Deux mois après la mort de Corazon
Doflamingo avait toujours su que le jour où il remettrait les pieds à Loguetown, ce serait pour ne plus jamais y revenir. Malgré la trahison de Corazon et la disparition mystérieuse de Law, le reste de son plan semblait s'agencer sans encombre. Il leur faudrait encore sans doute quelques mois pour parvenir à leur destination finale... et alors il n'aurait plus jamais besoin de fuir devant les navires ennemis. Tous redouteraient son nom, jusque dans les plus hautes sphères du gouvernement...
Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il levait la tête vers l'échafaudage qui avait recueilli les dernières minutes de vie du Seigneur des Pirates. Un idéaliste, ce Gol D. Roger, qui n'avait su tirer parti de sa position. Lui ne commettrait certainement pas cette erreur.
- Jeune maître, les provisions sont prêtes à être chargées !
Le pirate tourna la tête vers Jora, qui attendait ses ordres, Baby 5 et Buffalo collés à ses basques. L'excitation faisait briller les yeux des enfants. Leur joie semblait communicative, car même Jora semblait ne pas tenir en place.
- Bien, finit par dire Doflamingo en retournant vers eux. Rassemblez tout le monde, faites une dernière vérification de la liste et on prend la mer.
En passant, il tapota la tête de Baby 5 qui en fut transportée de joie, s'en vantant auprès de son ami Buffalo.
Doflamingo n'était pas un être sujet à la nostalgie. Ce qui le poussa à explorer une dernière fois les rues de la ville, il l'expliqua plus tard par « un coup de pouce du destin ».
En passant devant la vitrine d'un épicier, il fut arrêté par les bruits d'une dispute enflammée. Au comptoir, un bonhomme d'une cinquantaine d'années au cheveu rare sermonnait un client d'un ton condescendant.
- Mais tu crois quoi, que c'est un paradis, la route de tous les périls ? C'est rempli de racailles en tout genre, d'hommes sans foi ni loi qui hésiteraient pas à te découper en rondelles ! Ou pire, tu pourrais être capturé et vendu à un de ces Dragons célestes là !
Ces derniers mots arrachèrent un sourire cruel à Doflamingo, bien habitué aux pratiques des « siens ». Amusé par la conversation, il croisa les bras et s'adossa à un mur pour continuer à écouter.
- Je ne vous demande pas des conseils, je veux juste payer ! S'énerva une voix qui tendait vers les aigus. C'est assez là, non ?
- Ouais on ne me la fait pas à moi ! Autant de nourriture, c'est parce que t'as envie de tenter la traversée. Mais oublie ça tout de suite, gamine, et rentre chez ta mère. Je veux pas qu'on m'accuse d'avoir vendu à un mineur, surtout si on te retrouve noyée dès demain.
- Je sais à quoi m'attendre, merci, répliqua froidement la « gamine » en plaquant ses billets sur le bois du comptoir.
- J'en veux pas, de tes biftons, fit le commerçant en esquissant une grimace dégoûtée. Fous-moi le camp de là ! Je nourris pas les mioches !
Un profond soupir retentit dans la pièce, suivi d'un craquement sonore. Intrigué, Doflamingo ne put s'empêcher de jeter un regard dans la boutique et y découvrit l'homme affalé sur le comptoir en bois, une énorme bosse lui poussant au front. Son agresseur se frotta les mains, remplit rapidement son sac et glissa un mot d'excuse au commerçant assommé avant de se préparer à sortir. Le pirate eut juste le temps de reculer dans une ruelle sombre pour avoir la chance d'apercevoir cette cliente si peu orthodoxe. Son cœur rata un battement lorsqu'il vit, dépassant de la capuche qu'elle avait pris soin de rabattre sur sa tête, une mèche rouge.
D'instinct, il lui emboîta le pas, prenant bien soin de rester à une distance raisonnable. S'il ne se trompait pas, sa cible prenait la direction des docks, et notamment de la partie la moins recommandable dont se servaient en général les pirates. Il en eut la confirmation au fur et à mesure que les passants se raréfiaient, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'eux dans une ruelle étroite que le soleil ne parvenait pas à éclairer. Un coup d'œil rapide aux façades lui apprit que les maisons étaient laissées à l'abandon. C'était le moment ou jamais de confirmer ses doutes.
Il fut sur sa cible en deux enjambées. Une main l'attrapa par l'épaule tandis que l'autre se glissait sur sa gorge, attrapant le menton pour pencher brusquement la tête en arrière et pouvoir observer son visage. Quand il vit les yeux de la fille s'agrandir sous l'horreur et la stupéfaction, il ne put s'empêcher de rire, un sourire cruel plaqué aux lèvres.
- Enfin... murmura-t-il d'une voix doucereuse.
Elle fut parcourue d'un frisson d'effroi, ce qui sembla la tirer de sa paralysie. Alors qu'elle cherchait à se débattre, il raffermit sa prise sur son épaule, sa seconde main attrapant sa victime par la nuque avant qu'il ne la soulève aussi aisément qu'un chaton. Une fois en l'air, elle tenta d'hurler, mais il la plaqua contre lui, sous son manteau et reprit le chemin du dock sans se soucier des coups et tentatives de morsure.
Il ne prit pas la peine de s'arrêter vérifier que ses hommes exécutaient bien ses ordres, enjambant directement la passerelle qui le mena sur le pont de son navire. Le parcourant du regard, il vit Diamante occupé à compter des tonneaux remplis d'alcool et l'interpella.
- Va me chercher des chaînes et rejoins moi dans ma cabine. Immédiatement.
Sans attendre de réponse, il s'engouffra dans les entrailles du vaisseau et ouvrit la porte ornée d'un grand flamant rose. La cabine, spacieuse, avait été séparée en deux piécettes : d'un côté, le bureau où s'entassaient les livres et instruments de navigation ; de l'autre, le coin chambre qui abritait un lit sur-mesure, une armoire, un guéridon et une chaise proche de la fenêtre. Ce fut vers celle-ci qu'il se dirigea immédiatement, retirant son manteau dans le même mouvement avant de le jeter négligemment sur le sommier. Il attrapa le dossier de la chaise d'une main, tenant toujours de l'autre bras la fillette, et il l'y assit de force après avoir bien calé le meuble en face du lit. Enfin il prit place sur ce même lit, immobilisant ses bras sur les accoudoirs. Une fois qu'il fut certain qu'elle ne pouvait plus bouger, il s'autorisa un sourire.
- Salut toi. Resha, c'est ça ?
Tout en s'adressant à elle, il nota que la fillette avait bien grandi par rapport à leur première rencontre. S'il ne se trompait pas, elle devait avoir dans les 13/14 ans, le tout début de l'adolescence pour une jeune fille. Cela expliquait peut-être pourquoi elle refusait de répondre, lèvres pincées : elle rentrait dans une phase de rébellion. Heureusement qu'il était habitué à mater les fortes têtes.
Diamante toqua à la porte avant d'entrer suite à l'invitation de son capitaine. Il resta interdit devant le spectacle qui se jouait sous ses yeux, son regard passant de l'un à l'autre sans comprendre. Doflamingo finit par lui accorder toute son attention, et il en profita pour s'avancer vers lui et lui tendre les chaînes, désignant la jeune fille d'un signe de tête.
- Quand est-ce que… Comment tu as…
- Un coup de pouce du destin, lui répondit tranquillement le géant blond en saisissant les anneaux de métal.
La fillette profita du fait qu'il l'avait momentanément relâché pour se glisser au sol et bondir vers la porte. La rapidité de l'action laissa Diamante sur le carreau, et elle eut le temps d'agripper la poignée sous le regard amusé de Doflamingo. Elle l'actionna à une reprise, puis deux, sans que la porte ne daigne bouger.
- C'est inutile, petite.
Fronçant les sourcils, elle ne voulut pas s'avouer vaincue, plaquant son pied au mur avant de tirer la poignée de toutes ses forces. La main de Diamante s'abattit sur son crâne.
- Le jeune maître t'a dit que c'était inutile, gamine !
Elle laissa échapper un grognement de douleur et se plaqua les mains sur la tête en fusillant Diamante du regard. L'homme eut une grimace dégoûté, la saisissant par le bras pour la traîner de nouveau vers Doflamingo, qui n'avait daigné bouger. Ils la réinstallèrent sur la chaise et l'entourèrent de chaines, fixant l'extrémité à un des pieds du lit.
- Bieen, finit par dire le capitaine pirate en se plaçant derrière la fillette, une main se posant doucement sur sa tête. Maintenant, tu choisis : ou tu réponds à mes questions, ou je vérifie de moi-même ce que je crois savoir sur toi.
Ses doigts se crispèrent dans la chevelure écarlate, arrachant une grimace à la jeune fille. Certain qu'elle serait plus réceptive à présent, il reprit son réquisitoire.
- Donne-moi ton nom et ton âge, maintenant.
- Resha, 14 ans, gronda la fillette, le regard fixé sur ses pieds.
- Bien, tu vois quand tu veux…
Sa main se fit plus caressante sur les cheveux, comme pour la récompenser de sa bonne réponse.
- Maintenant, je veux que tu m'expliques quel est ton pouvoir… « Red witch ».
Un sourire fleurit de nouveau sur ses lèvres alors qu'il sentit la fillette sursauter sous ses doigts. Pour bien lui rappeler qu'elle n'avait pas le choix, il raffermit brièvement sa prise, avant de retourner à sa place, face à elle, les mains croisées devant lui en attente de sa réponse. Et il fut loin d'être déçu…
Resha ne se souvenait plus de son île d'origine, mais elle savait qu'elle se trouvait quelque part sur la Route des périls, dans le Nouveau monde plus précisément. Là-bas, elle vivait tranquillement avec sa famille jusqu'au jour où des pirates menés par un des 4 Empereurs prirent d'assaut la ville, à la recherche du secret de l'île. Les enfants avaient été capturés, emmenés sur un des navires puis certains d'entre eux avaient été échangés au Gouvernement Mondial contre des sommes conséquentes. Ainsi avait débuté le projet « Red Witch », trois ans et demi auparavant.
La particularité de la jeune fille, comme les scientifiques devaient vite se rendre compte, était de revenir à la vie à chaque fois que son cœur cessait de battre. Mais ses blessures ne se régénéraient qu'après la mort, de même que ça ne l'empêchait pas de prendre de l'âge. Cette immortalité partielle s'accompagnait d'autres dons étranges qui, sur l'île d'où elle venait, étaient plutôt communs. Il fut décidé que la fillette ne serait plus considérée que comme un cobaye, afin de tenter d'obtenir le secret de la véritable immortalité. Pourtant, un mois après le début de l'expérience…
Lorsque la fillette acheva son récit, un long silence s'installa dans la cabine. Doflamingo ne souriait plus, absorbé dans ses pensées. Bien que ce qu'elle lui venait de lui raconter concordait avec les infos qu'il avait glanées ici et là, il était certain que Resha lui cachait encore bien des choses sur ces fameux « dons » qu'elle avait à peine évoqué. Et si elle prétendait ne pas savoir pourquoi elle ne pouvait pas mourir, il aurait mis sa main à couper que la jeune fille mentait. De là à pouvoir le prouver, voilà qui s'annonçait plutôt ardu. Il décida donc, pour le moment, de faire semblant de croire à son histoire.
Tournant la tête vers Diamante qui avait écouté tout aussi attentivement, la mine réjouie par ces nouvelles, il lui donna l'ordre de réunir Pica et Trebol à l'arrière du pont pour pouvoir discuter de tout ça. L'homme de main s'empressa de sortir pour chercher ses collègues, laissant son patron et la fillette de nouveau en tête à tête. Celle-ci continuait à fixer ses chaussures comme si elles étaient faites d'or et de diamants. Il eut un sourire, attrapant son menton entre son pouce et son index pour la forcer à relever la tête.
- C'est bien, petite, tu as été très sage. Et sur ce navire, on récompense toujours les enfants sages.
La réunion entre les quatre têtes pensantes de l'équipage Donquijote Doflamingo se passa dans la bonne humeur. Trebol, surtout, qui avait toujours veillé sur son petit protégé dans l'espoir de le voir atteindre un jour les plus hauts sommets, ne tenait plus en place à cette nouvelle : l'immortalité était à leur portée, enfin. La question qui se posait désormais : comment faire pour arracher le pouvoir à la fille et le transmettre au jeune maître ?
- Le même problème se pose, au final, finit par commenter Doflamingo en laissant échapper un soupir désabusé. Sans scientifique du niveau de Vegapunk, nous sommes bloqués. C'est pour ça qu'il devient d'autant plus essentiel de coller à notre plan.
- Tout à fait, Doffy ! S'exclama Trebol au comble de l'excitation. Avec Vergo chez les Marines, et toi chez les corsaires, nous pourrions approcher ce génie et le faire travailler pour nous !
- Ou plutôt soudoyer un de ses assistants, répliqua le capitaine en secouant la tête. Il serait trop difficile de travailler avec notre homme directement. Il est trop proche des hautes sphères, trop fidèle aussi.
Son regard fut attiré par Baby 5 et Buffalo qui s'amusaient autour des canons, sous la surveillance active de Lao G et Jora. Dellinger s'était installé dans un tas de cordages et dormait comme un bienheureux.
- C'est bien dommage d'avoir perdu un élément comme Law, mais la chance ne nous a pas encore abandonné. Un enfant est une créature faible, qu'il est facile de modeler comme on le souhaite.
- Et comme ça, ils acceptent volontiers de se sacrifier pour toi, chantonna Diamante en se frottant les mains. C'est ça que tu vas apprendre à notre nouvelle recrue, pas vrai ?
Un sourire amusé aux lèvres, Doflamingo se redressa de toute sa hauteur avant de se diriger vers les cabines sans répondre. Il n'en avait pas besoin.
A peine l'homme posa-t-il la main sur la poignée qu'un bruit de chute se fit entendre derrière la porte. Sourcils froncés, il l'ouvrit rapidement et découvrit la chaise disloquée au sol et la chaîne abandonnée au pied du lit. Quant à la fillette, elle avait disparu. Il s'avança dans la cabine, fermant la porte dans son dos avant de la sceller par des fils quasi invisibles à l'œil nu, comme il l'avait fait précédemment lorsqu'elle avait cherché à leur fausser compagnie, puis il parcourut les deux pièces du regard. Le nombre de cachettes était relativement restreint, puisqu'elle avait dû se planquer en catastrophe en entendant la porte s'ouvrir alors qu'elle venait à peine de se libérer. Comme elle était rapide, peut-être avait-elle eu le temps d'atteindre le bureau... mais il penchait plutôt pour le dessous du lit, qui était suffisamment large pour pouvoir s'y glisser. Il s'y dirigea donc naturellement, mais plutôt que de regarder en dessous, s'assit dessus.
- Si tu ne te montres pas maintenant, je t'assure que ta punition sera beaucoup plus douloureuse, dit-il d'une voix calme et posée. Ne t'ai-je pas dit qu'ici, on préférait les enfants sages ?
Il attendit quelques secondes une réponse qui ne vint pas. Même en écoutant attentivement, il ne parvenait pas à entendre son souffle. Pourtant il était sûr qu'elle était là, attentive, prête à bondir dehors lorsqu'une opportunité se présenterait.
- Ce serait dommage d'avoir à te priver de dîner ce soir, petite, continua Doflamingo en croisant les jambes, la tête en appui sur sa main. Et tu ne voudrais pas dormir à la cale, avec les rats. Je me trompe ?
Seul le silence suivit sa question. Il hésitait encore entre s'amuser de cette situation ou commencer à s'énerver. Il avait beau détester qu'on lui tienne tête, rien ne lui plaisait plus que de corriger les insolents. Et, il le sentait, cette gamine allait lui donner du fil à retordre.
- Bien, troisième et dernier avertissement. Sors de ta cachette et on évitera de vérifier si tu peux ressusciter si on t'arrache le cœur.
- Je peux ressusciter si on m'arrache le cœur.
Surpris, il releva la tête et découvrit la fillette à côté de son bureau. Elle avait été beaucoup plus rapide qu'il ne l'aurait cru...
Un soupir lui échappa alors qu'il lui fit signe de s'approcher. Mais si elle avait accepté de sortir de sa cachette, elle ne semblait pas vraiment disposée à lui obéir encore. Il décida donc de se montrer bien plus persuasif... un geste de sa part, et la fillette se plaqua les deux mains sur sa joue déchiquetée, dents serrées pour retenir un cri de douleur,
- Tu vois ce qu'il t'attend si tu n'obéis pas à mes ordres ? Fit tranquillement le pirate en continuant à agiter l'index, ce qui fit apparaître de nouvelles coupures sur les bras de l'enfant. Ne crois pas que tu vas bénéficier d'un traitement de faveur, ici. Si tu suis les règles, très bien, tu feras partie de la famille. Si tu te rebelles, tu seras punie.
Elle le fusilla du regard, avant de tendre le majeur dans sa direction.
- Vous pouvez toujours crever pour que je fasse partie de votre « famille », espèce de monstre dégénéré !
- Mauvaise réponse.
Sa victime s'écroula soudainement au sol, une tâche de sang fleurissant sur ses vêtements, au niveau du cœur.
Doflamingo se releva enfin et s'approcha du corps, se baissant pour le retourner et observer le phénomène. Les griffures sur la joue et les bras se résorbaient à vue d'œil. Il supposa que le trou qu'elle avait dans la poitrine connaissait le même sort et attrapa son poignet pour vérifier son pouls. Au bout de quelques secondes seulement, il sentit le sang battre de nouveau sous ses doigts et eut un sourire satisfait. Décidément, ce pouvoir lui plaisait de plus en plus.
Les yeux de l'enfant s'ouvrirent sans prévenir, et elle arracha son poignet à sa prise d'un geste brusque avant de reculer le plus loin possible de lui. Bloquée par l'imposant bureau dans son dos, elle fixait l'homme devant elle avec l'attitude d'un animal aux abois, mais prêt à mordre si jamais l'occasion s'en présentait.
- Un vrai petit chaton, s'amusa Doflamingo en faisant exprès de se rapprocher lentement d'elle.
Il osa même tendre la main pour la poser sur ses cheveux, son regard rivé au sien. Elle n'était qu'un animal sauvage qu'il fallait domestiquer, et pour cela, elle devait avant tout comprendre qui était son maître.
- J'espère que tu as compris maintenant ce qu'il t'en coûtera, si tu oses encore me tenir tête.
Pour toute réponse, elle mordit sa main jusqu'au sang.
- C'est l'entrée de la route de tous les périls ! Regarde, Baby 5, c'est l'entrée ! s'exclama Buffalo en saisissant le bras de son amie.
Tout l'équipage s'était rassemblé à la proue du navire pour pouvoir admirer Reverse Mountain. Une certaine émotion s'empara d'eux à la vue des majestueux piliers qui marquaient le début de leur périple. Le regard fixé sur leur objectif, un sourire aux lèvres, Doflamingo tendit les mains et plusieurs fils jaillirent de ses doigts pour s'accrocher aux flancs escarpés de la montagne. Ainsi, il pouvait guider le navire et l'empêcher de s'écraser de plein fouet sur les récifs escarpés qui bordaient l'entrée.
Concentré sur sa manœuvre, il ne vit pas tout de suite que Baby 5 le fixait avec inquiétude. Lorsqu'enfin, il sentit sa présence, il baissa la tête et sourit à la petite fille.
- Qu'est-ce que tu as, Baby 5, tu n'es pas contente ? Pourtant on va faire un beau voyage.
Secouant la tête pour exprimer que ce n'était pas ce qui la préoccupait, elle tendit un doigt vers sa main droite.
- Doffy, tu as des trous dans la main.
- Hm ? Oh ça, fit-il en observant la blessure à son tour. C'est rien. J'apprends juste la politesse à un chaton récalcitrant.
- Il y a un chat sur le navire ?! s'exclamèrent en cœur Buffalo et Baby 5.
Les adultes qui n'étaient pas encore au courant lancèrent un regard interloqué à leur capitaine. Son sourire s'élargit, alors qu'il se concentrait de nouveau sur son objectif.
- Un très vilain chaton, oui.
