Chapitre 3 : troisième visite

A sept ans, Percy Jackson n'apprécia pas d'être qualifié de stupide.

C'est pourquoi, après avoir rencontré son nouveau beau-père, Percy avait sauté sur l'occasion de sortir pour la journée avec l'une des rares personnes qui ne l'appelait pas de façons offensives, l'un des rares garçons de son immeuble, Lenny Valentine, qui l'avait invité pour la journée. Pour aller à la piscine, toute la journée, sans ce stupide Gady – c'était le milieu du mois d'août et il faisait une chaleur étouffante à New York, une autre raison pour laquelle Percy avait supplié sa mère de lui permettre d'y aller.

De plus, il détestait vraiment, vraiment Gaby-Pue-Grave.

Ce n'était pas de sa faute s'il était stupide, de toute façon. Il avait été diagnostiqué dyslexique il n'y avait pas si longtemps. Ce n'était pas de faute, si ? Quand il avait soulevé la question à sa mère, à l'heure du couché, elle lui avait dit que ce n'était pas de sa faute. Ainsi, Percy s'était fait une promesse.

Persée Jackson n'était certainement PAS stupide.

Il aimait Lenny. Lenny s'était levé pour lui quand une des filles de l'école l'avait traité d' « abruti sans cervelle ». Non pas qu'il ait eu besoin d'aide, bien sûr. Percy l'avait poussée de sa chaise.

« Lenny, Percy, maintenant ne courrez pas si loin ! », dit la mère de Lenny, une femme gentille bien que bizarre. Percy et Lenny hochèrent la tête d'un même mouvement. C'était une grande piscine d'extérieur bondée. Il n'y avait pas vraiment d'autres endroits où aller.

Percy s'amusait à jouer avec Lenny, mais il jugea que Lenny n'était pas un train bon nageur. Percy n'était pas souvent allé à la piscine. Sa mère insistait sur le fait qu'elle n'aimait pas ça et Percy aurait préféré manger ses propres chaussettes que d'avoir à y aller avec Gaby-Pue-Grave. Il pensait que Gaby aurait juste coulé tant il était gros.

« Et ! Lenny ! Regarde ça ! » L'interpela Percy, debout à quelques mètres de la piscine.

« Percy ! Ne saute pas ! C'est la fin de la zone peu profonde ! » S'écria Lenny, le regard indéniablement consterné à cette pensée. Percy fronça le nez et regarda au fond de l'eau. Selon lui, il n'y avait rien à craindre. L'eau lui avait toujours semblé un endroit assez sûr.

C'est pourquoi Percy prit son élan et sauta dans la piscine.

Quand il est passé sous la surface, il ouvrit accidentellement la bouche. Il s'était attendu à une drôle de sensation, celle de l'eau l'étouffant momentanément, mais elle ne vint pas. Percy eut un sourire. C'était génial et il décida qu'il aimait vraiment, vraiment la natation. Il se retourna, voyant des douzaines de paires de pieds marteler la piscine. Il se tira brusquement de la trajectoire de la jambe d'une femme qui était venue dangereusement près de sa poitrine. Il regarda autour de lui, se sentant vaguement amusé quand il vit un autre enfant sauter à seulement quelques mètres de lui. Mais il devait bien avoir cinq ans - si ce n'était plus - de plus que Percy. Ses yeux étaient plissés et il se pinçait le nez.

Il est bête, pensa Percy. Pourquoi fait-il ça ? Il n'en a pas besoin !

Secouant la tête d'exaspération, il déplia les jambes pour se propulser vers le haut, sa tête perça la surface de l'eau. Il fit presque un bond d'un mètre lorsqu'il vit la mère de Lenny regarder vers lui, effarée.

« Percy ! cria-t-elle presque. Est-ce que ça va ? Vous êtes resté là-dedans plus de deux minutes ! Allez, sortez ! Que quelqu'un l'aide à sortir ! »

Pour une étrange raison, il y eut beaucoup d'agitation. Percy n'aimait pas cette soudaine attention.

« Qu'est ce que ça veut dire une ambulance ? demanda-t-il confus. Je vais bien. Je n'ai pas besoin d'une ambulance. Il ne m'est rien arrivé. »

« Tu es resté au fond plus d'une minute ! »

Pour Percy, l'agitation de ces gens n'avait aucun sens. Enfin, un maître nageur rejoignit Percy, l'examina (ce qui était inutile d'après Percy) et quand il eut terminé, il commença à parler avec la mère de Lenny. Percy ne parvenait pas à se rappeler de son nom. Christine ? Charlotte ? Clara ? Chl… ?

« Est-ce que ça va, petit ? » demanda une voix profonde. Elle fit sursauter Percy qui resserra sa serviette autour de ses épaules et se retourna. Malgré la chaleur, il tremblait un peu. Lenny l'avait clairement abandonné. Il semblait trop gêné, ou peut-être effrayé, pour ne serait-ce que lui parler. Quand Percy se retourna, il vit un homme de haute taille avec une chemise hawaïenne et un short qui le regardait avec curiosité. Percy ne l'avait jamais vu auparavant, mais il lui semblait étrangement familier. Ses yeux se plissèrent de curiosité alors qu'il regardait l'homme de haut en bas.

« Je vais bien », dit prudemment Percy. « Je ne comprends pas pourquoi tout le monde fait tant d'histoire. Je ne faisais que nager. »

Pour une raison quelconque, l'homme lui sourit. Il avait des rides autour de ses yeux plissés quand il le faisait. C'était comme s'il souriait beaucoup.

« Je vous connais ? laissa échapper Percy. Parce que vous me semblez familier, monsieur. »

L'homme se raidit un instant avant de soupirer et de secouer la tête. Percy remarqua que son sourire avait disparu. Il était difficile d'imaginer l'homme en train de sourire à présent. En fait, il semblait assez effrayant.

« Non, j'en ai bien peur. »

« Oh, dit Percy - il s'agita pendant une seconde - Alors je ne devrais pas vous parler, parce que ma maman me dit de ne jamais parler aux inconnus. » Il fit une pause avant d'ajouter : « Désolé ».

L'homme se mit à rire doucement. Percy nota que son sourire était de retour.

« Une maman intelligente que tu as là, évidemment. »

« Ouais, dit fièrement Percy. Elle est impressionnante. Sauf qu'elle est mariée à un autre idiot, parce que mon papa ne vit pas avec nous. » Il rougit. Sa mère ne serait pas contente si elle l'avait entendu décrire Gaby comme cela. Ca sembla déplaire à l'homme de nouveau, mais alors, Percy remarqua que les yeux de l'homme étaient tournés vers autre chose. Il se retourna et regarda par-dessus son épaule pour voir deux hommes, debout près d'un arbre. L'un d'eux trébucha hors de l'ombre pendant une seconde et Percy aurait juré qu'il avait un visage de squelette.

Oh, il était stupide. Peut-être que Percy Jackson était vraiment un idiot, peu importe que sa maman insistait presque tout les soirs quand il lui disait que son insécurité à l'école empirait chaque jour. C'était comme s'ils aimaient dire Percy qu'il était idiot et stupide… Un enfant avait appelé Percy « retardé », un jour. Percy avait répondu en lui lançant son crayon au visage. Il avait été privé de récréation ce jour-là.

Percy se tourna vers l'homme, qui semblait troublé tout à coup.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il nerveusement. Vous connaissez ces gens ? »

Il n'avait que sept ans mais Percy Jackson pouvait dire que quelque chose n'allait pas.

« Qu'est-ce qui se passe ? Euh… Monsieur ? »

Mais alors, l'homme se pencha soudain vers lui et mit ses mains sur les épaules de Percy, le surprenant tellement qu'il ne put pas courir. Il n'allait pas l'enlever, si ?

« Non, dit une voix dans la tête de Percy. Il était en sécurité. Il était… »

Alors l'homme parla.

« Je dois y aller. Mais, Percy, s'il te plaît, retourne juste rejoindre ton ami et sa mère. Rentre chez toi le plus vite possible et… et restes-y. Avec ta mère. »

Percy ouvrit la bouche, mais l'homme partit, courant sur les côtés de la piscine. Plusieurs personnes le regardèrent curieusement, y compris la maman de Lenny et le maître nageur.

« Hé ! Monsieur ! Quel est votre nom ? »

Il n'obtint pas de réponse. Complètement confus, Percy remit sa serviette et descendit son t-shirt. Quand il regarda l'endroit où s'étaient tenus les deux hommes et où l'homme avait couru, il n'y en avait aucun des trois. Tous les trois avaient disparu.

Comment l'homme avait-il connu son nom, de toute façon ?

Plus tard ce soir là. Quand Percy raconta à sa maman ce qui s'était passé, elle sut tout de suite, bien sûr, qui était ce « mystérieux homme ». Mais pour Percy, elle agit juste comme si elle était confuse, comme il devait surement se sentir. En soupirant, elle quitta ensuite la chambre avec son t-shirt et son maillot de bain pour les mettre au lavage. Mais au moment où elle allait les mettre dans le tambour de la machine, un morceau de papier tomba de la poche.

Elle reconnut l'écriture. Comment aurait-elle pu ne pas la reconnaître ?

Sally lut la note mille fois. Au bout d'un moment, elle l'avait mémorisée et se traina finalement jusqu'à son lit, soucieuse de l'avenir de son fils, et eut un sentiment de répulsion habituel lorsque Gaby passa son bras autour d'elle.

Ils vont commencer bientôt. Je ne pourrais pas toujours être là pour les arrêter. Envisage le Camp des Sang-Mêlés. Il ne sera pas toujours en sécurité ici. Si tu changes d'avis, tu sais comment me contacter.

Je sais, ça ne fait pas 24 heures que j'ai publié mais je tenais absolument à poster un chapitre aujourd'hui avant de me mettre à mes révisons. J'espère qu'il vous a plus.

A demain, NH.