Harry et d'une légère pression, il l'encouragea à avancer.
La maison était terriblement silencieuse.
Severus remarqua immédiatement le capharnaüm qui y régnait : sur le sol, des bibelots et de la vaisselle avaient été réduits en miettes; certains meubles avaient subi des dommages considérables comme si on s'était acharné sur eux à coup de massue; de nombreuses bouteilles d'alcool cassées, vides ou encore remplies ainsi que des étuis de cigarettes, traînaient un peu partout dans la salle de séjour.
Cette maison avait dû être jusqu'à présent le seule et véritable témoin de la souffrance du jeune homme. Rage et désespoir, c'était les mots qui convenaient le mieux pour décrire les lieux.
Harry, lui, avait les yeux braqués sur les cadres photos qui ornaient les murs. Sur celui-ci, James et Lily Potter portaient tendrement dans leurs bras un petit Harry d'à peine un an. Sur celui-là, on pouvait voir un Sirius heureux se jeter dans les bras de son filleul. D'autres montraient la famille Weasley au grand complet, des membres de l'Ordre du Phoenix, Hagrid avec son inoffensif Crockdur, Rémus enlaçant sa femme Tonks, Dumbledore…
Mais la majorité des photos montraient surtout Harry entouré d'un jeune rouquin et d'une jeune fille aux cheveux broussailleux, à différents moments de leurs vies.
Son cliché préféré était celui où on les voyait, Hermione, Ron et lui, levant une bouteille de bièraubeurre en riant. C'était le jour où ils avaient emménagé au Square, après la réussite de leurs aspics et de leur sortie de Poudlard. Ils avaient l'air si heureux. C'était pourtant en plein milieu de la guerre, mais à cette époque ils savaient encore cueillir le jour et avaient une confiance inébranlable en l'avenir. Autrement dit, ils étaient jeunes et stupides!
Harry sursauta et se retourna vivement quand il entendit des éclats de voix derrière lui. Des voix qui lui étaient beaucoup trop familières.
- Ronald Bilius Weasley ! C'est ta troisième part de gâteau et je te signale qu'Harry et moi n'en avons pas encore goûté une seule miette ! gronda une jeune femme, faussement en colère.
- Hey ! C'est pas ma faute si vous êtes trop lents, se défendit le rouquin la bouche pleine. Et puis, ne vous inquiétez pas, il reste la tarte qu'Hagrid a préparé. Je suis sympa, je vous la laisse !
- Un goinfre ! Je sors avec un goinfre ! fit mine de se plaindre Hermione en secouant la tête.
Le double d'Harry se mit à rire et ce dernier se transforma rapidement en fou-rire quand il essaya de couper cette fameuse tarte. C'était du béton armé !
Ron haussa les épaules visiblement compatissant mais pourtant pas décidé à partager son trésor.
- Bon ! A quoi levons-nous nos verres ? demanda le double d'Harry en tendant à ses amis trois bouteilles de bièraubeurre toutes fraîches. A notre indépendance ?
- Oui, et à notre victoire à venir dans cette guerre ! proposa à son tour Hermione.
- A ce délicieux gâteau ? suggéra alors le rouquin.
- Ron ! s'exclama sa petite amie en lui balançant une serviette de table.
- Je plaisante ! dit en riant celui-ci en frottant le bras qui avait reçu le terrible projectile en tissu.
- Et bien moi, j'ai envie de lever mon verre à mes nouveaux colocataires, mes deux meilleurs amis et confidents, mon frère et ma sœur, ma famille ! Sans vous, je ne sais pas ce que j'aurais fait toutes ces années et surtout ce que je deviendrais. Bref, je vous aime !
- Oh Harry! C'est magnifique ! s'exclama la jeune femme, émue.
- Ouais, mon pote ! Encore plus magnifique que cette chantilly qui se marie divinement à cette ganache au chocolat…
- Ron ! s'écria Hermione qui cette fois, décida de poursuivre le jeune homme, armée de sa serviette.
- Ça va, je plaisante ! s'esclaffa Ron en tentant d'échapper aux coups de sa dulcinée.
- Ça suffit les enfants ! Pas de violence dans cette maison ! gronda Harry en imitant la voix de Molly Weasley.
Les trois amis éclatèrent de rire avant de reprendre leurs bouteilles.
- On t'aime aussi Harry et sans nous, moi non plus je ne sais pas ce que tu deviendrais ! conclut malicieusement le rouquin.
Les deux garçons échangèrent un coup d'œil complice.
- Bon allez, on trinque ?
- Oh attendez ! dit Hermione en sortant de son sac un appareil photo qu'elle ensorcela afin qu'il se déclenche au bon moment. Ça y'est, on peut y aller. Un…deux…trois…
- A l'amitié, pour toujours et à jamais! s'exclamèrent-ils en chœur et en riant tandis que l'appareil immortalisait cet instant.
- Harry ?
Le jeune homme sursauta de nouveau quand il entendit la voix inquiète de Snape qui le ramenait à la réalité.
Refoulant difficilement la bile qui lui montait à la gorge, Harry se précipita dans sa chambre pour jeter pêle-mêle toutes ses affaires dans la grosse valise. Il ne voulait plus jamais remettre les pieds dans cette maudite maison.
Plus jamais!
…
Severus entra dans la chambre où Harry dormait profondément. Il poussa un soupir lorsqu'il vit une bouteille de vin complètement vide au pied du lit. Ça commençait mal !
A leur retour au manoir, Harry s'était montré extrêmement nerveux et irritable. Il s'était enfermé dans sa chambre pour y faire les cents pas, mais ça ne l'avait pas calmé. Il aurait voulu hurler, tout casser, tout oublier ! Il avait trop mal.
Severus lui avait proposé une potion de sommeil mais le jeune homme lui avait expliqué qu'il avait fini par développer une allergie lors de sa septième année. Il ne manquait vraiment plus que ça ! Pas étonnant que le Sauveur se noie dans l'alcool. Une bouteille de vin, et hop ! Aussi efficace qu'un somnifère et qu'un sort d'oubliette.
Mais à ce rythme, Harry allait finir par y rester.
D'un evanesco, Severus fit disparaître la bouteille vide. Il espérait, qu'en dépit de ce petit accident, Harry allait se tenir aux règles qu'il lui avait imposées pour sa santé et sa sécurité.
A suivre...
NA: je comptais mettre des titres aux chapitres mais il y en a que je n'ai pas encore trouvé. Je les rajouterai sans doute par la suite.
Sinon, j'espère que vous avez appréciez! A bientôt
