Les bases du passé ayant été posées, passons maintenant au présent. Comme déjà précisé, les cinq premiers tomes sont respectés, l'histoire prend désormais place après.

Les personnages principaux et les cinq premiers tomes pris en compte sont à J.K. Rowling.

Futur slash, vous êtes prévenus.

Merci à tous pour vos reviews et donc maintenant, BONNE LECTURE !

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Chapitre 3 : Társa ?

Severus Snape n'avait jamais pu comprendre comment il pouvait autant détester cet enfant et en même temps se retrouver comme attiré par lui.

Il haïssait son père, ça, c'était un fait, inutile de revenir dessus.

Il adorait sa mère, ça non plus, aucun problème.

Non le problème, c'est que le garçon avait hérité de toutes les caractéristiques physiques de James Potter mais avec les magnifiques yeux verts de Lily. Il le détestait parce qu'il lui rappelait bien trop celui qui lui avait volé sa seule amie et lui avait littéralement pourri sa scolarité, et qu'en le regardant, il ne pouvait s'empêchant de voir les yeux accusateurs de celle qui l'avait rejeté après la phrase de trop.

S'il avait été Methuselah de naissance, peut-être que les choses ne se seraient pas passé ainsi. Il était inutile d'y penser, si cela avait été le cas, il ne l'aurait très probablement même pas rencontrée avant Poudlard.

Maintenant c'est son fils qu'il avait sous les yeux, un gamin chétif, Griffondor bien entendu, dont il exécrait la présence au point de le prendre tout naturellement comme souffre douleur, mais qu'il ne pouvait s'empêcher de surveiller de loin et de protéger. Il allait devenir dingue.

C'est pour cela qu'il fini par en parler aux Malefoy. Cette famille l'avait énormément aidé après sa transformation, lui enseignant à maitriser toutes les facettes de ses nouvelles facultés.

Il avait été plus que surpris de voir que Narcissa était toute aussi dévouée à leur cause que son mari. Pourtant s'il se rappelait bien, cela avait été un mariage de convenance. Narcissa avait été imposée à Lucius pour sa beauté et surtout son lignage, sans qu'ils ne se soient fréquentés avant. C'était effectivement une femme magnifique, ses longs cheveux blonds cascadant dans son dos et les yeux d'un vert très pâle surnaturel.

Ce qui aurait du devenir un mariage de société et d'apparences était en réalité devenu un mariage d'amour sincère. Lucius lui expliqua que sans que personne ne le sache Narcissa était une társa, une compagne potentielle possédant un sang très particulier se régénérant à l'infini une fois lié à un vampire. Ce lien entrainait alors l'éveil de dons amenant la compagne à devenir « l'égal » de son compagnon. Une particularité étant que le társa a toujours le choix de se lier ou pas. Il peut choisir de rester sans vampire, de prendre un compagnon humain ou pas de compagnon du tout, même si son instinct le pousse en général vers un Methuselah. En effet, l'amour vampirique est éternel et absolu, faisant de deux êtres, des compagnons d'âme.

Lucius avait donc courtisé dans les règles Narcissa même si leur mariage était officiellement prononcé, lui laissant le choix quant à consommer leur relation ou non. Pas qu'il ait réellement eu le choix de toute manière puisque sa nature le poussait à protéger la társa et à ne pas lui faire de mal. Mais le fait est que cette attitude l'avait convaincue qu'elle n'était pas si mal tombée et que l'amour était possible.

Il ne leur fallu pas longtemps pour que celui-ci se concrétise par un fils. Narcissa étant une társa, il était presque sur qu'il était Methuselah mais ce fait deviendrait totalement certain à sa majorité, même si sa couleur de cheveux, exact reflet de celle de Lucius et ses yeux orage tendaient à confirmer leurs soupçons par leurs particularité.

Severus avait donc parlé à Lucius des sentiments plus qu'étranges que faisait naitre en lui le gamin Potter. S'il n'y avait eu que la haine, ou encore l'indifférence, cela ne lui aurait pas posé de problèmes. Mais cet instinct de protection qui lui paraissait si naturel, sa raison lui affirmait que ça ne l'était pas du tout.

La réponse de Lucius avait failli le faire s'évanouir sur place.

« Ce que tu me décris là correspond tout à fait au sentiment d'un Methuselah envers un enfant társa. Une fois sa majorité atteinte, il se transformera en amitié ou en amour s'il te correspond, cela peut survenir dès ses 15 ans. »

A partir de ce jour et malgré le fait qu'il soit toujours là pour l'aider, il décida de surtout continuer à faire de la vie du jeune Potter un enfer afin de ne jamais être tenté d'en faire son compagnon.

Pourtant, chaque heure de colle en sa compagnie devenait plus dure à supporter. Il avait vite remarqué que même avec toute la meilleur mauvaise volonté du monde, il était obligé de reconnaitre que le gamin n'était pas comme son père, mais se rapprochait plus de Lily.

Et comme l'avait prédit Lucius, les quinze ans de son élève transformèrent irrémédiablement son aversion en attirance, et ce même s'il ne l'avouerait pas sous la pire des tortures.

Plusieurs fois au cours de ces cinq dernières années, il avait frôlé l'arrêt cardiaque à cause de toutes les péripéties dans lesquelles se trouvait entrainé le Griffondor. Chaque année avait son lot d'aventure, d'une rencontre avec Voldemort lui-même en première année, à un basilik en seconde, sans compter Sirius Black en troisième. Sur ce coup là, il avait cru qu'il ne pourrait se retenir de faire un carnage lorsqu'il avait vu celui que tout le monde pensait être le meurtrier des Potter, en face de Harry.

Il était presque soulagé de s'être fait stupéfixié et ainsi ne pas avoir commis l'irréparable une fois de plus. Le gamin n'aurait surement pas supporté de perdre son parrain quelques secondes après l'avoir retrouvé, innocent de surquoi. Même si encore une fois, jamais quelqu'un ne lui ferait avouer ça de vive voix.

Ensuite était venue la quatrième année, la pire surement pour ses nerfs. Le tournoi des trois sorciers, auquel un gamin de 15 ans n'aurait jamais du participer. Et lorsqu'il avait disparu à la fin, emporté par un portoloin, directement aux pieds du Lord Noir lui-même. . . Lord Noir qui lui avait pris de son sang. . .

Il avait du utiliser tout son self control lorsqu'il était réapparu devant lui pour ne pas se jeter dessus et tenter de le déchiqueter à mains nues, ce qui, il le sait bien, se serait soldé par sa mort à lui et non celle du serpent. Mais il avait été réellement tenté d'essayer.

Heureusement que Lucius et ses conversations mentales était là, sinon, il aurait déjà disjoncté. Celui-ci semblait imperturbable. Quoi qu'il se passe, il trouvait une parade et gérait la situation d'une main de maitre.

Malheureusement, pour ce qui était désormais bien un problème de cœur, il ne pouvait rien pour l'aider. S'il n'avait pris en grippe l'enfant dès qu'il était arrivé, les choses auraient-elles été plus simple ? Il se le demandait.

Après tout, Potter ne devait pas être le seul társa qui lui correspondait ? Si ?

La dernière année lui avait semblé s'annoncer tranquille, mais non, c'était impossible pour Harry Potter d'avoir ce genre d'année. Il avait fallu qu'il aille se fourrer au département des mystères du ministère, en même temps qu'une bande de mangemorts à la recherche d'une prophétie. Heureusement que Lucius était là et qu'il avait pu empêcher la mort du gamin. Par contre son cabot de parrain lui, n'y avait pas survécu. Il était passé à travers un voile dont personne ne connait la destination mais dont nul n'est jamais revenu.

Après cela, la lueur qu'il voyait régulièrement dans les pupilles de l'adolescent (sauf en sa présence directe, ce serait trop beau) s'était éteinte.

En ce début de sixième année, il paraissait profondément déprimé et même s'il souriait toujours en face de ses amis, ce sourire paraissait faux et terne à côté de ceux des années passées. La mort de Sirius avait sans nul doute été l'épreuve de trop pour le jeune garçon, et pour cela, Severus ne pouvait rien faire. Il se voyait mal dire en face à Harry qu'il était un Methuselah et le voulait pour compagnon. Dans le meilleur des cas, il le ferait fuir, dans le pire, il se ferait descendre immédiatement ce qui n'était pas la meilleure des idées pour au final vaincre le Lord.

Ce dont il ne se doutait pas c'est que Harry ne déprimait pas uniquement à cause de son parrain, mais aussi à cause de lui.

Aussi loin qu'il se souvienne, Harry avait développé une certaine fascination pour le maitre des cachots de Poudlard. Il était le seul à pouvoir lui faire perdre autant son sang froid. Même Malefoy lui arrivait à peine à la cheville, et Merlin sait à quel le blond pouvait être exécrable. Snape était le seul dont les remarques toujours ciblées lui faisait le plus mal sans qu'il sache pourquoi. Les mêmes mots dans la bouche de Malefoy ou n'importe quel autre Serpentard ne l'atteignaient pas autant.

Mais depuis un an, depuis ses 15 ans, cette fascination était montée d'un cran encore. Il avait parfois l'impression de voir une image se superposer à celle de son professeur, des traits plus fins, des cheveux plus longs, plus souples dans lesquels il s'était surpris à vouloir passer la main, à sa plus grande honte au début. Quand leurs regards se croisaient, il avait l'impression de voir deux orbes rouge très foncées presque noires mais pas tout à fait. L'instant d'après, tout redevenait normal.

Il avait parlé à Hermione de ces illusions d'optique et elle avait fait des recherches bien sur, mais sans beaucoup de succès. La seule explication était selon elle, un sortilège d'illusion de type glamour déficient, mais à ce moment là, tout le monde l'aurait remarqué. Après cette conclusion, il n'en avait plus reparlé.

Mais ce n'est pas pour cela qu'il n'y pensait plus. Il se surprenait à observer Snape à la dérobée pendant ses cours ou dans la grande salle. Cherchant à percer le mystère de ces « illusions ».

Au bout d'un an, il avait du se rendre à l'évidence qu'il était attiré irrémédiablement par son professeur de potion sans espoir de retour de sentiments.

Jusque là il avait pu l'accepter, tout à la joie de connaitre son parrain même s'il n'était pas souvent là pour lui mais plutôt en mission pour l'ordre. Mais sa mort l'avait achevé. Ses deux meilleurs amis n'arrivaient plus à combler le vide qui l'envahissait petit à petit.

Il espérait presque que Voldemort lança une attaque du château afin d'en finir une bonne fois pour toute. Ensuite il pourrait partir il ne savait encore où mais loin d'ici.

Loin de ce lieu où il voyait sans cesse la personne qui l'attirait et qui le détestait.

Loin de ce lieu qui lui rappelait Sirius et ses parents.

Encore ses parents, il ne les avait pas connus, il n'avait d'eux que des photographies dont certaines avaient le cadre de Poudlard. Mais Sirius, c'est ici qu'il l'avait connu, où plutôt près d'ici dans la cabane hurlante. Puis ils s'étaient tous enfui à travers le parc. Et il y avait aussi la haute tour dans laquelle son parrain avait été emprisonné et d'où il avait pu sortir grâce à Buck l'hippogriffe et le retourneur de temps d'Hermione.

Il ne fallait pas oublier Cedric non plus. Lui c'est Poudlard dans son entier qui le lui rappelait. C'était injuste qu'il ne soit plus là, qu'il n'ait pas eu la chance de continuer ses études, que sa copine se soit retrouvée seule ainsi que sa famille. Il aurait du vivre, sa mort n'avait même pas été utile puisque le ministère avait refusé le fait que Voldemort était bien vivant et retrouvait ses forces.

Heureusement Dumbledore l'avait cru lui, sauf qu'il le savait déjà, ce n'était qu'une preuve de quelque chose dont il était déjà persuadé. Toutes ces morts inutiles. . .

Il fallait vraiment qu'il arrête de penser à tout ça sinon ses amis allaient s'inquiéter pour de bon. Au moment où il se disait cela, un bruit assourdissant retenti et des mangemorts pénétrèrent dans la grande salle.

Très vite les sorts fusaient dans toutes les directions avant que les mangemorts ne se retirent brusquement, repartant par où ils étaient entrés. L'attaque avait à peine durée quelques dizaines de minutes.

Les murmures allèrent croissant, chacun demandant si quelqu'un était blessé, qui manquait à l'appel. Mais apparemment, les mangemorts n'avaient fait aucune victime. A quoi tout cela rimait-il donc ?

Quand soudain une pensée s'imposa à Harry alors même qu'un malaise remplaçait le soulagement de savoir tous ses amis saufs.

Severus !

***

társa signifie « compagnon » en hongrois