Note de l'auteur: Après ce long délai, voici le troisième chapitre de cette fanfiction que j'ai décidé de poursuivre. Il se passe au moment de l'épisode 2.06. Bonne lecture à tous.
Chapitre 3 : Rencontre ducale
Charles Brandon était réputé pour ses talents guerriers, ainsi que pour s'être toujours tenu à l'écart des questions religieuses ou politiques. Certes, il lui était arrivé de s'opposer à certaines personnalités de premier plan, comme feu le Cardinal Wolsey mais ces querelles émergeaient presque toujours suite à des affronts personnels plutôt qu'à des manœuvres politiques.
Ainsi, lorsque les hommes de Thomas Boleyn avaient assassiné Sir William Pennington, alors que ce dernier venait de demander asile dans une église et refusait de se défendre, le Duc de Suffolk s'était juré de venger son vassal et ami, quel qu'en soit le prix. Le traitement ignoble et les humiliations presque quotidiennes qu'il recevait de la part de sa fille, cette catin d'Anne Boleyn, ne faisaient que le conforter dans sa résolution.
La mort de ce pauvre Thomas More n'était qu'un crime de plus commis par les Boleyn dans leur soif de sang et de pouvoir car Charles en était certain maintenant, l'horrible famille était pleinement responsable de son exécution. Henry lui avait confié, dans un moment de grande détresse, qu'Anne avait usé de toute son influence pour le pousser à se montrer impitoyable envers l'ancien Chancelier du roi alors que le monarque avait été enclin à l'épargner.
En dépit de la haine que la nouvelle reine vouait à son égard, Brandon avait eu la chance de conserver l'amitié du roi. Peut-être était-ce d'ailleurs pour montrer à son épouse qui était en position d'autorité qu'Henry avait confié à Charles plutôt qu'à Thomas Boleyn la délicate et importante tâche de recevoir l'envoyé de François 1er. En effet, ce dernier avait été vraisemblablement chargé de négocier les éventuelles fiançailles de la princesse Elizabeth avec le prince Charles, au nom du souverain français.
Au départ, l'ambassadeur français, l'évêque de Bayonne, avait spéculé que l'envoyé serait sûrement Philippe Chabot de Brion, l'Amiral de France, qui était aussi l'un des favoris de François 1er mais à la grande surprise du diplomate, c'était une toute autre personnalité qui avait été désignée par le monarque.
Assez grand, et plus sobrement vêtu que la plupart des Français dont Charles avait fait la connaissance, le jeune homme qui s'avançait vers lui devait être âgé de vingt-deux, peut-être vingt-trois ans. Ses cheveux bruns lui arrivaient jusqu'au milieu du cou mais contrairement à la mode française, il était rasé de près, et son visage dépourvu de barbe ou de moustache lui aurait presque donné des airs de jouvenceau.
Presque étant le maître mot dans le cas présent.
En effet, Suffolk avait participé à suffisamment de batailles pour reconnaître un guerrier. Ainsi, il put observer sans peine que l'épée qui se trouvait pendue à sa ceinture n'avait rien d'une arme d'apparat. Il évalua la longueur de la lame à environ un mètre mais était davantage intéressé par sa poignée d'or et d'argent, finement ciselée, au bout de laquelle se trouvait un pommeau représentant une croix pattée. Féru de chevalerie et des guerres de l'ancien temps, Brandon se demanda si le nouveau venu avait conscience de la signification réelle de ce qui n'était rien d'autre qu'un symbole templier.
Toutefois, le duc n'eut qu'à croiser le regard azuré du jeune homme pour être certain de ce qu'il n'avait osé jusqu'ici que supposer.
La voix d'un de ses serviteurs le sortit de sa contemplation, en annonçant l'identité de l'individu.
- Son Excellence, Arthur de Bretagne, Duc de Bretagne et d'Artois, Pair de France et Lieutenant-Général des armées du roi.
Le dénommé Arthur s'inclina respectueusement devant Charles tout en prenant la parole d'une voix veloutée.
- Votre Grâce.
- Votre Grâce. Répondit tout naturellement Brandon, conscient que son homologue était au moins aussi puissant que lui outre-Manche. J'ai l'honneur de vous accueillir, vous et vos gens, dans ma demeure et en Angleterre.
Il fit une courte pause avant de se tourner vers Catherine.
- Permettez-vous de vous présenter mon épouse, la Duchesse.
Le Duc de Bretagne se tourna vers elle et lui adressa un doux sourire avant de prendre délicatement sa main dans la sienne, qu'il ne tarda pas à porter à ses lèvres, pour y déposer un baiser de courtoisie.
- Ma dame, c'est un plaisir de faire votre connaissance.
Le jeune homme ne tarda toutefois pas à retourner son attention vers Brandon.
- Avec votre permission, je vous présente Claude de Rieux, Comte d'Harcourt et Charles du Quélennec, Vicomte du Faou.
Le Comte d'Harcourt était un homme d'environ trente-cinq ans, aux cheveux noirs coupés courts et à la moustache soigneusement entretenue. Plus grand qu'Arthur, il se dégageait de lui une sérénité qui transigeait avec les muscles qui saillaient sous ses vêtements céruléens, et surtout avec les armes qu'il portait à sa ceinture : une épée et une dague. Son regard noisette s'attarda un instant sur les Brandon tandis qu'il s'inclinait avec déférence.
En revanche, le Vicomte était un peu plus petit que le duc de Bretagne mais sensiblement du même âge que Claude de Rieux. Ses longs cheveux étaient blonds comme les blés et ses yeux verts étaient illuminés d'un éclat rieur. C'est avec un peu plus de zèle qu'il s'inclina devant les anglais, avant de se détourner d'eux pour introduire une quatrième personne.
-Oh, laissez-moi aussi vous présenter la princesse Marguerite de France.
Agée d'une douzaine d'années, l'adolescente était vêtue d'une magnifique robe émeraude qui mettait en valeur ses yeux verts. Ses cheveux bruns, coiffés avec raffinement mais sans fioritures, lui arrivaient jusqu'en haut du dos.
Ce n'est qu'en croisant son regard que Charles se rendit véritablement compte de la ressemblance qu'elle arborait avec sa mère, la reine Claude de France. Jamais Brandon ne pourrait oublier la discussion qu'il avait eue avec cette dernière, plus de sept ans auparavant. Cette femme, aussi belle que le jour, avait non seulement repoussé ses avances mais elle lui avait aussi ouvert les yeux sur la manière la plus injuste dont il traitait sa première épouse, Margaret.
C'était à la suite de cette rencontre, et de la mort de sa femme, que Charles avait décidé de ne plus avoir de relations sans lendemain et d'être fidèle à sa nouvelle épouse, Catherine.
- Votre Altesse, c'est un honneur de vous rencontrer. Déclara Suffolk en baisant la main de la jeune princesse.
Une fois les présentations terminées, Arthur reprit la parole d'un ton cordial :
- Dites-moi, votre Grâce, à quoi devons-nous nous attendre ?
- Et bien, nous vous divertirons ici pendant quelques jours puis le Roi vous invitera à dîner.
- Très bien.
- Il y a autre chose…
Le Duc de Suffolk parut quelque peu hésitant à poursuivre mais il le fit tout de même :
- On m'a dit que la Reine Anne a prévu un banquet en votre honneur et un match de jeu de paume.
- Oh… je suppose que vous faîtes référence à la nouvelle épouse de Sa Majesté, l'une des filles de Sir Thomas Boleyn, je présume ?
- C'est exact. Peut-être l'avez-vous rencontrée à Calais, lorsqu'elle y a accompagné le roi, peu avant son couronnement ?
- Hm je ne crois pas. Je pense me souvenir de l'avoir croisée à l'époque où elle n'était encore qu'une des dames de compagnie de la reine Claude mais je ne me trouvais pas à Calais lors de cette occasion. Malheureusement pour Lady Anne, je ne suis pas familier de ce jeu… et l'on m'a vanté que vos terres étaient un excellent terrain de chasse.
Charles eut grand peine à se retenir de sourire en écoutant les propos de l'émissaire de François 1er. S'il avait correctement déchiffré ce qu'il venait de dire, Anne Boleyn n'avait aujourd'hui guère plus d'importance à ses yeux que lorsqu'elle n'était que la fille de l'ambassadeur anglais à Paris. De ce fait, il ne comptait pas assister au banquet, ni à aucun autre événement que « Lady Anne » pourrait organiser en son honneur.
- Comme il vous plaira, votre Grâce. Désirez-vous que nous passions dans mon bureau ?
- Je n'osais vous le proposer. Répondit simplement Arthur.
Brandon fut surpris de voir ce dernier poser un genou à terre devant la princesse avant de lui murmurer quelques mots à l'oreille. Celle-ci lui adressa un chaleureux sourire avant de déposer un baiser sur sa joue. Elle suivit ensuite Catherine et les deux gentilshommes à l'extérieur, où ils pourraient prendre un rafraîchissement.
Une fois confortablement installés dans le bureau du Duc, Brandon fit sortir ses serviteurs de la pièce avant de se retourner vers son invité.
- Je dois reconnaître que je suis surpris, votre Grâce, par votre présence ici, ainsi que par celle de la princesse.
- Je vous en prie, appelez-moi Arthur. Quant à notre présence ici, elle tient davantage de la volonté de la reine que d'autre chose. Vous l'ignorez peut-être mais elle entretient une solide amitié avec la reine Catherine.
Dire que Charles était étonné aurait été un euphémisme. Suffolk était littéralement abasourdi par la franchise du Français, ainsi que par la nature des propos qu'il venait de tenir. S'éclaircissant la gorge pour reprendre un semblant de contenance, Brandon lui répondit d'un ton prudent :
- Faites-moi alors l'honneur de m'appeler Charles… Commença-t-il, ne sachant pas réellement comment aborder le sujet qui les intéressait tous les deux. Lady Catherine n'est plus officiellement mariée à Sa Majesté, et elle est obligée de vivre recluse dans une modeste maison avec une unique servante pour l'assister depuis le remariage du roi.
- J'en ai conscience, et peut-être ai-je aussi vent d'informations qui vous ont échappé, Charles.
D'un geste désinvolte, il plongea la main dans l'une des poches de sa cape et en sortit un petit flacon, rempli d'un liquide olivâtre qu'il posa sur la petite table qui se trouvait entre lui et Brandon. Ce dernier examina un instant la décoction avant d'hausser un sourcil en signe de curiosité.
- Que contient ce flacon ?
- Un poison assez rare, dont la plus intéressante propriété est d'être capable de tuer une personne très lentement, en donnant l'impression que celle-ci est en proie à une maladie naturelle, s'il est administré à de petites doses.
- Voilà qui est fort… intriguant mais quel est le rapport avec l'affaire qui nous préoccupe ?
- Il s'avère que le Comte de Wiltshire fait envoyer ce poison à ses hommes, stationnés près de la demeure de la Princesse douairière de Galles, à des intervalles assez réguliers depuis plusieurs années déjà.
Le Duc de Suffolk eut grand peine à ne pas montrer sur son visage la rage qu'il ressentait à l'égard de Boleyn, mais qui se manifesta malgré tout lorsqu'il serra ses poings si fort que ses jointures en devinrent blanches.
Ainsi donc, non content d'avoir manœuvré Henry de sorte à ce qu'il répudie son épouse légitime et fasse de sa fille aînée une bâtarde, Thomas Boleyn désirait aussi tuer l'ancienne reine… c'était tellement infâme que Charles n'avait aucune peine à l'imaginer impliqué dans ce genre de complot.
- Pardonnez-moi, Arthur mais je dois aller immédiatement prévenir…
- Ce ne sera pas nécessaire, votre Grâce. Cela fera bientôt trois ans que le poison n'atteint plus les lèvres de la reine Catherine. Déclara paisiblement le Duc.
La colère de Charles s'évanouit aussi rapidement qu'elle était apparue et il ne tarda pas à se rasseoir, à peine conscient du fait qu'il avait bondi de son siège. Si le Français parut quelque peu amusé de sa réaction, il n'en garda pas moins le silence et se contenta de poursuivre son explication.
- A l'époque où le roi d'Angleterre déclarait publiquement son union avec Anne Boleyn, le Saint-Père me confia la délicate mission de veiller sur l'épouse légitime du souverain ainsi que sur la Princesse Mary. Bien que je n'aie pas été en mesure de poser un pied en Angleterre avant la semaine dernière, j'ai mis à profit mon influence et ma richesse pour m'assurer qu'elles ne seraient victimes d'aucune tentative d'assassinat de la part des Boleyn.
Faisant une courte pause, le jeune homme reprit d'une voix neutre.
- Il vous faut savoir que je n'ai pas d'intention belliqueuse à l'égard de votre souverain et que le roi de France lui-même ignore l'objet de ma mission. Seuls le Pape, la reine Claude et certains de mes plus proches conseillers et amis le savent et je préférerais que cela demeure ainsi.
- Mais alors… pourquoi me le dire ? Qu'est-ce qui vous pousse à croire que je n'irai pas tout raconter à Sa Majesté ? S'exclama finalement Brandon, clairement confus.
Le Duc de Bretagne se contenta de sourire, avant de tapoter trois fois son index sur la table de chêne.
- Je sais de source sûre que vous faites parvenir de petites sommes d'argent à Lady Elizabeth Darrell, l'unique dame de compagnie de la reine Catherine, depuis l'emprisonnement du regretté Thomas More. Oh, n'ayez aucune crainte, vous avez été très discret et j'ai personnellement veillé à ce que Boleyn n'en soit pas informé.
- Vous avez donc également conscience que si Sa Majesté venait à apprendre cela…
- Charles, je ne suis pas venu ici pour vous faire du chantage. La seule raison de ma présence en ces lieux, c'est pour vous demander votre aide, dans le but de secourir Catherine d'Aragon et sa fille.
Jamais Brandon n'avait été mis face à un plus cruel dilemme. D'un côté, il respectait et admirait même l'ancienne reine. C'était d'ailleurs en partie par sympathie à son égard qu'il lui avait fait indirectement parvenir de quoi vivre. D'un autre côté, le duc avait l'impression de trahir Henry en agissant de la sorte derrière son dos… donner un coup de pouce à Catherine d'Aragon pour survivre était une chose, l'aider à s'évader de sa résidence surveillée en était une autre.
Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne vit même pas son interlocuteur se lever et se diriger vers la fenêtre. Ce n'est qu'à l'instant où il prit la parole à son attention que Charles revint à la réalité.
- Je ne vous demande pas de me répondre tout de suite. J'ai conscience qu'il s'agit d'une décision particulièrement difficile pour vous. Néanmoins, j'espère avoir votre réponse avant notre départ pour Londres.
Arthur fit volte-face et se dirigea vers la porte avant de s'arrêter à mi-chemin, et de plonger sa main dans la poche intérieure de sa cape.
- Oh, j'ai failli oublier. On m'a demandé de vous remettre ceci.
Le Duc de Bretagne déposa une lettre cachetée sur son bureau et lui adressa une dernière révérence de courtoisie avant de quitter le bureau, laissant Brandon méditer sur ce qui serait peut-être le choix le plus important de sa vie.
Ce n'est qu'en baissant la tête que le Duc de Suffolk reconnut le sceau qui figurait sur la lettre… celui de la reine de France.
Tandis qu'elle venait de finir ses prières du matin, Mary ne put s'empêcher de penser à ce mystérieux correspondant à qui elle écrivait des lettres depuis bientôt deux ans. Après Dieu et sa mère, il était certainement l'une des principales raisons pour lesquelles la jeune femme ne perdait pas courage et gardait l'espoir d'un avenir meilleur.
C'était grâce à l'une des autres dames de compagnie d'Elizabeth, Louise d'Avaugour, qu'elle pouvait entretenir cette correspondance. Quelques semaines après son arrivée, la Française lui avait remis une deuxième lettre, écrite dans la même écriture que la première. Louise était d'ailleurs devenue l'une de ses rares amies mais elles ne pouvaient se parler qu'en cachette, de peur que la concubine du roi n'apprenne leur amitié et ne cherche à les séparer.
Louise lui avait appris que son correspondant s'appelait Arthur et qu'il était Français, tout comme elle mais elle n'avait rien pu lui dire de plus. Dans ses lettres, il la tenait informée des derniers évènements en Europe, mais il lui parlait aussi des paysages magnifiques qu'il avait vu, en France, en Italie et dans le reste de l'Europe.
Elle tenait d'ailleurs la dernière de ses lettres entre ses mains, remise par Louise avant l'aube mais elle ne l'avait pas encore ouverte. Bien que leur correspondance soit soutenue, il s'écoulait parfois des semaines avant qu'une nouvelle enveloppe n'arrive…
...mais la tentation se fit trop forte et elle ne tarda pas à la décacheter avant de la parcourir du regard.
Chère Mary,
Permettez-moi de vous apporter quelques nouvelles de votre mère. Bien qu'il soit dit à la cour que la reine Catherine est toujours gravement malade, au point de se trouver aux portes de la mort, laissez-moi vous détromper car je suis à l'origine de ces rumeurs. En réalité, la reine se porte un peu mieux chaque jour et elle a déjà regagné une grande partie de ses forces.
Sachez également qu'au moment où cette lettre vous parviendra, je me trouverai déjà en Angleterre. Je ne suis pas venu pour y faire la guerre mais il est fort possible que j'en déclenche une par les actions que je me prépare à entreprendre. Le jour de votre libération, ainsi que celle de votre mère, approche à grand pas mais elle ne se fera pas avec le consentement du roi.
Je ne sais pas si le tout-puissant est avec moi mais s'il existe la moindre justice en ce monde, alors ma mission sera menée à bien et vous pourrez de nouveau dormir sans avoir à craindre que la maîtresse du roi n'attente à votre vie. Je serai alors avec vous, pour vous protéger et, si telle est votre volonté, pour vous aider à ramener l'Angleterre dans la lumière du seigneur.
Vous êtes dans toutes mes pensées et, lorsque le temps me permet d'en faire paisiblement, dans toutes mes prières également. Je n'aurai pas un instant de répit avant de vous avoir, votre mère et vous-même, extirpé des griffes de la sorcière qui a jeté l'opprobre et la l'hérésie sur ce grand royaume.
Votre serviteur et ami,
A.
Il n'y avait pas de mot assez fort pour décrire la sensation de chaleur et de bonheur qui envahissait tout son être en lisant ces quelques mots posés sur du papier. Mary avait conscience qu'elle n'aurait sûrement pas dû se laisser aller à de tels sentiments, surtout envers un inconnu dont elle ne connaissait ni la naissance, ni même le patronyme.
Pourtant, il était son rayon de lumière au milieu de cet océan d'obscurité où elle tentait de survivre depuis bien des années maintenant. Cet inconnu lui apportait ce que personne d'autre n'avait été en mesure de lui donner : des bonnes nouvelles, notamment au sujet de sa mère, mais également de l'espoir, un espoir qui paraissait plus proche et plus lumineux chaque jour qui passait.
Serrant la lettre contre son cœur, la jeune femme s'autorisa un des rares sourires qui venaient illuminer son visage d'ordinaire si triste et si sombre. Bientôt, sa mère et elle seraient libres et, si Dieu était bon, cette catin de Boleyn serait bientôt châtiée pour ses crimes, envers le royaume, envers la reine légitime, envers la foi et envers elle.
Oui, la liberté serait douce, et la vengeance plus douce encore.
