Bonjour !

On se retrouve pour la suite aujourd'hui :)

Merci mille milliard de fois pour vos jolies reviews qui me vont droit au coeur ! justinejannedu0760, gege du 76, OoO-RED-OoO (un plaisir de te revoir ici), Kaen th (Regina osera-t-elle y aller ;p ?), let it Snow, Aima Cygne et les Guest !

Allez, je vous laisse avec le Chapitre 3 !


Trois jours.

Trois putains de jours qu'elle était partie.

Trois jours de silence.

Regina n'avait pas reposé un seul pied à la mairie. Elle ne quittait pas son manoir et refusait de répondre à ceux qui y sonnaient. Blanche, tout d'abord, puis David, Belle et Ruby. Tous s'étaient heurtés à une porte délibérément clause. Ils savaient que la brune était là mais ils abandonnaient tous au bout de la troisième sonnerie. Mais les questions étaient nombreuses.

Emma qui part. Regina qui s'enferme. Les deux femmes, piliers de toute la ville, semblaient cacher quelque chose qui échappait à la population. Ils avaient eu peur de tout : d'une nouvelle malédiction, d'un nouveau méchant, d'une nouvelle et énième épreuve à affronter. Pourtant, il n'avait jamais fait aussi beau à Storybrooke. Pas un seul nuage, ni gris, ni vert, ni violet… Rien. Le calme plat.

Peut-être même trop.

Le Rolly Roger avait également quitté le port hier, un Killian discret et muet à son bord. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer avec ces trois là pour qu'ils se volatilisent ainsi ?

Henry rentrait chez lui après l'école et se sentait triste en voyant sa mère adoptive qui n'avait pas quitté le canapé de la journée. Pourtant quand elle l'apercevait, elle lui souriait et faisait comme si tout était normal. Regina n'était pas malade. Du moins, pas comme elle le prétendait.

Elle lui demandait de monter faire ses devoirs, préparait le repas et le retrouvait à l'heure du dîner. Ils échangeaient peu. Regina n'avait plus grand-chose à dire de toute façon. Et dès que son fils lui posait une question, elle arrivait à détourner la conversation pour revenir à lui. Mais il l'a voyait fouiller dans son assiette à l'aide de ses couverts sans jamais manger quoi que ce soit.

Il n'était pas dupe. Et son cœur était celui du plus pur croyant. Il était l'auteur. Il savait probablement depuis plus longtemps que ses propres mères. Mais il ne disait rien, leur laissant le temps d'accepter et de comprendre la force de ce qui les liait. Mais ces trois jours lui semblait particulièrement long. Alors pourquoi ne pas… ?

« Je m'inquiète pour Emma, elle ne m'a pas rappelé depuis trois jours. »

La bombe était lancée. Et l'effet fut plus important qu'il ne l'aurait pensé. Sa mère avait toujours cette incroyable capacité à ne jamais fissurer sa carapace et ne pas montrer ce qu'elle ressentait. Mais son souffle s'était coupé et elle avait relevé les yeux vers son fils en fronçant des sourcils… Ca n'avait duré qu'une seconde, peut-être même moins. Elle était tout aussi inquiète. Mais Henry l'avait vu fébrile. Henry l'avait vu malheureuse juste le temps de cette seconde d'abandon. Jusqu'à…

« Je suis sûre que tout va bien, ne t'inquiète pas. »

Jusqu'à ce qu'elle remette son masque qu'il détestait voir. Surtout lorsqu'ils étaient ensemble. Surtout lorsqu'il savait qu'elle lui mentait délibérément.

« Comme toi, j'imagine… » bougonna-t-il entre ses dents, conscient que sa mère allait l'entendre et très probablement lui passer un soufflon.

Elle n'en fit rien. Se contentant de baisser les yeux sur son repas. L'instant d'après, elle débarrassait son assiette encore pleine, tournant le dos à son fils pour cacher une larme de faiblesse qui s'échappait de ses yeux. Henry soupira et se leva à son tour. Il posa sa main sur l'épaule de sa mère qui était maintenant plus petite que lui sans ses talons hauts.

« Tu devrais la rejoindre et lui parler. Dis-lui maman… »

Un hoquet de surprise sorti de sa bouche sans qu'elle ne puisse le retenir. Comment son fils, son tout petit garçon qu'elle tenait encore dans ses bras il n'y a pas si longtemps que ça, comment pouvait-il savoir et comprendre le chaos qui régnait dans son être alors qu'elle-même n'arrivait pas à y répondre ? Et les larmes qu'elle tentait de cacher depuis des jours s'échappèrent de ses yeux sans retenue. Henry l'avait forcé à se retourner avant de la prendre dans ses bras et de lui caresser délicatement le dos.

Elle craqua.

Elle se laissa aller, se serrant tout contre son fils qui lui apportait une épaule solide sur laquelle se reposer. Sans jugement, sans question, sans amertume. Juste à être au creux du cou de son tout petit garçon. Ils restèrent ainsi un long moment, profitant de l'intimité du manoir. C'était leur moment à eux. Mère et fils. Unis plus que jamais. Pour la première fois de sa vie, Regina acceptait de montrer ses sentiments, ses faiblesses, à son fils qui était presque devenu un adulte.

« Comment tu as su ? » fini-t-elle par demander après s'être écartée de lui pour sécher ses larmes, lui tournant le dos.

« Je pense le savoir depuis plus longtemps que vous deux. L'attitude de 'Man avant de partir était étrange, la tienne quand je suis revenue après l'école l'était encore plus » il s'arrêta dans ses explications, un sourire aux lèvres de constater qu'il connaissait ses mères mieux que personne. « Le départ du Rolly Roger hier… Son silence depuis trois jours, tes sanglots la nuit depuis trois jours. Il faudrait que je sois stupide pour ne pas comprendre. »

Elle esquissa un sourire alors qu'elle s'était à nouveau accoudée à l'évier de sa cuisine. Son fils était l'homme le plus incroyable qu'elle avait pu connaître de sa vie entière. Quand elle fut certaine que ses larmes n'avaient pas trop abîmées son visage, elle se retourna vers lui pour poser sa main sur sa joue et la caresser du bout de son pouce. Elle réalisa à nouveau à quel point il était grand, mature et d'une gentillesse sans faille. Et quand il lui fit un nouveau sourire, presque gêné, elle eut l'impression de le revoir quand il avait quatre ans.

« Tu devrais y aller Maman… Je suis certain qu'elle t'attend »

« Maintenant ? » osa-t-elle demander fébrile.

« Qu'est-ce qui te retient ? »

La peur qui lui nouait le ventre ? La réaction d'Emma en la voyant ? Les conséquences de ce que leur relation pouvait avoir ? Les centaines de barrières qui risquaient de se mettre entre elles ? Marier le blanc et le noir n'avait jamais été une bonne idée…

Quoi !? Qui a parlé de mariage ?

La panique s'empara de chacun des veines de Regina en un temps record. Glaça son sang en même temps qu'elle la brulait. Depuis combien de secondes n'avait-elle pas reprit sa respiration ?

« Arrête de réfléchir Maman. Pour une fois, je t'en supplie, agis sur un coup de tête. Sois égoïste. Pense à toi et à ce dont tu as envie. »

Henry avait-il trente ans ou bien quinze ? Il s'éloigna d'elle pour griffonner une adresse sur le bloc-notes posé à côté du frigo.

« Il y a cinq ans, c'est moi qui a été la chercher. A ton tour maintenant de la faire revenir ici. »

« Je t'aime » dit-elle comme si elle venait de le réaliser.

« Moi aussi Maman… Mais effectivement, c'est plutôt pas mal comme entrée en matière lorsque tu la verras »

« Quoi ? Non, non, non… »

Il lui fit un sourire taquin avant de lui glisser entre les mains l'adresse de son autre mère à Boston. Les choses allaient indéniablement changer pour le jeune Henry Swan-Mills qui voyait une autre vie s'ouvrir à lui. Il n'avait pas envie de se poser de question, il voulait juste les voir heureuses. Il était certain que les autres, Blanche et David en première ligne, risquaient de poser problème. Mais il croyait en eux autant qu'il croyait en ses mères. Ses grands-parents finiraient par comprendre qu'il ne fallait que ça pour que leur fille soit complète. Et même complètement heureuse.

La minute suivante, ses affaires étaient prêtes.

Celle d'après, sa Mercedes était en route vers Boston.

Les kilomètres qui défilaient étaient les témoins de ses doutes et de ses craintes. Elle avait voulu rebrousser chemin plus de fois qu'elle ne pouvait le compter. Mais son pied droit restait indéniablement collé à l'accélérateur. Elle ne cessait de réfléchir à ce qu'elle devait dire, à ce qu'elle devait faire. A son attitude. Si elle devait parler ou agir.

Et des flashs de ses baisers lui revenaient en mémoire.

Et des flashs d'Emma quittant sa chambre les larmes aux yeux parce qu'elle n'avait rien su dire aussi.

Mais elle ne savait pas le faire. Parler, offrir ses sentiments sur un plateau d'argent… C'était ridiculement niais. Ce n'était pas elle. Des années à se forger une carapace, à bâtir des murailles plus grandes encore que celle de Chine. Puis, on lui avait appris que l'amour était une faiblesse.

Après tout, elle s'en était prit plein la gueule.

La mort de Daniel. La mort de Graham. La mort de Robin. L'équation était rapide et funeste. A croire que tous ceux qu'elle côtoyait étaient destinés à mourir en un claquement de doigt, d'une seule pression de la main sur leurs cœurs.

Et elle allait infliger ça à Emma ?

Sauf pour Graham, elle s'était donnée corps et âme pour eux, prête à tout quitter, y compris elle-même. Prête à fuir son royaume pour le premier, prête à quitter la part sombre de son être pour le dernier et à accepter qu'il retourne avec sa femme aussitôt la première embûche rencontrée. Emma ne lui avait jamais demandé de changer. Elle l'avait percée à jour à force d'écoute. Ça c'était fait si naturellement que Regina se détestait de ne pas savoir quand tout avait basculé à ses yeux, à son cœur. Comment elle était passé de : Miss Swan, je veux que vous quittiez cette ville à Emma, fais-moi l'amour ?

Et merde.

Dire qu'elle avait peur était un euphémisme ridicule. Elle était effrayée, presque paralysée. Elle avait la pétoche. Comme une gamine le jour de sa première fois. Et si Emma refusait de la voir ? Et si elle avait quitté Boston pour partir plus loin encore ? Et si elle était là ?

Elle répétait son texte, comme une pièce de théâtre. Ca ressemblait à quelque chose comme… Bonjour Emma, comment vas-tu ? J'aimerai qu'on discute si tu le veux bien. Tu manques à Henry tu sais. Et aussi à tes parents. Tout s'est bien passé ici à Boston ? J'aimerai savoir quand tu rentres, il manque un shérif à Storybrooke et Leroy ne cesse de trop boire d'alcool et d'abîmer les biens publics. Les températures sont élevées à Boston ! A propos de l'autre soir… Je voulais juste qu'on ait une conversation d'adulte à ce propos. Je suis désolée de la façon dont ça s'est passé. Il neige parfois l'hiver ici ? Je ne voulais pas te blesser ou quoi que ce soit. Peut-être pourrions-nous tout recommencer à zéro ?

C'était comment ?

Pathétique, très probablement.

Pathétique, ouais... Assurément.

Au volant de sa voiture, elle tentait de trouver les meilleures tournures de phrases, la meilleure façon d'annoncer sa présence. Même si celles-ci semblaient bien loin de ce qu'elle ressentait, c'était, au moins, le plus adulte et posé qu'elle pouvait faire.

Regina passa les portes de Boston peu avant vingt-trois heures. Et elle mit une quinzaine de minutes supplémentaires pour arriver jusqu'à l'adresse indiqué par Henry. Dès qu'elle coupa le contact de sa Mercedes, la panique résonna comme un écho au silence soudain. Il était diablement tard pour frapper chez quelqu'un, non ?

Non.

Elle n'avait pas le droit de reculer, certainement pas maintenant. Après tout, elle n'avait pas parcouru des centaines de kilomètres, elle ne s'était pas arrêtée à trois pas de chez Emma pour repartir maintenant. Henry serait déçu. Il lui avait demandé expressément d'agir sur un coup de tête. D'être égoïste et penser exclusivement à ce qu'elle ressentait.

Elle avait besoin d'une piqûre de rappel. Qu'est-ce qu'elle ressentait déjà ?

Et quand elle leva les yeux pour trouver la fenêtre de l'appartement d'Emma et qu'elle y vit la lumière allumée, son cœur rata un énième battement. À croire qu'il était connecté à elle. Quand elle y vit l'ombre de la blonde passer, elle avait eu envie de courir la rejoindre. Et c'est presque ce qu'elle fit. Elle ne pensait plus qu'à la nuit qu'elles avaient partagée. À sa bouche contre sa bouche, à sa peau nue contre sa peau nue. À ses mains caressant son corps, à ses yeux qui crevaient de sentiments à chaque fois qu'elle plongeait dans les siens. À elle tout entière. A Emma.

Quatre étages plus haut, le souffle court et les larmes aux yeux elle arriva devant la porte d'Emma. Sans réfléchir – parce qu'elle savait que ça risquait de lui faire faire demi-tour – elle frappa trois coups secs et désespérés.

Réponds.

Ouvre la porte.

Saute-moi au cou.

Dis-moi que tu m'aimes et que tu…

« Regina ? »

Elle avait ouvert la porte comme on ouvrait le paradis. Comme si un halo de lumière la suivait, juste derrière elle. Stupide niaiserie. Ce qu'elle était belle… Comment commençait son discours tant préparé dans la voiture déjà ? Ça ne lui revenait pas. Elle avait beau chercher, encore et encore, quelque chose bloquait son cerveau.

Et son cœur parla avant même que son cerveau ne lui dicte quoi que ce soit…

« Ça a compté… »