Chapitre 3 : Un amour interdit.
Edward regarda la porte avec appréhension. Ils étaient à nouveau lundi matin et il n'avait pas vu Harry de toute la semaine dernière. Alors que la première fois c'est lui qui avait fui, cette fois-ci, c'est Harry qui ne fut pas venu. Son odeur avait même presque disparu dans les couloirs, le laissant un peu déçu et frustré. Et pourtant ce matin, il avait remarqué avec une joie immense sa moto garée sur le parking. Et son odeur était revenue, réveillant à nouveau le désir du vampire. C'est pourquoi, il avait rejoint la salle de biologie à toute vitesse en espérant le voir. Il fut déçu à nouveau, mais attendit sagement.
Alors que les élèves entraient un à un, il vit Bella Swan s'installer à côté de lui en le dévorant du regard. Il n'y prêta presque pas attention jusqu'à ce qu'elle lui demande :
- Tu… attends quelqu'un ?
Il la regarda enfin, restant muet. Il l'avait évité depuis l'accident, ne souhaitant pas répondre à ses questions qu'il savait centrées sur son incroyable sauvetage. Il se mordit la lèvre en hochant négativement la tête.
- Ecoute, il fallait que je te remercie pour m'avoir sauvé mais… Comment as-tu fait ?
- Comment ai-je fait quoi ? Lui dit-il froidement.
- Ne me prends pas pour une gourde, j'ai très bien vu que tu… le camion… il… et toi…
- Je ne vois absolument pas ce que tu dis, Bella. Coupa-t-il court à ses bredouillements en rejetant des coups d'œil à la porte.
- Tu as arrêté ce camion comme s'il n'était qu'en plastique ! Cela m'a semblait si facile pour toi ! Tu étais…
- Cesses de délirer ! Je n'ai fait que te protéger, le conducteur avait déjà fait tout le reste. Le camion s'était arrêté de lui-même.
Avant qu'elle ne rétorque, l'odeur d'Harry s'approcha et son regard s'illumina d'un désir qu'il n'arrivait pas à cacher. Il le vit entrer dans la pièce et ne put s'empêcher de le regarder de bas en haut. Il avait encore perdu du poids et son teint devenait de plus en plus laiteux. C'était dangereux pour lui. Il portait un simple débardeur, comme d'habitude, comme si tomber malade l'importer peu ainsi qu'un pantalon noir composé d'une dizaine de poches plus par style que par intérêt. Il attira tous les regards par sa nonchalance et son dédain. Il était sublime.
Edward écarquilla les yeux… Il trouvait un homme sublime. Non ! Il trouvait CET homme sublime. Mais… cela voulait-il dire que… ?
Harry ne lui adressa pas un geste, pas un regard. Il regagna sa place, faisant glisser son sac sur sa peau pâle. Cette indifférence lui mordit l'estomac. Il se fit violence pour ne pas aller le voir et le secouer comme un pommier afin qu'il fasse attention à lui. Il chercha à toucher son esprit, espérant qu'il s'énerve et lui reparle mais rien n'y fit. Il lui resta aussi fermer qu'une huître. A la fin du cours, Bella avait cessé d'essayer de lui tirer les vers du nez, dissuadé par ses grognements désapprobateur et son silence.
Enfin, la sonnerie se fit entendre et tout le monde sortit plus ou moins rapidement. Il remarqua qu'Harry prenait tout son temps et décida de l'attendre dehors. Mais après que la deuxième sonnerie eut lieu, il ne le vit pas sortir. Il jeta alors un regard dans la salle et se stupéfia de la voir vide. Il ne l'avait pourtant pas vu sortir, il aurait pu le jurer. Ne comprenant pas trop, il alla à son cours et resta pensif toute la journée sans arriver à recroiser Harry. Il avait le don pour l'éviter. Mais pourquoi maintenant, alors qu'il avait tant souhaité l'affrontement et qu'Edward était d'accord ?
C'était étrange, quand un fuyait, l'autre cherchait et inversement…
Jasper vint chercher son frère pour qu'il retourne chez eux. Edward avait passé toute la semaine à rechigner et ressasser des choses que lui ne comprenait pas trop mais ressentait énormément. Edward était amoureux. Il pouvait le sentir aussi facilement que Rosalie et Emmett et qu'Alice et lui. Il était follement amoureux du jeune homme. Pourquoi lui ? Et pourquoi à chaque fois qu'il le voyait, il avait envie de le tuer ? C'est ça qu'il ne comprenait pas. Il fallait qu'il lui parle et qu'il lui dise, car son jeune frère ne semblait pas remarquer ce détail. Et il pouvait le comprendre, il était novice en la matière.
Edward et lui se dirigèrent vers le parking où le plus jeune chercha la bécane des yeux, sans succès. Harry était déjà parti. A son appréhension, le vampire blond se pencha vers lui et murmura :
- Il faut qu'on parle, toi et moi ! Rejoins-moi ce soir à 23h, à l'orée du côté du lac.
Edward, surpris, hocha la tête et tenta de lire ce qu'il avait en tête mais Jasper se cacha derrière des images d'Alice. Il ne devait pas le découvrir comme cela, trop rapidement, ou il nierait tout en bloc. Edward monta dans sa voiture et démarra, suivit des deux autres couples. Ils arrivèrent dans la grande maison des Cullen et retrouvèrent Carlisle et Esmée, sa mère adoptive. Celle-ci sourit et les embrassa tous un par un.
- La soif approche, fit-elle avec un sourire. Nous irons à la chasse ce week-end.
- J'en connais un qui a tout le temps soif en ce moment, dénonça Emmett avec un sourire amusé.
- Qui ? Fronça Carlisle en lâchant le livre qu'il dévorait.
Il semblait comme connaître la réponse en posant ses yeux sur Edward. Celui-ci haussa les épaules et se dirigea vers sa chambre, évitant ainsi toutes questions. Il s'assit derrière son piano et laissa ses doigts courir dessus avec un regard triste… L'odeur du brun lui manquait. Non… Il était en manque de lui. De lui tout entier. Sous ses paupières, qu'il avait fermées sans remarquer, se glissèrent ses yeux verts brillants. Il aurait tant aimé le voir sourire, juste une fois. Et pas un de ses sourires mesquins et ironiques. Un vrai sourire…
Un magnifique… Un comme lui…
Edward soupira et s'élança vers le lac. Il arriva à l'heure prévue et trouva Jasper contemplant l'eau et la lune. Il était debout, bien droit, les mains dans le dos, et à la seconde même où le télépathe était entré dans son champ de puissance, il l'avait senti fermé son esprit. Il vint vers lui et se plaça à sa droite.
- Alors ? Qu'avais-tu de si important à me dire ?
- Comment ça se passe avec Harry ?
- Ça se passe. Répondit-il sans hésitation.
- Et Bella ? Elle se doute de quelque chose ?
- Oui, bien sûr. Mais Carlisle m'a déjà passé un savon et un interrogatoire. Et si tu venais au but de notre éloignement ?
Le blond le regarda de travers avant de baisser les yeux.
- Ecoute, je sais que ça ne va pas être très dur pour toi de le comprendre et d'y faire face mais…
Il sembla chercher ces mots puis demanda :
- Est-ce que tu aimes Bella ?
- Quoi ? Non, bien sûr que non. C'est juste une amie. Elle m'intrigue un peu parce que je ne peux pas lire ses pensées mais sans plus. Et puis il y a…
Il se tut en remarquant ce qu'il allait dire. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait encore ? Pourquoi fallait-il qu'il ramène toujours la conversation à Harry ? Jasper comprit et finit la phrase pour lui :
- Harry… Il est important à tes yeux, non ?
- Pas pour moi… Je veux dire. C'est le vampire qui est en moi qui le désire autant, qui souhaite le mordre et le vider de son sang.
- Et pourtant, même quand ce n'est pas le vampire qui commande, tu recherches sa présence, non ?
Edward réfléchit longuement et finit par hocher la tête. Pas la peine de nier. Il savait parfaitement qu'il voulait à chaque fois revoir le brun, qu'il s'alanguissait de chacune de leur rencontre et qu'il perdait le fil du temps quand il le voyait enfin.
- Tu n'as pas une petite idée de savoir pourquoi il t'attire autant ?
- Pour son sang ?
Jasper hocha négativement la tête en faisant une moue.
- Y a-t-il autre chose que tu as remarqué sur lui ? A part le fait qu'il soit étranger, sûrement non humain et tueur de vampire ?
- Il est beau, minauda Edward et Jasper dut à son état de vampire pour avoir entendu.
- Tu le trouves beau ? Comment ça ? Sourit-il sentant que la conversation prenait le tour qu'il souhaitait.
- Je le trouve magnifique… Fit son frère, beaucoup plus sûr de lui tout à coup. C'est vrai, je n'ai pas vu plus bel homme. Le fait qu'il me hait et qu'il souhaite me tuer m'agace. J'aimerais d'abord savoir pourquoi et ensuite attendrir la rancœur qu'il y a au fond de lui. Mais je ne sais comment ! Je ne sais pas du tout ! Parce que j'aimerais bien qu'il m'aime !
Il avait scandé la dernière phrase avec force et ce n'est qu'une fois prononcée qu'elle percuta dans son esprit. Il voulait qu'il l'aime… Comme un ami ? Ou… ou plus… ? Mais alors… Etait-il… Il aimait les hommes ? C'était impossible. Ou du moins… Il n'y avait jamais pensé ! Son regard rencontra à nouveau celui de Jasper qui souriait toujours, très content de lui.
- Et pourquoi tu voudrais qu'il t'aime ? Continua-t-il en enfonçant le couteau dans la plaie.
- Parce que… Parce que…
Il n'arrivait pas à le dire. Il le savait maintenant, mais il n'arrivait pas. Il se rappela alors de la courte conversation qui l'avait interpellé. « Elle est stupide. De plus, j'aime les hommes. » Harry l'avait dit sans crainte et sans tabou, comme s'il s'agissait d'une chose tout à fait normal. C'était normal que d'aimer les hommes ? Il ne pouvait pas le savoir, il n'en avait jamais rencontré… Et pourtant, il se rendit compte que lui en était épris d'un… D'un homme… qui en plus de cela le détestait pour une raison inconnue. Que lui avaient donc fait les vampires pour cela ?
- Je vais te laisser, se rappela à lui Jasper alors qu'il quittait les lieux tranquillement. Dis-le quand tu seras prêt et pas avant ! Compte sur moi pour ma discrétion.
Edward ne fit qu'hocher la tête sans pouvoir parler. Il s'assit à terre laissant ses pensées vagabonder. Alors, il était réellement homosexuel ? Il pensa à Bella. Elle était jolie… Comme la bonne centaine de jeune femme qui l'avait abordé sans qu'il ne souhaite leur répondre. Il n'y avait jamais pensé… S'il était tant que ça ennuyé à l'idée de toucher une femme, c'est parce qu'il ne souhaitait pas d'un corps féminin. Ou alors ce n'était qu'Harry qui lui faisait cet effet-là ? Il ne comprenait pas… Cependant, toute la nuit durant et les deux jours suivants, il se laissa le temps d'analyser et de comprendre…
Harry s'amusait comme un fou avec sa moto devant sa maison. Il faisait du Stunt, un début de freestyle amélioré par sa magie sans baguette. Chaque fois que sa roue dérapait et le faisait chuter, il se remettait droit et éclatait de rire. Il n'y avait que dans ses moments-là qu'il oubliait tous ses tracas. Sa solitude, sa douleur, sa soif de vengeance… Il laissa l'engouement et l'adrénaline reprendre le dessus. Sous son casque, il transpirait. Il l'ôta d'un geste sans refaire tomber sa moto sur ses deux roues et le jeta par terre. Il fit faire le tour de l'appareil et sauta une ou deux fois.
Retenir ainsi sa moto, à la seule force de ses bras, l'obligea à se calmer très vite, il n'en avait plus la force. Il se sentait parfois très bête. Il devrait peut-être recommencer à manger correctement et faire plus de sport. Alors qu'il rangeait sa moto il ôta cette idée de la tête, ce serait reprendre goût à la vie. Et c'est bien la dernière chose qu'il voudrait. Il alla prendre une douche et se cala dans son lit bien trop grand et trop vide. Avant que des pensées trop horribles le reprennent, il s'endormit.
Le lendemain, il s'habilla et rejoint le lycée. Accaparé par la moto, il en avait oublié Edward. Depuis qu'il était revenu, il avait très bien senti qu'il cherchait à lui reparler. Mais il n'avait su pourquoi et avait pris peur. Et si le vampire avait arrêté de souhaiter sa mort ? Il ne pouvait pas le savoir, mais son comportement avait changé. Il ne le souhaitait pas ! C'était lui qui devait le chercher et non le contraire. Et pourtant. La matinée passa rudement lente avant qu'il ne puisse rejoindre la salle de biologie. Encore une fois, il sentit l'aura du vampire à l'intérieur. Il arrivait de plus en plus à la différencier des autres.
Quand il entra, il le vit se relever vers lui, sans apporter une seule attention à Bella. Harry ne chercha pas à garder le contact, il rejoint Eric et soupira, las de ce petit jeu. Il fallait qu'il trouve quelque chose pour rallumer la flamme meurtrière dans les yeux du vampire. Chaque fois qu'il le regardait, il n'y voyait que quelques sentiments vagues où une froideur attiré. Que lui voulait-il ?
A la fin du cours, il sortit de la salle sans faire attention et se prit de plein fouet le corps robuste et immense de l'homme. Edward l'avait encore attendu, et il ne l'avait pas évité. Ou du moins n'y avait pas pensé.
- Qu'est-ce que tu me veux, monstre ?
- Arrête de m'appeler comme ça. J'ai déjà du mal à l'idée de ce que je suis, tu n'as pas besoin de…
- Si tu le penses réellement, tu ferais mieux de te suicider !
- Comme si c'était si facile. En attendant, je ne t'ai pas attendu pour parler de moi.
- Tu crois que je vais me confier à une horreur telle que toi ?
Il eut une grimace, le contourna et partit tranquillement. Cependant, Edward, très peu patient apparemment, l'attrapa par le bras avec une force qui fait mal. Harry ne laissa rien paraître et le laissa l'entraîner dans un endroit plus vide. Ils montèrent deux escaliers, traversèrent quelques couloirs et s'enfermèrent dans une salle de classe. Enfin, il le lâcha et Harry se massa l'épaule. Il haussa un sourcil face à son comportement. Mais son regard changea de tout au tout quand il remarqua que la flamme était revenue. Il savait, alors, comment le faire craquer. Il eut un sourire méchant.
- Eh bien… Tu es tellement faible que tu préfères le kidnapping maintenant ?
Il ne lui répondit pas et peu à peu se calma, à la grande déception d'Harry. Son expression se fit alors hautaine, aristocratique… La même que lui… Harry secoua la tête et s'énerva :
- Si tu n'as rien à dire, je me casse, cracha-t-il.
- Tu sais très bien ce que je souhaite te dire. Je veux savoir pourquoi tu en veux aux vampires et pourquoi moi en particulier !
- Parce que tu lui ressembles trop ! Hurla Harry.
Le vampire écarquilla les yeux sous la puissance de ses mots. Le brun s'avança, comme envouté, aveuglé par une haine sans nom et une tristesse incommensurable. Déjà ses yeux se remplirent d'eau. Ses poings se refermèrent et s'abattirent sans force sur son torse. Chaque faible coup de poing était accompagné d'un mot :
- Sale vampire écœurant ! Pourquoi ! Pourquoi tu lui ressembles tellement !?
Harry ne voyait plus rien. Plus rien d'autre que la douleur et la haine. Il voulait le tuer, mais en même temps… Il avait peur… Peur de détruire une nouvelle fois Draco. A quel moment, cela avait changé ? Quand il avait enfin accepté que l'homme le ressemble en tout point caractériel, peut-être… Il le détestait toujours, ne supportant plus cette vague sensation de froid qu'il lui laissait. Parce que Draco lui était chaud. Brûlant même. Mais alors… N'était-il pas vil au point de se chercher un nouveau Draco autre part ?
L'essoufflement le prit et il offrit un dernier coup de poing sur l'homme qui n'avait toujours pas bronché. Il posa soudainement la tête dessus. Ce n'était pas son odeur. Ce n'était pas le même torse. Ce n'était pas Draco. Il fallait qu'il s'empêche… Ce n'était pas Draco…
- Raconte-moi… Souffla la voix qui n'était pas celle de Draco. Je peux t'aider…
- Ton… espèce… m'a pris tout ce que j'avais, commença Harry sans vraiment sans rendre compte. Tout ce que je possédais en la présence d'une unique personne.
- Tu l'aimais… ?
Harry sourit doucement à cette idée.
- Oui… Oui, je l'aimais comme un fou… Il me manque tellement…
- Tous les vampires ne sont pas comme cela Harry. Nous… Par exemple, ma famille et moi… nous sommes « végétariens ». Quand je t'ai dit que je ne pouvais tuer personne, je le pensais réellement. Tu peux me faire confiance…
Le brun fronça les sourcils à son ton si doux mais il fut brusquement apaiser. Il le sentit se pencher alors mais il ne sut jamais ce qu'il allait faire car il se releva d'un coup. Sa joue frôla la sienne en une brûlure douloureuse. Il se contint en effaçant d'un revers de la main le sillon de larmes sur ses yeux.
- Tu me demandes de te faire confiance puis tu essayes de me mordre ? Tu me prends pour qui !? Tous les vampires sont les mêmes ! Tueurs et menteurs !
Il fit demi-tour et laissa l'homme au visage si froid et sans sentiment…
Quand Harry s'était jeté sur lui, pris par une pulsion protectrice, Edward ne s'était pas dégager. Il n'y avait même pas pensé. Il le laissa faire avec stupeur. Il ne s'attendait pas du tout à ça. Son cœur avait eu un choc quand il avait comprit. Il avait eu une pointe de tristesse qu'il ne montra pas. Il le laissa se défouler sur lui sans l'arrêter une seule fois ni parler. Il l'écouta le menacer de mille morts, l'insulter des pires horreurs… Il le regarda pleurer. Il le regarda pleurer comme s'il ne l'avait jamais détester. Il semblait maintenant tellement plus fragile et meurtri. A chaque seconde qu'il avait passé près de lui, jamais il n'aurait imaginé se qu'il cachait au fond de son cœur.
Mais le sien s'était lentement refermé quand ses gémissements se sont atténués et qu'il avait cessé de le frapper. Il lui avait fait parler. Il l'avait amené à lui dire ce qu'il redouté le plus. Harry était amoureux d'un autre… D'un homme mort, tué par un vampire… Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou le pleurer. Une jalousie mordante le prit. Chaque fois qu'Harry le regardait, il voyait un autre. Il haït cette personne qu'il ne voulait pas connaître. Mais il était mort, alors il avait tout le champ libre non ?
Alors qu'il parlait, il fut pris d'une nouvelle pulsion. Celle de le faire sien. A tout jamais, de le mordre jusqu'à ce qu'il hurle qu'il lui appartient… Cependant, Harry ne le laissa pas le temps et s'écarta. Ce n'est qu'une fois qu'il eut claqué la porte qu'il se rendit compte de l'erreur de son geste. Il avait encore une fois failli le tuer. Mais pas dans le sens où la mort l'emporterait pour toujours. Non, celle où il vivrait à ses côtés pour l'éternité. Il comprenait maintenant ce que son vampire, en lui, voulait. Il voulait qu'il le fasse sien entièrement…
Il fallait qu'il combatte cette partie néfaste de lui… Pour le bien d'Harry. Il fallait aussi qu'il lui prouve que tous les vampires n'étaient pas que des êtres abjects et assoiffés de sang. Il avait, pour l'instant, bien mal démarré de ce côté-ci. Pourtant, Edward se jura de réparer son erreur. Il se devait de devenir celui qui réparerait le cœur brisé de l'étrange humain… Qu'importe qu'il ne soit qu'un substitut. Parce qu'Edward était amoureux…
Il s'était laissé bien du temps pour retourner le problème dans tous les sens jusqu'à ce qu'il avoue qu'il n'y avait aucun problème… Il était juste amoureux… D'un homme qui le détestait et maintenant, il comprenait pourquoi. Etre amoureux de quelqu'un qui vous l'interdit était à la fois un véritable challenge et une triste sensation…
- Non, claqua Harry en croisant les bras sur son torse.
Il allait se fâcher s'il continuait ainsi à l'agresser. Depuis qu'il avait dit à Eric, ce cafteur, voilà qu'il essuyait les demandes de trois hommes dont un qui revenait à la charge. Un bal du lycée ? Qui avait inventé ça déjà ? Qu'il puisse l'étriper… Encore une fois, il regarda l'étudiant qui avait au moins une demi-tête de plus que lui. En même temps, avec sa taille, il n'était pas difficile de le dépasser. C'était le même des trois dernières fois ; un grand brun aux yeux noisettes, sans qualité aucune à part une ténacité dont le brun se serait bien passé.
Ce matin, ils avaient une sortie dans un centre pour le cours de biologie. Il faisait donc le voyage avec Edward et cela ne le rassurait pas de passer toute la journée avec lui. Juste avant le départ, il s'était appuyé contre sa moto et lisait tranquillement un livre quand le baraqué dont il avait oublié le nom l'avait encore perturbé. Fichu bal.
- Mais Harry… Pourquoi ?
- Je ne te connais pas, je ne t'aime pas et ce bal est stupide, je ne compte pas y aller.
Derrière lui, Harry remarqua Edward sourire avec joie. Ce sournois ! Que croyait-il ? Et lui… pourquoi n'arrivait-il plus à le haïr avec tant de puissance que les premiers jours ? Depuis la dernière fois… depuis qu'il l'avait laissé dans ses bras… Depuis qu'il avait admis…
- Tu comprends que tu es l'homosexuel le plus mignon de tout le bahut et que je ne peux laisser cette chance…
- Eh ! Machin ! Il n'y a pas de chance !? Je te le répète, je ne suis pas intéressé ! Ni par toi, ni par ce bal grotesque ! Oublie-moi, tu veux !
- Les enfants ! On y va ! Ne faisant pas attendre la science !
Harry en profita pour se dégager de l'étouffante présence du gay et rejoint le bus qu'il monta. Il s'assit seul du côté droit et regarda par la fenêtre. Il vit les gens se répartirent des deux côtés puis croisa le regard d'Edward, toujours amusé et comme… soulagé. Harry fronça les sourcils. Que lui arrivait-il à celui-là ! Il le vit monter dans son bus et sentit tout le long de son passage ses yeux sur lui. Mais il l'ignora correctement, contrôlant les battements de son cœur pour qu'il ne le voit pas stresser…
Le bus les conduisit, et leur professeur les emmena à l'intérieur d'une serre. Le début se passa rapidement, Harry suivit le mouvement en écoutant à peine. Il repoussa l'homme qui était sûr et certain de l'avoir comme cavalier une bonne dizaine de fois avant de s'énerver et de discrètement lui lancer un sort d'Oubliette en sortant lentement sa baguette. Il ne se rappela pas qu'Harry était gay et encore moins avoir eu l'envie de l'emmener au bal. Le brun espéra être enfin sauf. Quand il se tourna vers Edward au fond, il le découvrit rattrapant la brunette qui avait glissée et qui, elle non plus, ne semblait pas vouloir le lâcher.
La jalousie revint, lui mordant les joues.
Il tourna ses yeux en colère pour qu'il ne le voit pas, et s'arrêta, un peu perdu. Il ne pouvait pas… Il ne pouvait pas être jaloux d'Edward. Ce n'était pas Draco… Il serra les poings jusqu'à ce que ses phalanges craquent sans qu'il ne saigne – Ses doigts étaient pratiquement guéris. Il se répéta ça jusqu'à ce qu'il arrête d'y penser en soupirant de bien être. Qui ne resta pas longtemps bien sûr… Edward s'approcha de lui avec un masque d'indifférence peint sur le visage.
- Nous devons parler, lui dit-il.
- La dernière fois, notre discussion n'a abouti qu'à une plainte de ma part qui me fait bouillir de rage et de honte, et une tentative de meurtre de la tienne. Tu comprendras que parler n'est plus dans mon actualité !
- Je suis désolé, mais tu te trompes si tu penses que j'ai essayé de te…
- Arrête avec ton charabia, le coupa-t-il. Je sais ce que tu veux, et la réponse est non.
- Tu… Tu sais ?
- Je ne te dirais rien de plus sur ma vie, je n'en ai que trop dit. Ma confiance est limité et tu l'as perdu à l'instant même où tu as attenté à ma vie.
- Bon sang, je n'ai jamais attenté à ta vie ! S'énerva-t-il en l'attrapant par le coude. Les yeux d'Harry s'assombrirent dangereusement alors qu'il baissa le ton pour murmurer :
- Je ne croirais jamais les paroles d'un sale vampire, alors lâche-moi ou j'utilise la force !
Il se dégagea, le vampire le laissant faire sans comprendre. De quelle force parlait-il ? Il était certain qu'il ne pourrait jamais le battre avec son fragile corps. Surtout qu'il savait qu'il était un vampire. Curieux, il demanda :
- Quelle créature es-tu ?
- Une créature ? Ricana le brun. Je suis humain, sombre imbécile.
- De quelle nature ?
Harry fronça les sourcils. Mais alors qu'il allait encore se moquer de lui, il vit l'incompréhension dans ses yeux ce qui l'arrêta et lui fit murmurer :
- Tu ne sais… vraiment pas !?
Il hocha la tête de droite à gauche. Harry eut un sourire en se disant qu'il avait un point stratégique supérieur à l'homme maintenant. Il n'allait sûrement pas lui avouer sa nature tout de suite, il verra quand le moment sera venu de l'écraser. Il se demanda juste pourquoi il tardait et surtout comment cela se faisait qu'il n'avait pas encore tué quelqu'un. Les vampires pouvaient tenir tant de temps que ça sans boire quoi que se soit ? Pourtant il était clair qu'Edward avait souvent soif, surtout quand il était là… Harry ne comprenait pas que c'était lui qui provoquait cette soif…
Après l'avoir laisser attendre, Harry haussa juste les épaules et s'exclama :
- Juste un humain…
- Ne me prend pas pour un…
- Tu en es justement, c'est pourquoi tu n'arrives même pas à savoir de quel nature je suis…
- Je ne peux pas comprendre ce que je ne sais pas… Comment as-tu fait pour me reconnaître, moi et ma famille en tant que vampire ?
- Ton aura, fit simplement le brun en détournant les yeux.
- Tu n'es pas un loup ?
- Un loup ? Comme… Loup-garou ? Non… Je ne suis pas un loup-garou.
- Je le savais, tu n'as pas leur odeur… Alors quoi ? Je ne vois vraiment pas… Tu es tout à fait humain mais capable de reconnaître des vampires ?
- Je suis très intelligent, sourit Harry, amusé.
Edward écarquilla les yeux. Harry se rattrapa rapidement, horrifié de son erreur. Il venait de… s'« amuser » avec l'autre. Il plissa les yeux, mécontent et cracha dédaigneusement :
- Bref, si tu souhaites découvrir ce que je suis, tu n'as qu'à faire marcher tes méninges. Et dépêche-toi d'essayer tuer quelqu'un que j'ai l'occasion de mettre fin à ton existence poussiéreuse !
Il fit demi-tour en le laissant ainsi. Il n'en revenait pas ! Il était censé haïr les vampires, pas tomber sous leur charme ! Qu'importe ressemblait-il à son amour.
- Il n'est pas Draco, chuchota-t-il avec force.
Il n'avait pas le droit… pas le droit de faire cela à son amour. Ce serait le trahir. Quel monstre était-il pour faire cela… ? Oser s'amouracher d'un vampire, la race qui lui avait prise celui qu'il aimait de tout son cœur ! Quel monstre était-il… ?
Il lui avait sourit… Un sourire magnifique, un sourire sincère et amusé… celui qu'il avait secrètement désiré, celui qu'il voulait voir. Il l'avait eu. Bien sûr, sa réaction après avait un peu gâché le si tableau qu'il formait. Il l'avait regretté à la seconde même où il le lui avait donné. Comme s'il lui disait : « Ce sourire n'était pas pour toi, je t'interdis ! Rend le moi. » Mais c'était trop tard, Harry le lui avait donné et il ne le récupèrerait plus. Il était à lui ce sourire.
Edward ne savait pas comment il allait faire pour savoir ce qu'Harry était. Peut-être que sa famille en avait déjà entendu parler. Il espérait. Un humain qui pouvait sentir les auras des personnes… Drôle de don. Ce n'était pas commun. Du plus, il semblait être doté d'une force invisible qui lui permettrait de le battre puisqu'il n'avait pas peur de lui. Mieux encore, il assurait le tuer s'il faisait le moindre faux pas. Ce qui était impossible puisque s'il faisait un faux pas, se serait pour lui et donc il ne pourrait plus lui faire du mal.
Le vampire repensa à son sourire tout le long de la fin de la journée. Il se mordait par fois les joues pour ne pas à avoir à sourire lui-même. Harry le fuit, mais pour l'instant, il s'en fichait, il l'aimait… Et malgré les interdits, il continuerait à l'aimer…
À suivre...
Voilà la suite, désolée pour l'attente.
Chapitre 4 : Tatouage mortel.
