Bonjour !
Je suis contente de vous présenter mon troisième chapitre ! Mes Bétas sont toujours Mille-Visages, Eryn13 et Dansimati.
Navrée de mon léger retard de la semaine dernière, J'étais malade vendredi ^^. Mais désormais on part sur un rythme de publication d'un chapitre tous les vendredis soir !
N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de Deidre en reviews !
Cristélène
Fraternisation
J'ai mis un moment à me lier d'amitié avec mes autres condisciples. Mis à part Jonathan (Qui insistait de plus en plus pour que je l'appelle Jojo... Ce type était bizarre), je n'ai pas beaucoup d'atome crochus avec mes camarades. Soyons honnête, la majeure partie des membres de ma maison sont des gens du commun et... ben qu'ai-je en commun avec eux ? Au premier abord, les Serpentards m'ont semblé les plus fréquentables. C'est de toute évidence la Maison de Noblesse locale, mais..., mais étrangement, nous ne sommes pas en bon termes. J'ai "légèrement" pris à parti les plus nobles de mon année, du coup je suis persona non grata. Un part de moi a d'abord trouvé ça dommage avant que je ne réalise une chose : Les références que nous avons en commun ont plus d'un siècle. Le Secret international, qui a séparé en 1692 les mondes Sorciers et Moldus, fait que finalement je n'ai guère plus d'atomes crochus avec eux qu'avec les sorciers de classe moyenne de ma maison.
Nous sommes seulement trois filles de mon année et de ma maison.
Artémis Dumbledore est une pétillante rousse Elle a deux ans de plus que notre classe parce qu'elle a été longtemps malade. Elle est « de sang pur »(*), ce qui veut de toute évidence dire noble dans cette étrange société parallèle que je découvre au fil des jours. J'ai tenté de l'aborder, de ce fait, mais cette arrogante m'a envoyé dans les choux sous prétexte que j'étais snob. Je ne suis pas snob ! Je suis noble ! Une fille de Duc à un certain nombre d'apparences à tenir ! Ok, je suis un peu sortie de mes gonds le premier jour, mais... Mais ce n'était pas pour autant que je peux accepter de faire une bataille de boule de neige avec n'importe qui... Aussi fort que je le souhaite... Ce jour là, début novembre je crois, je suis sagement rentrée à la tour pour revoir mes leçons et écrire à mes parents tandis que même Jojo allait jouer.
Le fossé qui me sépare de Mary Jenkins est encore plus important. Comme moi, elle est de parents moldus... mais c'est notre unique point commun. Mary est, pour parler crûment, une fille de prostituée. Je n'aime pas les convenances, mais je n'ai pas le choix. Elles régissent ma vie et leur étau ne fera que se resserrer au fil des ans. Même si j'apprécie de loin la personnalité poétique et rêveuse de ma camarade, l'approcher serait stupide. Parce que nous ne pourrons jamais être amies. Si nous le devenions et que quelqu'un de mon monde l'apprenait, je n'ose imaginer les conséquences...
Mais parfois, la providence aime se moquer de vous.
Début février, je venais de quitter Jojo (ouais, j'avais finis par me faire au surnom. Il ne répondait presque jamais à son vrai nom) et le cours de Métamorphose pour me rendre en Potion. Comme toujours quand mon Serdaigle favori ne m'accompagne pas, je me suis perdue (oui, même en février) et je me suis retrouvée face à une intéressante scène...
Malefoy et Alex ont réussis à coincer la petite Mary dans un couloir. Les Fumiers. Ils n'ont rien d'autre à faire que d'embêter une pauvre petite rêveuse dans son genre ? Rivalité entre Serpentard et Gryffondor, ok, je veux bien. Emmerder les Sang de Bourbes, très bien, si ça les amuse. Mais pourquoi s'en prendre à une gamine apeurée ? Je fais tout aussi bien l'affaire, non ?
Non, évidemment, pas pour ce genre de lâches... Je meurs d'envie de les tabasser. Mais un, ce n'était pas digne de moi, de deux, j'ai cours dans trois minutes. Je vais devoir désamorcer, super... En général je n'en ai pas besoin, Jojo fonçant dans le tas encore plus vite que moi. Et après... Faut bien que je l'empêche de se faire mal, hein ?
Bon... Allons-y... Je m'avance ostensiblement et alpague ma camarade de dortoir :
« Mary, tu viens ? On n'est pas en avance, là. »
Elle lève sur moi de grands yeux émerveillés. Oula... Calme toi, ma grande, je ne suis pas le messie, moi ! Je t'aide pour la première fois depuis le début de l'année, là ! C'est à Dumbledore qu'il appartient ce regard…
« J'arrive !... »
Mais les deux abrutis l'empêchent de passer. Si ce n'était pas un appel à la violence, ça... Mais commençons par la verbale...
« Qu'est ce qu'il y a Alex ? Tu as réalisé que tu es si dénué d'intérêt que ça confine au fantomatique ? Je te rassure. C'est seulement mental. Elle ne peut donc pas te passer au travers. Cesse cette expérience stupide. »
Bien sur il aurait pu rétorquer pas mal de chose, sur notre passé commun. Mais jamais il ne le fera. Surtout pas devant Cerberus Malefoy. Par contre, il peut avancer d'un pas menaçant vers moi. Ce qu'il fait... Ce qui suffit à une gamine aussi menue que Mary de se faufiler entre les deux verts et de se réfugier derrière moi. Crétin... et ça se disait rusé... Minable, ouais.
Mary et moi filons sans demander notre reste. Après tout, le troisième larron manquait à l'appel et en gérer deux, oui. Alex, je savais l'énerver, Cerberus était un abruti, mais Hermès Gaunt... Celui là c'était un Serpentard au sens rusé du terme.
Et je ne veux pas voir le regard émerveillé que Mary pose sur moi.
Ce jour là j'ai appris que ce n'était pas la première fois que ces deux dégénérés s'en prennent à elle, mais que d'habitude Dumbledore la protège. Cependant, celle-ci étant notre batteuse, elle s'est pris un cognard dans la tète le matin même et elle n'est pas encore sortie de l'infirmerie. Du coup j'ai pris l'habitude de la prendre sous le coude quand Dumbledore n'était pas disponible (ce qui arrive souvent vu sa propension à se trouver sur le chemin d'un cognard, que ce soit en match ou à l'entraînement) (Et oui, elle était dans l'équipe en première année, elle avait eu une dérogation, au vu de son âge). Elle est toujours aussi infréquentable, mais rejeter ces grands yeux marron est au delà de mes forces.
Et la fois suivante... Oh Seigneur, heureusement qu'elles étaient là, la fois suivante !
Nous sommes début avril, les beau jours... s'annoncent disons. Jojo prétend que c'était déjà l'été mais il ne faut jamais croire un type capable de faire sauter deux chaudrons en une seule heure de cours.
Actuellement, le type en question n'a qu'une envie : aller faire une ballade en barque. Pour observer les poissons. Les sirènes. Les strangulots. Les veracrasses sauvages. (Non, c'est pas vrai, pas les veracrasses sauvages. Déjà ça n'existe pas, et même si ça existait, personne, aussi congelé qu'il puisse être, ne s'y intéresserait.)
Après d'âpres négociations, nous convenons que d'accord, on irait sur le lac, mais que c'était MOI qui conduis et qui choisis où on va. Au moins, comme ça, on ne finira pas au milieu du lac.
J'ai l'air méfiante, comme ça, mais soyons honnête. Je suis en fait absurdement sure de moi, persuadée de pouvoir contrôler Jojo. Ha ! Personne ne peut contrôler ce feu-follet. Il ne faut pas longtemps pour que Jojo, à se pencher d'un coté et de l'autre, ne fasse chavirer la barque.
Je commence à hurler quand j'ai entends la petite voix me prévenir. J'essaye, de toutes mes forces, de le bloquer, mais je crois que ça ne fait qu'aider le bateau à basculer. On aurait jamais du prendre ce bateau.
Je ne sais pas nager. Mais genre pas du tout. On n'apprend pas ça aux filles chez moi. Alors je m'accroche de toutes mes forces au bateau. Il ne s'est pas renversé, il a juste suffisamment basculé pour nous faire tomber. Une fois que la panique recule un peu, je comprend qu'il ne coulera pas, et que, bien accrochée, je ne risque plus de couler. Je cherche donc Jojo.
Droite
Gauche
Devant
Derrière : Barque.
« JOJOOOOOOOOOOOOOOOOOOO! »
Ô seigneur le laissez pas mourir. S'il vous plaît seigneur, s'il vous plaît.
« A l'AIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIDE ! Quelqu'un ! Il va se noyeeeeeeeeeeeer ! Au Secoouuuuuurs ! »
Je hurle comme ça pendant ce qui me semble être des heures, en cherchant frénétiquement mon ami. Mon seul ami à Poudlard. Il a pas le droit de partir et de mourir. C'est pas juste, je l'ai pas congédié.
« JOJOOOOOOOO ! »
*CLAC CLAC*
Je viens de me recevoir une belle paire de claques. La rousseur ne trompe pas. C'est Dumbledore qui viens de me les retourner (avec satisfaction, je l'aurait parié).
« Calme-toi, Deidre ! Regarde, Mary a trouvé ton pote. »
En effet, ils sont presque sur la berge. La panique laisse place aux larmes et Artémis (subtilité) Dumbledore me tire une poignée de cheveux pour me calmer un peu.
« Respire ! On doit ramener le bateau, ok ?
- Je sais pas...
- Ben si, il faut.
- Mais je ne sais pas nager...
- Ah... Bon, accroche-toi alors. »
Et elle nous tire vers la berge. Nous n'étions effectivement pas très loin, mais ça faisait encore trop loin, pour deux crétins incapables de nager. Rien ne me fait plus plaisir que de sentir la boue sous mes pieds, de patauger dedans, de pouvoir marcher. J'ai eu si peur !
Soudain, la petite voix de Mary retentit à coté de moi :
« File tes affutiaux.
- Hein ? Mais je...
- File, que je te les débouent et te les évapore !
- Ow... Merci »
Elle me couvre de sa cape pendant que je suis en sous vêtements dans le froid d'avril. Une seconde plus tard, je vois que Dumbledore prend le bateau. Pour le ranger sans doute. En fait... Elles ne nous ont pas seulement sortis de l'eau. Elles couvrent nos traces en plus. Elles... Elles... je...
Je ne sais pas combien de temps je pleure, enfouie dans la cape trop petite de Mary Jenkins, la petite fille de Whitechapel. Je met longtemps à comprendre qu'elle s'est blottit contre moi pour me réconforter, que j'ai Jojo sur les genoux et Artémis de l'autre coté. Quand je me suis un peu calmé, j'hoquète à Mary :
« Je suis désolée. Mais... Je... Dois pas... Je... Tu...
- Je sais. On n'est pas du même bordel. On devrait pas se connaître. T'imagine, Dans quelqu' années, ton frère viendra p'tet me r'tourner ! Ou ton père a p'tet déjà vu ma maternelle, si tu vois c'que j'veux dire...
- J't'aime bien, mais...
- Mais j'veux bien, mais ici c'est Poudlard ! Qu'est ce qu'on s'en fout des Moldus ?
- Je... »
A ce moment là, Jojo se saisit de la parole :
« Ben ouais ! Suffit de pas le dire à tes parents ! »
Je réfléchis un moment avant de les serrer dans mes bras. Ils n'ont pas tort. Ce qui se passe chez les sorciers reste chez les sorciers. Mes parents ne le sauront jamais.
« Amis ?
- Amis.
- Amis !
- T'es trop coincé Coheunord. Mais je veux bien te laisser une chance. Amis »
Le reste de l'année a été beaucoup plus agréable. Déjà parce que mes camarades de chambre ne me battent plus froid. Et puis elles étaient vraiment de bonne compagnie. Par ailleurs, je ne sais pas... Cette histoire de noyade avait eu un effet libérateur sur moi. Avant de recevoir ma lettre, j'avais toujours pensé que je ferais ce que je voudrais jusqu'à mon entrée au pensionnat de jeunes filles, et qu'à compter de ce jour, je serais irréprochable. J'ai transposé ce plan à mon entrée à Poudlard, en fait (ok, excepté ma guéguerre avec Alex, mais c'était sa faute, ça). Mais franchement ? Je ne suis pas prête à être sage. Je n'ai que onze ans ! D'où changement de plan. Je ferais ce qu'il me plaira jusqu'à mes Buses, et après on verra !
Mais chaque chose a une fin, et le 30 juin, nous repartons vers l'aire de transplanage. Direction, la maison ! La route est beaucoup plus sympa cette fois. Et ça n'a rieeeeeeeeeeeeeeen à voir avec la monstrueuse gamelle que s'est pris Blondie Malefoy. Pis surtout personne peux rien prouver.
L'été fut atrocement long et fastidieux. Je ne trouve plus goût aux distractions purement moldues que j'ai toujours connues. Mes poupées sont belles, mais totalement inanimées, vous voyez ? J'ai bien essayé de parler aux tableaux, pour qu'ils me racontent leur histoire, mais ils refusent de me répondre. Je ne comprends pas pourquoi mes ancêtres me refusent ces informations. En plus, sous prétexte que certaines matières ne sont pas enseignées à Poudlard, j'ai subis des cours d'été. Beaaaah... Qui a besoin de connaître la poésie et la géographie...
Heureusement, mes petits frères, bien que chiants, sont là. Avec eux, je m'amuse, un peu. Je leur raconte mes histoires de Poudlard et les légendes que j'ai apprises. A ma demande, début août, quand on avait été faire les courses de rentrée, Maman m'a pris un livre de contes sorciers et un livre sur l'histoire de Poudlard (nommé, avec une originalité digne des meilleurs éloges, « L'Histoire de Poudlard »).
Au cours du mois d'Août, je vais passer deux semaines chez ma tante, la Marquise de Kainworth. C'est la sœur de mon père. La cadette des enfants Kainworth, Anna, est ma meilleure amie, même si elle a six ans de plus que moi. Je déteste ces quelques jours, parce que pour la première fois de ma vie, j'ai un secret que je dois lui cacher.
Sinon, j'ai vraiment hâte de retourner à l'école en septembre. D'autant que mes lectures de vacances m'ont permis de déterminer que cette année se tiendra le fameux Tournoi des Trois Sorciers. Malheureusement, je ne sais pas encore quand ou il se tiendra. Faut que je trouve un moyen de rester en contact avec le monde sor... Idiote que je suis ! En pestant, je rentre dans la maison pour écrire une longue (ou pas) lettre à mon informateur préféré, lui racontant mes vacances, prenant des nouvelles et lui demandant ou sera le Tournoi. Puis je peste contre mon manque de chouette magique et écris au dos de la lettre : « A l'attention de Mr Jonathan "Jojo" Cooper, aux bons soins de la société d'instruction Poud Laird, Ridver Square, Londres » C'est l'adresse ou l'on se retrouvait pour aller a l'école, ça devrait suffire. J'espère qu'ils feront suivre.
(*)A l'époque d'Harry, Les Dumbledore ne sont certes pas sang pur. Mais en deux siecles, les choses changent…
