Le lendemain soir, Harry retrouva Malefoy au même endroit qua la veille, ainsi que le surlendemain et le reste de la semaine. À chaque fois, leurs promenades nocturnes étaient plus longues et la dernière en date, celle de vendredi soir donc, se termina à trois heures du matin.

Aujourd'hui, c'était samedi et, malgré l'heure tardive à laquelle il était rentré à Gryffondor, Harry fut hors de son lit à huit heures pile. Ses amis étaient encore en train de ronfler comme des biens-heureux, mais Harry n'avait plus envie de dormir du tout, aussi prit-il une douche en vitesse avant de s'habiller d'un jean et d'un pull rouge. Il quitta ensuite le dortoir et la Salle Commune de Gryffondor pour aller à la bibliothèque où il était sûr d'y trouver Hermione. Cela ne manqua pas, il trouva son amie assise par terre dans une des rangées, un gros livre sur les genoux et trois rouleaux de parchemins à ses côtés.

— Bonjour, Mione, dit le Gryffondor en s'asseyant près d'elle. Tu voudrais venir dehors avec moi ?
— Quoi faire ?
— Ben je ne sais pas, se promener, dit Harry. Il fait beau en plus...

Hermione leva alors les yeux de son livre et fixa Harry en fronçant les sourcils.

— Quoi ? demanda-t-il. J'ai un truc sur le nez ?

Il porta une main à son nez et Hermione dit :

— T'es de bien bonne humeur ce matin...
— Hein ? Oh non, pas plus que d'habitude... Si ?
— Si, affirma Hermione. Tu as encore fait une virée nocturne cette nuit ? Et t'es rentré à quelle heure ?
— Écoute, Hermione, dit alors Harry. Je n'ai aucun compte à te rendre, tu n'es pas ma mère, d'accord ? Je fais ce que je veux de mes nuits et si j'ai envie de les passer dans les couloirs de Poudlard, c'est mon problème. Un jour je me ferais pincer et je ne recommencerai plus, c'est tout. Bon, tu viens avec moi dehors ou pas ?
— Non, j'ai du travail.
— Bon, comme tu veux.

Harry se releva alors et s'en alla. La brunette le regarda partir puis soupira. Cette nuit, elle avait entendu Malefoy rentrer à trois heures du matin. Elle avait le sommeil tellement léger que rien que le grincement de la porte d'entrée de la Salle Commune suffisait à la réveiller.

Baissant les yeux sur son livre, la jeune femme pinça les lèvres puis secoua la tête.

— Non, je ne pense pas qu'ils se voient tous les soirs... souffla-t-elle. Ce ne peut être qu'une coïncidence, la tour de Gryffondor est loin de la Salle Commune des Préfets-en-Chef...

Elle secoua à nouveau la tête puis se remit à son travail.

.

Cependant, Harry arrivait dans le hall d'entrée et, plongeant ses mains dans ses poches, il se planta devant les sabliers géants. Une douzaine de saphir tombèrent dans la partie basse du sablier de Serdaigle puis un juron retenti soudain dans le hall, suivit d'un cri étouffé.

— Ça suffit ! s'exclama-t-on alors. On a assez attendu, donne-nous notre fric !
— Je l'ai pas, dit une autre voix.

Harry regarda autour de lui et chercha la provenance des voix. Apparemment, c'était un règlement de comptes.

— Allez, merdeux, donne-nous notre fric ou on te casse ta belle gueule d'ange ! retentit une autre voix.

Un autre cri étouffé suivit et permit à Harry de repérer d'où venaient les voix. Il fit le tour des sabliers géant et s'approcha des portes dorées de la Grande Salle. Il vit alors dans l'ombre de celle de droite, cachés par une colonne, trois garçons, dos à lui. Un autre garçon était au sol et soudain, l'un des garçons debout se pencha en avant et un bruit de coup retentit.

Harry, avec son cœur de Gryffondor, ne pouvait laisser faire ça aussi il s'approcha.

— Hé, vous trois, dit-il. Ça suffit !

Les trois brutes se retournèrent. C'était des Serpentards de sixième année et l'un d'eux toisa le brun.

— Tiens, tiens, mais regardez qui vient nous voir si gentiment. C'est le petit Potty-Potter...
— Ferme-la, sac à viande, dit alors Harry.
— Oui, Victor, tu devrais te taire, dit alors une voix traînante derrière Harry qui se retourna à demi. Il n'y a que moi qui ai le droit d'appeler Potter comme ça.
— Malefoy, dit la grosse brute en pâlissant soudain.

Harry cru alors le voir devenir tout petit face à Malefoy et, quand ils furent partis, Harry s'approcha du garçon qui gisait au sol, salement amoché.

— Hé ben, dit Malefoy en s'approchant à son tour, les poings sur les hanches. Ils l'ont bien arrangé.

Harry ne répondit pas et passa un bras du garçon autour de son cou avant le hisser sur ses pieds.

— Au lieu de dire des conneries, Malefoy, dit Harry. Viens m'aider.

Le blond regarda autour de lui et, quand il fut certain qu'il n'y avait personne dans les parages – rapport avec l'heure matinale et le relatif beau temps dehors –, il s'approcha du Gryffondor et passa l'autre bras du garçon sur sa nuque. Ils le conduisirent ensuite à l'infirmerie et Pomfresh le répara en quelques minutes, minutes que Harry et Malefoy passèrent dans le couloir.

— Merci, dit alors Harry au blond.
— Ce n'est rien, assura Malefoy en détournant la tête. Je suis peut-être un Malefoy, mais...
— Mais j'ai un cœur, je me souviens, dit Harry avec un sourire. Allez, tu viens, on va le voir ?
— Non, vas-y tout seul, c'est toi le bon samaritain, répondit le blond. Dans l'histoire, je suis le méchant, moi, dit Malefoy avec un sourire.

Harry lui rendit son sourire puis s'approcha de Malefoy et l'embrassa sur la joue avant de reculer. Le blond lui alors toucha la joue du bout des doigts puis soupira.

— J'ai peur d'être en train de m'accrocher à toi, Potter... dit-il.

Harry sourit puis rentra dans l'infirmerie et Malefoy s'éloigna.

Depuis une semaine qu'ils se voyaient tous les soirs et qu'ils passaient de plus en plus de temps tous les deux à déambuler dans les couloirs en jouant au chat et à la souris avec Peeves, Rusard, les autres fantômes et les professeurs, des liens s'étaient tissés entre eux. Certes, ils n'étaient encore pas les meilleurs amis du monde, ni des amants. Disons simplement qu'ils étaient un peu moins ennemis qu'avant, tout du moins la nuit.

Harry s'arrêta près de Mrs Pomfresh en entrant dans l'infirmerie. La femme l'autorisa à aller voir le garçon que ces maudits Serpentards avaient bien amoché et, lorsqu'il passa le rideau entourant le lit, Harry vit le garçon avec deux beaux cernes sous les yeux, symptôme évident d'un nez bien cassé, ainsi qu'un gros pansement sur la joue et le bras droit en écharpe.

— Hé ben, dit Harry. Ils ne n'ont pas loupé ces salauds.

Le garçon ouvrit les yeux et tenta de sourire à Harry, mais sa joue lui fit mal et il fronça les sourcils. Il dit ensuite :

— Assied-toi, Potter...

Harry sourit puis s'assit au bord du lit.

— Comment tu t'appelles ? demanda-t-il.
— John, John Hortence, je suis à Serdaigle, en sixième année. Merci de m'avoir tiré de leurs sales pattes, Potter. Sans toi, je serais sûrement à l'hosto...
— En fait, ce n'est pas vraiment grâce à moi si ces brutes sont parties, ils ont eu peur de Malefoy, c'est tout, dit Harry. Mais je t'ai tout de même amené ici, c'est déjà ça.
— Mais quand même, dit Hortence. Sans toi, ils m'auraient lynché.
— Dis-moi, Hortence, dit alors Harry. Ils te voulaient quoi, ces gars ? J'ai entendu qu'ils parlaient d'argent mais, c'est quoi le deal ?
— Oh ! Rien du tout, un deal de gamin, tu es au-dessus de ça, toi, Potter, dit John en détournant la tête.
— Non, pourquoi ? Malgré mes dix-sept ans, je suis encore un gosse au fond de moi, dit Harry, étonné. Si tu savais le nombre de fois qu'on se dispute pour des broutilles avec Hermione et Ron. Bon, pour en revenir à ton histoire, reprit Harry en changeant de ton. Tu leur devais de l'argent ?

Hortence hocha la tête puis se décida à répondre.

— Je leur ai vendu des magazines adultes la semaine dernière, mais ce n'était pas ceux qu'ils voulaient alors ils veulent que je le rembourse, dit-il en grimaçant. Seulement, le fric qu'ils m'ont donné, je l'ai donné au marchand qui m'a vendu les magazines et je n'ai pas de quoi les rembourser. Dès que je vais sortir de l'infirmerie, ils vont me retomber dessus.

Harry regarda le garçon d'un an son cadet. Ses courts cheveux jaune paille, en brosse sur sa tête, ses yeux bruns et son visage d'enfant firent réfléchir un peu Harry qui finit par porter une main à la poche de sa cape. Il en tira sa bourse et dit :

— Tiens, tu les paieras avec ça.

Il lui donna quatre Gallions et le garçon secoua aussitôt la tête.

— Non, je ne peux pas... C'est trop, Potter, tu n'es pas la Banque Nationale...
— Non, mais je suis un Gryffondor et je suis un peu naïf, dit Harry avec un sourire. Prend cet argent et va régler cette dette avant qu'elle ne t'envoie à l'hosto pour de bon.

Hortence regarda la main tendue de Harry puis leva la main gauche et Harry y laissa tomber les quatre pièces qui tintèrent doucement.

— Merci, Potter, je te revaudrais ça, dit le garçon en refermant sa main.
— J'y compte bien, dit Harry en se levant. En attendant, remets-toi d'aplomb, ok ?

Hortence hocha la tête avec un sourire puis Harry s'en alla. Son estomac gronda alors et il regarda sa montre. Il était presque neuf heures du matin, aussi décida-t-il d'aller prendre son petit-déjeuner.

.

Dans la Grande Salle, il n'y avait pas un chat, ni même un fantôme. En ce samedi matin, personne n'était encore levé chez Gryffondor et Harry eut la longue table pour lui tout seul. Il prit son petit-déjeuner tranquillement en regardant la salle se remplir doucement d'élèves encore à moitié endormis et, quand il quitta la Grande Salle, il croisa Malefoy qui y entrait.

Les deux garçons se jetèrent un regard puis s'éloignèrent. Harry plongea ensuite ses mains dans ses poches et sortit dans le parc encore partiellement recouvert de la brume de la nuit.

S'asseyant sur une pierre au bord du lac, le Gryffondor regarda ce qu'il tenait dans sa main gauche. C'était un bout de parchemin plié portant les initiales DM et Harry n'eut pas à tergiverser longtemps avant de reconnaître les initiales.

Dépliant le parchemin, il lut le court mot écrit à l'encre verte puis le chiffonna et le jeta dans le lac où il disparut après avoir pompé l'eau.

— Rendez-vous pris, dit Harry en s'adossant ensuite au rocher, assit dans l'herbe.

Il soupira puis regarda devant lui. Le lac s'étendait à perte de vue et, au-delà du lac, s'alignaient les arbres noirs de la Forêt Interdite qui revenaient sur la gauche du lac jusqu'à la maison de Hagrid.

Regardant la cabane, Harry réalisa que ses deux amis et lui n'étaient pas encore allés voir Hagrid depuis la rentrée, mais tous les soirs, sa maison était noire et la journée, il n'y avait pas trace du Garde-Chasse de Poudlard.

Soupirant à nouveau, Harry posa ses mains sur le sol en vue de se lever quand une ombre se profila sur sa gauche. Levant les yeux, il vit Malefoy, les mains dans les poches, debout près de lui, le regard fixé au-delà du lac.

— On ne devait se revoir que ce soir, dit Harry en se levant.
— Oui, et alors, j'ai le droit de venir au bord du lac, répondit Malefoy en regardant le Gryffondor qui lui sourit légèrement.
— Évidemment, dit Harry.
— Tu pensais à quoi ?
— Hein ? Oh ! A rien...

Un silence passa puis Malefoy haussa les épaules.

— Menteur, dit-il.

Harry regarda le blond puis regarda autour de lui et vit un groupe de Pouffsouffles non loin, occupé à discuter bruyamment.

— Viens, allons plus loin, il y a trop de monde ici.
— Pourquoi, tu as peur qu'on nous voie tous les deux ? demanda Malefoy.
— Je ne veux pas d'autre situation ambiguë.
— D'autre ?

Le Serpentard fronça les sourcils puis Harry dit :

— Hermione croit qu'on se fréquente toi et moi parce qu'elle t'entend rentrer tard le soir et que Ron lui dit que je rentre tard aussi.
— Elle n'a pas tout à fait tort, tu sais.
— Non, enfin oui, je sais, dit Harry. Seulement, je refuse qu'elle fasse des suppositions aussi incertaines. Entre toi et moi, il n'y a rien, simplement un peu de complicité, c'est tout.

Malefoy hocha la tête.

— Tu veux que j'en touche deux mots à Granger ? demanda-t-il.
— Elle ne t'écoutera pas, elle te hait au plus haut point.
— C'est réciproque, dit Malefoy. Mais ça ne m'empêche pas de lui parler. Nous vivons au même endroit après tout.
— Non, laisse tomber, dit Harry. Ça n'en vaut pas le coup.
— Dis, dit alors Malefoy. J'espère que tu n'envisages rien entre toi et moi ?
— Non, dit Harry avec un soupir.
— Non ? C'est tout ce que tu réponds ? C'est plutôt vague comme réponse...

Harry détourna la tête et Malefoy fronça les sourcils.

— C'est quoi ce silence ? Potter, répond-moi franchement, est-ce que tu avais en tête quelque chose me concernant ?
— Laisse-moi avec ça, Malefoy, dit Harry en s'éloignant.
— Potter, reviens ici, dit alors Malefoy en le suivant.
— Tu me soûle, Malefoy, dit Harry en se retournant, sourcils froncés. Je t'ai dit que je ne voulais pas en parler.
— Mais pourquoi ? J'ai le droit de savoir, non ? Je suis concerné, quand même !
— Non.

Malefoy resta muet une seconde puis serra les poings et empoigna le Gryffondor par l'épaule. Il le plaqua dos à l'arbre le plus proche et le brun grogna de douleur.

— Bien sûr que si que j'ai le droit de savoir si oui ou non tu avais envisagé quelque chose nous concernant, toi et moi ! siffla le Serpentard. Alors tu vas me répondre, et plus concrètement qu'avec un simple non.

Harry planta son regard vert dans les iris glacés de Malefoy puis de tourna la tête. Il serra alors les mâchoires et repoussa le blond.

— Et puis, même si j'avais que songé à envisager quelque chose avec toi, jamais tu n'aurais accepté, dit-il sur un ton agacé. On est les pires ennemis de Poudlard, on passe notre temps à nous filer des coups bas, nos maisons se détestent...
— Nos maisons oui, mais nous... dit alors Malefoy. Potter, tu vas peut-être trouver ça bizarre, mais depuis que mon père est à Azkaban, j'ai changé ma façon de regarder les gens et les Gryffondors en particulier. Je déteste toujours autant les Sangs-de-Bourbe, mais tu n'en es pas un. Cependant, tu es Harry Potter, le garçon qui a vaincu le Seigneur des Ténèbres alors qu'il était encore un bébé... Pour te parler franchement, si je t'envoie toutes ces vannes depuis notre première année c'est parce que je te crains.

Harry tourna la tête vers Malefoy.

— Tu me crains ? répéta-t-il, surpris. Ça c'est la meilleure ! Voilà que tu as peur de moi ? Franchement, je ne suis pas aussi puissant que tout le monde s'amuse à le dire. Je ne suis qu'un gamin comme un autre qui a peur de l'orage !

Malefoy regarda le brun puis le relâcha et Harry se redressa.

— Ce n'est pas parce que j'ai cette putain de cicatrice sur le front que je suis quelqu'un d'exceptionnel ! dit-il. Oui, j'ai vaincu Voldemort alors que je n'avais qu'un an, mais regarde maintenant ! Il est revenu et il est encore plus puissant qu'avant ! Je ne suis plus invincible maintenant que mon propre sang coule dans ses veines. Il peut me briser comme une brindille s'il le veut, je ne pourrais rien faire pour l'en empêcher. De nous deux, c'est lui le plus puissant, moi, je ne suis plus rien depuis ce soir de juin où Cédric Diggory a été tué.

Harry sentit alors une vive douleur sur sa joue gauche et cela lui remit les idées en place. Il y porta une main puis regarda Malefoy qui baissait sa main.

— Ça y est, t'es calmé ? demanda le blond en croisant les bras. Franchement, je sais tout ça, Potter, je suis le fils du bras droit de Tu-Sais-Qui, ne l'oublie pas. Je sais tout ce qui se rapporte à toi ou au Seigneur des Ténèbres.

Harry baissa alors la tête puis s'excusa de s'être emporté avant de s'éloigner vers le lac. Il se baissa au bord de l'eau, plongea sa main dedans et la posa sur sa joue brûlante. Malefoy le regarda faire puis Harry se releva et regarda devant lui un long tentacule se dérouler puis retomber à plat dans l'eau dans un grand plouf ! avant de disparaître dans les profondeurs verdâtres.

— Potter, dit alors Malefoy. Pour en revenir à nous, tu me dis non, mais tu mens, je le sais. Tu avais bien quelque chose en tête pour toi et moi, n'est-ce pas ?

Harry baissa la tête puis la hocha lentement sans rien dire. Malefoy recula alors d'un pas puis se retourna et s'éloigna. Il fit quelques pas puis revint et soupira bruyamment.

— Pourquoi m'avoir menti alors ? demanda-t-il.
— Parce que tu n'es pas quelqu'un de très ouvert, que tu ne comprendrais pas pourquoi je m'intéresse à toi au point de vouloir construire quelque chose avec toi, répondit finalement le brun. Tu es un aristo, tu n'es pas habitué à vivre comme un sorcier de classe moyenne. Et puis entre toi et moi, rien n'est possible.
— Pourquoi ? Donne-moi une raison au moins...
— En quoi cela t'intéresse-t-il, franchement ? Tu ne t'en fiches pas mal, non ?

Malefoy ne répondit pas et Harry détourna la tête. Il sentit alors une main sur son épaule, mais la repoussa.

— Non, Malefoy, reste loin de moi, je ne veux pas que tu souffres si tu restes proche de moi, dit-il. Oublie cette semaine, oublie nos promenades nocturnes, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, dans ton intérêt.
— Quoi ? Potter ? Mais...

Le Gryffondor s'éloigna alors en reculant et Malefoy le suivit en avançant. Mais la distance restait égale entre eux deux et soudain, Harry fit volte-face et s'en alla en courant.

— Potter ! s'exclama Malefoy.

Il fit un pas pour le suivre quand soudain, un parchemin apparut devant lui dans un petit nuage de fumée. Cela le stoppa net et il regarda le brun disparaître dans le château avant de prendre le parchemin et de le dérouler.

Je ne préfère pas continuer à te voir, Malefoy, car si Voldemort apprenait notre relation, il n'hésiterait pas à se servir de toi pour m'avoir. Pendant ces nuits où nous avons défié les professeurs dans les couloirs du château, j'ai appris à te connaître tel que tu es vraiment et je ne veux pas qu'il t'arrive malheur à cause de moi. Reste loin de moi, ne cherche pas à me retrouver où que ce soit, cela vaudra mieux pour nous deux. Signé, HP, lut le blond à mi-voix. Quel crétin ! ajouta-t-il à voix haute en froissant le parchemin.

Il le balança dans le lac où il coula, puis Malefoy se laissa tomber assit sur le sol et croisa ses jambes en tailleur. Mais bon sang ! Pourquoi est-ce que ça lui faisait si mal d'avoir perdu le Gryffondor ? Oui, il avait l'impression d'être en train de s'accrocher à lui, mais pourquoi est-ce que le fait de lire ces mots lui déchiraient le cœur comme un couteau déchirerait les chairs ?

— Est-ce que je me serais... entiché de toi, Potter ? demanda-t-il alors au lac.

Il soupira ensuite puis se leva en époussetant sa robe de sorcier. Il retourna dans le château puis dans la Salle Commune des Serpentards où il retrouva Zabini, Parkinson et les autres.

.

Harry, s'était réfugié dans la Salle sur Demande, endroit connu de très peu de gens hormis Dumbledore, les anciens membres de l'AD et peut-être quelques professeurs.

S'affalant dans un pouf aussi grand que lui, Harry se recroquevilla et le bourra de coups de poings. Soudain, une bulle vaporeuse apparut près de lui et lui montra Malefoy en train de regarder ses amis s'amuser.

Le poing enfoncé dans sa joue, Malefoy semblait s'ennuyer ferme et Harry eut un hoquet de stupeur quand il vit le blond porter sa main au blason Gryffondorien brodé sur la cape qu'il avait posée sur ses genoux, revêtant la sienne.

— Je suis un abruti, dit-il alors en passant furieusement son bras au travers de la bulle qui se disloqua en volutes pour se reformer aussitôt après. Mais c'est pour son bien, reprit-il en se levant. Je n'ai aucune envie qu'il lui arrive quelque chose par ma faute.
— Et que pourrait-il lui arriver ? demanda alors une voix qui fit sursauter Harry.
— Hermione, dit Harry en se retournant. Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Et toi ? demanda la brunette. Pour te répondre, je t'ai suivi. C'est qui ce « il », sinon ? Malefoy ?
— Tais-toi, dit alors Harry en fronçant les sourcils. J'ai aucune envie d'en parler.
— Très bien, mais laisse-moi te dire une chose, mon petit Harry... Si tu veux le protéger, ce n'est pas en t'éloignant de lui que tu le feras.

Harry la fusilla du regard puis prit sa cape et s'en alla en claquant la porte de la Salle sur Demande. Hermione sourit alors pour la porte puis s'assit à la table qui venait d'apparaître et reprit son travail, étant plus au calme qu'à la Bibliothèque.

Harry arpenta les couloirs à grand pas en ronchonnant quand soudain, il heurta quelqu'un mais ne s'arrêta pas. La personne l'injuria mais cela ne l'empêcha pas de continuer à marcher, furieux contre Hermione qui se mêlait de ce qui ne la regardait pas, mais aussi furieux contre lui-même pour tout un tas de choses.