Cinquième année

Cette année-là, il ne la vit pas sur le quai. Il la retrouva à la rencontre des préfets. Elle était déjà en uniforme et Régulus se fustigea pour avoir pensé une fraction de seconde qu'il aurait dû en profiter l'année d'avant. Ses cheveux étaient courts, encore plus courts que l'année d'avant et, même, encore plus que les cheveux du garçon. Ils étaient aussi caramel que la première fois qu'il l'avait vue. Elle avait, une fois de plus, grandi, mais il eut la satisfaction de l'avoir enfin dépassée.

Cette année-là, il la vit plusieurs fois assise dans un recoin de la bibliothèque non loin d'où lui-même allait se terrer… Oh ! Pardon, se concentrer sur ses devoirs et effectuer ses recherches.

La première fois, elle tenait un livre de métamorphose et semblait bien concentrée, les sourcils froncés, les cheveux mauve profond. La deuxième fois, elle avait les cheveux turquoise. Elle avait la tête en bas du gros fauteuil et les mollets sur l'accote tête. Sa jupe glissait jusqu'à la moitié de ses cuisses et sa blouse révélait le bas de son ventre laissant entrevoir son nombril. Pourtant ce qui surprit le plus le jeune homme fut son livre intitulé : « Pourquoi la magie noire serait-elle mauvaise ? » Régulus ne sut pas combien de temps, il resta à l'observer, mais il décida de se trouver un autre coin qui ne nécessiterait pas de passer par cette rangée. Pourquoi devrait-il être agacé chaque fois qu'il va à la bibliothèque ? Il la vit cependant passer plusieurs fois avec divers livres allant de la théorie de sortilège au rare livre de magie noire disponible dans la bibliothèque. Parfois, elle avait, même, à la main ou accotés sur une hanche des livres qui appartenaient visiblement à la réserve.

Cette année-là, Séléné Nott fut la première fille à mettre une claque à Sirius Black sans être sortie avec lui. Enfin, c'était plus un coup de poing, mais l'idée restait la même. Il l'avait appelé « Poupée » en la draguant. Il n'aurait pas dû.

Cette année-là, elle sortit avec son né-moldu d'ami. Régulus renifla en les voyant ensemble. Ils allaient mal ensemble. C'était une évidence. Il avait l'air si gauche à côté d'elle. C'était encore pire que voir Pettigrew à côté de Potter et de… vous avez compris l'idée.

Cette année-là, son amitié avec Lily Evans battit de l'ail. Personne ne sut pourquoi exactement, mais ça concordait avec la fin de l'amitié entre la rousse et un Serpentard que Régulus connaissait seulement loin de tout public, un comme l'autre craignant que leur amitié n'exacerbe la haine de l'ainée des Black envers l'un ou l'autre. Il ne chercha cependant pas plus loin connaissant les risques d'amener le sujet avec l'autre garçon qui semblait déjà sombrer lentement.

Sixième année

Cette année-là, ses cheveux frôlaient ses épaules négligemment en mèche blond cendré. Son regard bleu était cerné. Elle n'était pas accompagnée.

Cette année-là, Régulus décida de la détester. Après tout, elle était pire qu'une née-moldue. Elle était la preuve d'un sacrilège. Elle était la preuve des actes d'un sorcier indigne qui avait souillé volontairement son sang. Elle n'avait aucun droit de se tenir dans cette école comme si tout lui appartenait. Elle n'avait aucun droit d'être sous ses yeux même lorsqu'il les fermait.

Cet été-là, Régulus Black avait été marqué. Un honneur. Gracieuseté, de son frère et de son départ précipité. Apparemment, le seigneur le trouvait assez méritant pour entrer dès maintenant dans ses rangs. Sauf que Régulus n'était pas idiot. Il savait que cet empressement était dû au fait que Bellatrix et ses parents voulaient noyer la nouvelle tache qui occupait l'arbre du salon. Promettre, au seigneur que comme tout bon sang-pur, ils étaient de son côté. Ses fervents serviteurs.

Cet été-là, Séléné Nott avait été marquée. Régulus l'avait vu un soir alors qu'elle s'entrainait avec cet horrible t-shirt multicolore. Ou plutôt, il les avait vues. À peine visible, c'était une multitude de cicatrices qui s'étendait sur le dos de ses bras luisant à la lumière lunaire. Cela expliquait, sans doute, qu'elle portait des chandails longs ou arrivants au moins au coude depuis le début de l'année.

Cette année-là, il évita de la croiser. Il boycotta la bibliothèque préférant demander à ses parents, ou plutôt à Kreattur des livres. Il était, en fait, soit en cours soit dans sa salle commune. Seul le soir, il sortait profitant de son autorité de préfet pour se glisser dehors où parfois il voyait une silhouette se dessiner dans le ciel étoilé.