3.
Peau fine, mais ridée, le teint clair et le regard azur tout aussi la Colonelle Guerdolle Steinbold indiqua un siège à son visiteur.
- Bon retour chez vous, Capitaine Khérendorff.
Je vous en prie. C'était un grade Illumidas, qui n'a pas cours sur la Terre ou dans l'Union Galactique fraîchement né pour affronter de futures menaces.
- Vous avez été Commandant de vaisseau, Capitaine Khérendorff. Je vous dois ce titre. Il est mérité, même sous une autre bannière, et puis, vous étiez de notre côté !
- Ce fut dur… avoua encore le jeune homme. Je ne le réalise qu'avec le recul. Dans le feu de l'action, je n'avais pas l'opportunité de réfléchir !
- Mais vous avez toujours pris les bonnes décisions, sourit la Colonelle au maquillage subtil et parfait tout à la fois. Je me réjouis chaque année qui passe que vous soyez sous notre bannière désormais. Et le Deathclaws…
- Je l'ai rebaptisé le Freedomflag, en hommage à mon père.
- Je sais. Il est en cale sèche à un chantier naval en orbite. Les mises à jour sont continuelles. Vous pourrez repartir avec dès que vous le souhaiterez.
- Mais, je ne…
Guerdolle secoua négativement la tête.
- Oh que si vous allez à nouveau vous envoler, Capitaine Khérendorff. C'est votre destin ! Je ne maintiens votre vaisseau et tous les frais inhérents qu'en ce but ! Il y a là-bas, quelque part, dans la mer d'étoiles, un Commandant de la République Indépendante disparu. Et vous avez à le retrouver ! Ce sont mes ordres.
- Colonelle…
- Je suis âgée, Capitaine Khérendorff, je passe mes dernières plus belles années de commandement du Ministère de la Guerre, à ce poste. J'ai été trop grièvement blessée lorsque les Illumidas ont anéanti ce monde, j'ai passé tant d'années dans le coma, je me suis réveillée pour le meilleur. Merci, jeune homme !
- Colonelle… Vous ne m'aviez jamais parlé ainsi… Les informations, les prévisions du futur sont-elles si terribles ?
- Oui. J'en ai eu les rêves, et mes prémonitions se sont toujours réalisées… A vous ma succession, un jour, mais patientez, je n'ai pas l'intention de lâcher la rampe de sitôt ! Votre priorité : sauver le Commandant Warius Zéro !
- Je cherche…
- Il va encore falloir investiguer, Capitaine.
- A vos ordres…
Le jeune homme balafré à la crinière de miel inclina la tête de façon positive.
- J'ai des rapports de mon voyage à archiver, si vous me le permettez ?
- Allez-y/
Se retirant, Alvernon quitta le bureau.
Au volant de sa voiture le ramenant chez lui, Alvernon avait l'esprit à des milliards d'années-lumières de sa position de véhicule.
« Je rentre, Yseldas. Et je vais reprendre l'envol ! Le Freedomflag m'attend, je ne l'espérais même pas ! On vient de me faire un cadeau inestimable… Mais tu vas me haïr, mon amour de femme, les petits bouts que tu m'as donnés, et toi aussi, papa qui avait enfin trouvé la paix ! ».
Inconsciemment, le jeune homme enfonça le champignon, fonçant sur l'astroroute entourant Heiligenstadt.
Se couchant auprès de sa femme, Alvernon glissa le bras par-dessus son cou.
- Je t'aime, mon cœur !
Déposant un baiser sur le front de la jeune femme, il roula doucement sur le côté pour trouver la meilleure position pour dormir.
« Comment dormir, alors que tu erres quelque part, Warius ? Je ne le peux pas, je ne le peux plus… Je suis si fatigué… Des années de sommeil à rattraper… Mais je dois te chercher. J'arrive ! ».
Fermant les yeux, éreinté de manque de sommeil, Alvernon sombra immédiatement dans un profond rêve où seul le néant meublait ses délires.
- Clio, la Cérémonie du Thé.
- A ton plaisir, mon ami.
- Merci.
Albator porta la petite tasse à ses lèvres.
- Mon unique enfant repart, c'est pour cela que tu tentes de me réconforter.
La Jurassienne au teint blême et à la crinière bleu nuit, aux yeux en amande et d'or, sans bouche, acquiesça.
- Il a l'accord. Plus rien ne le retient !
- En ce cas, je serai avec lui. Je dois prévenir l'Arcadia, l'équipage, s'il en reste !
- Ils sont tous au poste. Tout comme ceux de l'ancien Deantclaws, ce Syphol en premier. Nous partirons tous, Albator !
- Merci.
Et avec autant d'appréhensions que d'ardeurs guerrières revenus, le grand brun balafré tressaillit de, simplement, de désirs de damner le pion à des ennemis et à ceux qui avaient enlevé le dernier ami de leur trio légendaire !
