Chapitre 3 : Souvenirs, souvenirs
- Pas mal du tout, ricana Ganondorf. Il est juste regrettable que tu ne te sois pas montré un peu plus à la caméra...
- Je ne l'ai pas vue à temps, répondit Seifer, elle m'a eu avant.
- Non, mais j'étais sérieux. Il faut que l'on nous voit. Après tout, nous serons bientôt les maîtres du monde, le peuple doit nous connaître. Pour cela, nous allons chercher un rubis au musée d'Art de Smash City.
Seifer pouffa de rire, ce qui fit s'envoler de la poussière déposée sur un bureau plus très stable. Mais plus rien n'était stable dans cette bicoque bouffée par les insectes et par le temps.
- Vous ne voulez tout de même pas me faire croire que nous n'y allons que pour ça... On ne va pas juste voler des pierres sans grande valeur jusqu'à ce qu'on se fasse chopper ? Il doit bien y avoir un rapport avec le saphir que j'ai volé.
Ganondorf s'arrêta net. Il se retourna afin de voir les réactions de ses compatriotes. Bowser haussa les épaules, Mewtwo fit oui de la tête. Kamek n'avait vraisemblablement pas son mot à dire et resta immobile, les yeux cachés par son chapeau pointu.
- Bien, reprit-il, je pense qu'on peut te mêler à la combine... Nous avons besoin de trois pierres précieuses magiques : un saphir, un rubis et une émeraude. Nous savons la place des deux premières, mais pas de la troisième malheureusement. Pour l'instant, nous nous contenterons donc d'obtenir le rubis.
Seifer aurait bien aimé en savoir plus. Peut-être devait-il gagner leur confiance avant...
- Si vous vous arrêtez là, je suppose que c'est parce vous ne voulez pas que je sache la suite.
- Bien deviné. Tu attendras le deuxième cambriolage pour ça, conclut Ganondorf.
- On se retrouve ici ce soir à 22 heures, avertit Bowser. Soyez tous là !
La bijouterie était calme. Les policiers avaient déjà quitté la salle depuis longtemps, seul restaient Mario et le bijoutier tentant de comprendre un vol pour le moins inexplicable. Le joaillier expliqua :
- Les policiers ont trouvé plein d'empreintes et de quoi retrouver son ADN... Malheureusement, il n'est pas sur leurs fichiers.
Mario n'écoutait que d'une oreille. Il interrogea :
- Ce saphir avait bien quelque chose de spécial, non ?
- Hum, il n'était pas spécialement gros, de bonne qualité sans tout de fois être excellente. Un ami me l'avait rapporté du Désert Sec-Sec, espérant que je puisse le vendre. Mais personne n'en a jamais voulu.
Mario jeta un dernier regard d'ensemble. La porte d'entrée avait été fracassée et la vitre contenant la pierre précieuse réduite en miettes, mais à part ça, rien n'avait bougé. Un diamant magnifique trônait encore au beau milieu de la grande pièce et même dans la vitrine encore cadenassée qu'on avait pris la peine de démolir, de très belles pierres n'attendaient que d'être emportées. Comprenant qu'il ne trouverait rien de plus ici actuellement, Mario prit congé de la victime et retourna au château.
Assis sur le port, les pieds se balançant à dix centimètres au dessus de la surface de la mer, Seifer scrutait l'horizon. Il n'aurait pas pu dire depuis combien de temps il était là, bêtement, alors qu'il était recherché par la police. Il savait juste qu'à 22 heures, il se devait d'être présent. Devait-il avoir confiance en eux ? Au point de les aider à ce point dans leur tâche ? En leur livrant ce secret ?
Il sortit un morceau d'émeraude de sa poche, le mit à la lumière de la lune afin d'admirer les jolis reflets verts. Et les yeux au ciel, il murmura :
- Linoa...
- C'est ta copine ? demanda une voix derrière lui.
Surpris, Seifer se retourna d'un coup. Voyant que c'était Kamek le sorcier, il rangea son émeraude discrètement dans sa poche et répondit nonchalamment :
- Ah c'est toi...
Il se releva, ramassa sa Gunblade, sa fidèle épée qu'il ne quittait jamais et demanda :
- Pourquoi es-tu là ?
- Je voulais juste te rappeler que nous avons bientôt rendez-vous, répondit Kamek.
- Et m'espionner en douce ?
- Ce n'était pas mon intention, on va faire comme si je n'ai rien entendu d'accord ?
- Ne t'inquiète pas, reprit Seifer d'une voix plus sereine, je peux te répondre après tout. Oui, c'était le nom de ma copine... enfin, ex-copine. Peut-être que Mewtwo avait raison quand il a dit que j'étais faible après tout...
- Allez, le consola Kamek, on a le temps d'aller boire un verre avant de retourner au QG...
Il était bien là, allongé sur son lit. Pourquoi ces Toads venaient-ils donc encore le déranger en frappant si fort à la porte ? Il se décida à ouvrir la porte de sa chambre.
- Mario, Mario, hurla un Toad. Tu dois te rendre en ville, au musée d'Art ! La Dream Team attaque.
- Quoi ?! Mais je n'y serai jamais à temps !
- Ouais, ben dépêche-toi quand même, suggéra un Toad.
- Jamais en paix, jamais, finit-il par dire avant d'enfiler quelques habits et de s'enfoncer dans les profondeurs de la nuit.
