Abigail se leva assez tard le lendemain matin, réveillée par les cris des marchands qui vendaient leurs produits au marché local. Elle s'étira dans son lit puis regarda par la fenêtre qui lui donnait une belle vue sur le marché. Malgré l'agitation, son regard se porta directement sur Ati, vêtu de son éternel chapeau noir d'aventurier qui passait entre les étals en grignotant une pomme. C'était une des choses qu'il avait remarqué chez lui: quand il est proche, le regard des gens autour de lui se portait sur lui. Ou peut être que ce n'était que le sien.

Elle secoua la tête et reporta son attention sur le marché.

-Attrapez le !

Le cri que poussa le marchand sortit Abigail de ses pensées, elle vit un enfant s'éloigner d'une échoppe en courant, une bourse à moitié remplie dans la main et un morceau de pain dans l'autre. Elle sourit tristement en voyant les marchand le rattraper et se prépara à entendre les réprimandes des gardes … Jusqu'à ce qu'Ati, sortit de nul part, attrape le petit voleur par le bras, l'arrêtant net dans sa course.

"Mais … D'où il se permet de faire ca ?" Se dit Abigail en serrant les poings.

Elle croisa les bras et vit Ati rendre la bourse au marchand et écarter l'enfant des gardes.

-Je m'occupe de son cas, dit Ati.

-Il vaudrait mieux oui … Répondit le garde en s'éloignant.

Ati entraîna l'enfant hors du marché, hors de portée des yeux d'Abigail qui alla préparer ses affaires en fulminant.

"Profiter de sa situation de héros contre le Thalmor pour faire la morale aux enfants et faire de boulot des gardes … Prétentieux va"

En rentrant dans l'auberge, Ati croisa Abigail qui marchait dans l'autre sens en portant leurs affaires.

-Nous y allons. Ordonna Abigail.

-Hem … Abi ? intervient timidement Ati.

-Ne m'appelez pas Abi.

-… Bien Abigail, mais vous avez oublié un détail, je ne suis pas en tenue pour voyager.

-Et bien vous vous changerez sur le chemin, répondit Abigail avec un grand sourire, et puis nous devons faire vite, vous devez me protéger jusqu'à ce que nous trouvions notre camarade et puis … C'est moi qui dirige les opérations.

Ati resta muet quelques seconde en la défiant du regard, puis leva les yeux au ciel en soupirant.

-Si vous y tenez, mais alors prenez un cheval, si on doit faire vite je ne vous attendrais pas.

-Euh … Je vous demande pardon ?

Effectivement, elle avait bien fait de prendre un cheval. Au bout de quelques heures, Ati parvenait presque à dépasser la marche soutenue du cheval en se contentant de trottiner sous la pluie de printemps qui tombait et qui trempait Abigail jusqu'aux os. Mais Ati ne semblait pas dérangé par l'humidité, à l'inverse de la Daemen qui tremblait de froid malgré ses vêtements chauds alors que son compagnon ne s'était pas changer et portait uniquement des chaussures de villes, un pantalon, une chemise et son chapeau.

-Vous ne voulez pas enfiler quelque chose de plus chaud Ati ?

-Non.

-Vous êtes plus bavard d'habitude ...

-Et vous m'avez clairement fait comprendre que vous ne vouliez pas parler, alors je ne parle pas.

-… Ne me dites pas que vous boudez ...

Ati rougit un peu et garda le silence en accélérant le pas et en enfonçant le chapeau sur sa tête.

Vous boudez ! J'ai réussi a faire bouder le héros contre le Thalmor ! Dit Abigail en explosant de rire.

… Fermez la. Ordonna Ati en tournant la tête vers elle.

Il obtint pour seule réponse un autre éclat de rire. Il s'arrêta alors et regarda la forêt qui les entourait, à l'affût du moindre mouvement. Et le rire d'Abigail lui tapait vraiment sur les nerfs.

-Abigail !

-Mais vous êtes en gosse en fait, répondit Abigail en essuyant une larme.

-Et bien une fois que vous aurez fini de rire, vous pourrez dire bonjours aux bandits que vous avez eu la sympathie d'attirer avec votre rire d'une discrétion redoutable, dit Ati avec un sourire à peine forcé.

Elle s'arrêta de rire et regarda autour d'elle et écarquilla les yeux en voyant une bonne dizaine de bandits sortir des buissons et des arbres autour pour les encercler les armes au poing.

"Putain, on peut pas avoir la paix 2 minutes dans ce pays de merde ?!" Pensa Ati.

-Bonjours nobles voyageurs, nous … Commença le chef des bandits, armé d'une rapière.

-Vous êtes une bande de voleurs de bas étages et vous êtes juste au mauvais endroit au mauvais moment, et vous avez 10 secondes pour déguerpir avant de perdre des choses dont tout voleur a besoin. Dit Ati en fusillant le voleur du regard.

-Je … Pardon ?

-Vos mains. Dégagez ou je vous les fais bouffer.

Le chef des bandits haussa un sourcil en le dévisageant, puis sourit et plaça la pointe de sa rapière entre les 2 yeux d'Ati dont la pupille verte commençait lentement à passer au doré.

-Mais voyons mon cher, dit le chef avec un grand sourire, nous sommes déjà plus nombreux, et je ne vois pas comment 2 enfants pourrait nous faire du mal ...

Le bandit leva sa rapière et fit tomber le chapeau d'Ati dans la boue.

Si il y a bien une chose a savoir a propos d'Ati … C'est que la seule chose qu'il hait plus que le Thalmor, c'est qu'on touche a son chapeau.

-Un problème Blondinet ? Dit un bandit en ricanant.

Et qu'on se moque de lui.

-Abigail, si la vue du sang vous répugne, je vous conseille de prendre de l'avance, dit Ati en serrant les poings.

Les bandits éclatèrent de rire et regardèrent en direction d'Abigail. Ils se rendirent alors compte que cette dernière avait disparu sans laisser de trace, de même pour le cheval et leurs affaires.

-Et bien … On dirait que ta copine est partie petit, dit le chef en dirigeant la pointe de sa rapière vers la bourse d'Ati.

Ati saisit brusquement la lame de l'arme et la brisa en 2, s'entaillant légèrement la paume.

-Messieurs, articula Ati dont les yeux étaient d'une couleur jaune étincelant, vos 10 secondes sont écoulées.

D'un geste rapide, Ati saisit le poignet de l'homme à la rapière et posa sa main sur son coude et lui brisa le bras en le balançant au sol, puis il saisit la rapière brisée et planta la lame dans la gorge d'un bandit, lui prit sa dague et la lança dans le torse d'un autre. Esquivant un coup d'épée, Ati prit la tête d'un bandit entre ses main et sauta en écrasant son genoux dans le nez de l'homme, puis il le désarma et coupa sa tête d'un coup sec. Il avait perdu l'effet de surprise et les bandits l'encerclait. Ils attaquèrent Ati avec vitesse et force, mais Ati esquivait les coups et les rendait malgré son sous armement. Quand son épée se brisa dans le torse d'un des bandit, il se retourna et désarma un bandit en lui arrachant sa lance des mains, puis il entendit un craquement sourd et se rendit compte que son bras droit ne répondait plus. Il sentit alors une douleur cuisante dans son épaule et vit une hache plantée profondément dans son omoplate. Tentant de ne pas perdre conscience, ils redoubla de vitesse et mit fin au combat moins d'une minute plus tard, le teint livide et le bras droit pendant lamentablement sur le côté.

Il tomba à genoux en grognant de douleur et tenta de dégager la hache, mais celle ci était bien trop profondément plantée pour qu'il puisse la retirer seul. Il sentit alors un pied se poser sur son dos et la hache se retirer petit à petit en émettant des craquement et des vagues de douleurs qui aurait assommé n'importe quel guerrier.

Après quelques secondes d'effort, Abigail arracha la hache du bras d'Ati, ce dernier semblant puiser dans ses dernières forces pour rester conscient, trop faible pour lâcher le cri de douleur qui restait bloqué dans sa gorge. La blessure était très grave, ses os étaient tranchés, le sang coulait à flot et ses nerfs étaient sectionnés. Son bras ne pourra plus servir au combat. Voire ne plus servir tout court.

-Ati, restez avec moi, dit Abigail en retenant ses larmes et ses nausées, fouillant dans les affaires pour trouver des bandages.

-Abigail … Prononça faiblement Ati en fermant les yeux.

-Ne parlez pas, économisez vos forces Ati.

Alors qu'elle prononçait ces mot, Ati bascula sa tête en arrière en ouvrant grand ses yeux d'or, fixant le ciel dont les rayons du soleils commencèrent à percer les nuages gris de pluie, illuminant la forêt qui brilla d'un éclat d'émeraude pendant que la plaie d'Ati se refermait lentement en brillant de mille feux, les nuages se dissipèrent et le sort d'Ati prit fin quelques secondes plus tard, laissant le soleil briller au dessus d'eux et une longue cicatrice sur l'épaule du Daemen qui restait haletant a genoux, blanc comme un linge et tremblant un peu.

Abigail était sans voix. Elle savait que les descendant de daedra possédaient des capacités hors du commun, mais maîtriser un sort aussi puissant … Elle posa sa main sur son épaule et sentit que la blessure était refermée et que le bras était guéris.

-Ati …

-J'avoue … Que je ferais bien un petit somme, dit Ati avec un léger sourire sur les lèvres.

-Oui, vous devez vous reposer, dit Abigail en s'allongeant sous un arbre.

-Je sais … Mais on doit terminer la mission.

Malgré la fatigue, Ati se redressa et vit qu'Abigail tenait fermement une dague dans sa main, la lame pointée vers son coeur. Il tourna son visage vers elle et vit son regard apeuré posé sur lui, les larmes aux yeux et la lèvre tremblante.

-J … Je … Articula Abigail avec une voix tremblante … Je suis désolée ...

Elle plongea la dague vers le torse d'Ati, mais ce dernier bloqua l'arme en attrapant le poignet d'Abigail.

-Abigail, calmez vous.

-Je Je doit le faire, sinon ils vont le tuer ! Cria Abigail en appuyant sur la dague.

-Calmez vous et expliquez moi qui vous envoie.

-NON ! Cria Abgail en s'appuyant de tout son poids.

-Vous n'êtes pas une meurtrière ...

-Comment vous pouvez en etre sur ?

Ati lâcha ses poignets et Abigail écarquilla les yeux quand la pointe de la dague rentra dans la chair d'Ati.

-Vous n'avez jamais pris une vie, dit doucement Ati, je le voit dans votre regard.

D'un geste hésitant et tremblant, Elle lâcha la dague et sanglota silencieusement.

Il avait raison. Elle n'avait jamais tuer quelqu'un, la simple idée de mettre fin aux jours d'une personne, peu importe si elle était innocente ou coupable des plus atroces des crimes, la répugnait au plus haut point.

Voyant son état, Ati se redressa et la prit dans ses bras en la serrant contre lui, elle s'effondra en larme dans ses bras, laissant plusieurs jours de peur et de pression s'écouler par ses yeux pendant de longues minutes en s'accrochant à la chemise d'Ati.

-Abigail, expliquez moi s'il vous plaît, dit Ati en essuyant les larmes de la voleuse.

-Ati … Je vous ai menti … C'est un piège.