III
Tempête
Note de l'auteur : Beaucoup d'émotions dans ce chapitre 3. Essayez d'y survivre ^^ Bonne lecture et merci pour vos commentaires!
Koloth semblait un peu rustre, comme on pouvait l'attendre d'un Klingon, mais son rire était franc, presque communicatif.
« Donc, vous êtes mariés. » Dit-il, après s'être calmé.
« Effectivement. » Acquiesçai-je
« On peut dire que ce n'est pas commun. » Commenta-t-il. « Trinquons ! Aux Capitaines et à leurs premiers officiers ! » S'exclama-t-il, en levant son verre.
J'échangeai un regard avec Spock, avant de l'imiter, suivi par mes hommes.
« Qu'est-ce que vous avez sur votre uniforme ? » Me demanda Koloth, en désignant mon t-shirt encore humide.
« Monsieur Chekov, quel était cet alcool que vous m'avez jeté au visage ? » Questionnai-je ironiquement mon navigateur.
« Heu… Du scotch, il me semble, Keptin. Encore désolé pour ça. »
« Vous avez un accent charmant. » Intervint Miria.
Le jeune Russe rougit si violemment que je luttai pour ne pas éclater de rire.
« On dirait que tu as une touche, gamin. » S'esclaffa Scotty, en lui mettant une claque dans le dos.
« Vous dites n'importe quoi, monsieur Scott. » Se défendit-il. « Je vais vous laisser, j'ai des choses à faire. » Ajouta-t-il, en se levant.
« Ne le prends pas comme ça ! » S'exclama l'ingénieur. « Pavel ! » Insista-t-il.
Mais il l'ignora et sortit sans se retourner. Miria sembla déçue.
« Ne le prenez pas mal. Il est timide, ça lui passera. Mais, si vous le trouvez à votre goût, vous allez devoir vous accrocher. Je crois que je ne l'ai jamais vu s'intéresser à qui que ce soit. » Lui dis-je.
« Le défi n'en sera que plus intéressant. » Répondit-il elle, d'un ton mystérieux.
J'eus presque pitié pour ce pauvre Chekov.
…
Après avoir évité de justesse un incident diplomatique avec les Klingons, j'avais dans l'idée d'enfin profiter de notre séjour. Au hasard de notre visite, Spock et moi tombâmes sur une galerie marchande. De nombreux voyageurs, comme des résidents permanents, vagabondaient de boutique en boutique. Vue le nombre conséquent de Vulcains qui évoluaient autour de nous, j'évitai tout contact physique avec mon compagnon. Nous attirâmes déjà suffisamment l'attention puisqu'il était connu parmi ses pairs. Beaucoup d'entre eux prirent le temps de nous saluer. Je ne souhaitais pas le mettre mal à l'aise.
Soudainement, son index et son majeur trouvèrent les miens, pour ne plus les lâcher. Je lui lançai un regard surpris.
« Je suis conscient de tous les efforts que tu fais pour que je me sente au mieux. Et j'ai l'impression de ne pas te rendre la pareille. » Pensa-t-il.
« Ne pense pas ça. C'est normal que ce soit moi qui m'adapte. »
« Pourquoi donc ? » Me demanda-t-il, perplexe.
« Parce que pour moi, ce n'est pas bien contraignant. Alors que toi, il faudrait que tu ailles contre tes principes. Et je ne veux pas te demander ça. » Argumentai-je.
« On sait tous les deux que la frustration ne donne jamais rien de bon avec toi. »
« Je ne suis pas frustré de ne pas pouvoir t'embrasser en public, Spock. Il m'en faut plus que ça, je n'ai plus quinze ans. » Contrai-je.
« Je ne trouve pas juste que tes désirs passent après les miens. »
« Ce n'est pas le cas… »
« Spock ? »
Mon compagnon se tourna vers la personne qui venait de l'appeler, interrompant notre conversation silencieuse.
« Sinak. » Répondit-il au Vulcain qui devait avoir à peu près le même âge que lui.
« Cela fait bien longtemps que nos routes ne se sont pas croisées. »
« En effet. » Dit Spock, sur un ton qui m'étonna.
Je perçus parfaitement son animosité.
« Qui est-ce ? » L'interrogeai-je silencieusement.
En guise de réponse, il m'envoya une image mentale de lui, enfant. Je le trouvai si mignon sur le coup, que je ne compris pas tout de suite la scène. Un groupe de trois garçons cherchaient manifestement à le faire réagir émotionnellement.
« Tu n'es ni humain, ni vulcain, tu n'as donc pas ta place dans cet univers. » Dit l'un d'eux.
« Regardez, il a des yeux d'humain. Il a l'air triste, non ? » Renchérit un autre, que je reconnus vaguement comme étant l'homme en face de nous actuellement.
« Tu sais que c'est un traître, ton père ? Pour l'avoir épousé. Cette putain humaine. »
La troisième réplique résonna dans ma tête. La rage que Spock avait ressentie, à cet instant, se mêla à la mienne.
« Tu ne me présente pas ? » Demanda Sinak, en me ramenant à la réalité. « Serait-ce ton fameux Capitaine ? J'ai entendu dire que vous vous étiez liés selon nos traditions. » Ajouta-t-il, d'un air un peu trop médisant à mon goût, en fixant nos mains jointes.
J'allais répliquer quelque chose, mais me retins à la dernière minute. Spock souhaitait certainement régler ça tout seul. Je m'en mêlerais si cet énergumène devenait trop vindicatif.
« En effet. Jim est mon T'hy'la. » Affirma-t-il fermement.
« C'est donc héréditaire, ce penchant étrange pour les Terriens. » Railla-t-il. « Le point positif c'est qu'au moins vous n'engendrerez pas une progéniture qui aura à avoir honte de son héritage. »
Mon sang ne fit qu'un tour, mais Spock ne sourcilla même pas, et je me forçai à ne rien montrer de la colère sourde qui fit battre mon cœur dans mes tempes et enserra ma tête dans un étau. C'était ce que Sinak attendait. Une réaction émotionnelle. Je ne lui ferai pas ce plaisir.
« Je constate que tu as parfaitement dressé ton humain. Il pourrait presque être acceptable dans notre société. »
« S'il ne s'arrête pas maintenant, je vais le tuer. » Pensai-je.
« Vous n'avez rien de mieux à faire, Sinak ? » Demanda une voix que je reconnus immédiatement.
« Je prenais simplement le temps de saluer un ancien camarade de classe, T'Prylla. » Osa-t-il prétendre.
« Retournez au laboratoire. J'ai du travail pour vous. »
« Bien, Commodore. » Répondit-il, en inclinant la tête, avant de s'éclipser rapidement.
« Je suis désolée. » Dit-elle, une fois qu'il fut hors de vue. « J'ai entendu votre conversation. »
« Vous n'avez pas à vous excuser. » Lui assura Spock.
« Il n'est pas sous mes ordres depuis très longtemps. Je ne sais pas exactement ce qu'il est venu chercher ici, puisqu'il n'aime pas les autres espèces. C'est regrettable qu'il ne se rende pas compte à quel point son comportement est illogique et contreproductif. » Affirma-t-elle. « Vous vous sentez bien, Capitaine ? » Me demanda-t-elle.
Je ne trouvai pas la force de répondre et hochai simplement la tête, en prétendant que oui, alors que ma colère refusait de redescendre. Là, tout de suite, je ne compris pas comment faisaient les Vulcains. J'avais cru saisir, naïvement, leur mode fonctionnement et être capable de l'appliquer à moi-même. Mais manifestement, en cas d'émotions extrêmes, ça restait un échec cuisant. Je ne pus empêcher une certaine honte de venir colorer mes joues, sous le regard scrutateur de T'Prylla.
« Je vais vous laisser. Le devoir m'appelle. J'étais juste venue chercher quelque chose à boire. » Dit-elle, en nous montrant une bouteille d'eau.
Elle nous salua, avant de s'éclipser.
« Tu trembles. Allons dans un endroit plus calme. » Pensa Spock.
Je le suivis sans un mot, concentrai toute mon énergie à garder le peu de contrôle qu'il me restait. Plus loin dans la galerie, se trouvait un hôtel. Sans réfléchir plus avant, mon compagnon m'y mena et commanda une suite, avant de m'entraîner à l'étage après qu'on lui ait fourni la clé magnétique de notre chambre. Il passa la carte devant le lecteur et la porte se déverrouilla. Une fois le battant refermé, il encadra mon visage de ses mains et m'obligea à le regarder dans les yeux.
« Ecoutes-moi bien, maintenant. Je veux que tu arrêtes d'essayer de paraître ce que tu n'es pas. »
« Mais… »
« Si j'avais voulu quelqu'un de non-émotionnel, je serais resté sur Vulcain, aurais intégré l'académie des sciences, embrassé les traditions de mon peuple et épousé T'Pring. Je t'aime parce que tu es profondément humain, T'hy'la. Parce que ton cœur est tellement plein d'amour qu'il y a assez de place pour l'univers entier. Tu ne juges personne, ne hais personne, te préoccupes sans arrêt du bien-être des autres. Tu as la plus belle âme qui m'ait été donné de voir. N'aies jamais peur de me mettre dans l'embarras. »
Des larmes dévalèrent sur mes joues sans que je puisse les retenir. Je n'avais pas la force de parler, alors je me jetai sur ses lèvres, l'entraînai dans un baiser passionné.
« Fais-moi l'amour. Je t'en prie. » Pensai-je, en me collant contre lui.
Nous étions au milieu du salon de la suite et Spock me fit reculer jusqu'à ce que mon dos bute contre une surface froide. J'ouvris les yeux pour me rendre compte que c'était une large baie vitrée qui donnait sur l'espace et me retournai face au vide intersidéral, un instant captivé par la vue. Un froissement d'étoffe m'apprit que mon compagnon avait enlevé son haut. Il souleva ensuite mon t-shirt et je levai mes bras pour qu'il puisse me le retirer. Il enroula le tissu autour de mes poignets et s'en servit pour les bloquer au-dessus de ma tête d'une poigne ferme. De sa main libre, il s'attaqua à mon pantalon qui tomba sur mes chevilles encore habillées de mes bottes. Il ne prit pas la peine de me déshabiller plus que ça, avant de partir à l'assaut de mon corps. Ses doigts s'enfoncèrent en moi délicieusement. De la buée se forma sur le verre, quand je gémis contre la vitre. Toujours entravé par mon uniforme, je me cambrai un peu plus, pour accueillir ses phalanges inquisitrices plus profondément. Puis, il me quitta quelques secondes. Au bruit d'une fermeture éclair, je devinai qu'il se débarrassait de son pantalon. Il passa une jambe entre les miennes, pour m'inciter à les écarter, puis vint ensuite se coller contre mon dos et embrasser ma nuque, avant de me pénétrer lentement. J'en eus le souffle coupé. Ma peau se couvrit de sueur et vint troubler le verre de la fenêtre, la rendit glissante. J'y appuyai mon front, alors que Spock allait et venait en moi à un rythme implacable, me mettant au supplice. Tandis qu'une de ses mains bloquait toujours mes poignets, l'autre s'empara de mon membre pour le caresser adroitement. Mes jambes se mirent à trembler, mes cris de plaisir résonnèrent dans la vaste pièce et la pensée fugace que ses chambres n'étaient peut-être pas aussi bien insonorisées que celles de l'Enterprise me traversa l'esprit. Mais, je l'oubliai bien vite, quand l'orgasme monta soudainement, me faisant me tendre contre lui.
Spock me relâcha, mes genoux cédèrent et je m'effondrai sur le sol. Mais, il n'en avait pas fini avec moi. Il m'aida à me relever, avant de me pousser sur le canapé, juste derrière nous. Mes cuisses percutèrent le côté droit du sofa et je tombai en arrière, sur les coussins moelleux, avant de jeter mon t-shirt au loin. Spock attrapa l'une de mes bottes et tira dessus pour me l'enlever. Il en fit de même pour l'autre, puis me débarrassa de mon pantalon pour de bon, ainsi que mes chaussettes et mon boxer. J'étais totalement nu, mon bassin surélevé par l'accoudoir, mes jambes posées sur ses épaules larges. Sa coupe de cheveux était désordonnée, son torse se soulevait au rythme de sa respiration erratique, le bas de son uniforme, bloqué à mi-cuisse, dévoilait une érection suintante, d'une couleur vert amande. Il glissa une main entre mes jambes. De son pouce, il dessina des cercles autour de mon anneau de chair, sans jamais y entrer. Cette douce torture réveilla doucement mon membre au repos. Il se pencha ensuite sur moi, puis pénétra de nouveau mon corps, d'un coup sec qui m'arracha un cri qu'il étouffa d'un baiser fiévreux. Il me prit à une cadence effrénée, la chaleur de sa peau embrasa mes sens, son esprit se fondit dans le mien, m'amena une deuxième fois vers la jouissance. Il vint au creux de mes reins alors que je me répandais entre nos ventres, ses lèvres dévorant ma bouche.
Il se laissa tomber sur le tapis douillet, au pied du canapé et m'emporta dans sa chute, puis s'allongea sur le dos, essoufflé, et me serra contre lui. D'une main, il rejeta en arrière mes cheveux trempés de sueur, avant de m'embrasser tendrement. Il tendit un bras et tira à nous un plaid qui traînait sur le sofa, pour nous recouvrir. Se déplacer jusqu'au lit était au-dessus de mes forces. Ma joue confortablement appuyée sur son torse, je sombrai dans le sommeil sans m'en rendre compte.
La sonnerie de mon communicateur me tira violemment des bras de Morphée. Je tâtonnai dans l'obscurité à la recherche de mon pantalon. La nuit était tombée. Je m'emparai du maudit appareil et décrochai pour le faire taire.
« Kirk, j'écoute. » Dis-je d'une voix enrouée.
Spock se leva pour allumer la lumière.
« Ici Scott, Capitaine. Je suis remonté à bord, j'avais oublié quelques affaires. J'en ai profité pour faire un saut sur la passerelle, histoire de vérifier que tout allait bien. Avec les Klingons, on ne sait jamais, ils seraient capables d'en profiter pour saboter… »
« Abrégez Scotty. »
« Bref, nos radars ont détecté une tempête ionique, d'une taille phénoménale. Je n'ai jamais vu ça, monsieur ! Et d'après mes calculs, elle se dirige droit sur nous, rapidement. Elle risque d'endommager les téléporteurs et de faire sauter tous les systèmes automatisés de la base. Dans quelques heures, ce sera le chaos. » M'apprit-il, d'un ton urgent.
« Merci de m'avoir appelé. Je vais prendre des mesures. Ne restez pas à bord, ça pourrait être dangereux. Prévenez tous les membres d'équipage qui sont encore sur l'Enterprise d'en faire de même. Nous n'allons pas simplement nous en aller et abandonner la station à son sort. Trouvez McCoy. Rendez-vous dans le bar où nous étions tout à l'heure, dans une heure. »
« Bien reçu, Capitaine. »
« Kirk, terminé. »
Je m'empressai de rassembler mes affaires et de me rhabiller, imité par Spock.
« Nous devons prévenir T'Prylla. Tu as une idée de l'endroit où la trouver ? » Lui demandai-je.
« La connaissant, elle doit être encore dans son laboratoire. » Supposa-t-il.
« Alors allons-y. Nous n'avons plus beaucoup de temps. » Dis-je, en me précipitant vers la sortie.
