Hellooo . Désolée pour l'attente, encore une fois. J'ai eu un peu de mal à travailler cette fin de chapitre. En espérant qu'il plaise.
Merci beaucoup à ma toute nouvelle bêta, Missies NoName (coeur)
Bonne lecture, sinon !
Drago dépliait et repliait le bout de parchemin qu'il venait de trouver dans son sac machinalement, se posant sans cesse des questions auxquelles il n'avait pas de réponse. Il savait que le bout de parchemin lui donnant rendez-vous le soir-même venait de Ginny, cela ne faisait aucun doute. SdD 22h00. La Salle sur Demande. Mais pourquoi si tard. Et surtout, pourquoi aujourd'hui? Lorsqu'il avait accepté, il n'aurait jamais pensé qu'elle aurait voulu commencer aussi tôt.
Justement, elle devait se dire qu'en faisant ça aussi tôt, j'aurais moins le temps de me préparer et comme ça, les failles seraient plus facilement repérables...
Il soupira. Elle avait l'air d'être autant sur ses gardes qu'un chat de gouttière qui laissait une autre bête se faufiler sur son territoire. Mais il avait envie de l'avoir à ses côtés. Alors il commencerait par lui prouver sa bonne foi. Après tout, elle avait tant de raisons de lui en vouloir ...
- Tu ne viens pas ? Installe-toi !
Ça sentait le roussi, tout ça. Quelque chose clochait clairement, et maintenant qu'il était sur les lieux du rendez-vous et qu'elle se tenait devant lui, il lui semblait que c'était une bien mauvaise idée. Sans trop savoir pourquoi, il était certain qu'elle se jouerait de lui, qu'elle le provoquerait pour avoir des informations qu'elle pourrait utiliser contre lui. Ils n'étaient pas du même côté et ce serait toujours le cas. Il était de ceux qui aidaient les Carrow à dénoncer les écarts de conduite. Elle était de ceux qui commettaient ces écarts. Et à chaque instant on pouvait lire dans le regard de la rouge et or qu'elle lutterait sans relâche jusqu'au bout.
- Ne reste pas là, viens. N'aie pas peur de moi.
Il se décida à s'avancer et à prendre place non loin d'elle, sur les coussins qu'il y avait par terre. C'était là une bien drôle de vision, que de voir Drago Malefoy assis par terre, au beau milieu d'un tas de coussins.
Le silence qui pesait entre le Serpentard et la Gryffondor se faisait lourd. Tant l'un que l'autre était mal à l'aise, sans savoir nécessairement quoi se dire ou par où commencer. Tous deux tentaient de se faire à l'idée de l'étrangeté de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Si les inquiétudes de Drago reposaient surtout sur la trahison possible que pourrait faire la jeune fille avec les informations qu'il laisserait échapper, celles de Ginny étaient toutes autres. Les secondes s'écoulaient et elle se rendait compte de sa naïveté. Elle avait fait un pacte avec l'ennemi. Celui qui avait facilité la mort de Dumbledore. L'allié des Carrow. Elle se gratta autour du cou, avant de s'éclaircir la gorge. Il était trop tard pour reculer.
- Écoute Malefoy, je ne passerai pas par quatre chemins. Si je t'ai convoqué ici, c'est que je t'avais dit avoir repensé à ta lettre. Et j'avais dit que je t'accordais une chance. Je t'ai fixé ce rendez-vous pour apprendre à mieux te connaître. Je croyais que tu étais d'accord.
Il releva les yeux vers elle avant de hocher de la tête. Ginny soupira. Il n'avait pas l'air particulièrement enclin à parler.
- Alors vas-y ! Parle-moi un peu de toi.
Drago se gratta nerveusement derrière la tête, sans doute à la recherche de quelque chose qu'il voudrait dire. Sans trop en dire... Ginny tenta de capter le regard du blond qui pointait vers le sol. Il avait l'air terrorisé. Ses dents grincèrent une fois, puis il releva la tête vers le plafond, les bras croisés.
- En vérité, je n'ai rien à dire.
- Oh, allez. Tu dois bien avoir quelque chose à dire ? insista la jeune fille.
- Qu'est-ce que tu veux au juste, Weasley ? Toi aussi, tu espères voir la marque de tes propres yeux ?
Les yeux du garçon lançaient des éclairs, à présent. Il avait été agressif sur ce coup-là, ce qui avait déstabilisé la jeune fille, qui jusqu'à maintenant, était dans une position dominante. Elle pinça les lèvres avant de défier le vert et argent du regard, reprenant au mieux le rôle qui lui convenait le mieux :
- Non, répondit-elle simplement. C'est quelque chose que je savais déjà. Et le savoir me suffit. Je n'ai pas besoin de la voir pour me le prouver. Y'a qu'à voir ce que tu as fait, l'an dernier. Et puis au final, que tu sois des leurs ou des nôtres, ça m'est égal, ce soir. Je t'ai invité car je croyais que tu voulais qu'on se connaisse mieux.
Le Serpentard baissa la tête à nouveau. Si elle ne trouvait vite pas quelque chose à rajouter, elle pouvait dire adieu à son plan. Ginny pensa très vite. Elle se ressassa les moments où elle tentait de consoler les gens qui hurlaient, la nuit. Elle regarda le visage vide d'émotion de Drago, et repensa à cette lettre. Puis, ça lui vint à l'esprit.
- Tu sais, je crois même qu'il n'y a pas un parti meilleur que l'autre...
À ces mots, Drago ne put s'empêcher de relever la tête vers elle, l'air totalement ahuri. Elle parlait de la guerre. Elle savait que ça se passait entre son petit ami et les Mangemorts. Sauf qu'elle ne défendait même pas le Saint Potter. Au contraire : elle prétendait qu'il y avait clairement quelque chose de bon en eux, le côté du Seigneur des Ténèbres. Elle lui lança un sourire discret, avant de poursuivre sa théorie.
- J'y pensais l'autre soir. Et tu sais, si le monde est devenu divisé en deux, ce n'est que parce que les gens ont choisi leur camp.
- Ce ne fut pas mon cas.
Il ne l'avait pas dit fort, c'était surtout sorti de sa bouche sans réfléchir. Il se maudissait d'ailleurs de l'avoir fait.
- Ah non ? fit-elle, intéressée.
Le Serpentard secoua la tête. Il avait envie de tout lui révéler, mais c'était encore là quelque chose dont elle pourrait se servir contre lui. Toutefois, le regard qu'elle lui lançait semblait si honnête, si attentif... Alors il se lança.
Il lui raconta comment son père l'avait forgé, puis comment il avait lâchement compté sur lui pour le sortir de son merdier afin de rendre honneur à sa famille. Que c'était pour ça qu'il avait fait entrer les Mangemorts au château, qu'il avait failli tuer Dumbledore de sa main. Il racontait le désespoir de sa mère, les efforts qu'elle faisait pour tenter de trouver une autre solution, pour sauver l'âme de son fils. Il conta comment il ne voulait pas de ces autres solutions. Que le Maître lui faisait confiance. Et surtout, combien ça l'insultait qu'on le prenne encore pour un enfant. Qu'il avait fait travailler son orgueil trop longtemps alors qu'il aurait dû écouter cette angoisse qui le prenait par en dedans.
Et elle l'avait écouté, sans dire un mot. Le fixant du regard avec l'air grave. Son discours étant fini, il se laissa choir sur le sol et ferma les yeux. D'une certaine manière, Drago Malefoy se sentait libéré. Libéré du fardeau qui pesait sur ses épaules. Le poids de sa propre vie. Il soupira. Il n'était qu'un idiot.
La jeune femme l'observait encore, sans dire un mot, toujours assise bien droite, sans bouger. Il fallait qu'elle reste alerte. Tout pouvait arriver, il ne fallait pas qu'elle l'oublie. Elle observa les sourcils froncés du Serpentard et ses paupières qui semblaient se battre contre quelque chose qui semblait le déranger. Quelques minutes passèrent, et le visage du garçon s'apaisa, avant qu'il ne rouvre les yeux. Il tourna la tête, et leurs regards se croisèrent. Ce regard échangé était l'un de ceux qui en disaient long. Et dans le silence de la soirée qui s'achevait, il témoignait alors de toute la sincérité de leurs émotions. Ce soir-là, ils se sentaient bien.
