Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, excepté Diane.
Résumé: Et si Drina avait eu une fille de Damen, dont elle avait caché l'existence? Comment Damen réagirait-il en la rencontrant? Et Roman?
Note: si vous n'avez rien contre les OC et que vous appréciez Roman, cette fic est pour vous.
Note 2: Un peu avant la sortie du tome 4 de éternels, j'ai rêvé que Roman me serrait dans ses bras, c'était cool!
Le chemin doré
Chapitre trois
Je leur raconte tout. Que je suis immortelle et que j'erre seule sur terre depuis des siècles. Je leur parle de ma rencontre avec Ava et des efforts que j'ai fait pour atteindre l'été perpétuel et trouver des réponses à mes questions. Quand je révèle que je suis immortelle et que je mentionne Ava, le visage de Riley change, elle semble sur le point de dire quelque chose, puis se ravise. Finalement, Bodhi hoche la tête.
-Si je comprends bien, tu veux aller aux temples de la connaissance pour retrouver tes parents et d'autres immortels comme toi?
J'acquiesce d'un signe de tête.
-Exactement. Mais je ne sais pas où aller.
Riley se tourne vers Bodhi.
-On va aider Blanche Neige, hein, Bodhi?
Ce dernier fronce les sourcils.
-Blanche neige?
Je pouffe.
-Il paraît que je lui ressemble.
Bodhi esquisse un sourire désabusé.
-Tu as de la chance. Moi, elle m'appelle le ringard, soupire-t-il.
Je le regarde d'un air étonné.
-Tu n'as rien d'un ringard.
Je suis sincère. Avec ses boucles noires, son look de surfeur, il n'est vraiment pas mal, pour un garçon de son âge. Il m'adresse un sourire, ce qui le rend encore plus mignon.
-Merci. Ecoute, c'est d'accord. Nous allons t'aider.
-Chouette! S'exclame Riley.
Bodhi lui adresse un regard sévère.
-Au risque de te décevoir, nous n'allons pas entrer à l'intérieur des temples.
Riley fait la moue.
-C'est nul, boude-t-elle.
Puis elle s'adresse à moi.
-Tu l'aurais vu la première fois que je l'ai rencontré, tu aurais compris pourquoi je le traite de ringard. Il avait les cheveux gras et de grosses lunettes. Il s'imaginait que je le prendrais au sérieux, ainsi.
Bodhi ignore sa remarque et fait apparaître un cheval gris. Riley l'imite et un cheval à la couleur caramel se matérialise sous nos yeux. À mon tour, je fais apparaître un cheval noir avec une tache blanche en forme d'éclair sur le front. Riley le regarde avec intérêt.
-Classe! Dommage qu'il n'y ait pas de prince charmant dessus.
Je souris.
-Les princes charmants ont un cheval blanc, pas noir.
Riley acquiesce d'un signe de tête.
-C'est vrai! Tu es prête?
Sans attendre ma réponse, elle monte sur son cheval. Bodhi l'imite et je fais de même. Ce n'est pas la première fois que je fais de l'équitation, loin de là. Pendant des siècles, j'en ai fait quotidiennement. C'était l'un des moyens de transport les plus fréquents, alors. Mais bien entendu, j'accorde plus d'importance à un cheval qu'à une voiture. C'est un être vivant, comme moi, et j'aime me sentir en harmonie avec lui quand je le chevauche. Pour cela, j'ai toujours traité mes chevaux avec beaucoup d'amour.
Les arbres fleuris défilent devant nous, me donnant l'impression de galoper dans une forêt enchantée. Mais je suis trop impatiente d'arriver à ma destination pour en profiter. Peut-être une autre fois. Nous quittons la forêt et nos chevaux trottinent à proximité d'habitations. Nous descendons une pente et atteignons une ville. Ce n'est pas une ville comme les autres. Elle semble composée exclusivement d'avenues piétonnes et mélange des bâtiments de notre époque et d'autres bâtiments qui auraient parfaitement eu leur place dans un autre siècle. Curieusement, l'ensemble est harmonieux. Les maisons sont multicolores, certaines comportent de splendides vitraux colorés.
Enfin, nous arrivons devant une grande place sur laquelle trône un monument somptueux. Il semble se matérialiser peu à peu sous mes yeux, prendre vie et un temple semblable au Parthénon apparaît devant moi. Je suis sans voix. Même moi qui ait vu beaucoup de choses en plusieurs siècles, je suis subjuguée par ce lieu magique.
Je descends de mon cheval, le caresse une dernière fois avant qu'il disparaisse. Riley et Bodhi font de même.
-Trop cool! S'exclame Riley en accourant vers la porte.
Bodhi et moi la suivons. Elle tente d'entrer mais la porte reste fermée. Bodhi la tire par le bras.
-Recule. Tu vas empêcher Diane d'entrer.
Riley fait la grimace. Bodhi l'ignore et se retourne vers moi, l'air sérieux.
-Choisis bien tes mots pour invoquer les sources de la connaissance. Tes intentions doivent être pures et guidées par l'amour. Ne brusque pas les sources de la connaissance. Si il y a quelque chose que tu ne dois pas savoir, tu dois l'accepter, c'est ainsi. Si tu te rebelles et fais preuve de violence, tu n'auras plus accès au temple, ses portes te seront fermées.
Je hoche la tête.
-Merci.
Bodhi me sourit.
-Ce n'est rien, voyons. Nous t'attendons.
Je monte les marches et les portes du temple s'ouvrent devant moi. J'entre puis elles se referment. Je pénètre dans un vaste hall baigné d'une douce et chaleureuse lumière dorée. Au centre de la pièce, il y a un bassin, orné d'une fontaine et d'une statue représentant un ange, qui crache un jet d'eau. Mon intuition me guide vers le bassin. Je m'agenouille devant. Puis je ferme les yeux et récite une prière mentale.
Ô, sources de la connaissance, veuillez entendre ma requête. Je souhaite retrouver mes parents et d'autres immortels comme moi, qui puissent me guider et me sauver de l'errance et de la solitude.
Une vague d'énergie me traverse et je sais que ma prière a été entendue. J'ouvre les yeux. L'eau du bassin s'illumine d'une lumière argentée puis devient aussi lisse et réfléchissante qu'un miroir. À la différence que ce n'est pas mon reflet qui apparaît dans l'eau mais une silhouette masculine. C'est le plus bel homme que j'aie jamais vu. Il a de longs cheveux noirs d'ébène qui retombent sur ses épaules, le teint mat, des yeux sombres en amande, au regard profond, rempli de sagesse et de douceur. Je sais immédiatement qu'il s'agit de mon père, même si la seule ressemblance avec moi est sa lisse et brillante chevelure d'ébène. Ne pouvant résister, je tends la main vers l'image, qui disparaît. L'eau a repris un aspect ordinaire et je sais que je n'obtiendrai pas d'autres informations. Pour le moment, du moins.
Je quitte le temple, le cœur battant. Riley et Bodhi m'attendent à l'extérieur. Les portes du temple se referment et à peine ai je descendu les marches qu'il disparaît, laissant place à une statue en forme d'ange.
-Alors? S'enquit Riley, les yeux pétillants de curiosité.
-J'ai vu mon père, dis-je en souriant.
Riley sourit.
-C'est super! Tu sais où le trouver?
Je me fige, horrifiée.
-Non.
Riley fronce les sourcils.
-C'est idiot!
Bodhi intervient.
-Si ils ne te l'ont pas dit, cela signifie que tu n'as pas besoin des sources de la connaissance pour le trouver.
-Ou bien qu'ils veulent me rendre les choses plus compliquées, je grommelle.
-À quoi il ressemble? Demande Riley. Matérialise le.
C'est la première fois que je matérialise un être vivant et je sais qu'il ne sera pas réel, qu'il disparaîtra aussitôt. Je me concentre sur l'image encore très présente dans mon esprit et le fais apparaître, sous les yeux ébahis de Riley.
-Non d'une glace à la noisette! S'exclame-t-elle.
Les yeux écarquillés, elle regarde les contours de la silhouette devenir flous et disparaître. À son visage, je comprends qu'elle l'a reconnu.
-Tu le connais? Je m'empresse de demander.
Elle reste silencieuse puis finit par esquisser un sourire espiègle.
-Tu le trouveras à Laguna Beach, dit-elle. Au lycée.
Laguna Beach. Je grave ce mot dans mon esprit.
-Que peux tu me dire d'autre sur lui?
Son sourire s'élargit devant mon regard suppliant.
- Si je te le disais, ce ne serait pas drôle.
Petite peste.
-Je suis sûre qu'on se reverra! Au revoir, Blanche neige!
Avant que j'ai peu la protester, tenter de la retenir, elle prend la main de Bodhi et part en courant, entraînant son compagnon avec elle, qui la suit malgré lui.
-Laguna Beach, je répète à voix haute.
Je matérialise le portail de lumière dorée et je quitte l'été perpétuel.
Je me retrouve dans mon chalet, devant la cheminée. Je mets un peu de temps à réaliser que je suis retournée dans le monde terrestre. L'énergie chaude et positive de l'été perpétuel est encore en moi. Je reprends mes esprits et je fais ma valise. Il n'est pas question que je perde une minute. Je dois partir à Laguna Beach. Je vais m'inscrire au lycée et rencontrer mon père, un immortel comme moi. Peut-être verrai je aussi ma mère. Cela me paraît encore irréel.
Je hisse ma valise dans la voiture, retourne à San Francisco. Je vide les pulls et les pantalons polaires de ma valise et la remplis de vêtements d'été. Je me fais plaisir en matérialisant quelques petites robes. Je fais apparaître une autre valise, dans laquelle je mets mes livres. Hors de question de m'en séparer, même si je pourrais matérialiser les mêmes. Ceux là, je les ai choisis, trônant fièrement sur le présentoir d'une librairie, je les ai touchés, je les ai imprégnés de mon odeur. Un lien existe entre eux et moi. Ensuite, trop pressée pour cuisiner, je fais apparaître une pizza à la viande hachée et aux œufs, je la savoure et fais apparaître un pot de crème glacée Haagen Dazz.
Une fois que j'ai mangé, je descends mes valises et les hisse dans la voiture. Je ne prends pas la peine de faire une sieste, mon séjour encore tout proche à l'été perpétuel m'ayant régénérée. Je mets la musique en route et démarre la voiture.
Au bout d'un long trajet, pendant lequel j'ai fait deux pauses, j'arrive à destination. Quand je descends de la voiture, je me félicite d'avoir troqué mes vêtements d'hiver contre une robe d'été. Entre la montagne enneigée et cette ville ensoleillée même en hiver, c'est le jour et la nuit. Je m'installe dans un café au bord de la mer et admire la plage d'un bleu turquoise avec ses palmiers. Je sens que je vais me plaire ici, même si je ne suis pas venue pour prendre des bains de soleil.
Je sors mon ordinateur portable et le branche à un modem de poche pour obtenir la connexion internet. Cela fonctionne. Je vais sur le site d'une agence immobilière à Laguna Beach et recherche les appartements et les maisons non meublées. Je suis séduite par une maison avec piscine creusée dans le jardin, sur la côte qui donne sur la plage. Cet endroit est très fréquenté par les touristes et par les jeunes. Il y a beaucoup de boutiques, de cafés et d'endroits sympas. Mon choix arrêté, je contacte l'agence.
Quelques heures plus tard, en compagnie d'un agent immobilier, je visite la maison. Comme sur les photos, elle dispose de colonnes grecques à l'avant, ce qui me rappelle le temple de l'été perpétuel et dispose de fenêtres de la taille d'une personne en forme d'arcades rondes, évoquant un palais oriental. Ce mélange entre temple de dieu grec et de palais des milles et une nuit me fait rêver. Le guide m'emmène d'abord dans le jardin. Il est fleuri et quelques cerisiers et orangers y sont plantés. La piscine est protégée par une véranda. Parfait. Cela signifie que je pourrai m'y baigner même quand il pleut. J'entre à l'intérieur. Les pièces sont vastes, le carrelage bleu ciel et les murs bleu turquoise. La salle de bain comporte une vaste baignoire creusée dans le sol, assez grande pour que je puisse y faire quelques brasses. Il y a trois chambres à l'étage, dont une qui offre une belle vue sur la mer. Je sais immédiatement que je vais m'y installer. Cette maison est trop grande pour moi mais je la veux. Après tout, je ne vais pas rester seule longtemps. Je vais retrouver ma famille. Peut-être que mes parents voudront habiter avec moi, ou d'autres immortels avec qui je sympathiserai.
J'adresse un sourire à l'agent.
-Je l'achète.
Il me regarde d'un air surpris.
-Vous êtes sûre, mademoiselle?
Je hoche la tête.
-Oui.
Il me regarde d'un air soulagé. Peut-être s'attendait-il à ce que la maison soit trop grande ou trop chère pour moi.
-Quand pourrai-je emménager?
J'ai du mal à cacher mon impatience.
- Demain, si vous voulez.
Je souris.
-Parfait.
Il fouille dans sa sacoche et me tend une liasse de papiers.
-Voici les papiers à remplir.
Je prends les papiers.
-Merci.
-Je vous donne donc rendez vous à dix heures demain? Je peux aussi vous proposer seize heures, si vous préférez venir l'après midi.
Je secoue la tête.
-Non. Dix heures, c'est parfait.
Il m'adresse un sourire poli.
-Dans ce cas, je vous souhaite une bonne journée, mademoiselle.
Je lui rends son sourire.
-Merci, à vous aussi.
En attendant de pouvoir emménager, je m'installe dans un hôtel et remplis les papiers qu'il m'a donnés. Ensuite, je m'occupe de mon inscription au lycée. Falsifier mon identité et faire croire que j'ai dix sept ans alors que la plupart du temps, je prétends en avoir plus est un jeu d'enfant. Je peux matérialiser les papiers que je veux et jamais on ne pourrait prouver qu'ils sont faux. La première partie de l'inscription se fait par internet, ce qui rend les choses plus faciles. Ensuite, j'appelle le lycée. Le directeur semble surpris que je veuille m'inscrire à cette période de l'année, alors que les vacances d'été approchent mais je prends ma voix la plus séduisante. Il me donne rendez vous après demain à onze heures.
Le lendemain, je règle la facture, rends les papiers remplis à l'agent immobilier et emménage. Une fois seule, je matérialise chaque meuble, ce qui me suffit à me sentir chez moi. Près du salon, il y a une salle vide, j'y fais apparaître des étagères remplies de livres. Ainsi, j'ai ma propre bibliothèque. Je choisis d'inaugurer la piscine et fais quelques brasses dans l'eau. Puis je passe quelques heures dans la bibliothèque.
Le surlendemain, je me rends au lycée. Je remplis le formulaire d'inscription et croise les doigts en espérant être dans la classe de mon père. De toute façon, j'ai matérialisé sa photo, on pourra m'aider à le retrouver. La secrétaire de l'administration me donne un emploi du temps et m'annonce que je commence demain. Le cœur palpitant d'excitation, je quitte le lycée et vais flâner près de la plage. Je passe ma soirée à regarder la photo de mon père, fascinée par ses yeux sombres et rassurée par la gentillesse qui emplit ses yeux. La nuit, je trouve difficilement le sommeil, malgré une infusion apaisante et des exercices de relaxation.
Le jour J arrive. Fin prête, je m'observe dans la glace: je suis vêtue d'une courte robe bustier près du corps, rouge à motifs imprimés. Mes longs cheveux noirs, raides et dégradés, retombent dans mon dos telles d'immenses ailes de corbeau déployées. Je porte des chaussures noires à talons ouvertes et mes ongles de pieds sont vernis. Peut-être rencontrerai-je des lycéens, voire d'autres immortels mignons. Mon maquillage est parfait.
Je prends ma voiture et roule jusqu'au lycée. Je ne suis pas encore sortie que j'attire déjà les regards des lycéens qui passent devant ma voiture. Je souris. Effectivement, elle ne passe pas inaperçue. C'est une décapotable violette couverte d'un motif noir imitation dentelle. C'est moi qui l'ai crée et je l'adore. Je sors de la voiture et je sens que j'attire l'attention, mais je fais comme si de rien n'était. Je regarde mon emploi du temps. Je commence par deux heures d'histoire, avec monsieur Munoz et ensuite, c'est la pause déjeuner. J'entre dans la salle indiquée, où les élèves sont encore peu nombreux. Le professeur est là, il attend à son bureau. C'est un homme assez séduisant pour quelqu'un de son âge, ses cheveux noués en queue de cheval lui arrivent aux épaules. Je m'approche de lui.
-Monsieur Munoz?
Il lève les yeux d'un air surpris.
-Je suis Diane Watson.
Il fronce les sourcils et un éclair de compréhension traverse son regard.
-Ah! Vous êtes la nouvelle!
Je souris.
-C'est exact.
Il replace nerveusement une mèche de ses cheveux derrière l'oreille.
-Hé bien, bienvenue au lycée de Laguna Beach.
Je souris.
-Merci.
Je m'apprête à aller m'asseoir, puis m'arrête et fais demi tour.
-Monsieur Munoz?
-Oui?
-Voulez vous que je me présente à la classe?
Il me lance un regard surpris. Il est sans doute peu habituel que les nouveaux, intimidés, prennent eux même cette initiative. Finalement, il acquiesce d'un signe de tête.
-Bien sûr. Restez près de moi, si cela ne vous ennuie pas de rester debout.
Je secoue la tête.
-Pas du tout.
Il consulte l'heure sur sa montre.
-De toute façon, ça ne va pas tarder à sonner.
En effet, la classe commence à se remplir. Tous les élèves qui passent me lancent des regards intrigués. Soudain, je me fige. Il est là. Mon père. C'est bien lui, avec ses longs cheveux d'ébène, son teint mat et ses yeux noirs bordés de longs cils. Il a une démarche gracieuse. Je me réjouis intérieurement. Celui que j'ai si longtemps cherché est dans ma classe, nous allons nous voir tous les jours. Cependant, ma joie est de courte durée. En effet, il croise mon regard. Je n'y lis n'y haine ni méchanceté, mais une profonde stupeur. M'a-t-il reconnue? J'ai envie de lui parler mais il détache difficilement son regard de moi et continue son chemin.
Il n'est pas seul. Une jeune fille lui tient la main. Je ressens un trouble en la voyant. Elle a de longs et épais cheveux blonds, un visage angélique, des lèvres pleines et rosées, un petit nez, de grands yeux d'un bleu céleste et profond, des yeux qui auraient pu appartenir à un ange, emplis de douceur et de gentillesse. Ses traits doux et vulnérables me donnent envie de la protéger. Je me mets à espérer qu'elle soit ma mère, même si elle ne me ressemble guère. Pourtant, quand elle croise mon regard à son tour, elle se fige d'effroi. On croirait qu'elle a vu un fantôme. Je tente de la rassurer en lui adressant un gentil sourire. Elle semble surprise et ose à peine me le rendre, puis elle s'éloigne en compagnie de mon père.
Savent-ils que je suis leur fille? C'est peu probable. J'étais encore bébé quand l'église m'a accueillie, j'ai beaucoup changé et je ne leur ressemble pas vraiment. Pourtant, mon visage ne les a pas laissés indifférents, c'est certain.
La sonnerie coupe court à mes réflexions. La salle se remplit et je reste debout à côté du professeur. Celui ci se lève.
-Un peu d'attention s'il vous plaît. J'ai le plaisir de vous annoncer la venue d'une nouvelle camarade, Diane Watson, qui tient à se présenter elle même.
Je m'avance, pleine d'assurance.
-Bonjour à toutes et à tous. Comme l'a dit monsieur Munoz, mon nom est Diane Watson. Je viens de San Francisco et j'ai un peu fait le tour du monde, donc si vous avez besoin d'un guide touristique, je suis là! En revanche, je ne connais pas bien Laguna Beach alors si vous voulez me montrer les endroits sympas, je suis partante!
Je ponctue mes phrases de sourires chaleureux et quand j'ai fini, il me suffit de regarder les élèves pour savoir que j'ai gagné leur sympathie.
Le professeur parcourt la salle du regard.
-Voyons...il reste une place au fond, près de Roman qui est absent aujourd'hui.
Je me tourne vers le professeur.
-Laquelle est libre, alors?
-Celle de droite, dit-il en me la désignant d'un geste de la main.
Je gagne ma place et sors mes affaires. Pendant tout le cours, je ne cesse de penser à mon père et celle qui est peut-être ma mère. Je ne sais rien d'eux mais ils me semblent dotés d'une certaine gentillesse. M'ont ils abandonnée? Je n'ai vu aucune trace de rejet dans leurs yeux, juste un choc et une certaine...peur. Je ne vais pas leur annoncer que je suis leur fille, ce qui risquerait de les affoler davantage. Pas tout de suite. Je vais d'abord tenter de faire leur connaissance. Intérieurement, je trépigne d'impatience à cette perspective. Je veux leur parler, les connaître, bien m'entendre avec eux. Quand les deux heures de cours se terminent enfin, je décide de les suivre.
