Disclaimer : tout est à JKR…
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3. Dîner et dépendances
Nous dînons dans la grande salle à manger, sous les lambris et à la lueur des chandeliers. La vaisselle est superbe et je suis un peu perdu dans les couverts et les verres. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de choses…mais je prends exemple sur la maîtresse de maison, et tout va bien.
Elle est magnifique ce soir, bien habillée et maquillée, et je remarque pour la première fois qu'elle a un sourire splendide, quoique parfois un peu triste. Elle est fine et très cultivée, avec un humour décalé, vraiment charmante. Ginny est radieuse également, et secrètement je suis fier d'elle, de sa beauté naturelle et de sa vitalité.
Je suis heureux qu'on ne courre ni après le luxe ni après les honneurs, car tout ça ne me fait guère envie…je sens une certaine mélancolie flotter dans cette maison, inexplicablement.
Avec les entrées, tu nous demandes ce qu'on désire boire, et je ne sais que répondre…de l'eau ?
- Comment Harry, tu bois de l'eau maintenant ? s'étonne Ginny qui connaît mon goût pour le whisky et le vin français.
- Moi, je prendrais bien un peu de vin, dit Isadora. Dans cette maison on ne boit jamais une goutte d'alcool d'habitude, alors pour une fois, dit-elle en faisant un clin d'œil à Ginny.
- Soit, j'ai un excellent bourgogne dans ma cave, dis-tu en t'éloignant. Je reviens…
Tu ne bois jamais d'alcool…je comprends mieux la rougeur de tes joues il y a quelques semaines après deux whiskies…serait-ce une partie de l'explication ? L'alcool est un déshinibiteur, c'est sûr, mais ça ne justifie rien…un peu court, comme explication.
Le dîner est délicieux, et même mes enfants se tiennent à peu près correctement. Cependant Skorpius se tient beaucoup plus droit sur sa chaise qu'eux, et finit son assiette. On dirait parfois qu'il n'ose pas parler ni rire trop fort. Je l'observe, et ça me fait un petit peu mal au cœur de le voir si sage, je ne sais pas pourquoi…
Etais-tu toi aussi un enfant sage ? Sûrement…
Je te regarde enfin et je lis une certaine détresse dans tes yeux, en un éclair. Puis tu reprends ton masque souriant en t'adressant à Ginny. Tu es particulièrement élégant ce soir. De toute façon, tu as toujours eu beaucoup d'allure…
La conversation tourne autour des enfants, bien sûr…quel autre sujet pour deux familles ?
Après le dessert les garçons filent dans le salon et Lily grimpe sur mes genoux, pour se faire câliner.
Isadora fond :
- C'est tellement câlin, les filles…j'aurais tellement aimé avoir une fille.
- Mais les garçons aussi sont câlins, dit Ginny. Albus l'est, en tout cas…j'espère que ça ne disparaîtra pas trop vite…
- C'est vrai qu'on est une famille très démonstrative, dis-je. On adore s'embrasser…
Encore une ombre dans ton regard et je regrette ce que je viens de dire…visiblement ce n'est pas votre cas.
Je tente de me rattraper :
- Ce n'est pas trop tard pour avoir une fille !
- Ce serait franchement très étonnant, dit ton épouse froidement et je perçois le sous-entendu.
Ginny réagit au quart de tour et demande, pour changer de sujet :
- Au fait, c'est quand la dernière fois que vous vous êtes vus tous les deux ?
On répond en même temps :
- Sur le quai, il y a trois mois…
- Au café, il y a six mois….
Elles éclatent de rire de concert :
- Il faudrait vous mettre d'accord, messieurs !! dit Ginny
- Qu'est ce que vous nous cachez tous les deux ? demande Isadora. Vous vous êtes vus dans un café ?
- Ben oui, répond Ginny. C'était à Noêl, hein Harry ?
- Mais tu ne m'as jamais dit ça Draco !! s'exclame Isadora.
Tu es visiblement irrité mais tu prends sur toi :
- Ah oui, c'est vrai, on avait pris un café ensemble, non ?
- Oui, je crois, dis-je.
- Mais pourquoi tu ne me l'as pas dit ? s'étonne ta femme
- Ecoute, je ne sais plus, ça n'avait pas d'importance…tentes-tu, un peu pâle.
- En fait, ça ne s'est pas très bien passé, je rajoute. C'est sans doute pour ça que tu n'en as pas parlé, j'imagine.
- Ca ne m'étonne qu'à moitié, dit Isadora. Draco ressasse toujours tellement le passé, il dramatise tout…et Harry ?
- Non, je ne crois pas, dit Ginny. On n'en parle jamais. Harry ?
Je soupire…
- Le passé ? Non, je ne le ressasse pas. Je l'ai oublié en grande partie…
- Mais alors…rajoute Isadora, en plissant les yeux. Pourquoi avoir écrit à Draco, en janvier ? Pourquoi vouloir le revoir ?
Ginny lève un sourcil surpris mais ne dit rien. Je l'aime pour çà.
Tu es blême et moi j'ai juste envie de disparaître sous terre. La curiosité féminine…On est en plein vaudeville, c'est un vrai cauchemar.
Je vois que tu es incapable de parler, alors j'enchaîne :
- Et bien voilà. Je voulais lui rendre sa baguette. C'est tout.
- Ah oui, c'est vrai, dit Ginny. Tu avais gardé cette baguette. C'est marrant, tu n'en parlais jamais. Alors, tu lui as rendu ?
- Oui.
- Quand ?
- Je ne sais plus…en avril, je crois. A la gare, j'ajoute précipitamment.
Je ne boirai pas le calice jusqu'à la lie. Je n'en dirai pas plus.
Isadora me dévisage bizarrement. Cette femme est suspicieuse, je le sens. Se doute-elle … ?
Je regarde Ginny et je vois qu'elle aussi réfléchit, de son côté. Est-ce qu'elle se souvient de ce coup de fil, où elle m'avait trouvé bizarre ? Est-ce qu'elle se souvient que c'était le jour du départ des enfants ? Non, impossible…et pourtant.
La conversation reprend sur un autre sujet, mais la tension est palpable autour de la table. Je savais qu'on n'aurait pas dû venir. La machine infernale est en marche…juste quand on avait décidé d'un accord tacite d'oublier cet épisode.
Les épouses se lèvent pour coucher les enfants et nous nous dirigeons vers le salon.
On s'assoit lourdement dans des fauteuils. Quelques bougies éclairent à peine la pièce décorée de lourdes tentures. Tout est calme.
Avec un sourire désabusé, tu m'offres un whisky, que j'accepte. On lève nos verres l'un vers l'autre, avec un certain fatalisme.
On sait qu'on a tout fait pour éviter le pire, mais que c'est un échec.
L'ironie du sort. Nos femmes sont beaucoup trop intelligentes pour nous, je crois…ou est-ce qu'elles vont passer sur ça sans se poser de question ?
Sans dire un mot, on décide de noyer notre fierté dans l'alcool. Pour se remonter le moral. On boit en silence, en s'observant du coin de l'œil, et en ressassant l'échange qui vient de se dérouler à table.
Je vois que tu cherches à réprimer un fou rire, et je fais de même, malgré moi :
- Putain, Draco, y a pas de quoi rire !!
- Je sais, c'est plus fort que moi…Mais comment j'aurais pu penser que toi, Harry, tu mentirais à ta femme au sujet de cette lettre !!
- Très drôle, et comment j'aurais pu penser, moi, que tu dirais la vérité à la tienne au sujet de cette lettre ?
- Merci bien…tu me vois comme un menteur, ça fait plaisir. En fait, tu as raison, je ne lui ai rien dit. Elle est tombée dessus par hasard…elle est tellement curieuse !
- Faut avouer…elle est curieuse, en effet. Tu lui mens souvent ?
- Mais tu me prends pour qui, Harry ? Non, jamais. Je n'ai jamais eu…d'aventure. Avant toi, ajoutes-tu crânement.
Puis tu rajoutes au bout de quelques secondes, d'un ton rêveur :
- Mais j'ai l'habitude de mentir pour toi, en effet…
- Quoi ?
- Rappelle-toi, ici même, il y a 20 ans, j'ai prétendu ne pas te reconnaître…tu te souviens ?
- Oui…je souffle doucement.
- Et bien j'ai menti. Et quand mes copains voulaient te faire la peau, j'ai prétendu qu'il ne fallait pas te tuer pour te livrer vivant à Voldemort…Tu te souviens ?
- Oui…
- Et bien, c'était encore un mensonge. Je ne voulais pas que tu meures, Harry….
- Pourquoi ? dis-je d'une tout petite voix, sachant que je ferais mieux de me taire.
Tu me regardes, de ton regard brûlant, la bouche entrouverte, et tu ne me réponds pas.
On s'observe, longuement, souffles courts. Encore un moment de défi entre nous.
Ton orgueil contre mon courage …
- Pour la même raison que celle qui t'a fait poser tes mains sur moi, en avril, j'imagine, murmures-tu.
Je reste coi, le cœur battant, et je demande :
- Déjà à l'époque, tu penses ? Il y a 20 ans ?
- Tu crois quoi, Harry ? Que tout cela a surgi de nulle part, d'un coup, entre nous, il y a trois mois ? dis tu d'une voix chaude, un peu rauque. Tu as l'habitude de sauter sur des gens que tu ne connais pas ?
- Bien sûr que non…
Il y a une forte tension entre nous…pour la première fois on aborde un sujet dangereux, et on est tendus, l'un face à l'autre. Aux abois. Tu esquisses un sourire :
- Souviens-toi de ce que tu m'as dit, en avril.
- J'ai dit quoi ?
- Que tu avais envie de moi, depuis très longtemps…, chuchotes-tu.
Je secoue la tête. J'ai dit ça ? L'alcool me brouille les idées.
Puis je me rappelle précisément à quel moment je t'ai dit ça, et je sens une bouffée de désir m'envahir…oui, je me souviens…trop bien.
Je te dévisage, et je te trouve terriblement attirant, hélas…
Ta bouche m'appelle, ton corps m'appelle, sans que tu fasses rien.
Tu es la tentation incarnée…la peau douce, les cheveux soyeux, les yeux ardents, la bouche sensuelle, même 20 ans après. Je comprends mon égarement d'il y a trois mois.
Je me souviens de tout.
Ton visage me bouleverse.
J'ai envie de me lever de ce fauteuil et de t'embrasser.
Et de te toucher.
Partout.
De te posséder. Entièrement. Profondément. Je retiens un gémissement et je sens le sang affluer. Arrête de me regarder comme ça, Draco.
Le désir me consume, encore une fois. Pourquoi ?
Je vois à ton expression tendue que tu partages mon émoi.
Alors, sans bouger, sans parler, chacun dans son fauteuil, on décolle en pensée.
Et chacun fait l'amour à l'autre, en imagination. Nos fantasmes se connectent sans même une parole.
Je passe ma langue sur mes lèvres, et j'imagine ta bouche sur ma bouche.
Tu en fais autant, lentement, avec insolence. Je brûle. La frustration accroît mon désir. J'aimerais tant te toucher, maintenant. Te sentir.
Mes yeux glissent sur ton cou, et j'imagine ton torse nu. J'ai envie de l'embrasser, de le lécher, de le mordiller. Tu me regardes avec provocation, et j'imagine tes mains sur moi.
Tu fais glisser ta main lentement sur ta cuisse, et je suis à la torture. Je rêve d'être cette main, et de te caresser partout. De toutes les façons. Jusqu'à ce que tu gémisses de plaisir.
Mon érection est douloureuse, et quand j'imagine la tienne, un spasme me secoue et je rejette ma tête en arrière d'un geste incontrôlable.
Je revois ton corps, offert devant moi. Ta peur, ton émoi. Bouleversants. Je revis la sensation d'être en toi, si forte, si troublante. Tu étais doux, étroit…
On continue à s'observer et à se faire l'amour. Sans bouger. Sans parler.
Juste nos bas ventres qui remuent imperceptiblement. Juste nos souffles courts. Nos cœurs qui battent la chamade. Nos yeux qui se caressent, sans pudeur. Nos imaginations délirantes, sans tabou.
Tu passes ta langue sur tes lèvres et je les imagine sur mon membre, aller et venir, m'absorber entièrement, longuement, ardemment, me faire découvrir un frisson inconnu.
J'imagine ton visage quand tu me caresses, je sens tes mains, ta bouche et je meurs de désir.
Puis, avec insolence, tu fermes ton poing, tu lèves lentement ton avant-bras et ça m'embrase.
Soudain, je me vois me lever, me pencher vers toi, ouvrir ton pantalon brusquement, libérer ta verge et…je m'empale sur toi. D'un coup. En hurlant. J'imagine tes coups de reins, ton sexe tendu, mes gémissements, le plaisir qui monte, comme une vague incandescente et je jouis en criant ton nom. Violemment. En quelques minutes.
Je lis dans ton regard que nous partageons le même fantasme, en même temps. Mais je pressens que toi tu rêves de t'empaler sur moi, que c'est moi qui te ravage et te fait hurler.
Ca me convient aussi, et ça m'échauffe un peu plus les sangs. Retrouver ton intimité si chaude, si douce….
On a tous les deux posé nos mains sur notre bas ventre, inconsciemment, et on se caresse, à travers les étoffes, sans se quitter des yeux, le souffle court. On continue à se faire l'amour….
Je me mords les lèvres quand l'orgasme arrive, tu me regardes jouir et je vois tes yeux se révulser quand tu plonges à ton tour dans le plaisir.
On s'essuie rapidement quand on entend des bruits de pas et nos épouses nous rejoignent dans le salon, plus complices que jamais.
Elles tentent de relancer la conversation mais nous sommes engourdis par les séquelles du plaisir, et on ne répond guère.
On se lève pour aller se coucher, l'un après l'autre, et elles décident de rester en bas, pour discuter. Je n'ai plus la force de m'inquiéter, ni même de m'interroger.
Je veux juste rejoindre mon lit, rapidement. On grimpe les escaliers silencieusement.
Arrivés devant la porte de ma chambre, je te souffle :
- Bonne nuit, Draco…
- Bonne nuit, Harry…
Je pose la main sur ta joue, et tu penches la tête vers cette main. On s'immobilise quelques secondes….puis, avec regret, je laisse ma main retomber et tu rentres dans ta chambre.
Je me déshabille et je me couche rapidement, sans me poser de questions. Trop tard pour les questions…
Je plonge dans un sommeil sans rêve.
oooOOOoooOOOoooOOOoooOOO
Le lendemain, au réveil, je me sens vaguement nauséeux. Trop d'alcool, cette fois encore…
En me rasant, je m'interroge.
Pourquoi, à chaque fois que je suis en ta présence, est-ce que je bois trop et je pars dans des délires ? Ca veut dire quoi ? Que je deviens fou, à cause de l'ivresse ?
Ou qu'au contraire c'est un éclair de lucidité sur mes désirs ?
Je ne comprends pas. Je n'ai jamais, jamais été attiré par un homme, avant toi. Et même là, ce n'est pas une attirance, c'est… autre chose, mais je ne sais pas exactement quoi.
Je décide de reporter ces interrogations à plus tard et je me presse de descendre.
En bas, tout le monde déjeune et l'animation des enfants détourne notre attention de toute question trop gênante.
On décide de pique-niquer sur le lac près de chez vous et pendant que les épouses préparent les salades et sandwich, on va chercher tout l'attirail nécessaire, en compagnie de votre elfe.
On arrive à agir à peu près normalement, en compagnie l'un de l'autre. En tout cas, on discute. On arrive même à plaisanter ensemble.
Nous sommes deux familles normales, installées sur des couvertures au bord de l'eau, et on remplit parfaitement notre rôle de bons pères de famille.
Est-ce un rôle ? Non, je suis un bon père de famille. Je suis particulièrement attentif aux enfants, qui sont et restent ma priorité. Ton épouse et toi paraissez un peu dépassés. Avoir un fils unique comme Skorpius puis devoir gérer quatre enfants turbulents, ça change tout.
Les enfants à surveiller, ça nous occupe et ça nous évite de gamberger.
Après le repas on monte sur des barques, ta famille et Albus sur l'une, ma famille sur l'autre, et on rame gaillardement. Bien sûr nos fils nous poussent à faire une course, d'abord on refuse, et on se prend au jeu.
Tu te débrouilles pas mal, je suis un peu surpris…je pensais être en meilleure forme que toi. Je vois dans l'éclat de tes yeux que tu es heureux de combattre contre moi, et que c'est un défi que tu ne veux pas perdre…on s'épie du coin de l'œil, et ça me fait plaisir de voir vos sourires. Enfin le masque tombe, et vous n'avez plus l'air aussi compassés, tous les trois. Albus a pris fait et cause pour vous, c'est amusant de voir qu'il est si complice avec ton fils.
Plusieurs fois je te dépasse, mais tu me rattrapes, inexorablement. Tu as un geste sûr, bien rythmé. Les enfants crient, les mères se bouchent les oreilles, et enfin on arrive de l'autre côté. Tu as gagné. Ton fils hurle de joie…
A bout de souffle, on se laisse tomber par terre, étalés de tout notre long sur le dos…les enfants trépignent encore, bien énervés, et les miens veulent leur revanche.
Non, je ne bougerai plus. On est allongés par terre, à quelques mètres l'un de l'autre, et on rit comme jamais on n'a ri ensemble. J'aimerais rester là, longtemps, à rire avec toi… et nos familles.
Finalement je me relève, difficilement, et je te tends la main pour t'aider à te redresser. J'attrape ta main et je te hisse, et en une fraction de seconde, je nous revois au milieu des flammes, il y a vingt ans, quand j'essayais de te sauver, et que ta main humide glissait dans la mienne.
Mais là je n'ai pas lâché ta main et ce contact rapide me fait frissonner, malgré moi.
- Dis donc, mais tu te défends !!
- Qu'est ce que tu crois ? J'habite là, et j'en fais souvent, de la barque…
- Bravo…
On se défie du regard, brièvement, en souriant.
C'est l'heure du goûter. Maintenant on est vraiment à l'aise, tous les quatre, et je me sens rassuré.
Tout va bien. C'est juste un week end entre amis.
A suivre…
Merci de votre lecture, et merci d'avance pour une review…
