Salut à tous ! Nouveau chapitre pour vous !

Alors, merci à ceux et celles qui ont commenté, je suis ravie de voir que le mélange entre les deux univers se fassent aussi bien, c'est agréable à lire.

Shiro.k : oublier quoi *ç* ? Puisque tu me donnes des idées pervers, je vais t'en donner moi aussi si tu continues non mais oh ! Déjà que Mana m'en a donné une bonne l'autre soir, si tu t'y mets, je vais pas m'en sortir. Pour le directeur... Shiro.K... ce gars est important dans l'intrigue ! Il peut pas ne pas apparaître, c'est comme bannir cet empaffé de Shiro (pas toi, l'autre).

Algol D. DarkWalker : je connais de nom Majin Tantei, j'ai regardé vite fait un ou deux épisodes de Digimon quand j'étais gamine, après, le reste ça me dit que dalle. J'ai dû donc demander des explications à mon bon ami internet et franchement... ça m'a pas accroché, donc voilà, quoi /. Pour le match de baseball, sache que j'ai écrit jusque là, justement.

SakuraLeRoux : il les a pas manger, au final, Marco les a confisqué les bonbons.

Seth42 : Tu es pardonnée. Je t'assure. En attendant, ton cadeau avance piano piano, mais j'ai put me faire un plaisir de menacer Thatch de se retrouver avec Pluton au cul de la part de Robin si elle n'avait pas Ace en ligne

LuckyDream: aujourd'hui, je le traumatise avec les oiseaux :3. Je vais introduire Karma dans le groupe. Ils font juste trop bien la paire, lui et Ace ! C'est comme Ace et Thatch pour faire des blagues !

Je vous souhaite à présent une lecture tentaculesque !


- JE HAIS LES OISEAUX !

Dans les couloirs, au début d'une nouvelle journée, ce fut la première chose qu'ils entendirent. Plus le rire de Marco.

C'était déjà énorme de savoir que l'homme savait rire.

Avec curiosité, Karma ouvrit la porte et lui et Nagisa passèrent leur tête dans la salle des professeurs.

Marco était affalé sur une chaise, riant à s'en casser une côte, Ace assis sur son bureau avec un air blasé. Karasuma se massait les yeux, aussi impassible que toujours, et Irina avait besoin d'un bon café parce qu'elle regardait Koro-sensei avec un air à moitié endormi.

- Par votre faute, je vais me mettre à détester les oiseaux ! Surtout les oiseaux bleu et jaune ! continua Koro-sensei, son visage mauve faisant part de son choc.

- Vous cherchez quelque chose ?

Nagisa paniqua en réalisant que l'infirmière de leur classe s'était glissée dans leur dos, mais bon, Karma était Karma et s'en remit rapidos.

- On se demandait si la nouvelle peur des oiseaux de Koro-sensei était quelque chose d'exploitable, Cassandra-nee-san !

- A moins que tu réussisses à trouver un oiseau d'un mètre quatre vingt dix, j'en doute, sourit Ace.

- Où est-ce que vous avez déniché un oiseau de cette taille, Koro-sensei ? demanda Nagisa en s'éloignant de son mieux du champ de mire de la sadique infirmière qui avait fait de Karma son meilleur ami.

- Je l'ai pas cherché ! Il m'a agressé en plein ciel alors que j'étais parti chercher des beignets dans un ravissant petit café à Paris ! s'indigna Koro-sensei en virant au rouge. Un peu plus, et je finissais dans l'Atlantique !

- On peut vraiment pas vous convaincre ? demanda Karasuma à Marco.

- Je suis peut-être un gars sans foi ni loi, mais j'ai des principes. Et ces mêmes principes font que je peux pas tuer un gars envers qui j'ai une dette, aussi indirecte soit-elle. Ace, lui, il essaye de le tuer pour d'autres motivations et je les saisis parfaitement. Ensuite, je veux pas de votre argent, yoi. J'ai déjà eu ce que je voulais, je ne fais que remplir ma part du contrat.

- Alors pourquoi j'ai été agressé ?! demanda Koro-sensei, toujours aussi rouge.

- Je suis d'humeur malicieuse, aujourd'hui, dirons-nous.

- Tous aux abris, Marco a envie de jouer ! pouffa Cassandra.

- Pourquoi j'ai l'impression que l'oiseau qui fait peur à notre cher professeur c'est vous, Marco-sensei ? demanda Karma avec un sourire malicieux.

- Peut-être parce que c'est le cas ? proposa Ace.

Nagisa évita de pointer l'évidence que leur prof n'avait rien d'un oiseau. Après tout, il avait Koro-sensei pour professeur.


Ace avait la migraine juste en essayant de suivre le déplacement du prof qui faisait apparaître des doublures un peu partout.

Il y renonça et laissa tomber sa tête sur le bureau en grognant et cessa d'user de son Haki. Si avec le peu d'expérience qu'il avait en Haki lui faisait cet effet, il n'osait même pas imaginer l'effet sur Marco, bien mieux entraîner que lui à ce niveau.

- Bien il est temps de commencer ! annonça Koro-sensei.

- Le suicide collectif ? demanda avec espoir Ace, le visage toujours sur son bureau.

Son commentaire échappa à tout le monde.

- Commencer quoi, sensei ? demanda un autre élève.

- Les examens semi-semestriel arrivent ! –Exactement ! approuva un doublon – Et c'est pourquoi cette heure sera une heure d'étude renforcée à haute vitesse !

Ace leva les yeux de son bureau, lança un regard à Koro-sensei, et laissa retomber son crâne sur la table.

- Tuez-moi.

Au lieu de le tuer, chaque doublon s'attaqua à un élève et lui fit un cours particulier, en faisant paniquer plus d'un, et pour chaque doublon, c'était un cours spécialement pour l'élève en face de lui, afin de combler ses lacunes.

- C'est n'importe quoi ! Il a même mis un bandeau ridicule pour chaque matière, marmonna un cancre au fond de la classe.

Il leva les yeux quand un doublon se positionna devant lui avec…

TA-DA !

- Et pourquoi je suis le seul qui ait droit au bandeau Naruto !?

- Parce que vous êtes faible dans toutes les matières, Terasaka-kun !

Nagisa le regarda faire, puis se tourna vers Ace qui se massait les tempes.

- J'ai l'impression que Koro-sensei se déplace de plus en plus vite.

On pouvait comprendre la réflexion de Nagisa quand on savait que les doublons n'étaient que les résidus d'une image laissée par le prof.

- Nan, fausse impression, je te rassure.

- Est-ce que ça va ?

- T'en fais pas pour moi. Alors on a quoi… sept japonais, huit math, quatre SES, quatre sciences, cinq anglais et un Naruto, de ce que j'ai compris….Question stupide, Koro-sensei, pourquoi je suis pas un Naruto ? Mon niveau est mauvais un peu partout.

- Tu es brillant Ace-san, très brillant, et tu essayes de le cacher. Mais surtout, tu ne t'en donnes pas la peine ! Laisse-toi faire, tu peux laisser parler ton cerveau ! lui dit l'un des doublons de Koro-sensei.

Nagisa eut un sourire en voyant son ami rougir.

Malgré le fait qu'il savait qu'Ace était plus vieux que lui, et que son comportement, parfois très adulte, le prouver, il semblait pourtant tout à fait à l'aise parmi eux.

« Il rattrape l'enfance qu'il n'a pas eue. » lui avait dit Marco quand il lui avait pointé ce fait.

Nagisa se concentra alors sur ses pensées envers Koro-sensei, tout en effectuant l'exercice qu'on lui avait donné. Diviser son attention sur la classe, avec cinq ou six clones, ça prend pas beaucoup de temps. Et les résultats étaient incroyables.

Nagisa releva la tête et poussa un cri en voyant la tête du double devant lui prendre une drôle de forme.

Et les six doubles crièrent en cœur contre Karma au fond de la classe, en levant un tentacule indigné :

- Pas de tentative d'assassinat maintenant, Karma-kun ! Esquiver de la sorte trouble ma vision !

Karma se retourna sur sa chaise pour essayer de ne pas rire, son bras toujours tendu dans la zone du visage, un couteau au bout. D'où l'étrange forme.

- Demo, sensei, vous arrivez à tous les contrôler ? Ce n'est pas fatigant ? demanda Nagisa.

- Pas d'inquiétude ! assura le double devant Nagisa. Un de mes doubles prend du bon temps dehors !

En effet, un double apparaissait et disparaissait rapidement dehors, sur une chaise longue, sirotant une boisson et lisant un livre.

-En quoi ça peut aider ? demanda Ace avec perplexité.

Il soupira.

Pas étonnant que cet individu soit capable de réduire en poussière soixante dix pour cent de la Lune et puisse détruire la Terre.

- Alors, tu arrives à comprendre, Nagisa-kun ? demanda Koro-sensei.

- Hai ! sourit l'élève.

Si on doit réviser des examens, c'est un excellent professeur… comme toujours, en général.


C'était l'heure de la fin des cours, et Ace venait de finir d'écrire une lettre pour Luffy. Il battit l'air avec son stylo, fixant une feuille blanche.

- Nagisa-kun… je peux te demander un conseil ?

Nagisa paniqua un instant.

Ola ! Ace lui demandait conseil !

- Euh, je suis peut-être pas la personne la plus adaptée pour ça, tu sais…

- Baka bakashi…

- Dis toujours.

Nagisa reposa son sac sur sa table et regarda Ace.

- J'ai deux frères, à l'origine. Adoptifs, les deux. Et le plus proche de mon âge est mort quand j'avais à peine onze ans.

- Désolé de l'apprendre.

- C'est là que le bât blesse. Douze ans. Douze foutues longues années. Douze putains de longues années et j'apprends maintenant qu'il est vivant. Et pour le coup, je sais pas trop quoi faire.

Ah oui, quand même…

- Tu sais pourquoi il ne s'est pas manifesté à l'origine ?

- Plus ou moins, mais malgré ça…

- Je… je peux demander comment… ?

- Comment il est censé être mort ?

Nagisa hocha la tête.

- Sabo est né avec un esprit de rébellion dans une famille friquée. Il n'aimait pas cette vie, alors, il a fugué pour un bidonville. On s'est rencontrés là-bas et on est devenus rapidement ami. Luffy est arrivé et peu après, on décidait que nous serions frères, ce qui est aussi vrai pour nous que pour des frères de sang. Un jour, le père de Sabo nous a trouvés et nous a séparés de force. Je vais te passer les détails d'un incident qui aurait pu nous coûter la vie, à Luffy et moi, pour te dire que quelques temps plus tard, j'apprenais par une connaissance que Sabo avait fugué de nouveau… en essayant de prendre le large sur un navire de pèche. Il a croisé la mauvaise personne dans le port qui l'a tué de sang froid.

Ace mima l'action de tirer au fusil.

- De lui, on n'a retrouvé que ses lunettes de plongée et son chapeau fétiche.

Nagisa garda le silence et Ace n'en dit pas plus, toujours perdu dans ses pensées.

- Tu as demandé à Marco-sensei ?

- Il serait plus du genre à aller lui casser la gueule pour m'avoir mis dans cet état et me dire de pas m'occuper de ce type. Mais il reste mon frère. Une famille que l'on choisit soi-même a plus de valeur que celle qui nous a donné le sang. C'est ce que je me suis toujours dit depuis que j'ai dix ans. Demande pas pourquoi, tu peux pas comprendre, puisque je ne connais aucun parallèle pour ça.

- Je ne demanderai pas. Je comprends parfaitement qu'on puisse avoir des soucis avec sa famille, par contre. Parfois, je hais ma mère, vraiment. Je… je suis un moyen pour elle de vivre ce qu'elle n'a pas pu vivre à mon âge. Mais je n'arrive pas à me détacher d'elle. Et ça m'étouffe.

- J'ai été étouffé par la réputation d'un homme que je n'ai jamais connu, puisqu'il a été condamné à mort, puis exécuté avant ma naissance. Je dis pas par là qu'il ne le méritait pas. Je suis le premier à dire que c'était un gros salaud. Son nom est maudit, par chez moi. J'ai échappé à beaucoup d'emmerdes grâce au nom de Portgas, celui de ma mère.

Ace eut un pauvre sourire.

- Tu as un étrange pouvoir, Nagisa-kun.

- Ah bon ? s'étonna le bleu.

- Oui. On a envie de s'ouvrir à toi. Tu as ce quelque chose qui donne envie à ce qu'on ouvre son sac et qu'on te raconte nos soucis.

Nagisa eut un rire embarrassé.

- Tu juges personne. Je pense que c'est pour ça que Karma t'apprécie autant.

Nagisa détourna le regard, sous le petit rire d'Ace.

- Pour… pour ton frère…

Ace cessa de rire et regarda Nagisa.

- Le mieux, je pense, c'est de lui exprimer ton ressenti. Si c'est vraiment ton frère, tu dois pouvoir lui parler à cœur ouvert, sans avoir à mentir et sans faux-semblant. Sois honnête. S'il en vaut la peine, il se rattrapera, sinon… te prends pas plus la tête… et pointe-le à Marco-sensei !

Ace eut un rire en hochant la tête.

- Merci du conseil. Bon, puisque Marco prend son temps, je vais vous aider, toi et Kayano-kun, à faire le ménage.

- Merci de ton aide, Ace-kun, je suis content de t'être utile.

Ace rangea sa feuille et aida les deux jeunes à ranger la salle.

- Ne, Ace-kun ? appela Kayano de là où elle lavait les vitre.

Ace leva le nez du balai qu'il passait dans la classe pour la regarder.

- Nanda ?

- Ton D, dans ton nom, c'est quoi ? Un autre prénom ?

- Iie. Cette initiale est là. Pourquoi, je sais pas. Mes parents l'avaient, l'homme qui se prétend mon Jiji mais qui n'est qu'un vieux fou, l'a. Mon frérot l'a aussi, tout comme l'une des personnes en haut de ma liste noire. Ce qu'elle vient faire ici, c'est une bonne question, à laquelle, je n'ai pas la réponse. Les deux seules personnes qui l'avaient, sont mortes.

- Oh… et c'étaient qui ?

- Mon géniteur et mon père adoptif. Oyaji. Celui grâce à qui je peux compter Marco et Cassandra comme une famille.

Ace avait eu un sourire heureux en parlant de ce Oyaji. Cet homme avait dû faire beaucoup pour lui, pour qu'il soit tenu en si haute opinion et que son souvenir soit autant chéri.

- Désolée, s'excusa Kayano.

Ace secoua la tête à l'adresse de la jeune fille verte.

- J'ai pas connu mon père et je me porte bien mieux sans lui. Oyaji se faisait vieux et il est mort comme il le voulait. Il ne voulait pas d'une mort de vieux croulant et sénile. Il est mort en tant que combattant, sur le champ de bataille.

Là, il y avait autre chose. Même si Ace se détourna, Nagisa était certain d'avoir vu des larmes dans ses yeux et une certaine culpabilité.

- Oh ! Vous êtes bien motivés à nettoyer la classe, ça fait plaisir ! approuva Koro-sensei en passant devant eux.

- Sayonara, sensei !

- Rentrez bien, tous les trois !

- J'attends Marco, pointa Ace.


Marco n'aimait pas ce type et encore moins son sourire. Malgré son apparente bonté, il puait la condescendance.

Il le regarda jouer avec un Rubik's Cube, disant qu'il voulait réunir toutes les couleurs de façon rapide et unique. Il sortit un tournevis et détruisit le cube au final.

- Je sépare chaque couleur et je le remonte.

C'est à cet instant que Koro-sensei entra.

- Nyu ?

- C'est le principal, éclaira Irina qui se tenait aux côtés de ses collègues masculins.

- En tant que professeur, il est notre patron, annonça Karasuma.

Gros instant de panique chez Koro-sensei qui s'empressa d'aller servir du thé à l'individu, le masser, lui cirer les chaussures. Et l'homme resta très calme malgré tout, bien assis dans son fauteuil.


Ace et Nagisa passaient devant la salle des profs. Ace en avait marre d'attendre et s'était décidé à rentrer sans son camarade, quand ils entendirent l'agitation dans la pièce.

- Dare ? demanda Ace en voyant la nouvelle tête.

- C'est le principal Asano… eh bien, il semblerait que Koro-sensei soit capable de tout faire pour avoir une augmentation…répondit doucement Nagisa.

Les deux camarades eurent un regard blasé.

- Je suis désolé, je suis juste venu que pour vous saluer. Le ministère de la Défense et Karasuma-san m'ont expliqué. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais je trouve ça triste… Le sauveur du monde qui en devient le destructeur, disait Asano.

- De quoi il parle ? souffla Nagisa.

- Wakaranai. Mais je n'aime pas cet homme. Mes tripes ne m'ont jamais trahi, jusqu'ici, grogna Ace.

Nagisa se demanda si c'était un jeu de la lumière ou si les yeux d'Ace avaient vraiment viré à l'argent pendant un bref instant.

- Mais laissons cela pour l'instant, reprit le directeur Asano, quand Koro-sensei ne répondit rien. Peu importe mes efforts, je ne peux espérer sauver la Terre de ce désastre. Sauf cas de force majeure, je ne m'occuperai pas de votre assassinat.

Il s'approcha de Karasuma et souffla : vous m'avez déjà bien assez payé.

- Ce sera utile, lui répondit Karasuma, égal à lui-même.

Irina tomba dans le panneau de l'homme élégant et traditionnel, mais Marco le regarda sans rien dire, un pouce à la ceinture.

- Cependant…, fit Asano.

Il revint vers Koro-sensei, passa devant lui, et alla s'asseoir dans l'encadrement de la fenêtre.

- En tant que directeur, je me dois de me concentrer sur ce qu'il se passe durant l'année, et au-delà, si la Terre devait survivre. En d'autres termes, si quelqu'un devait vous tuer, quel serait l'avenir de cette école ? Pour être franc, nous avons besoin que la Classe E reste telle quelle.

Les deux élèves se raidirent en entendant ça.

- Du genre, le même traitement et niveau actuel, c'est ça ? marmonna Marco.

- Ohoh… souffla Ace.

Nagisa le regarda.

- Il a perdu ses yoi. Ça veut dire qu'il commence à s'agiter.

- Tout à fait exact, Marco-san. Connaissez-vous la méthode de travail des fourmis ?

- Je suis qu'un expert aviaire, donc, éclairez-moi.

- Avec plaisir. Dans chaque fourmilière, 20% seront paresseux et 20% travailleront dur. Les 60% entre seront dominants. Mon objectif est un groupe avec 5% d'indolents et 95% de travailleurs. « Je ne veux pas être comme la classe E. » « Je ne veux pas finir dans la classe E. ». Avec 95% des élèves nourrissants cet idéal, mon quota rêvé peut être atteint.

- Je comprends. Quelle logique. Et les 5% de cette classe devront rester faibles et pitoyables, comprit Koro-sensei.

- Je vais tuer ce mec, cet Asano… siffla Ace. Koro-sensei passe en suivant s'il l'approuve…

Nagisa le ceintura de son mieux au cas où Ace passerait de la parole à l'acte.

- Aujourd'hui, un professeur de la classe D est venu se plaindre au sujet d'un incident d'hier. Un de ses élèves a été regardé de haut par un élève de la classe E en menaçant de le tuer.

Marco eut un reniflement narquois :

- Et la classe E a toujours tort, pas le peine de chercher bien loin, ne ? Tch.

Le portrait déprima Nagisa, tout de même. A entendre le principal, il ressemblait à un monstre enragé qui avait attaqué deux pauvres brebis sans défense.

- Je sais que cette attitude est due à cette mission d'assassinat. Et c'est excellent, reprit Asano. Le problème réside dans le fait qu'un sous-étudiant ose défier un étudiant des classes principales. Ce sont des choses que je ne peux autoriser.

Et il se leva.

- Veuillez lui faire comprendre de contrôler ses pulsions.

Il s'en alla, avant de s'interrompre.

- So da… Koro-sensei.

Et Asano se retourna pour lancer d'un geste vif quelque chose à l'octopus.

- Vous avez une seconde pour résoudre ceci !

- Nyu ! Eeeh ! Là, maintenant !?

Koro-sensei se retrouva avec le casse-tête de métal entre ses tentacules, pour finir, une seconde plus tard, prisonnier du casse-tête lui-même. Comment diable avait-il réussi à faire passer sa grosse tête par l'un des trous pour se le retrouver autour de la gorge ?

Faiblesse numéro 7 de Koro-sensei : il n'a pas de patience avec les casse-têtes.

- Votre vitesse n'est pas exagérée, commenta Asano. Pas de doute que vous pouvez esquiver toutes les attaques contre vous. Mais vous savez, Koro-sensei…

Asano s'approcha de Koro-sensei qui se débattait au sol avec son puzzle toujours autour de la gorge.

- Il y a des problèmes qui ne peuvent être résolus par la vitesse. Sur ce, je vous laisse.

Ace et Nagisa s'écartèrent de la porte. Nagisa déglutit légèrement quand le directeur le remarqua et eut l'air un peu surpris de les voir là. Et il leur adressa un sourire si faux qu'il donna presque envie de vomir à Ace.

- Salut ! J'ai hâte de voir vos résultats d'examen ! Bonne chance !

Et il reprit son air froid en s'en allant.

- Vous n'êtes pas honorable… murmura Ace.

Asano n'indiqua pas s'il l'avait entendu ou pas.

Sous son 'bonne chance' tellement froid et désintéressé, Nagisa avait cessé d'être un assassin, pour redevenir un pauvre gosse de la classe E.

Marco regarda Koro-sensei qui avait cessé de bouger, par terre et avec pitié, l'aida à se dégager du puzzle.

En tant que cible d'assassinat, cet homme était quasi invincible.

Mais en tant que prof, quelque chose de plus puissant tirait les ficelles.

Asano Gakuho, directeur de l'école privée de Kunugigaoka. Un prodige de l'éducation qui a fait de son école la meilleure du pays, et ce, depuis dix ans, déjà.

- Il n'y a aucune échappatoire à cette école, pointa Karasuma. Même pour vous.

De colère, face contre terre, Koro-sensei brisa l'un des morceaux du puzzle.

Marco termina ce qu'il faisait et ramassa son sac.

- Je vais rentrer. J'espère être calmé, demain, ou il y aura un mort, siffla Marco.

Nagisa frissonna sous la soif de sang combinée des deux pirates. Comme un rugissement d'animal sauvage qui n'attendait qu'une cible pour se défouler.

- Ja ne, Nagisa, souffla Ace.

Il emboîta le pas de son camarade et ils descendirent la montagne.

- Ace, fit Marco, au bout d'un moment.

- Marco ?

- Brise sa théorie. Son quota. Écrase sa fierté. Brise-le là où il se croit invincible, cet Asano. J'ai les mains liées pour l'instant, mais pas toi.

- Aucun souci. Dépêchons, alors. J'ai des examens à réviser.


- Ohayo gozaimasu ! salua Koro-sensei le lendemain.

Et il se donna encore plus à fond pour couvrir encore plus de terrain en un minimum de temps.

Il avait l'intention de donner plus que son maximum.

L'image résiduelle en était floue, pour le coup.

Ace comprenait son comportement. Sa panique. Il ne voulait pas rentrer dans le rang. Il voulait les voir réussir.

Il prit dans sa trousse un élastique qui attachait ses stylos ensemble et s'attacha les cheveux qui avaient poussé pas mal depuis sa mort.

Marco voulait qu'il brise Asano ?

Il le ferait d'une telle façon que leur Oyaji en serait fier.

Quand l'heure fut finie, on pouvait trouver Koro-sensei mort de fatigue sur une chaise, s'éventant.

- Il a l'air assez fatigué, pointa Okajima.

- C'est notre chance ! fit une fille blonde en brandissant son couteau.

- Pourquoi est-ce qu'il se donne autant de mal à nous enseigner ? s'enquit un autre.

- Nyurufufufufufu ! rit difficilement leur professeur. Je fais tout pour que vos résultats soient splendides. Si ça arrive…

Et il se fit un film rose et mièvre d'enfants joyeux qui lui étaient reconnaissants de leurs bonnes notes, puis les grosses poitrines de l'école qui venaient à lui après avoir entendu parler des qualités d'enseignement.

- … et sans crainte de me faire tuer, je pourrais prendre du bon temps !

Il détourna son visage rosi pour rire.

- Je doute qu'étudier soit suffisant, pointa un réaliste de la classe, s'attirant le regard noir d'Ace.

- Hmm, alors que si on le tue, on aura 10 milliards de Yen de récompense… approuva une fille.

- Avec autant d'argent, plus besoin de bonnes notes pour bien vivre.

- Nyuru ! C'est donc ce que vous pensez ! s'indigna Koro-sensei.

Il entendit un Tch de la part d'Ace qui migra à la fenêtre, apparemment pas d'accord.

- Nous sommes la classe E, pointa Okajima.

- Nous avons plus de chances de vous tuer que de réussir nos examens.

Le reste de la classe semblait penser la même chose.

- Je vois, fit Koro-sensei en se relevant. Je comprends très bien, même.

Son sérieux surpris Ace.

- Et vous avez compris quoi, sensei ? demanda-t-il, perplexe.

- Que ces têtes vides non pas ce qu'il faut pour m'assassiner.

Ohoh ! Il avait sorti la tête mauve avec la grosse croix en son centre. Il y avait quelque chose de faux dans le discours des élèves.

- Tout le monde dehors. Exécution.


Tout le monde se réunit dans la cour au dehors, entourée de la forêt de la montagne.

Pourquoi est-ce qu'il voulait les voir dans le pré ?

Koro-sensei s'éloigna des élèves et s'approcha de ce qui servait de terrain pour les activités sportives des élèves.

- L'une des bonnes choses avec le système de la classe E, c'est celui d'auto-remédiation. En terminant dans le top 50, sur 186 étudiants à un examen, et en recevant la permission des autres professeurs, on peut retourner dans le courant principal et quitter la classe E. Cependant, il est difficile d'atteindre ce niveau, au vu des conditions d'études de cette classe. La quasi-totalité des élèves de la classe E abandonne l'idée de trouver une solution, face à cette immense discrimination.

Ace arriva à cet instant avec Marco et Irina, pour les conduire auprès de Karasuma. Mais il n'alla pas rejoindre les autres élèves, et resta auprès de Marco.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Irina.

- Koro-sensei a craqué. Il a demandé à ce que vous soyez là, avec Marco, lui dit Ace en haussant des épaules.

- Irina-sensei, appela Koro-sensei sans se retourner. Laissez-moi vous poser une question en tant que tueur professionnel.

- Qu'est-ce qui vous prend d'un coup ? s'enquit la plantureuse blonde.

- Quand vous êtes en mission, avez-vous un seul plan de préparé ?

Irina resta perplexe de la question mais répondit.

- Iie. Le plan principal fonctionne rarement comme prévu. Il est nécessaire de faire tous les préparatifs nécessaires pour palier à toutes éventualités.

- Merci. Suivant, Karasuma-sensei.

Le laconique et sombre Karasuma le regarda sans rien dire.

- Quand vous enseignez l'art du combat rapproché, est-ce que le premier coup est le plus important ?

- Le premier mouvement est bien sûr important, mais les suivants le sont tout autant. Face à un ennemi entraîné, le premier coup est souvent esquivé. La précision avec laquelle vous porterez votre second et troisième coup arrive donc en jeu, et peut décider de l'issu d'un combat.

- Merci bien. Marco-sensei.

- Nanda yo ?

- J'ai du respect pour vous, j'espère ne pas me montrer insultant en disant que vous êtes un oiseau, et laisser votre part humaine en arrière pour ma question.

- Une simple question sur le fonctionnement de ma partie animale n'a rien de vexant, yoi.

- Vous êtes un navigateur, à la base, si j'ai bien compris. Hors, nous savons des oiseaux qu'ils ont un très bon sens de la direction, meilleur que les humains. Vous reposez-vous uniquement sur votre instinct animal ?

- Mon instinct animal m'aide beaucoup dans ce que je fais au quotidien, puisque je navigue sur des eaux lunatiques et ça me permet de percevoir beaucoup. Mais ça ne fait pas tout le travail, yoi. Dès que j'en ai eu les capacités, j'ai emmagasiné autant de connaissances que possible, histoire d'avoir quelque chose sur quoi me rabattre en cas de souci. Il y a aussi des fois où mes connaissances humaines sont plus rapides que mon instinct et cela a sauvé la vie de ce que je considère comme ma famille plus d'une fois, yoi. Et je continue encore et toujours à récolter de nouvelles connaissances. J'ai la vie de trop nombreuses personnes entre mes mains à ces instants pour ne pas mettre toutes les chances de mon côté. Pour finir, je dirais que je ne suis pas le seul navigateur de notre bande. Je suis peut-être le Taisho, mais je ne suis pas le seul avec ce genre de connaissances. Si quelque chose m'échappe, il y a d'autres personnes qui y feront peut-être plus attention que moi.

- Merci de cette explication très éclairante. Pour finir, Ace-kun.

Ace leva un sourcil.

- On sait tous que tu tires bien et que tu te balades avec des armes blanches, alors qu'avec un pouvoir comme le tien, tu n'en aurais aucun besoin, pourquoi ?

- Parce que d'une, je ne suis pas né avec. Ma spécialité reste le maniement du bô. Après, j'ai obtenu mon pouvoir. Mais il a des limites et j'ai des cicatrices pour me le rappeler. Je dois être capable de continuer de me battre, même si mon feu refuse de me répondre. Mes ennemis ne me feront pas la grâce de s'asseoir et de m'attendre, le temps que je puisse les passer au barbec'. Ils sont du genre à tuer un homme qui réclame pitié. Raison de plus pour avoir un panel de techniques large qui ne repose pas principalement sur le feu.

- C'est tout, merci.

- Vous voulez nous faire comprendre quoi, au final ? demanda Maehara.

Et Koro-sensei se mit à tournoyer sur lui-même, allant de plus en plus vite, en leur faisant la leçon.

- Comme vos professeurs et votre camarade vous l'ont dit, préparer plusieurs techniques est ce qui fait de vous un assassin confirmé. Mais en ce qui vous concerne ? « Nous devons l'assassiner et c'est tout. », c'est ce que vous pensez et vous oubliez vos objectifs scolaires. Vous fermez juste les yeux sur la raison de votre complexe d'infériorité.

Les vents furent pris dans le tourbillon et de la poussière fut jetée sur tout le monde.

- Et si je venais à quitter cette classe ? Et si un autre assassin réussissait à me tuer ? Sans pouvoir vous appuyer sur l'assassinat, tout sera perdu pour vous ! Laissez-moi vous donner un conseil en tant que professeur.

Le vent et la poussière commencèrent à former une tornade avec Koro-sensei en son centre.

-« Ceux qui ne peuvent utiliser une seconde lame ne sont pas qualifiés pour être des assassins ! »

La tornade dura un instant, puis s'évanouit. Lentement, la poussière commença à se disperser.

- Le terrain n'était pas plat et il y avait pleins de mauvaises herbes, leur dit Koro-sensei. J'ai arrangé ça.

Pour l'avoir arrangé, il l'avait arrangé ! Il avait transformé le pré en une piste d'athlétisme ! Et il avait même installé des cages de football !

- Sensei est une super-créature capable d'anéantir la Terre. Aplanir le terrain n'est rien, en comparaison. Si vous ne pouvez pas me prouver que vous pouvez manier cette seconde lame, je saurai qu'il n'y a personne dans cette classe capable de me tuer. Ace-kun ne compte pas, il cherche juste un partenaire pour affûter toutes ses lames. Je raserai donc cette école avant de partir.

- Une seconde lame ? Mais quand ? demanda Nagisa, brisant le silence.

- Cela me semble évident. Demain, à l'examen.

Et il pointa un de ses deux doigts tentaculaires vers les élèves.

- Je veux que chacun d'entre vous finisse dans le top 50 après les examens de demain.

- EEEEEEEEEEEEEEEH !?

- J'ai déjà développé votre seconde lame. Je n'use pas des méthodes idiotes de l'école principale. Maniez ces lames en toute confiance. Accomplissez cette mission en gardant la tête haute, souriant et sans aucune once de honte. Vous êtes de fiers assassins… de fiers membres de la classe E.


- Vous vouliez me voir ? demanda Ace en se laissant aller sur une chaise dans la salle des profs.

- Oui, Ace-kun. Je voudrais que l'on parle d'une seconde lame, pour toi, qui n'y a sans doute pas songé.

Ace comprit de quoi il voulait parler : se ranger.

- Ecoutez, sensei…

Ace se massa le nez. C'était toujours mieux que la méthode de Garp : tu seras un marine et je te frappe sur le crâne si tu n'es pas d'accord.

- On a déjà essayé de me forcer sur une voie qui n'est pas la mienne, et ça n'a fait que me renforcer dans mes désirs. Je suis libre et c'est tout ce que je veux.

- Mais tu as tué. Tu as les moyens d'avoir une belle vie, un beau métier et de laisser tomber ce que tu fais.

- Non sensei.

- Ne dit pas de bêtises, Ace-kun, tu es brillant.

- Vous n'avez pas saisi mon vrai problème, sensei.

Ace croisa ses mains sur la table.

Il était un adulte, il expliquerait donc la situation, comme un adulte et ne fuirait pas en hurlant de rage.

- Là d'où je viens, je n'ai aucun droit. Même pas celui de vivre. Je n'ai pas le droit d'exister. Je le sais depuis que je suis gosse, pourtant, je suis là. Pour pouvoir vivre, exister par moi-même, j'ai pris ce qu'on peut qualifier comme un mauvais chemin. Mais c'était mon désir de gosse. Personne ne l'a choisi pour moi. Et c'est en suivant cette voie que j'ai trouvé de l'acceptation et des gens, outre mon petit frère, qui m'acceptaient, sans se soucier de qui j'étais. Des gens qui m'ont donné une raison d'aimer ma vie, aussi merdique soit-elle. Si je devais suivre votre conseil, cela voudrait dire oublier tout ça. Ma famille. Mes amis. Ce que je suis. Je suis pas fait pour vivre avec vos règles et vos contraintes. C'est miraculeux si l'école principale ne soit pas déjà baignée de sang, parce que croyez-moi, j'en meurs d'envie, mais je me plie à ces règles.

Ace regarda Koro-sensei dans les yeux.

- Je veux pas être un honnête citoyen. Il est trop tard, de toute façon, pour changer de route. Je suis un pirate, un voleur, un menteur, un assassin, un bon à rien, un démon, un monstre. Mais je suis vivant et heureux de l'être.

Koro-sensei ne dit rien pendant un long instant, puis soupira.

- Je vois. J'aurais essayé. Va, ton camarade t'attend.

Ace inclina la tête et lui dit à demain.

Il retrouva Marco dehors.

- Qu'est-ce qu'il voulait ? demanda Marco alors qu'ils prenaient la route pour descendre la colline.

- Me dire que je pouvais changer de voie. Je lui ai juste dit que c'était pas faisable et que je ne voulais pas.

Ace enfonça ses mains dans ses poches.

- J'aime trop notre famille, même si mes conneries nous ont coûté si cher.

La main sur son épaule lui donna du réconfort.

Tout irait bien.


Les examens étaient une autre de ces occasions durant laquelle ils revenaient à l'école principale.

Ils étaient dans une classe avec un prof qui s'amusait à les déconcentrer en tapotant le bureau devant lui du doigt et en les regardant de haut.

Chacun était penché sur son questionnaire, essayant de le comprendre.

C'était la première période : les maths et elle fut à l'image de tout l'examen.

C'était un « match à l'extérieur » pour la classe E, en sachant que les autres classes avaient eu le même questionnaire que eux.

Et les questions avaient l'air de monstres ignobles qui, avec des écailles en formes d'équation, essayaient des les avaler crus, tous. Surtout la quatrième. Un simple couteau ne serait pas suffisant pour l'abattre.

Ils avaient tous consciences que la barre serait très haute pour les questions.

Nagisa commençait à paniquer. Il ne savait même pas par où commencer. Si ça continuait, cette question les aurait.


Koro-sensei était dehors, regardant vers l'école principale, quand il entendit un doux air fredonné derrière lui. Il esquiva en même temps un couteau jeté sur lui.

- Vous êtes sérieux ? demanda Irina. Vous partirez s'ils n'arrivent pas tous dans le top 50 ?

- Hai ! lui assura Koro-sensei.

- Vous ne pouvez pas faire ça ! Jusqu'à il y a peu, ils avaient les pires notes, c'est impossible qu'ils réussissent !

Cela fit rire Marco, assis sur la branche d'un arbre occupé à lire.

- Et pourquoi tu te marres, toi ?

- Parce que je suis habitué à l'improbable. Le mot impossible, je l'ai rayé de mon dictionnaire en rencontrant un homme du nom de Gol D. Roger, yoi.

- Je pense que c'est possible, assura Koro-sensei. Je ne sais rien de leur passé, mais maintenant, ce sont mes étudiants. « Quand vous êtes dans une situation difficile, protégez-vous par vous-même. »

Koro-sensei ramassa dans un mouchoir, entre ses deux doigts, le couteau anti-sensei que lui avait jeté Irina. Un papillon jaune vint se poser sur le bout.

- C'est ce genre d'arme que je leur ai donné.


Exact.

Seul, dans le noir de la panique, Nagisa vit briller un tentacule de Koro-sensei qui vint s'enrouler délicatement autour de son poignet.

« Je suis certain de vous l'avoir appris. Il n'y a aucun monstre mystère.»

Le monstre horrible s'immobilisa.

« Observons cette nageoire… tu vois, en regardant de plus près, ce n'est qu'une simple nageoire. Étudie attentivement chaque partie de la question, puis rassemble-les pour voir l'ensemble. »

Et peu à peu, la lumière se fit sur le monstre… qui devint plus qu'un inoffensif poisson.

« Ne ? Quel adversaire insignifiant ! »

Nagisa sourit d'un air rassuré.

« Maintenant, utilise ta lame pour le découper »

Et c'est ce qu'il fit.

Il comprenait à présent…

Leur surveillant eut un mouvement de surprise en voyant les élèves se mettre à répondre aux questions et cesser de paniquer.

Ils avaient compris l'astuce pour résoudre la partie la plus importante de la question… c'était comme leur avait appris Koro-sensei.

Ace esquissa un sourire en sentant la panique grandissante de leur examinateur.

Ensemble, ils avaient abattu la question qui aurait renvoyé se rhabiller le plus féroce des kai-ô.

La suivante y passa aussi.

Et encore la suivante !

Et la suivan…

Cris d'horreur.

Un vrai carnage.

La question numéro 11 n'avait rien de reconnaissable. Ils n'étaient plus que trois debout, face à elle. Ace, Nagisa et Karma…

Une question inattendue qui brisa la classe E par derrière...


C'était une manigance du directeur.

L'homme était intervenu la veille de l'examen dans les classes pour leur apprendre ce point là. Et bien entendu, on n'avait pas averti la classe E. On avait changé les sujets deux jours avant l'examen, sans avertir les enseignants de la classe E.

Un cruel manque d'honnêteté et personne ne voulait rien savoir, jouant la surprise et la naïveté, avant de regarder de haut la classe E.

Nagisa Shiota regarda son sujet avec tristesse.

105ème sur 186. 315 pts.

Yuma Isogai : 68ème avec 367pts.

Ryoma Terasaka : 159ème avec 230 pts.


Irina regardait le plafond, perdue dans ses pensées.

Koro-sensei restait indéchiffrable.

Marco se maudissait. Il aurait dû prévoir ça.

Le comité ne voulait rien savoir. Ils étaient une école préparatoire. C'était normal de tester les élèves sur quelque chose qu'on leur apprenait à la dernière minute.

Asano était surtout prêt à tout au nom de sa doctrine. Mais pour le coup, ils les avaient mis dans une position difficile...


Ace regarda avec ennui le dos de Koro-sensei qui faisait face au tableau noir de la classe.

Le silence était lourd.

Tout le monde attendait de savoir ce qu'il allait dire ou faire. Marco était assis dans une fenêtre. Lui et Ace parlerait plus tard.

- Sensei prend l'entière responsabilité de ceci, annonça Koro-sensei. Il semblerait que j'ai sous-estimé le système de cette école. Je ne peux pas vous faire face.

Un couteau vola jusqu'à Koro-sensei qui l'esquiva, surpris. Il esquiva une dizaine de balles de feu qui s'éteignirent sur l'ardoise du tableau juste en suivant.

- Vous êtes sûr ? demanda Karma.

Il s'était levé et avancé vers le bureau, ses copies en main.

- Si vous nous faites pas face, vous ne pouvez pas esquivez nos attaques.

Il continua son avancée avec son sourire insolent et provocateur, mais à la fois innocent.

- Karma a raison. Vous savez, c'est pas poignarder un homme dans le dos qui va me déranger ! sourit Ace en se levant de sa propre chaise, prenant ses copies.

- Karma-kun ! Ace-kun ! Sensei est vraiment déprimé, alors…

Les deux garçons jetèrent leurs copies sur son bureau, le coupant dans sa tirade. Du rouge de la colère, il revint au jaune.

Il n'en revenait pas.

Ils avaient tous les deux obtenus des notes magnifiques et surtout, un cent, dans l'épreuve piège de math.

- On n'a rien à faire qu'ils aient changé le questionnaire ou pas, annonça Karma.

- Les coups tordus, c'est mon domaine, croyez-le ou pas, fit Ace.

Karma leva un poing et Ace répondit au geste en faisant autant. Ils les cognèrent ensemble alors que les autres élèves se rassemblaient pour voir leur note.

- Oh, Marco ?!

Marco le regarda en silence.

- Quel manque de foi envers un nakama, Fushisho. Je me suis juré de briser la doctrine de ce connard (il ignora les reproches de Koro-sensei sur son langage) de telle façon qu'Oyaji en serait fier. J'ai accompli ma mission, non ?

Marco eut un sourire et hocha la tête.

- Oyaji aurait réclamé une fête pour cela, yoi. Thatch t'aurait fait de magnifiques grillades et j'aurai fermé les yeux sur ta surconsommation de saké. A défaut de tout ça, je te propose un restau et de garder Cassandra au large jusqu'à la fin de la semaine prochaine.

Ace eut un sourire radieux et un shihihihihi joyeux.

- Comment vous avez fait ? demanda quelqu'un.

- Vous m'avez appris tout ce que je sais. Vous m'avez fait prendre de l'avance, vous m'avez enseigné plus que vous ne le deviez, Koro-sensei. C'est pour ça que j'ai pu répondre aux questions même avec des sujets différents, expliqua Karma.

- Marco m'a demandé d'écraser la doctrine de cet homme, pointa Ace en revenant vers le bureau. Il est mon supérieur et je l'ai fait. Savoir qu'il est plus que satisfait est une récompense. Cependant, c'est vous qui avez le plus donner dans cette histoire. Vous m'avez poussé alors que je refusais de bouger. Je ne voyais pas l'intérêt, pour la simple et stupide raison que mon avenir est déjà défini depuis longtemps et que tout ce savoir ne me servirait à rien. Puis, je me suis rappelé de tous ces gens qui me regardaient de haut, parce que je vis du mauvais côté de la loi. Parce que je n'ai pas eu la chance d'avoir une éducation. Et juste pour pouvoir leur cracher un jour à la figure et me prouver meilleur qu'eux, j'ai décidé de vous suivre. Que vous en ayez conscience ou pas, c'est vous qui m'avez poussé sur cette option.

- Avec nos notes, nous pourrions très bien quitter cette classe, mais il n'en est pas question. Nous ne le voulons pas. Pour moi, comparé à mes anciennes classes, vous assassiner est plus amusant.

- Si je devais me retrouver dans une classe classique, ça se finirait en massacre, sourit Ace.

- De, vous allez faire quoi ? Vous allez utiliser le fait qu'on est pas tous dans le top 50 pour fuir la queue entre vos tentacules ?

- Marco-nii-san… s'il fuit, tu veux bien le rattraper… s'il te plaît~ ?

Ace avait dit ça en faisant des yeux de chiot à Marco qui leva un sourcil.

- Pourquoi ?

- Que je puisse le réduire en tas de nouilles !

Marco haussa les épaules.

- C'est une occasion comme une autre de me dégourdir les ailes, j'ai pas eu l'occasion de voler beaucoup, ces derniers temps.

- Je crois que le prof est juste effrayé qu'on le tue ! provoqua Karma avec son sourire.

Une marque de colère apparut sur l'arrière du crâne de Koro-sensei.

Karma et Ace échangèrent un air entendu.

- Cot cot cot cot ! caqueta Ace en tournant lentement autour du prof.

Un sourire passa sur les lèvres de la classe qui saisit la stratégie. La déléguée de classe donna un coup de coude à son voisin qui prit la parole :

- Nanda ! Koro-sensei a la frousse ?!

Cela fit rire la classe.

- Fallait le dire plus tôt !

- Deee ! « J'ai peur et je veux m'enfuir ! »

Seconde marque de colère… rapidement suivie de six autres, alors que son visage virait au rouge.

- Nyanya ! Je vais pas m'enfuir ! explosa le prof.

- He ? Alors, vous allez faire quoi ?!

Koro-sensei redevint sérieux.

- Nous reprendrons notre revanche lors des examens de fin de semestre !

Et le corps étudiant éclata de rire.

- Désolé, Marco, pas d'exercice pour toi ! sourit Ace avec un petit geste.

- Oh, je pense pas. Tu tousses plus tellement, je pense qu'on va pouvoir reprendre l'entraînement !

- Heeeeeeeeeeeeehaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

- Et ne te prends pas pour Ivankov ou je te noie, yoi.

Ils étaient rentrés dans un mur avec ces résultats d'examens. Un mur très épais. Mais au fond, ils étaient fiers. Fier d'être de la classe E.