Aie aie aie ... je n'ose même pas commencer ... allez-y lancez moi des tomates, des pierres, des gousses d'ails... pour cette si longue absence. Pour m'excuser, tout ce que je peux dire c'est que ma surcharge de travail cette année est beaucoup plus importante que l'année dernière. Mais je ne vous oublie pas ! L'histoire est un peu moins claire dans ma tête que ne l'a été la première partie de passions immortelles mais pas de panique je sais quand même où je vais, c'est juste un peu plus long à structurer et j'en suis désolé !
Maintenant les remerciements pour les personnes qui me suivent et je l'espère me suivront encore malgré cette longue absence. Merci à Couette , trjkhi , mariel90 , eirann4ever , C. , jjunee , sororitas qui m'ont laissé un petit commentaire sur le chapitre précédent et qui me suivent avec assiduité ! Merci également aux personnes qui m'ont ajouté dans leur alerte ou dans leur favoris.
En tout cas voilà ce que vous attendiez alors,
Bonne lecture !
Premier paragraphe inspiré par la chanson La foule de Piaf
Chapitre 3
La rencontre
Lorsque j'étais enfermé, puni par mes geôliers, c'est aux limites de l'inconscience que ton visage me revenait le plus nettement. Je t'imaginais souriante avec ta robe blanche flottant autour de toi pendant que tu dansais pour moi. J'ai souvent pensé que cette vision était un rêve si seulement j'étais dans la capacité de m'enfoncer dans un sommeil réparateur. Mais ma condition me gardait éveillé, sans cesse, sans aucun répit face à la souffrance. Pourtant après une punition particulièrement douloureuse, j'ai fermé les yeux, espérant retrouver le sommeil, ce vieil ami qui m'avait abandonné depuis si longtemps.
Cette fois-là, je t'ai vu, Hermione, une nouvelle fois dans ta robe blanche, mais le décor m'apparaissait également, comme si mon rêve se matérialisait devant mes yeux. Ce n'était pas le soir du bal auquel nous avions assisté mais une autre fête à laquelle des centaines de sorciers et sorcières assistaient. J'ai cru reconnaître la grande place de Pré-au-lard, habillée de ses habits de fête, mais la foule m'empêchait d'observer plus en détail. Les gens dansaient et s'embrassaient en se prenant dans les bras, ils suffoquaient sous le soleil et l'euphorie. Je me sentais étrangement libre comme si j'étais libéré d'un poids. Je reconnaissais de nombreux visages et Molly Weasley s'était même approchée pour me serrer dans ses bras avant de repartir en souriant. La musique, les cris et les rires retentissaient autour de moi, je restais immobile, observant, sans savoir s'il fallait que je bouge ou non.
Soudain je me retourne et la foule se recule avant de me jeter dans tes bras. Ils reprennent alors tous leurs danses et leurs chants, nous entraînant l'un contre l'autre comme si nous n'étions plus qu'un seul corps. Mais peu m'importe puisque seul le sourire que tu me tends est important. J'aurai aimé t'embrasser et te dire à quel point je t'aime mais je reste là contre toi, épanoui, enivré et heureux. Trois mots sortent de ta bouche tendre :
- Voldemort est mort.
C'est plus que j'en espérais alors je te soulève et te fais tournoyer autour de moi. Les danseurs entament alors une folle farandole et nous nous retrouvons entraînes par celle-ci malgré nous. Mais tu aurais pu me faire danser n'importe quoi ce jour là Hermione, car enfin je t'avais près de moi. Nos mains sont soudées afin qu'on ne nous sépare jamais. La joie éclaboussée par ton sourire me transperce et rejaillit au fond de moi. Nous aurions pu mourir ce jour là car nous étions libres, ensemble et amoureux. Pendant que nous dansions parmi les gens, j'ai même cru voir une petite tête brune qui aurait pu être celle de notre enfant et j'ai senti au fond de moi mon cœur se gonfler d'orgueil d'avoir donné la vie à un être aussi beau.
Mon bonheur prend fin lorsque j'entends un cri transpercer la place. Je me rends compte que c'était moi qui avait crié, car ton corps s'éloignait du mien, emporté par la foule. Les visages joyeux s'étaient transformés en ceux déformés des mangemorts. Les robes multicolores étaient remplacées par des capes noires et le soleil est voilé par une ombre immense. Les mangemorts nous entraînent pour nous éloigner loin de l'autre. Je me débats et je t'entends crier de désespoir. Mais ses cris sont couverts par les rires écœurants des sbires du seigneur des ténèbres. C'est maintenant moi qui crie de douleur, de rage de te perdre à nouveau, ma si douce Hermione. Et je pleure…
Ces visions ressemblaient tellement à un rêve que je me demande encore si Blud ne s'était pas trompé lorsqu'il m'avait dit qu'un vampire ne dormait pas. J'aurais tout donné pour rester dans mon rêve à tes côtés Hermione, car ces quelques minutes entre tes bras avant que les mangemorts ne viennent tout gâcher me semblent plus près de moi que le jour où je te reverrai.
Voldemort avait trouvé la faille de Severus. Le sang dont il avait besoin était au final une véritable drogue. Le vampire qui habitait le mangemort était plus facilement manipulable lorsqu'il manquait de sang et que Voldemort lui en proposait gracieusement. Il avait même l'impression de retrouver le jeune Severus qui était à ses bottes il y a quelques années. Mais le Lord n'était pas dupe. Seule la fiole contenant la vie de la sang-de-bourbe soumettait Rogue. Il ne comprendrait jamais ce sentiment honteux qui compromettait quiconque le ressentait. L'amour. Il avait toujours cru que Severus était comme lui, un être sans état d'âme. Pourtant, lui aussi avait cédé à l'amour, par deux fois. Les sang-de-bourbes semblaient faire un drôle d'effet au maître des potions qui était tombé dans leurs filets par deux fois. D'abord Evans, puis Granger. Saleté de Gryffondor, saleté de nés-Moldus.
A cette pensée, le mage noir grimaça de dégoût mais voir le vampire vider sa victime de son sang sous ses yeux le fit revenir à la réalité. Les mangemorts présents semblaient révulsés de voir cette effusion de sang. Mais Voldemort ne cessait de s'en réjouir. Le regard que Severus lui lança était rempli de haine mais le rouge qui flamboyait dans ses yeux ne mentait pas. Il était repu. Le seigneur des ténèbres éclata de rire.
- Eh bien Severus ! T'étais-tu déjà imaginé satisfaire ta soif entre les murs de ce château ?
- A vrai dire, répondit le vampire dans un murmure, j'y ai pensé il y a quelques mois juste avant d'ôter la vie de Gregory Goyle.
Les mangemorts qui faisaient cercle autour de Voldemort et de Rogue s'agitèrent en entendant la réponse de ce dernier et on entendit quelqu'un suffoquer.
- Ordure ! cria la mère de Goyle, le visage décomposé.
Elle s'apprêtait à avancer au centre du cercle pour rejoindre le meurtrier de son fils mais Bellatrix Lestrange qui était à ses côtés lui retint le bras, afin qu'elle reste à sa place.
- Fais attention à tes paroles Severus, je t'ai pardonné tes actes de traitrise mais si tu ne comptes pas racheter tes erreurs il pourrait arriver une mort très semblable à l'un de tes… proches.
Le mage noir insista sur le dernier mot afin de faire comprendre au vampire qu'il parlait bien entendu d'une personne en particulier. Le maître des potions resta immobile, les poings serrés tentant de contrôler son envie de continuer son festin avec les mangemorts qui l'encerclaient. Il sentait que bientôt les personnes qu'il viderait de leur sang auraient des visages familiers. Mais il devait continuer à exécuter les ordres de Voldemort pour préserver Hermione, c'était tout ce qui importait. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas Drago entrer dans la grande salle. Le jeune homme fut surpris de voir son professeur au centre du cercle des mangemorts. Il ne l'avait pas vu en dehors de sa cellule depuis la bataille et le regard que lui lança le vampire ne trompait pas. Il le détestait d'avoir livré la Gryffondor au mage noir. Le Serpentard tenta d'ignorer le regard flamboyant et s'avança sans s'arrêter jusqu'au pied de Voldemort, là où il s'agenouilla.
- Mon cher Drago, comment se porte notre ami des Moldus ?
- La défaite l'a beaucoup affecté, maître. Il a du mal à rassembler les autres autour de lui. C'est Maugrey qui s'est occupé de tout jusqu'à maintenant. Mais Dumbledore veut assurer la sécurité de tous. Il prévoit d'envoyer des membres de l'Ordre protéger les alentours de la forêt des aujourd'hui.
- Très bien, il est temps d'agir.
Le silence se fit dans la pièce, chaque mangemort prêt à écouter les ordres. Severus avait relevé la tête pour se concentrer sur le mage noir. Il reprenait peu à peu le dessus sur le vampire afin de ne rien rater d'important.
- Certains d'entre vous vont se diriger dès à présent vers la forêt afin d'essayer d'atteindre les sorciers qui sont chargés de la protection et les empêcher de dresser les barrières magiques entre eux et nous. Nous allons également nous rendre à Pré-au-lard pour ceux qui ne participeront à l'attaque dans la forêt. S'ils ne veulent pas sortir de leur cachette nous allons les y obliger. Je doute que Dumbledore laisse un village tout entier se débrouiller contre nous s'il entend parler de l'attaque. Drago tu iras l'informer de nos plans concernant Pré-au-Lard.
Le jeune homme hocha la tête pour montrer qu'il avait bien compris. Puis Voldemort demanda à ses mangemorts de se porter volontaire pour diriger l'attaque sur la forêt interdire. Mais se rendre là-bas n'enchantait personne aussi aucun d'eux n'avança d'un pas. Voldemort les dévisagea tour à tour, il pouvait parfaitement ressentir leur peur. Il commença à citer plusieurs noms et chaque Mangemort fit un pas en avant à l'annonce de leur nom.
- Malfoy !
Cette fois-ci se fut Lucius qui leva la tête pour écouter le mage noir.
- Tu vas prendre Severus avec toi !
A l'annonce de son nom, Rogue redoubla de concentration et il sentit la frayeur de Malfoy de l'avoir à ses côtés.
- Mais Maître…
- Tu n'as pas à discuter Lucius. Severus sera un avantage certain pour nous, compte tenu de ce qu'il nous a montré dans la grande salle lorsqu'il a voulu défendre sa chère et tendre. Et puis je suis sûr que notre petit vampire se tiendra bien. Il sait ce qu'il perdra dans le cas contraire.
Le visage d'Hermione apparut aussitôt dans l'esprit de Severus et il sut que c'était une projection de Voldemort et qu'il ne pourrait rien tenter contre les mangemorts. D'un geste de la main, Lord Voldemort les invita à quitter la grande salle pour préparer leurs missions prochaines.
L'enterrement fut un véritable déclencheur pour Dumbledore. Il ne se cacha plus et reprit la direction de l'Ordre du Phénix non sans avoir remercié Fol'œil d'avoir pris sa place le temps qu'il fallut. Les premières réunions avaient eu lieu afin d'envoyer des sorciers dans tous les hauts-lieux magiques prévenir de la perte de Poudlard. Ainsi, Dumbledore et les autres furent alertés de la destruction partielle du chemin de traverse et des bureaux de la Gazette du Sorcier. Le Ministère de la Magie quant à lui semblait plus corrompu que jamais. Les sorciers de pouvoirs avaient soit quitté leurs fonctions pour se réfugier à l'étranger, soit reçu le sortilège de l'Imperium que Voldemort contrôlait avec efficacité. La forêt interdite semblait être le dernier lieu magique encore protégé. Il fallait donc s'assurer qu'elle reste sûre le plus longtemps possible. Dumbledore avait donc réuni les membres de l'Ordre pour prendre des mesures pour la protéger.
Harry, Ron et Hermione se tenaient debout au fond de la grande hutte et écoutaient se qui se disait avec attention. Ils avaient la nette impression d'être tenus à l'écart des actions de l'Ordre et n'appréciaient pas d'être traités à nouveau comme des enfants.
- Nous allons lancer des sortilèges de protection aux abords de la forêt interdite aujourd'hui. Il est temps d'assurer notre sécurité ici puisqu'il semble qu'aucun autre lieu magique n'est sûr à présent.
- N'est-ce pas trop dangereux de rester si près de Voldemort ? demanda Molly Weasley.
- Il vaut mieux être proche de Voldemort que trop éloigné, bougonna Fol'œil.
- Je propose dès à présent que des volontaires aillent renforcer les sortilèges de sécurité, reprit Dumbledore, il est important que les mangemorts ne puissent pas pénétrer la forêt. N'hésitez pas également à utiliser des procédés Moldus afin qu'ils ne soient pas détectable par magie.
Aussitôt plusieurs personnes levèrent la main pour se proposer. Le trio Gryffondor leva la main également mais il fut ignoré une nouvelle fois. La quasi totalité de l'Ordre du Phénix se préparait déjà à cette mission quand Drago pénétra en courant dans la hutte. Maugrey serra le poing en voyant débarquer le jeune homme en qui il n'avait pas confiance, mais Dumbledore lui donna volontiers la parole.
- J'ai mis le seigneur des ténèbres au courant de nos actions concernant la protection de la forêt comme vous me l'aviez demandé professeur.
- Quoi ? Rugit Maugrey en s'abattant sur Malfoy et en le saisissant par le col.
- Lâchez-le Alastor. Le jeune Drago a fait ce que je lui avais demandé afin que Voldemort lui accorde sa confiance.
Le vieil auror se recula, son œil magique fixé sur le Serpentard. Harry avait redoublé d'attention à l'arrivée de Drago. Ce dernier, après s'être frotté la gorge, reprit la parole difficilement en évitant de regarder Fol'œil.
- J'ai pu apprendre ainsi que Voldemort comptait venir nous empêcher de dresser les barrières de protection mais il souhaite également mener en même temps une attaque à Pré-au-lard afin de diviser nos forces.
L'effroi s'abattu sur l'assistance qui se savait trop peu nombreuse pour défendre le village sorcier en même temps que d'assurer la protection de la forêt. Les murmures s'élevèrent dans la pièce et il fut très vite impossible de s'entendre parler. Le directeur se lança un sort pour pouvoir parler plus fort que tout le monde.
- Silence je vous pris ! Nous allons donc, comme vous l'avez compris, diviser nos forces. Je vais avoir besoin des sorciers les plus confirmés pour aller aider les habitants de Pré-au-lard et, s'il le faut, les évacuer jusqu'ici. Un nombre plus petit ira protéger les abords de la forêt.
Dumbledore constitua un premier groupe pour aller prêter main forte à Pré-au-lard, Kingsley Shacklebolt à leur tête. Le deuxième groupe, moins nombreux, avec Maugrey en chef de troupe, allait protéger la forêt interdite. Harry, Ron et Hermione ne figurait dans aucun des deux groupes.
- Nous voulons participer, s'écria le survivant pour se faire entendre de tous.
Le silence se fit soudain, comme si tout le monde s'était attendu à ce qu'Harry intervienne. Dumbledore le dévisagea sans répondre. Se fut Molly Weasley qui prit la parole après quelques secondes.
- C'est hors de question, les enfants, c'est pour votre sécurité.
- Nous ne sommes plus des enfants, répliqua le Gryffondor en s'avançant au milieu de l'assemblée. Nous faisons partie de l'Ordre du Phénix à part entière depuis plusieurs mois, mais nous sommes couvés par vous tous, si bien que nous sommes inefficaces lorsqu'il s'agit de se battre lors d'une attaque de mangemorts.
Tous le monde se tut au souvenir de la bataille et au fait qu'ils avaient bien failli perdre l'espoir du monde sorcier sous la baguette de Bellatrix Lestrange. Harry respirait lourdement ne sachant pas vraiment quoi dire de plus, il ne s'attendait pas à tant d'attention autour de lui lorsqu'il avait prit la parole. Il avait avant tout cherché à parler à Dumbledore. Se fut Hermione qui vint à son secours en s'approchant à son tour et en lui prenant la main.
- Nous ne sommes plus des enfants, répéta-t-elle à nouveau. Nous voulons nous battre, défendre les personnes qui nous sont chers autant que vous. Il le faut, sinon nous ne serons pas prêts lorsqu'il s'agira d'affronter Voldemort. Harry ne sera pas prêt. Il doit gagner en expérience dans le combat avant la prochaine bataille, car il y en aura une autre sans aucun doute. Je ne me souviens pas de la dernière bataille mais je me souviens des blessés et des morts. Je ne veux pas revivre ça.
Elle s'arrêta un instant afin que chacun se rappelle ce que la défaite leur avait coûté la dernière fois. Les visages étaient baissés en signe de deuil. Seul Drago la regardait sans ciller, la soutenant dans son discours. Elle lui sourit discrètement avant de reprendre la parole.
- Vous ne voulez pas nous voir participer parce que vous nous croyez trop jeune, mais vous envoyez Drago à la mort tous les jours. Pourtant Drago n'est pas plus âgé que nous, il ne mérite pas plus de mourir que nous.
Harry serra la main de la jeune femme après ses dernières paroles, il savait qu'elle tenait un au Serpentard depuis qu'elle s'était réveillée après son amnésie. Dumbledore lança un sourire contrit, comme pour se faire pardonner de demander à Malfoy d'aller espionner pour eux tous les jours. Le directeur prit une longue inspiration avant de répondre aux deux Gryffondor.
- Très bien, vous irez tous les trois aider à renforcer les défenses de la forêt interdite.
Ravis de cette victoire, les trois Gryffondor se sourirent avant d'aller préparer leur expédition. La hutte commença à se vider, et chaque membre de l'Ordre s'afférait pour partir au plus vite. Dumbledore qui semblait accablé d'avoir accordé à Harry ce qu'il voulait s'approcha de ce dernier.
- Sois prudent Harry, dit-il en posant une main sur l'épaule du jeune homme, tu sais à quel point tu es important pour nous tous.
Le Gryffondor qui ne sut pas quoi répondre hocha brièvement la tête avant de s'éloigner avec Ron et Hermione. Ils rejoignirent leur hutte respective avant de prendre la route. Il y eut quelques cris entre Harry et Ginny qui refusait de voir celui qu'elle aimait prendre des risques inutiles alors qu'elle ne pouvait pas participer avec eux. Hermione les regarda se dire au revoir tendrement avant qu'une voix ne l'interpelle.
- Hermione ?
Elle se retourna pour voir Drago marcher vers elle. Elle fut heureuse de le voir. Ils n'avaient pas eu beaucoup de contact depuis que le Serpentard était reparti auprès de Voldemort. Elle s'avança vers lui pour le serrer brièvement dans ses bras.
- Ce ne te dérange pas que je t'accompagne pour la mission ? demanda-t-il
- Dans la forêt ? Ce n'est pas trop risqué ? Si on tombe sur des mangemorts et qu'ils nous voient, ta couverture sera grillée.
- Et bien je resterais loin derrière toi, histoire de garder un œil sur toi sans qu'on puisse me voir à tes côtés.
Hermione fut touchée de son attention et accepta avant de s'éloigner pour rejoindre Ron et Harry. Ils se mirent en route pour rejoindre les abords de la forêt. Drago marchait loin derrière eux et on ne devinait sa présence qu'à cause des quelques craquements de branches sous ses pieds. C'était la première fois qu'Hermione s'éloignait du campement et elle vit un visage différent de la forêt interdite. Ils croisaient souvent des centaures armés d'arcs et de flèches qui patrouillaient, des animaux de toutes sortes croisaient parfois leur route avant de s'éloigner en courant. Hermione était émerveillée de voir le nombre d'ingrédients de potions qui poussaient dans la forêt et se voyait déjà en train de confectionner des potions pour l'Ordre du Phénix si elle arrivait à se procurer un matériel convenable.
Enfin, arrivés à la lisière de la forêt, les trois Gryffondor se séparèrent pour lancer les premiers sorts. Hermione se concentra pour s'appliquer à sa tache avec précision. Elle n'avait pas encore vu de mangemorts au loin mais l'endroit où on les avait assignés était assez éloigné du château et la Gryffondor doutait que les sbires de Voldemort arrivent là avant un bon moment. Après avoir lancé des sorts plus ou moins complexes, elle se mit à métamorphoser plusieurs branches en une longue et épaisse corde. A quelques mètres d'elle, elle pouvait toujours entendre Drago qui la surveillait et cela la fit sourire. Il était un piètre espion lorsqu'il s'agissait de dissimuler ses bruits de pas. Une fois la métamorphose finit elle s'attaqua à nouer les premiers nœuds. Son père lui avait appris à confectionner des pièges lorsqu'elle était petite et qu'elle voulait apprendre ce qu'elle voyait dans les films d'aventure. Elle fut étonnée de se souvenir d'autant de détails de son enfance alors que les événements de ces derniers mois lui échappaient complètement. Elle plaça son piège dans un endroit stratégique et le camoufla avec de la neige et des feuilles mortes. Elle regarda son œuvre avec satisfaction. A nouveau elle entendit des bruits de pas derrière elle.
- Ça devient ridicule, dit la jeune femme en rigolant, pourquoi est-ce que tu ne me rejoins pas ?
- Je te rappelle que c'est toi qui as donné cette condition pour que je t'accompagne.
- Je ne savais pas que ça serait aussi étrange de se sentir épier sans cesse.
Drago s'avança pour observer le travail de la Gryffondor et fut abasourdi du résultat. Les moldus, au final, faisait vraiment des choses très ingénieuses avec peu de choses. Ils furent ravi de passer un peu de temps ensemble après plusieurs jours d'absence. Ils continuèrent à lancer des sortilèges de protection tout en faisant la conversation. Cependant un étrange sentiment persistait chez Hermione.
- Tu sais, maintenant que tu es prêt de moi, j'ai encore cette impression étrange qu'on m'observe.
- Tu veux que je fasse le tour pour vérifier ? demanda gentiment le Serpentard.
- Je sais que c'est ridicule, mais ça me rassurerait, oui.
Le Serpentard s'éloigna. La jeune femme n'arrivait pas à sortir cette étrange sensation de sa tête. Elle attendait ainsi avec impatience le retour du Serpentard pour qu'il lui confirme qu'il n'y avait rien aux alentours. De jours en jours, Hermione avait l'impression de découvrir un nouveau Drago, moins arrogant, plus droit et surtout plus gentil qu'il n'avait jamais été avec elle. En entendant le bruit familier des brindilles qui se cassent sous les pieds, elle se retourna pour accueillir le retour du Serpentard en souriant. Mais la personne qui se dressa face à elle n'avait rien à voir avec Drago.
Le torse droit, le visage fermé, Severus Rogue se tenait devant elle. Ce dernier s'arrêta net en apercevant la jeune femme, n'osant y croire. Hermione non plus ne bougea plus, la baguette à la main. Aucune parole ne fut prononcer et seul le murmure du vent venait troubler la scène. Aucun des deux n'osait bouger, Severus avait trop peur que la vision de celle qu'il aimait ne s'en aille, Hermione ne voulait pas se faire attaquer si elle bougeait le petit doigt. Soudain Severus, tomba à genoux incapable de supporter le poids de son corps, celui de son cœur mort qui ne demandait qu'à battre pour la personne en face de lui.
- Hermione…
Le prénom fut chuchoter par la bouche du Serpentard et fut presque inaudible, mais la Gryffondor l'entendit tout de même. Son corps s'activa enfin et elle pointa sa baguette vers son ancien professeur.
- Vous ! Ne prononcez pas mon nom, espèce de traître !
Severus reçut l'insulte sans répliquer. Il savait que c'était ce qui se disait. Qu'il avait à nouveau rejoint les rangs de Voldemort. Personne ne parlait de la raison qui l'avait poussé à briser la promesse qu'il avait faite à Dumbledore. Cette raison était en face de lui maintenant alors qu'il n'espérait plus la revoir, et elle semblait terriblement en colère. Mais même les traits du visage contractés par la rage semblaient parfaits aux yeux de Severus.
- Hermione, murmura-t-il à nouveau sans la quitter des yeux.
- Taisez-vous ! cria-t-elle. Doloris !
Hermione voulait lui faire mal, lui faire regretter d'avoir trahi Dumbledore et les membres de l'Ordre, tous ceux qui croyaient plus ou moins en lui. Elle l'avait toujours défendu contre ceux qui ne croyaient pas en sa franchise. Un éclair rouge sortit de la baguette de la Gryffondor et alla frapper le corps du maître des potions de plein fouet. Mais celui-ci ne bougea pas, il n'éprouva aucune douleur.
- Doloris ! Doloris !
La jeune femme criait sans pouvoir s'arrêter. Elle voulait le punir, mais le sortilège impardonnable semblait ne pas vouloir fonctionner. Elle ne l'avait jamais lancé aussi ne savait-elle pas si elle si prenait bien ou mal. A chaque nouveau sort, Severus se rendait compte qu'elle avait vraiment perdu la mémoire, qu'elle ne se souvenait pas de ce qu'ils avaient vécu, et cela lui fit plus mal que tous les sorts qu'elle aurait pu lui lancer. Elle pleurait à présent de voir ses sortilèges inefficace et de voir Rogue inactif, qui n'essayait pas de se défendre. Il continuait de la fixer sans parler et peu à peu il ressentait les sentiments de la jeune femme, comme si la présence de l'autre suffisait à les unir à nouveau. Il avait l'impression que le lien réapparaissait petit à petit. Sentir la souffrance qu'elle ressentait lui était insupportable. Et c'était lui qui la provoquait.
- Hermione, je suis tellement désolé.
Trop fatigué pour continuer de se battre contre ce traître qui ne se défendait pas et qui ne ressentait pas les dommages du sortilège qu'elle lui lançait, Hermione tomba à genoux à son tour, pleurant à chaudes larmes. Elle ne comprenait pas ce qui se passait et elle ne savait pas quoi faire. Elle avait l'impression qui lui manquait des pièces du puzzle, cachées au fond de sa mémoire, et elle n'arrivait pas à réfléchir correctement.
- Pourquoi ? cria-t-elle en pleurant.
Severus aurait voulu la prendre dans ses bras pour la consoler mais il ne pouvait pas bouger, trop déconcerté par la situation. Ils étaient face à face, à genou à quelques mètres l'un de l'autre et ils ne bougèrent pas pendant de longues minutes. Après ce laps de temps, on entendit à nouveau des bruits de pas et Drago arriva. Il observa la scène étrange avant de se précipiter vers Hermione pour la prendre dans ses bras. Elle pleura à chaudes larmes contre son épaule. Voyant cela, Severus se releva pour les séparer, il n'avait pas le droit de poser les mains sur son Hermione. Un regard noir de Drago l'arrêta dans son élan. Ce n'était plus l'Hermione qui l'avait aimé. Elle ne se souvenait plus de ce qu'ils avaient vécu.
- Retournez au château Rogue, murmura Drago, je la ramène dans la forêt.
Severus ne fit pas un pas pour s'éloigner, aussi se fut Drago qui prit la route en portant Hermione dans ses bras. Le vampire resta immobile longtemps après que les deux jeunes gens se soient éloignés. Hermione était parti une nouvelle fois loin de lui, sans se souvenir à quel point il pouvait l'aimer. Pourtant cette fois quelque chose avait changé. Severus sentait au fond de lui une frustration et une colère qui n'était pas la sienne. Il revivait cent fois le sortilège Doloris qui sortait d'une baguette qui n'était pas la sienne et il comprit. Il était dans la tête d'Hermione et il ressentait ce qu'elle ressentait à cet instant. Le lien entre eux s'était reformé malgré l'amnésie de la Gryffondor. Tout n'était pas perdu.
