Chapitre 2 : Sacrifice pour une vie précieuse

-« Tenten…, lui murmura t-il d'une voix emplie de douceur et de tendresse alors qu'elle baissait la tête, Si je suis intervenu, c'était pour l'empêcher de te tuer parce que… »

-« Je n'avais pas besoin de ton aide !» Le coupa t-elle en levant brusquement son regard vers le sien, plus que furieuse.

-« Si justement, si j'avais laissé faire tu serais morte à l'heure qu'il est… »

Il marqua un temps de pause.

« Aujourd'hui, je sais grâce à Naruto que je suis seul maitre de mon destin. Et s'il avait fallu que je meurs pour que tu vives, alors je l'aurai fait sans hésiter… »

Tenten, au son de ces dernières paroles, comprit enfin a quel point Neji tenait à elle et jusqu'où il était prêt a aller pour elle…

-« Pourquoi… Pourquoi te sacrifierais-tu pour moi alors que ma vie a moins d'importance que la tienne ?! Toi, tu es le génie du clan Hyuga et beaucoup de personnes croient en toi, moi je ne suis qu'une orpheline sans talents et dont personne ne se soucierait que je vive ou non… »

-« Ne dis pas ça ! Lui répond t-il sur un ton dur mêlé de désarroi, Ne dis pas que tu n'es rien ! Ta vie m'est bien plus précieuse… Si tu venais à périr… je crois que je ne m'en remettrais pas… » Termina t-il alors que sa voix n'était qu'un soupir.

Ses yeux se perdirent dans le vague alors que son visage affichait un désespoir soudain.

Tenten sentit son cœur se réchauffer soudainement, les larmes menaçant de couler davantage. Sa vie lui était importante… Elle existait dans le cœur de quelqu'un…

Brusquement, Tenten se jeta dans ses bras en sanglotant légèrement, et murmura un léger « Merci » remplit de gratitude et d'affection.

D'abord surpris de ce geste, il lui enserra la taille de ses bras et la serra contre lui. Il ne savait pas ce qui le poussait à etre si expressif, mais cela ne lui été pas désagréable… Bien au contraire…

Il lui souffla alors à l'oreille :

-« Je serais toujours là pour te protéger, quoi qu'il arrive… »

A ces mots, Tenten se libéra de son étreinte :

-« Non, tu ne dois p… »

Elle ne put finir sa phrase car elle venait de croiser son regard. Elle fut surprise d'y lire de la tendresse et de l'inquiétude. Il n'était plus froid et dur mais exprimait désormais ses vrais sentiments qu'il dissimulait depuis des années…

Neji ne pouvait décoller ses yeux des prunelles de la jeune fille. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait bien failli la perdre cette fois… Il se jura alors qu'il ferait en sorte que cela ne se reproduise jamais…

*J'ai une chance de lui avouer mes sentiments et je ne la laisserais pas passer… * Se dit-il.

Ne sachant comment les lui exprimer, étant inexpérimenté dans le domaine des sentiments, il se décida de les lui montrer…

Alors qu'ils étaient tous deux plongés dans le regard de l'autre, Neji rapprocha lentement son visage d'elle. Tenten ne sachant que faire, décide de fermer les yeux afin de profiter de cet instant dont elle rêvait depuis tellement longtemps…

Il effleura doucement et tendrement les lèvres douces de la kunoichi pendant de longues secondes, dans un chaste baiser, savourant ce moment le plus possible. Il s'écarta de ses lèvres à contrecœur, ne sachant si ses sentiments étaient réciproques. Il attendit donc, nerveux pour la première fois de sa vie, une quelconque réaction de sa part.

Mais, à son plus grand étonnement, elle lui sourit et l'embrasse à son tour, mais d'un baiser plus passionné lui démontrant l'étendu de ses sentiments. Neji, plus qu'heureux, répondit passionnément à son étreinte, s'abandonnant totalement à la vague d'émotion le submergeant…

C'est avec ce geste, qu'ils se prouvèrent enfin leur amour réciproque, et que Neji ne laisserait plus rien les séparer…

*** Un mois plus tard : Aux portes du village de Konoha ***

Shikamaru marchait d'un pas absent et lourd, même pour lui. Remarquant à peine qu'il venait de quitter la forêt dense et d'entrer dans son village. Il prenait la direction du bureau de l'Hokage, sans grande motivation.

Il venait d'accomplir sa mission : escorter l'ambassadrice jusqu'à son village, Suna.

Il semblait encore plus fatigué qu'habituellement et ses yeux trahissaient qu'il était préoccupé et soucieux.

*Mais qu'est-ce qui m'a pris… * Soupira t-il en levant la tête vers le ciel bleu azur, sans nuages, et murmura faiblement un « galère… »

Il arriva finalement au bâtiment rouge surmonté du kanji « feu ». Il frappa à la porte du bureau et entra avec une certaine lassitude. Il aurait préféré être sur son banc favori, à observer les nuages inexistants, plutôt que d'être ici.

-« Mission accomplie ». Dit-il sans grand entrain.

-« Tu n'as rencontré aucuns problèmes en chemin ? »

-« Non… Aucuns… » Lui répondit-il, passivement, comme perdu dans ses pensées.

-« Très bien. Tu peux partir, je te donne un jour de congés tu as l'air un peu surmené. »

Tsunade le toisait d'un regard interrogateur. C'est vrai qu'habituellement le Nara était loin d'être motivé, mais alors là, il était plus tourmenté qu'autre chose.

Elle se demandait ce qu'il lui arrivait et pourquoi il avait une telle expression sur son visage. Elle pût y déceler de l'incompréhension et il semblait assez troublé. Elle trouvait cela très bizarre étant donné que depuis qu'elle le connaissait, ses traits n'avaient jamais montrés que de l'ennui ou de l'exaspération.

-« Puis-je disposer, Hokage-sama ? »Lui demanda t-il.

Les coudes appuyés sur son bureau, dans une position montrant sa réflexion, elle hocha la tète pour lui indiquer qu'il pouvait.

Il s'inclina respectueusement et sortit en fermant la porte discrètement.

Une fois qu'il fut sorti, Tsunade s'appuya avec lassitude contre le dossier de son fenêtre et pivota pour regarder le village par sa fenêtre.

* Le point positif dans cette histoire, c'est qu'ils ne se sont pas faire attaqués en chemin.*

* Cependant, je me demande ce qu'il advient d'Orochimaru… Nous n'avons plus aucunes traces de toute activité de sa part, ce qui est assez étrange…*

Elle se retourna, soupira et ouvrit le premier tiroir de son bureau et en sortit une bouteille de saké déjà bien entamée par ses questionnements personnels fréquents.

***

Shikamaru Nara était déjà sorti du bâtiment et était en chemin vers son banc habituel, qui n'attendait que lui et ses songes. Il marchait, tête baissée, dans une rue peu fréquentée à cette heure de la journée. C'est alors qu'il croisa Ino et Choji, ses coéquipiers et amis, mais ne les remarqua même pas tant il était préoccupé par une chose bien plus importante. Ses derniers le saluèrent joyeusement et l'interpelèrent sans que le concerné n'ai la moindre réaction.

-« Ça alors, c'est trop fort. Il nous évite maintenant. Il va me le payer, on n'ignore pas Ino Yamanaka sans en subir les conséquences, ça tu peux me croire Choji ! »

Choji, quant à lui, avait bien remarqué que quelque chose n'allait pas chez son meilleur ami et cela l'attristait. Il ne pouvait se résoudre à le laisser comme ça.

-« Ino, je ne crois pas qu'il nous ait évité intentionnellement. Je crois qu'il ne va pas bien... Je vais aller le voir, à plus tard ! » Dit-il en s'éloignant rapidement sans lui laisser le temps de répondre quoi que ce soit.

* Où a-t-il bien pu aller ? S'il avait besoin de réfléchir, il n'y a qu'un seul endroit où il peut être.*

Il espérait avoir vu juste et en arrivant sur le toit d'un bâtiment où se tenait un banc en bois sur lequel était étendue une personne, les mains derrière la nuque, et les yeux rivés sur le ciel clair, il sut qu'il ne s'était pas trompé…

Il s'approcha calmement de la silhouette de l'éternel flemmard et s'assit à ses cotés…

En l'observant, il remarqua que ses traits étaient tirés et qu'il n'affichait plus sa perpétuelle nonchalance.

-« Qu'est-ce qui t'arrives Shika ? Lui dit-il, soucieux et inquiet de l'état de son ami.

-« Rien… tout va bien, je vais parfaitement bien… » Lui assura t-il.

Choji savait que Shikamaru n'avait jamais été un très bon menteur et le ton de sa voix le trahissait. Elle semblait lointaine et emplie de tristesse.

-« Tu n'ai pas très doué pour mentir, et je vois bien que quelque chose te perturbe… Est-ce que cela a un rapport avec Temari ? »

A l'entente de ce prénom, le cœur du surdoué fit un bond dans sa poitrine et des images des jours précédents lui revinrent très clairement, comme s'ils les avaient gravées intactes dans sa mémoire…

Flashback :

Alors que Temari et Shikamaru faisaient route pour Suna, ils s'arrêtèrent pour la nuit à l'orée de la forêt. Ils montèrent leur campement en s'envoyant réciproquement quelques plaisanteries désobligeantes : ce qui était devenu habituel entre eux.

Temari, ayant aperçue un lac près de là, informa Shikamaru qu'elle allait se rafraichir. Il ne broncha pas et la laissa s'éloigner. C'est alors que son cerveau se mit à fonctionner à deux-cents à l'heure et qu'il se dirigea précipitamment vers le lac en se disant :

*Ca y est, j'ai enfin compris…*

Il arriva rapidement sur les rives du fameux lac et vit une forme gracieuse agenouillée près de l'étendue d'eau. Il en était éberlué tant il la trouvait belle… Les reflets de la lune jouant sur le magnifique blond de sa chevelure. Il se surprit à vouloir frôler de ses doigts les parties de sa peau découvertes, éclairées par l'astre de la nuit…

C'est alors qu'elle se leva brutalement en voyant qu'il l'admirait. Une légère lueur de colère brillait dans ses yeux.

-« Qu'est ce que tu fais-là ? Ne me dis pas que tu voulais m'espionnée, flemmard ? » Dit-elle en posant un doigt menaçant sur son éventail attaché dans son dos.

Il voulut répondre que ce n'était pas son intention mais aucuns sons ne voulaient sortir de sa bouche. Il était comme hypnotisé par cette femme et ne pouvait détourner son regard d'elle malgré de nombreuses tentatives.

Voyant qu'il ne répondait pas, elle se rapprocha et se posta face à lui. Elle le regarda et s'inquiéta du regard grave qu'il posait sur elle ainsi que l'expression inhabituelle de son visage.

-«Shika, ca va ? »

Se ressaisissant, il réussit à aligner quelques mots en la regardant fixement dans ses yeux verts.

-«J'ai pris conscience d'une chose importante… »

***

-« Shika, tu m'écoutes ? » Demanda prudemment le rondouillard.

Levant brusquement la tête vers lui, il se rendit compte qu'il se trouvait sur son banc aux cotés de Choji.

Il soupira une nouvelle fois et se leva pour partir en disant calmement :

-« Ne t'inquiètes pas, ca va aller… Ma dignité masculine l'emporte sur le reste… Je ne continuerais pas à ruminer comme une femme le ferait ! »

Il sourit presque imperceptiblement en pensant que toutes les femmes n'étaient pas comme ça…

Il se sentait plus léger que depuis ces derniers jours. Il n'en comprenait pas la raison mais se dit que peut-être la présence de son ami l'avait apaisé en quelques sortes… C'est sur cette pensée qu'il commença à partir en direction de chez lui, l'esprit plus serein.

De toute façon, son problème, il ne pouvait le régler seul… Et, pour l'instant, cela lui été impossible…

Choji était restait immobile en fixant son coéquipier s'éloigné. Il était soulagé de voir qu'il allait mieux même s'il ne connaissait pas la raison de son trouble. Mais il songea que cela devait avoir un lien avec la princesse de Suna… Il avait bien remarqué, depuis leur premier affrontement à l'examen des Chuunins, alors que l'héritier Nara était alors âgé de douze ans, qu'un lien étrange les unissait…

***

Au même moment, à plusieurs centaines de kilomètres de Konoha, deux hommes marchaient tranquillement côte à côte dans une rue très fréquentée. Le village où ils se trouvaient était une cité thermale très réputée, se situant en plein cœur du pays de l'herbe.

Dans cette rue commerçante, on y apercevait bon nombre de commerces de souvenirs ou de spécialités régionales sans compter les nombreux bains publics qui font la renommée de cette contrée.

Un des deux individus avait des longs cheveux blancs et portait un très gros rouleau dans son dos. Il semblait bien plus âgé que son compagnon…

Celui-ci portait une longue cape rouge avec des flammes noires à la base. Ses cheveux, mi-longs, étaient d'un blond étincelant et ses yeux d'un bleu azur parfait. Il émanait de lui une sensation de puissance et de sagesse, même s'il conservait un air farceur. Cependant, cette facette de sa personnalité avait sa part de charme. Car, oui, cet homme était très beau et attirait bon nombres de regards de la part de la gente féminine…

Son compagnon se stoppa et regarda une échoppe devant laquelle il était arrêté.

-« Si on allait boire un verre dans ce bar, qu'en dis-tu gamin ? »Lui proposa son compagnon.

-« Si c'est vous qui payer nos boissons, alors d'accord. »

Il n'attendit pas la réponse et entra. Son compagnon resté dans la rue, sourit en pensant :

*Toujours aussi impatient…*, avant d'entrer à sa suite.