Bonjour à tous chers lecteurs et lectrices,
Comme promis, voici le chapitre 3 d'Au nom de la Loi, avec la première partie de la rencontre Bella-Edward. J'espère que vous apprécierez.
Sur ce, bonne lecture,
PS : Merci à tous et toutes pour vos reviews adorables.
CHAPITRE 3 : Une rencontre glaciale
BPOV
J'arrivais à 8h55 dans les bureaux de Cullen et Associés, et à peine avais-je franchis la porte que je fus confrontée à la pétillante, mais non moins fatigante Alice Cullen. L'espace d'un instant j'eus une pensée émue pour le pauvre Jasper, qui la supportait 24h/24.
- Salut, Isabella. Comment-vas-tu ? Je suis sûre que ton entretien va super bien se passer. Tu vas voir, mon frère est adorable. Vous allez très bien vous entendre. Je vais devoir te faire un peu patienter car il n'est pas encore arrivé. Tiens, c'est bizarre d'ailleurs, ça ne lui ressemble pas d'être en retard. Waouh, tout ça sans reprendre sa respiration, cette fille avait des poumons dignes d'un apnéiste.
Nous avions convenu, lors de ma précédente visite d'opter pour le tutoiement.
- Bonjour Alice. Ravie de te revoir, tu as l'air en pleine forme. Répondis-je avec une pointe d'ironie qui lui échappa totalement, puisqu'elle était déjà repartie dans un monologue dont elle seule avait le secret.
- Moi aussi, je suis ravie. Je suis sûre qu'on va vraiment bien s'entendre. Au passage, j'adore tes vêtements. C'est du Hugo Boss, si je ne m'abuse ? Tiens, suis-moi. Je vais t'emmener dans la salle d'attente. Tu veux un café pour patienter. Je vais essayer d'appeler Edward sur son portable, pour voir ce qui le retient.
- Non merci, j'ai déjà pris un café avant de venir.
Cette fille était vraiment étonnante, tant de par son caractère que de par son physique atypique.
Elle était très petite, environ 1m50, même si il était difficile d'en juger puisqu'elle sautillait constamment. Ses cheveux étaient très bruns, presque noirs, coupés courts rebiquant sur l'arrière de sa nuque. Elle avait un visage fin qui lui donnait un air mutin. Et sous ses dehors espiègles, elle me semblait être l'image même de la femme-enfant, qui déclenchait chez tout homme l'envie de la protéger.
D'instinct, je l'avais appréciée, car elle m'avait paru d'une gentillesse et d'une générosité infinie.
Sur ces considérations, je me retrouvais assise dans un des confortables fauteuils en cuir de la salle d'attente et à ma montre il était déjà 9h15. J'espérais vraiment que ce cher Edward Cullen allait avoir une bonne excuse à me fournir. J'avais une sainte horreur des retardataires. Ça faisait vraiment mauvais genre quand vous receviez un éventuel futur associé.
A 9h30, toujours personne.
A 9h45, je me décidais à aller voir Alice pour avoir quelques renseignements.
En arrivant devant son bureau, elle posa un regard confus sur moi. Cette expression, pour le peu que j'en avais vu, ne lui ressemblait pas du tout.
- Alice, excuse-moi de te déranger, mais j'aimerais savoir s'il y a un problème. J'attends quasiment depuis une heure.
- Heu…c'est-à-dire que…Balbutia-t-elle, visiblement gênée.
- Bonjour Isabella. Comment vas-tu ? Demanda Jasper en sortant de son bureau.
- Très bien. Et toi ? J'avais rendez-vous avec Edward Cullen à 9h00, mais il semblerait qu'il soit retenu ailleurs. Répondis-je.
- C'est curieux, je suis arrivé en même temps qu'Edward, ce matin, vers 9h15.
- C'est curieux en effet. En tout cas, ça expliquait l'embarras d'Alice.
- Je t'accompagne à son bureau, si tu veux.
- Heu, Jazz, attends. S'écria Alice.
- Qu'y a-t-il Alice, il est ressorti ?
- Non, mais…il faudrait peut-être le prévenir avant ?
- Il est avec un client ? La questionna Jasper.
- Non, mais…
- Dans ce cas, aucun souci.
A cet instant, le téléphone portable de Jasper sonna. Alors qu'il décrochait, il demanda à Alice de reprendre le relais et de me conduire de suite dans le bureau d'Edward.
J'étais partagée entre l'incrédulité et la colère. A quoi jouait ce type. Il est là depuis plus d'une demi-heure et ne s'est pas donné la peine de me recevoir. Pour qui se prenait-il ?
Alice frappa et ouvrit immédiatement la porte du bureau et me demanda de patienter 30 seconde avant d'entrer :
- Edward, je suis avec Isabella Swan, ton rendez-vous de 9h00. Tu es prêt à la recevoir ?
- Alice, je t'ai dit que je ne voulais pas la voir pour le moment, dis-lui que je suis occupé en conf-call ou en réunion. Débrouille-toi.
- C'est-à-dire qu'Isabella est avec moi. Elle m'accompagne si tu vois ce que je veux dire.
- Merde. Fais la entrer dans ce cas.
D'accord. Je n'en croyais pas mes oreilles. Il l'avait fait exprès de me faire poireauter une heure. Je n'étais assurément pas la bienvenue, selon les critères de Monsieur Edward Cullen.
Il voulait jouer à ça, on pouvait être deux.
Je me décidais à pénétrer dans le bureau, sans attendre Alice. Lorsque celle-ci croisa mon regard, elle me fit une petite moue désolée, et fila sans demander son reste.
- Bonjour Monsieur Cullen. Attaquais-je afin qu'il sente l'énervement poindre dans le son de ma voix.
- Asseyez-vous, Mademoiselle Swan. Là, c'est clair, je rêvais. Pas de bonjour et en plus il me tournait le dos, assis dans son fauteuil.
Je ne distinguais pas son profil à cause des larges bords du siège mais je voyais ses mains. Il jouait avec des papiers, mon CV en l'occurrence.
- Votre CV n'est pas mal, mais rien d'impressionnant. M'asséna-t-il.
J'étais scotchée.
Un CV pas mal, voilà l'euphémisme du siècle : Major de ma promo au lycée, Major de ma promo à Yale, avec deux ans d'avance, 1ère ex-aequo à l'examen du barreau de New-York, des stages dans des cabinets de renoms et 5 ans chez Manfield-Carter et Associés.
Tout ce qu'il trouvait à dire c'est pas mal… Impressionnant, oui, ça c'est un adjectif adéquat pour mon parcours professionnel. Je rêvais, ou plutôt je nageais en plein cauchemar.
Il se foutait ouvertement de moi, c'était clair.
La meilleure défense c'est l'attaque, précepte de Charlie Swan, que je comptais bien mettre en application dans la seconde.
- Monsieur Cullen. Primo, je répète « Bonjour », la politesse voudrait à minima que vous me saluiez également et que vous vous retourniez pour m'adressez la parole. Deuxio, mon CV est plus que pas mal et je crois, non, rectification, je sais que vous le savez également. Tertio, je veux intégrer votre cabinet et c'est une chance pour vous que mon choix se soit porté sur votre structure, parce que je suis vraiment excellente dans mon travail. Alors est-ce qu'on peut oui ou non avoir une conversation constructive entre professionnels ou dois-je sortir de ce bureau et aller expliquer à vos associés la manière dont vous m'avez traitée ce matin et les raisons pour lesquelles je décline leur offre ?
J'avais su me maitriser et rester calme, alors que la rage bouillonnait en moi, pour ça je devais remercier Alec. Côtoyer son monde m'avait appris à gérer les connards imbus d'eux-mêmes et à les remettre à leur place, fermement mais avec élégance. Toujours une main de fer dans un gant de velours…
Un silence pesant s'était abattu sur la pièce, à la fin de ma tirade. La balle était dans son camp.
Doucement je vis Edward Cullen se lever de son siège et pivoter vers moi.
EPOV
Cette voix…Il me semblait la reconnaitre tout à coup. J'espérais encore me tromper car si j'avais raison, mon ciel venait brutalement de s'obscurcir et les prochains jours promettaient d'être particulièrement difficiles.
J'avais écouté son monologue irrité, et même plus, en colère. Pour qui se prenait-elle pour me parler comme ça et me menacer d'aller voir mes associés ?
Bien sûr que son CV était impressionnant, même meilleur que le mien, mais plutôt crever que de l'admettre. Bien sûr que ses compétences professionnelles et sa réputation représentaient un atout inestimable pour le développement de notre cabinet, mais je ne voulais pas d'elle ici. Jamais. Elle allait dégager fissa. Foi d'Edward Cullen.
Je devais réagir maintenant, sinon j'étais foutu. J'allais jouer carte sur table après tout, et lui dire que je ne voulais pas travailler avec elle, un point c'est tout.
Je me levais et me tournais très lentement afin de lui faire face et prêt de répliquer à son attaque.
Quand enfin je posais sur elle, mon regard le plus dédaigneux, je sus que je venais de signer mon arrêt de mort. Elle avait gagné la partie, par K.O. en plus.
Ma belle inconnue se tenait devant moi, les yeux rageurs. Ma belle inconnue était Isabella Swan. Ma belle inconnue était devenue mon pire cauchemar, et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi.
