Alors, oui oui, je sais, j'étais censée publier hier dernier délai mais euh... Je suis le genre de personne toujours en retard de toute façon. Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira, j'ai quant à moi un sentiment de ratage, comme si ça aurait dû être plus joliment raconté :/ Cette partie constitue donc plus un premier jet, je n'ai pas encore assez de recul pour voir ce qui est à modifier, mais je sais qu'il y a des trucs à améliorer (haha, si quelqu'un se propose en bêta-lecteur, je suis preneuse, d'ailleurs...)

Vous m'en direz des nouvelles !

Elwande : Je suis très contente que tu accroches. J'espère de tout cœur que cette suite ne te décevra pas, je pense que je suis un peu fatiguée, du coup je n'ai pas suffisamment étoffé et c'est un peu dommage... N'hésite pas à me dire ce que tu en penses, et à me faire part des points à améliorer s'il y en a ! Merci infiniment à toi.

Melior Silverdjane : coucou, nouvelle lectrice ! Très heureuse que tu aies aimé ce début. Oui, j'avais fait quelques recherches effectivement ! Haha, ce n'est qu'une fanfiction pourtant, je ne devrais pas m'embêter à ce point, mais je ne sais pas... J'y tiens, même s'il faut avouer que c'est quand même une perte de temps. Thierry Roy est effectivement le père de Léna, et en vérité, c'était un chimiste, ce qui s'avéra bien utile à Fëanor héhé. Quant à ce qu'il s'est passé avec sa mère, je te laisse le petit suspense à deux balles, parce que ce sera expliqué par l'intéressée elle-même, du coup c'est plus drôle comme ça ! Enfin, je peux te dire déjà que tu te trompes, c'est plus simple et plus courant que ça, en vérité :) Pour son travail peu reluisant, pour connaître un peu... je ne te le fais pas dire. Il faut être sacrément courageux pour travailler à la chaine ou même dans un abattoir :/ J'espère en tout cas que cette suite te plaira, je n'en suis pas satisfaite (contrairement à ce que j'ai publié avant) donc n'hésite pas à me dire ce que tu en penses ! Merci beaucoup à toi.

CHAPITRE 1 (partie 2)

Ploc. Ploc. Ploc.

Une litanie si sinistre que Morgoth aurait pu en être le compositeur, songea Galadriel.

Avec effroi, l'elleth contemplait le fluide carminé qui, goutte par goutte, s'infiltrait à travers les lattes de bois, comme si le plafond lui-même sanglotait. Les larmes venaient s'écraser à ses pieds pour former une flaque qui croissait, encore et encore, souillant le sol de terre battue de la cave.

Qui se vidait de son sang, juste au-dessus d'elle ? Cette question la tourmentait. Galadriel aurait aimé que Melian n'aie pas fui la Terre du Milieu suite à l'assassinat du roi Thingol. Son pouvoir aurait empêché cet horrible massacre.

Des bruits de lames qui s'entrechoquent et de flèches décochées, des ordres criés en sindarin et en quenya, des hurlements de souffrance, des supplications, des pleurs… Tout se mélangeait pour former une mélopée épouvantable qui faisait frémir la fille de Finarfin.

_Je ne pars pas, lâcha-t-elle tout à coup.

Prenant son courage à deux mains, elle leva les yeux vers Celeborn, son époux, qui s'était médusé à ces mots. Elle sentit son cœur se serrer lorsqu'elle lut dans ses yeux toute l'angoisse qui les assombrissait.

Le Moriquendi était grand, avait le port altier et la noblesse de ses traits ne passait jamais inaperçue. De tempérament paisible, son discours avait pourtant le don de fasciner, de persuader et surtout, d'embraser les foules. C'était un fait indubitable : Celeborn était fait pour diriger. Parfois, Galadriel se plaisait à songer que si Ilúvatar avait permis que soient liées leurs fëar, c'est parce qu'ils étaient destinés à régner un jour ensemble.

Enfin… Tout ceci ne relevait que du pur fantasme. Elle rejoindrait très probablement les cavernes de Mandos ce soir.

Ils s'étaient tous les deux enfermés dans la petite cave où le roi de Doriath, Dior, cachait les bouteilles du meilleur miruvor de Beleriand. Elle avait été creusée sous la salle du trône et très peu en connaissaient l'emplacement. Celeborn était manifestement le seul ellon encore vivant à avoir eu l'idée d'y trouver refuge.

Il avait pour projet de fuir avec son épouse vers le Lindon.

Seulement, Galadriel savait qu'elle pouvait faire cesser la furie des fils de Fëanor, et elle ne se rendrait pas coupable de la lâcheté qui fut celle de Melian.

_Que dis-tu ? s'enquit Celeborn.

Sa voix tressaillait. Celeborn n'était pas un elfing ému par le combat. Il avait de nombreuses fois affronté les hordes du noir ennemi, mais cette tuerie-là était perpétrée par des Eldar, des membres de son propre peuple, et c'était aussi révoltant qu'effrayant. Une douleur aigüe s'emparait de son cœur et il ne parvenait pas à la chasser.

_Je ne pars pas, répéta Galadriel d'une voix emprunte de beaucoup plus d'assurance.

Par Manwë, elle avait perdu la tête ! Le Teleri boucla furieusement la sacoche de voyage et se releva vivement. A quoi jouait-elle ? Ces barbares de fëanoriens n'hésiteraient pas un seul instant à lui trancher la gorge, s'ils l'apercevaient ! Celeborn les savait aliénés, aveuglés par leur stupide serment. Trop d'histoires sur la folie de Maedhros et ses frères étaient parvenues jusqu'à ses oreilles pour qu'il écoute les caprices de son épouse.

Il jurait qu'elle le suivrait, de gré ou de force !

_Garde ce petit semblant de vaillance et d'héroïsme pour toi, lança-t-il sur un ton calme, alors qu'il peinait tant à conserver son sang-froid. Ce te sera grandement nécessaire sur la longue route qui nous attend.

Elle s'avança vers lui et il fut grandement étonné lorsqu'elle prit son visage en coupe. Ce n'était pas non plus le temps pour les démonstrations d'affection ! Il allait finir par l'assommer !

Il jeta un regard inquiet vers la porte de tous ses espoirs. Elle était petite car destinée aux Nains qui l'avaient taillée dans le roc lorsqu'ils avaient entrepris tout leur travail d'excavation. Elle menait à un passage souterrain qui conduisait jusqu'à l'Esgalduin, la principale rivière de Doriath.

Il fallait partir, et vite, avant que quelqu'un ne les découvre.

_Ne sois pas si suffisant, dit-elle. J'ai emprunté des routes bien plus périlleuses que celle-ci. Maedhros et ses frères sont en quête du Silmaril, et nous savons tous les deux à qui appartiennent les mains dans lesquelles il se trouve. Il serait temps de redonner aux fils de Fëanor ce qui leur appartient.

_Aurais-tu été contaminée par la démence de tes cousins ?

Galadriel écarquilla les yeux et s'écarta instantanément.

Celeborn avait parlé avec beaucoup de colère dans la voix. Le ton qu'il avait emprunté ne souffrait d'aucune contestation. Il n'était pourtant pas prompt à l'emportement.

L'elleth croisa les bras et le scruta du regard. Elle découvrait une sombre facette de la personnalité de son époux. Il voulait fuir, tel un couard, sans se préoccuper des vies qui seraient épargnées s'il avait le courage d'affronter les fils de Fëanor.

_Elwing n'est encore qu'une elfing ! s'exclama-t-il soudain, et Galadriel comprit que son époux ne manquait pas de bravoure, mais de bon sens. Après tout, que représentait une elfing, fût-elle la fille de Dior, face à tant de larmes ?

_Si son sang te macule les mains, poursuivit Celeborn, tu ne sauras te le pardonner. Je ne te laisserai pas commettre une telle atrocité ! On part, maintenant.

Galadriel ramena sa longue chevelure d'or sur son épaule et elle essaya tant bien que mal de calmer les palpitations affolées de son cœur. Sa décision était prise. Elle ferait ce qui est juste et ni sa peur ni la fureur de son époux ne l'arrêterait.

_Le silmaril fut forgé par Fëanor, déclara-t-elle froidement. C'est à ses fils qu'il revient. Je me demande pourquoi personne encore sur Arda n'a eu la sagesse de leur rendre cet héritage. Tu peux fuir, Celeborn, mais je m'en vais parler à Maedhros. Nous nous rejoin…

_ Tais-toi !

Le Teleri, tous les sens aux aguets, était certain d'avoir entendu un geignement. Ses oreilles affûtées situaient sa provenance derrière l'étagère, à sa droite. Pourtant, il avait inspecté les moindres recoins de la cave lorsqu'il y avait descendu et il n'avait vu personne.

Une vague de panique le submergea. Les avait-on découverts ? Celeborn dégaina son épée.

Léna émergea difficilement du sommeil. Pour une fois qu'elle parvenait à dormir, elle aurait voulu faire une bonne grasse mat'. Elle gémit en se rappelant qu'elle devait encore taffer, aujourd'hui…

La surface sur laquelle elle était allongée était dure, plane et très inconfortable. Une soirée trop arrosée, peut-être ? En fond sonore, il y avait les bruits d'une bataille qui semblait bien gore. Quelqu'un devait tranquillement se mater Game of Thrones.

Léna frotta ses yeux bouffis de sommeil, et puis elle eut l'impression que quelque chose clochait : elle ne se souvenait pas d'être rentrée chez elle…

Elle s'assit et ouvrit les paupières.

Wow ! Non, elle ne se trouvait pas du tout dans son petit studio. Elle avait dormi entre deux grandes étagères sur lesquelles reposaient des bouteilles, du vin très certainement. La pièce ne devait pas être chauffée car il y faisait froid et elle était éclairée par des… chandeliers. Une cave ?

La jeune fille pensa qu'on lui avait fait une mauvaise farce. Elle ne croyait pas en d'autres explications : elle voyait difficilement comment quelqu'un aurait pu avoir l'idée saugrenue de l'enlever sur son lieu de travail.

Soudain, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle n'avait rien compris à ce qui avait été dit, mais elle avait entendu une voix d'homme, étrangement claire et mélodieuse.

Elle releva la tête et elle le vit : le mec qui pointait une grande épée médiévale sur elle et qui s'apprêtait apparemment à l'embrocher.

L'adrénaline afflua dans ses veines. « Barre-toi ! » fut la pensée qui lui asséna violemment l'esprit. Léna se leva rapidement, trop rapidement, si bien que sa vision se brouilla.

Le type… Putain, il était habillé comme au Moyen-Age mais surtout… Elle était quasiment sûre qu'il n'était pas humain. Elle ne l'avait regardé qu'une microseconde, mais elle avait bien vu qu'il était comme trop beau pour être réel, et elle avait même cru apercevoir des oreilles pointues. Tout son corps lui hurlait qu'elle était en danger.

Le cœur battant la chamade, Léna n'attendit pas que sa vision s'éclaircisse pour courir loin de la créature. Elle se cogna dans l'étagère et elle entendit plusieurs bouteilles se fracasser au sol. Le jean aspergé de vin, elle parvint tout de même à la contourner. Elle hurla lorsqu'elle sentit une main aux doigts longs et fins s'emparer fermement de son bras.

C'était un véritable cauchemar !

La jeune fille observa rapidement la femme qui venait de la retenir. D'une grande sveltesse et la tête auréolée d'une cascade de miel, elle était splendide et complètement onirique. On aurait dit une fée venue tout droit d'Avalon. Léna se rendit compte qu'elle aussi, était dotée d'oreilles pointues, et elle déglutit.

D'un coup d'épaule, elle se dégagea inopinément. Elle manqua de s'étrangler quand elle discerna la flaque rouge sur le sol. Etaient-ce des assassins ? La jeune fille avait l'impression d'être l'héroïne d'un film d'épouvante, celle qui mourait presque toujours, à la fin.

La femme lui dit quelque chose mais elle ne comprit strictement rien. On ne devait pas lui parler en français.

Une échelle ! Il y avait une échelle à quelques mètres seulement, que la jeune fille n'hésita pas une seule seconde à franchir. Elle gravit les barreaux quatre à quatre. Terrifiée, elle tourna la tête : l'homme à l'épée se dirigeait tout droit vers elle, une expression d'horreur déformant les traits divinement gracieux de son visage. Il voulait probablement l'empêcher d'ouvrir la trappe à laquelle menait l'échelle, mais Léna ne demeurerait pas dans cette cave. Elle frappa plusieurs coups, tous plus enragés les uns que les autres.

La maudite trappe s'ouvrit enfin. Elle vit qu'il y avait un mur, juste devant elle, orné d'une tapisserie riche en couleurs qui devait représenter une scène mythologique. La jeune fille n'avait pas le temps de s'appesantir sur les détails, mais elle eut tôt fait de remarquer que l'œuvre était éclaboussée par ce qui ressemblait à de l'hémoglobine.

Les bruits de bataille lui apparaissaient tellement réels, à présent… Léna ne prit pas davantage de temps pour réfléchir. Le gars à l'épée allait la zigouiller : c'était sûr. Alors entre le doute et la certitude de sa mort, Léna choisit le doute.

Elle se hissa hors de la cave, se dépêcha de refermer la trappe d'un coup de pied, puis elle se retourna.

Le spectacle qui s'offrit alors à elle provoqua une montée de bile dans sa gorge.

Elle plaqua une main sur sa bouche et prit de grandes inspirations pour ne pas dégobiller, tandis que l'odeur métallique du sang lui chatouillait les narines. Les membres parcourus de spasmes, elle songea que l'Apocalypse dont il était question dans les Livres était arrivée.

Il y avait une centaine d'hommes dans cette immense salle aux murs de pierre, des hommes grands à la beauté surhumaine et en armure. Ils étaient tous en train de se massacrer à coup d'armes blanches… C'était une gigantesque cacophonie, écœurante de brutalité. Des cris, partout, des hurlements de rage et d'effroi, l'écho de combats sporadiques, des appels à l'aide, des lames d'argent qui s'entrechoquent… Toute cette agitation donnait envie à Léna de devenir sourde.

Ce n'était pas comme dans les films. Il y avait cette impassibilité sur les visages et cette douleur dans les yeux qui glaçaient les sangs.

A quelques mètres d'elle seulement, au pied de marches ensanglantées, les entrailles d'un type à genoux étaient en train de se déverser au sol. Un autre, juste à côté, qui devait avoir l'épaule démise, se faisait tabasser avec un chandelier. Elle entendit des pleurs d'enfant, alors elle tourna la tête. Deux gosses étaient tenus en respect par un homme aux longs cheveux blonds. Un autre, roux celui-là, avait son bras passé autour de la taille gracile d'une femme qui sanglotait, et il pressait la lame d'un poignard sur sa gorge.

Les marches menaient à ce que Léna identifia comme étant un trône. Un homme aux longs cheveux noirs de jais y était assis et une haine féroce mêlée de peur animait son visage. Un autre pointait sur lui une longue épée à la lame fine et alors qu'elle l'observait, Léna se figea.

A cause de la distance qui les séparait, elle ne voyait de lui que son armure étincelante et sa longue crinière de feu, mais l'espace d'une seconde, elle eut l'impression de le connaître. Le monsieur, furent les deux mots qui lui vinrent aussitôt à l'esprit. Elle éprouva le sentiment d'être sur le point de se rappeler de quelque chose d'important, mais de ne pas y parvenir, comme lorsqu'elle avait un mot sur la langue.

Une flèche siffla à ses oreilles, manquant de heurter sa joue de peu et la sortant de sa torpeur. La jeune fille déglutit. Tout se passait trop vite mais elle ne pouvait pas rester là !

Elle poussa un hurlement de frayeur lorsqu'elle sentit une main large se poser sur son épaule. Elle pivota et se retrouva nez à nez avec un homme brun à la stature imposante et elle ne tarda pas à constater que lui aussi était doté d'un visage remarquablement beau, en dépit de sa lèvre fendue, et d'oreilles en pointe. Mais où était-elle tombée ?

_Que fait une Atani ici ? hurla-t-il pour couvrir le vacarme.

Elle ne comprit pas le sens du mot « Atani » mais il parlait français ! Elle en fut immédiatement soulagée. Elle venait peut-être de débusquer son sauveur.

_Derrière-toi ! s'époumona-t-elle.

Elle venait de voir un archer décocher une flèche dans sa direction.

L'homme devait posséder d'excellents réflexes. Il la saisit vivement par la taille, la plaqua contre son corps et se coucha au sol, l'entrainant avec lui. Un peu sonnée par le choc, sa tête ayant violemment heurté son armure, elle tarda à réaliser que le liquide poisseux qu'elle sentait souiller sa joue était du sang.

_Feins d'être morte ou crois-moi, tu trépasseras, lui susurra l'homme à l'oreille avant de se relever et de l'abandonner.

Léna n'avait jamais été aussi épouvantée de toute sa vie.

L'homme avait raison. Il fallait à tout prix qu'on prenne son corps pour un cadavre.

Fermant les yeux, elle ne bougea plus d'un poil, choisissant d'adopter la technique de l'autruche. Après tout, elle avait le temps de se faire tuer mille fois avant de trouver un moyen de sortir de là. Elle aurait pu regagner la cave, mais elle était certaine que l'homme à l'épée l'éventrerait.

Elle essaya de calmer son souffle erratique, mais ce n'était pas chose aisée. Elle maudissait sa poitrine qui se soulevait à un rythme bien trop élevé.

Alors, avez-vous aimé ?

Je sens qu'il manque des descriptions à certains endroits, du coup si vous les dénichez, n'hésitez pas à les indiquer dans l'espace commentaires ! Et si vous ne les dénichez pas, eh bien vous pouvez poster un commentaire quand même, ça fait toujours super chaud au cœur !

J'espère n'avoir déçu personne pour le moment.

Le prochain chapitre correspondra à la bataille entre Medhros et Dior, PDV Maedhros donc normalement, le style sera plus étoffé.