Mon rêve s'éveille dans la mort

Chapitre 3 : quand tu nous fuis !

« Quel idiot tu fais ! Tu es vraiment borné. Hurla Shinreï à l'encontre de son frère.
- Vraiment ? Pourtant je ne m'appelle pas Shinrei.
- Ca fait 2 jours que tu n'as pas pissé, que tu n'as pas bu, que tu ne t'es pas lavé et que tu ne veux pas bougé parce que tu as peur de suer. Et tout ça pourquoi ? Parce que tu n'aimes pas l'eau. »
Luciole se leva brusquement, manifestement pour protester, mais ses yeux roulèrent soudain dans leurs orbites et son corps s'écroula. Shinreï le rattrapa juste avant qu'il ne frappe le sol et plaça sa tête sur ses genoux. Puis il lui versa quelques gouttes d'eau dans la bouche. Luciole repris instantanément ses esprits et frappa la main au-dessus de ses lèvres.
« De l'eau ! Tu aurais pu me donner du saké.
- Et où veux-tu que j'en trouve, crétin ? »
Le cadet se remit sur ses pieds et tapa dans un caillou, en maugréant.
« Tu sais que tu as besoin de l'eau pour vivre. En plus, elle représente plus de 75 de ton corps. »
Luciole répète le chiffre avec étonnement et se tâta les jambes puis les bras.
« Laisses tomber. Chez toi ; l'endroit le plus liquéfié c'est ta cervelle. » Lui lança son aîné.
L'autre cessa tout mouvement, puis s'approcha de son frère, et en désignant le soleil, il lui hurla juste dans l'oreille.
« Et ça aussi c'est utile pour vivre, non ? Eh ben, c'est que du feu. »
Et il tira la langue et s'en alla. Shinreï resta silencieux, indécis et songeant combien il pouvait détester son frère parfois.
Au bout de quelques secondes seulement, Luciole appela son frère d'une voix plaintive et Shinreï lui demanda où il se trouvait.
La réponse se fit entendre, seulement elle venait d'une voix étrangère. Un homme gigantesque avec des cheveux immaculés comme ceux de Shinreï se trouvait en face de l'aîné. Il tenait Luciole par le col de son kimono à plus d'un mètre du sol. Ce dernier gigotait énergiquement, lui lançait des insultes et essayait vainement de le toucher.
« Repose-moi tout de suite espèce de touffe de balai. »
L'homme le jeta quelques mètres plus loin et Shinreï se précipita vers son frère. Celui-ci voulu se ruer sur l'étranger et son grand frère le retint tant bien que mal, sachant pertinemment qu'il ne ferait pas le poids.
« Luciole, calmes-toi ! Luciole ! Luciole ! Luc ... Keikoku !
- Ne m'appelles pas comme ça !
- Si tu crois que c'est le moment de se disputer. »
L'inconnu les interrompit:
« Effectivement, il vaudrait mieux vous réconciliez et ainsi partir en paix. »
Shinreï répéta les trois derniers mots en bredouillant.
« Les traîtres mibus expient leur faute en donnant leur vie. »

A vouloir voler de ses propres ailes et atteindre le soleil, l'atterrissage peut être mortel.

Le Roi Rouge lui-même pardonnait aux deux enfants et leur offrait un choix terrible : la mort ou un pacte de sang.
Les deux frères choisirent de signer le pacte et en ces termes il fut rédigé :
« L'un de vous, vouera sa vie aux Mibu. S'il passait outre ou qu'il se suicida, son frère mourrait.
L'autre, par contre accédera à la liberté, mais ne pourra plus jamais aimer son frère.
Vous serez séparés jusqu'à ce que vos souvenirs de votre enfance ensemble s'effacent de vos esprits. »

Le pacte ne spécifiait pas qui aurait quel rôle mais ceux-ci se décidèrent d'emblée.

Leurs chemins furent ainsi séparés et Shinreï fut le seul à en pleurer pendant des années. Il aurait voulu expliquer les raisons de leur fuite à l'étranger. Celui-ci devint son maître et aujourd'hui encore il n'a toujours pas compris. Pour Shinreï, ce n'était seulement franchir les murs dorés des Mibu. Après tout, on peut sortir de sa cage sans pour autant se sentir libre. Mais les idéaux restèrent dans la tête du garçon, incapable alors de les exprimer.

Sans orgueil, je me dis que j'aurais voulu avoir un grand frère.
Par infortune, c'est moi qui l'ai été ; en tout cas jusqu'à hier.
On part à deux, on revient de notre côté; c'est certain tu vas m'oublier
Maintenant, mon coeur redevient lourd, je commence à te détester.