Pardonnez moi pour ce long retard qui est véritablement inexcusable puisque ce chapitre (les deux parties) est entièrement écrit depuis presque six mois... Mais bon, je ne raconterais pas ma vie, mais il y a plein de raison qui ont créés se retard...
Veuillez encore me pardonner et merci à tous ceux qui ont laissés des reviews (il est plus de minuit et je ne vais donc pas répondre à chacun d'entre elles ), merci encore infiniment, ces petits chocolats sont mon seul cadeau! Bon, je me suis donnée faim.. = = '
Bonne lecture!
De nouveau ce rêve. Celui qu'elle faisait depuis presque quatre ans maintenant... La jeune nomade se trouvait dans une immense pièce circulaire. Un épais brouillard, froid et humide collait à sa peau. Elle attendit patiemment que le vent se lève et chasse la brume, dévoilant le contenu de la salle. Les premières fois où elle s'était retrouvée dans la pièce, le brouillard ne se dissipait pas, la faisant paniquer. Maintenant, le rêve semblait «avancé» dans l'histoire qu'il voulait livrer, à chaque nuit.
Elle se trouvait en plein cœur de l'endroit, monté sur un petit piédestal. Un cercle fait de hauts sièges de pierre l'entourait. Au nombre de neuf, ils étaient tous gravés d'un nom. Un seul attirait l'attention de la jeune fille : Gaara. Derrière les «trônes», incorporé au mur circulaire, se trouvait des cages. Immenses, elles se perdaient dans les ténèbres du plafond. Soudain, le rêve qui était semblable à celui de la veille, changea. Elle ressentie la présence de chakras imposants. Huit des neuf cages se retrouvèrent avec un occupant : un des neuf Bijuus... Seul la «prison» du Sanbi était vide et le sceau qui retenait la bête, était déchiré. Une voix grave et menaçante pris la parole au nom de tout les autres démons présent :
-Alors, commença Kyûbi, le pouvoir des toutes premières prophètes à enfin atteint son plein apogée?
Le démon-renard ricana et continua :
-Que crois-tu faire avoir ton petit pouvoir, gamine? Mater les neuf?
-Non, dit la jeune fille, l'écho de sa voix rendant ses murmures plus forts qu'elle les prononçait. Je ne savais rien de ce pouvoir avant que vous m'en parlez!
Elle s'inclina respectueusement devant les démons et dit :
-Je vous en pris, je ne sais plus que penser de ses rêves et de ses visions qui m'assaillent... Je quémande votre sagesse.
-Même avec toute notre sagesse, répondit Nibi, son humeur quelque peu adoucit par la politesse de l'enfant, nous ne pouvons voir l'avenir comme tu le fais.
-Si ce sera le cas, renchérit Yonbi, des gaz mortels s'échappant de sa bouche à chaque une de ses paroles, nous ne serions pas coincé dans ces hôtes!
Au moment où le démon à quatre queues prononça ces paroles, des silhouettes floues se créèrent sur les fauteuils de pierre. En ce précisant, la nomade peut apercevoir huit visage. Immobiles comme des statues, les yeux clos, ce n'était qu'une représentation énergétique des Jinchuurikis. De simples hologrammes. Elle put détailler son ami roux qui avait bien changé depuis ses douze ans. Une femme, des hommes, des adolescents... Aussi différents qu'ils étaient, ils partageaient tous le même secret. Mais elle, en quoi avait-elle un lien avec eux?
-De quel pouvoir parlez-vous? Quel-est le lien que je possède avec vous? Avec eux?
-C'est une histoire que tu devrais te rappeler, mon enfant, dit Shichibi, le démon à sept queues, reconnu pour ses mensonges et ses ruses. Puisque pour posséder ce pouvoir, tu dois être la réincarnation d'une de tes ancêtres!
-N'essaie pas de la fourvoyer, Shichibi! Rétorqua Gobi. Ce pouvoir qui était longtemps en veille chez les autres prophètes, c'est sans doute éveiller parce qu'elle a un rôle à joué auprès de nous et de nos hôtes!
Ce dernier mot avait été prononcé sur un ton extrêmement déplaisant.
-Tu prends la défense des prophètes après ce qui est arrivé, Gobi? Répliqua Shukaku. Mais tu dois avoir raison, même si ça me fait du mal de l'admettre...
-Elle doit avoir un devoir très important à accomplir alors... Surtout auprès de ton Jinchuuriki, pas vrai Shukaku? Ricana Kyûbi.
Faisant fit de sa présence, les huit démons s'engagèrent dans un débat enflammé sur l'importance de son rôle. Présentant l'orage, la jeune fille n'eut qu'à levé les mains pour que tous les démons se taisent.
-Ce n'est pas en débattant entre vous que vous pourrez répondre à mes questions! J'étais assaillie par des visions de gens que je ne connaissant pas! Maintenant, je sais que c'était vos Jinchuurikis...
Un mal de tête fulgurant s'empara soudainement d'elle. La prophète tomba à genoux, se tenant les tempes entre ses mains tremblantes.
-Rester dans cet univers parallèle te prend bien trop d'énergie, expliqua Kyûbi. Nous devons mettre fin à cette vision si tu ne veux pas mourir atrocement...
Une idée qui semblait étrangement l'amuser.
-Vous voulez dire que ce n'était pas un rêve?
-Non, répondirent les huit voix en chœur.
-Tu as accumulé de l'énergie pendant quatre ans pour cette simple rencontre, dit Gobi. Repoussant un peu plus tes limites chaque nuit.
-Pars, jeune fille, continua Nibi. Nous ne pouvons répondre à tes questions pour le moment. Mais tu sauras en temps et en heure.
-Demande aux anciens, termina Kyûbi. Ils connaissent des choses que nous aurions pu oublier!
Sept des huit démons se dématérialisèrent laissant de nouveau les cages vides. Seul Shukaku resta quelques secondes de plus.
- Toi, la prophète! J'en ai marre! Le jeunot n'arrête pas de penser à toi et il me tape sur les nerfs...
-Gaara pense à moi!? S'exclama la jeune fille. C'est impossible, la dernière fois que je l'ai vue, il voulait me tuer!
-Tu ne devrais pas croire tout ce qu'il dit, ni même tout ce qu'un démon dit... S'il aurait voulu te tuer, il l'aurait fait depuis longtemps, croit-moi.
-Comment puis-je avoir confiance en vous? Vous venez tout juste de me dire qu'il ne fallait pas croire tout ce qu'un Bijuu disait!
Le démon-tanuki laissa échapper un long rire.
-Oh moins, tu n'es pas une idiote! Je te laisse croire ce que tu voudras...
Et il s'en fut comme les autres, laissant la salle vide de présence, mais emplie d'une aura négative. C'est cette énergie plus que néfaste qui fini par faire sortir l'adolescente du profond sommeil dans lequel elle était plongé.
Cassandre s'éveilla en sursaut, cherchant son souffle, le corps recouvert de sueur froide. Les démons avaient raison, ce ne pouvait être un rêve...
Elle sortit de la tente et le vent froid la fit frissonner. Son épaisse robe de nuit blanche était complètement trempée, mais la froideur de la nuit désertique lui fit le plus grand bien après la lourde atmosphère de son «rêve».
Lorsqu'elle se fût suffisamment éloignée des tentes pour que sa voix ne soit pas entendue, elle s'écria :
-Vous m'avez dit de demander aux anciens! Si au moins, il en restait en cette terre!
Un mois et demi plus tard
Le jour ne s'était levé que depuis quelques heures que déjà le Godaime Kazekage était au prise avec une réunion des plus ennuyantes. Lorsque soudainement, une information, donné par un conseiller, piqua sa curiosité et le sortit de son ennui profond. Un espion avait recueilli quelques renseignements après de l'Akatsuki. L'explication tourna en débat que Gaara allait faire taire d'une main, lorsqu'un mot prononcé par un conseiller, l'arrêta : prophète...
-Quels renseignements l'Akatsuki peut-elle avoir sur les prophètes? demanda-t-il de sa voix grave.
-Notre espion à surpris une conversation entre deux membres. Un autre membre, aujourd'hui décédé, était un nukenin de Suna. Il leur a communiqué la soi-disant existence de femme ayant un lien profond avec les neufs bijuus.
Ils ont surement pris ses paroles en considération puisque c'est deux membres parlaient de vérifier le désert de Kaze no Kuni pour valider l'existence de ses femmes...
-A-t-il eu le temps d'entendre quand ils allaient chercher pour une prophète?
-Non, Kazekage-sama, à peine eu t'il le temps de nous communiquer cette information qu'il s'est fait repérer et assassiner.
-Maitre, commença un vieux conseiller, d'une voix mielleuse. Nous savons que votre père avait en son pouvoir l'une de ces prophètes. Nous devrions la retrouver et la mettre en sécurité à Suna. Ainsi, l'Akatsuki ne pourrait mettre la main dessus...
«Le vieux scélérat, pensa Gaara. Ils ne recherchent tous que le pouvoir que Cassandre pourrait leurs apporter. Ils ne cherchent même pas à réellement la protéger.»
Comme pour confirmer ses dires, un autre conseiller expliqua qu'il serait bon d'avoir de nouveau une prophète pour relever Suna. Surtout après «l'humiliation» de l'enlèvement du Kazekage par un membre de l'Akatsuki qui, d'après eux, avait sali la réputation du village.
Gaara mit un terme aux conversations qui menaçait sa patience, et dit aux membres du conseil qu'il irait lui-même exposer aux nomades du soleil, les menaces que risquait leur jeune prophète. Sur cette parole qui souleva mille et un refus et réprobations, le rouquin mit fin au conseil et sortit de la salle.
Kankurô, qui le suivait de près siffla entre ses dents :
-Parfois ces vieux, je...
Et le reste fut inintelligible aux oreilles du jeune Kazekage qui monta dans ses appartements, faire les maigres bagages qu'il aurait besoin dans le désert. Il retira sa tunique bleue officielle et enfila un vêtement plus confortable. Il ajusta sa calebasse sur son dos et alors qu'il s'apprêtait à quitter son appartement, un bras l'en empêcha. La furie blonde s'écria d'une voix beaucoup plus aigu que la normal :
-Gaara! Kankurô vient de me mettre au courant. Tu ne comptes tout de même pas réellement partir à la recherche des nomades du soleil!?
Avant même qu'il est eu le temps d'ouvrir la bouche, Kankurô qui venait de rattraper le duo, murmura dans l'oreille de sa sœur ainé :
-Tem, c'est la seule excuse valable qu'il a pour aller voir Cassandre et essayer de se faire pardonner...
-Ouais, d'accord, dit-elle, pourtant très peu convaincu, surtout que ce nom, Cassandre, ne lui disait pas grand chose. Ça va, pour cette fois! Mais qui va s'occuper des papiers à signer en ton absence?
-Kankurô, répondit-il, sans même réellement y réfléchir.
-Quoi! Mais t'es malade, il n'est pas question que je m'occupe de la montagne de papier qui attend sur ton...
Gaara disparut soudainement dans un nuage de poussière, mais les membres de sa famille crurent voir un léger sourire.
-Il semblerait que tu y sois obligé, ricana Temari.
Le pauvre jeune homme soupira et se dirigea d'un pas las vers le bureau de son petit frère où l'attendait une masse colossale de papier à terminer.
«Bordel, maugréa intérieurement Kankurô, comment fais-tu pour te débarrasser de tout ça en une seule journée?!»
Gaara réapparu à quelques centaines de mètres de l'oasis où vivaient les nomades du soleil. Il aurait cru prendre plus du temps pour les trouver, mais étrangement il y était arrivé du premier coup, alors que ses tentatives précédentes avaient toutes lamentablement échoué...
Dans l'oasis, l'aïeule ne prononça que deux phrases qui firent presque immédiatement le tour de l'endroit :
-Le nouveau Kazekage arrive. Faites-lui un bon accueil.
Le rouquin pénétra dans le mini-village. Quelques enfants le guidèrent joyeusement jusqu'à la vieille dame et au Chef qui avaient exprimé le souhait de le rencontrer. Gaara put, pendant sa courte marche réexaminer les tentes de lin habillement montées et brodées, ainsi que les caravanes peintes de mille couleurs. Un détail étrange attira son attention. Parmi toutes les broderies qui ornaient les tentes, une seule ressortait du lot : un croissant de lune brodé de fils d'argent au-dessus d'une entrée.
Jamais ces nomades n'utilisaient ce symbole, représentatif d'une autre famille. Avait-il un visiteur parmi eux?
Lorsque les enfants eu guidé Gaara auprès de leur chef, ils retournèrent jouer en poussant des cris de joie. Dans leur langue maternelle, ils semblaient tous excités à propos de ce «qui allait se passer ce soir». N'ayant pas pratiqué le langage nomade depuis longtemps, Gaara peinait à comprendre le dernier mot. La plus proche traduction qu'il pouvait y apporter était «danse» ou «cérémonie».
L'homme accueillit le rouquin, savant déjà, par sa belle-mère qu'il était venu faire la paix et demander pardon pour les erreurs que Suna avaient commises auprès des nomades. Erreurs qui venaient d'être pardonner.
Le Kazekage s'était assis aux côtés des hommes qui causaient entre eux, lorsqu'un cri de rage retentit derrière une tente.
-Ah, soupira le père. Ils ont encore recommencé à se quereller.
-Quand comprendras-tu, mon gendre, renchérit l'aïeul, que ta fille ne pourra jamais accepter cet homme dans sa vie. Il est prétentieux et arrogant. Tout le contraire des valeurs qu'elle chérit chez quelqu'un.
-Peut-être, mère. Mais c'est pour son bien et celui de son peuple... Elle est, en quelque sorte, une princesse. Elle ne peut choisir par elle-même.
-Tu devrais lui laisser faire c'est choix. En agissant ainsi, tu l'empêche de vivre sa jeunesse.
Le père soupira, mais sourit tout de même en entendant les paroles qu'il avait lui-même prononcer à sa femme, il y avait douze ans de cela...
-Vous savez vraiment tout, vous...
La vieille femme ricana et se leva, aidée par un jeune homme serviable. Elle se dirigea vers la source du cri qui avait retentit plutôt.
Quelque instant plus tard, un jeune homme sortit de derrière une tente et se dirigea vers Atsuo, le chef. Son arrivée fit taire toutes les conversations que Gaara écoutait en silence, et il s'écria :
-Quand allez-vous apprendre à votre fille à me respecter!
-Tu dois comprendre, répondit Atsuo d'une voix calme, Yoru, que les femmes du soleil sont différentes de celles des autres clans. Elles n'ont pas peur de dire franchement ce à quoi elles pensent, et nous les aimons malgré ce fort caractère qui fait partit de leur charme.
-Les femmes de la lune ont au moins le méritent de respecter les hommes! C'est ce qu'elles devraient toutes faires, puisqu'elles sont le sexe faible! Et votre fille ne fait pas exception!
Un mari, énervé par les propos sexistes du jeune homme s'exclama :
-Tu dois comprendre, jeune prétentieux, que tu n'es plus avec la famille de la lune, mais avec celle du soleil et qu'ici, nous traitons mieux nos femmes que vous le faites. Ici, elles sont nos égales et il n'en sera jamais autrement!
Et une autre voix continua :
-En plus, Cassandre est une prophète et la fille du chef! Si elle ne t'accorde aucun respect, elle a amplement le droit de la faire!
-Je suis son fiancé et le futur chef de ce clan! Elle me doit le respect!
-Suffit! s'énerva le chef, excéder par ses paroles violentes.
Tous les cris qui fusaient de partout, s'arrêtèrent au même moment. Atsuo planta son regard dans celui de son «futur» gendre et dit haut et fort pour que tout le monde l'entende :
- Cassandre ne doit le respect à personne sauf à moi et au Kazekage ci-présent. Et fait attention à tes paroles, jeune homme. Pour le moment, je ne peux t'attribuer le titre de fiancé. Cassandre ne m'a point donné sa réponse.
-Vous savez très bien qu'elle s'y refusera tant et aussi longtemps que vous ne la forcerez pas!
Le sage homme préféra ne rien répondre à cette provocation, sachant pertinemment qu'il avait raison. Cassandre avait déjà effectivement refusé, et sèchement en plus, la demande en mariage de Yoru, le fils cadet du chef de la lune.
Il était le seul fils de chef à pouvoir l'épousé, le frère ainé de la Lune étant promis à devenir chef de son propre clan, idem pour le fils unique des Étoiles, qui était de toute façon beaucoup trop jeune...
Gaara avait assisté, muet, à la querelle qui venait de se dérouler sous ses yeux. La présence de la tente étrangère s'expliquait maintenant. Que Cassandre ait déjà un fiancé, l'avait laissé clouer sur place. Atsuo était peut-être le chef, mais avait-il véritablement le droit de jouer le bonheur de sa fille?
Le jour déclina doucement, apportant au désert cette douce teinte orangé qui plaisait tant au Kazekage. C'est lorsque les dunes semblèrent s'embraser qu'on annonça l'heure du repas. Une toute petite fille blonde vient porter une écuelle au Kazekage, les joues rouges de gène. Elle était intimidée par l'homme qui se tenait devant elle, lui qui était beaucoup plus grand que son père et qui avait la même, sinon plus impressionnante, prestance que le chef. Elle rougit encore plus lorsqu'il la remercia d'un hochement de tête.
-Naïma, mon ange, vient j'ai besoin de toi!
Et la gamine rejoignit sa mère en accordant un sourire enfantin au rouquin. Une voix proche de lui s'éleva, et Gaara se rendit compte après quelques secondes que la question posée s'adressait à lui. Atsuo lui avait accordé l'hospitalité pour le temps qu'il jugeait nécessaire. Le jeune homme allait refuser poliment, en pensant à son frère coincé avec sa tonne de papier, expliquant qu'il allait revenir le lendemain, mais avant qu'il ait pu placer un mot, une voix douce et chantante s'éleva dans son dos :
-Il est très impoli, même pour vous, Kazekage-sama, de refuser une telle offre d'hospitalité. C'est un affront à notre courtoisie. De plus, vous manqueriez une cérémonie traditionnelle. Il est rare qu'une personne ne faisant point partit de ce clan puisse y participer.
Cette longue tirade avait été formulée en japonais et la seule femme que connaissait le Kazekage pouvant parler cette langue n'était nulle autre que Cassandre.
C'était effectivement la jeune femme qui se tenait dans son dos. Il se retourna pour mieux l'observer, tant elle avait changé depuis quatre ans. Son corps et son visage s'étaient élancés, effaçant les dernières traces de l'enfance. Ses yeux en amande brillaient toujours de cette même lueur qu'il avait connu, avec un petit quelque chose de plus. Ses cheveux qui étaient coupés à ses omoplates la dernière fois qu'il l'avait vue, rejoignait maintenant ses reins. Derrière ses traits de jeune femme, se cachait une prestance et une maturité qu'elle ne possédait pas à cette époque. Elle était définitivement devenue une femme magnifique.
Le regard vert, si étrange de la prophète, tomba dans celui du Kazekage et put y lire son profond et amère regret. Cassandre détourna momentanément les yeux et dit, abandonnant son ton diplomate :
-Je crois que tout les deux, nous avons beaucoup de chose à nous dire...
Elle cessa brusquement sa phrase lorsqu'une autre jeune fille s'était appuyé sur son épaule et lui avait murmuré à l'oreille en langage nomade, assez fort pour que le Kazekage entende :
- Cassandre, il est temps pour nous d'y aller!
La jeune femme acquiesça et suivit les six autres jeunes filles en accordant un dernier regard au rouquin.
Rien dans sa vie n'avait préparé Gaara à ce qu'il allait vivre cette nuit-là...
Quelques heures après la disparition des sept filles, suivit par le pas trottinant d'Obaa-sama, l'aïeule, un grand feu fût rapidement allumé. Un grand rideau de lin blanc avait été tiré devant, créant un surprenant jeu d'ombre chinoise. Pour illuminer les spectateurs, une soixante de petite lampes à l'huile avaient été allumées, dispersant leur lumière un peu partout, sans influencé l'effet du feu et du rideau blanc.
Après plusieurs heures d'attente fébrile, les premières notes de musique se firent entendre. Le tam-tam, nommé table, en premier, suivit de près par une étrange guitare et le son envoûtant d'une flûte. Sans que les auditeurs n'aillent remarquer leurs arrivés, les jeunes filles dansaient projetait leur ombre sur le rideau. Lors que la musique sembla atteindre son point crucial, une jeune fille habillé de la tenue traditionnelle de danse de son peuple et voilé de bleu, sortit et tout en dansant, chanta :
«Le bleu, c'est pour que tu comprennes ce qu'il y a au fond de mes yeux. Le bleu, c'est pour que tu m'aimes encore un peu mieux...»
Une deuxième sortit, habillé de rouge cette fois :
«Le rouge, c'est pour que tu voies comment mon corps bouge et bouge. Et si tu voulais, se serait notre couleur, c'est vrai...»
Une troisième suivit, arborant un jaune éclatant :
«Le jaune, c'est pour que ma main te caresses et te frôle. Brûlant comme un soleil, pour que ton corps se donne à mes merveilles...»
Toutes trois entamèrent le refrain, leurs mouvements suaves et gracieux captivant leurs auditoires :
«La danse des sept voiles, c'est pour te montrer, ce qu'il y a dans les étoiles. Un peu de toi, un peu de moi, tu sais...»
La quatrième sortit et rejoignit les trois autres, vêtu de vert :
«Le vert, c'est vouloir avec moi toucher l'enfer. C'est tout excepter de l'amour que je veux te donner...»
Puis une cinquième sortit, voilée de rose :
«Le rose quand je m'approche de te montrer autre chose. Un des mes parfums. Le plus envoûtant tu verras bien...»
La sixième sortit et sous son habit noir, Gaara put reconnaitre la jeune fille qui avait interrompu sa conversation avec Cassandre. Elle entonnant :
«Le noir, pour que tu viennes avec moi derrière le miroir. Le noir, la couleur de l'enfer et de l'espoir...»
D'un mouvement parfaitement synchronisé, elles effectuèrent les mêmes pas en chantant de nouveau le refrain :
«La danse des sept voiles, c'est pour te montrer. Ce qu'il y a dans les étoiles, un peu de toi, un peu de moi. La danse des sept voiles, c'est pour te montrer, ce qu'il y a dans les étoiles. Un peu de toi et peu de moi, tu sais...»
La dernière phrase avait été dite sur un ton lent et très doux. La musique ralentit progressivement. Les six jeunes filles se séparèrent en deux groupes et posèrent un genou sur le sol, accueillant par cette haie d'honneur, le dernier voile. Trois de chaque côté, le carré qu'elles formaient permettait à la prochaine danseuse de s'exécuter sans problèmes. Semblant suivre le rythme lent de la musique, Cassandre fit son apparition, entièrement vêtu de blanc et d'or. Elle commença à chanter, avec une voix que Gaara ne lui connaissait pas :
«Le blanc... Sous le voile, tu me verras comme tu le sens... Esclave ou Princesse, à toi de choisir les sentiments...»
Il semblait au Kazekage que cette phrase lui était destinée. Et le regard que la jeune femme lui porta, confirmation son pressentiment. Soudainement, la musique reprit de la vigueur et les voix des sept jeunes filles s'éleva, harmonieuse et leurs pas furent étonnamment synchronisés, rapides et gracieux :
«La danse des sept voiles, c'est pour te montrer. Ce qu'il y a dans les étoiles, un peu de toi, un peu de moi. La danse des sept voiles, c'est pour te montrer, ce qu'il y a dans les étoiles... Un peu de toi, un peu de moi... Tu sais...»[1]
La musique s'éteignit progressivement. La guitare joua les dernières notes et finit la partition. Lorsque la musique se fût éteinte, les sept jeunes filles, Cassandre au centre, lancèrent de petits morceaux argentés au ciel. Lorsqu'ils furent retombés, elles avaient disparues! Des murmures impressionnés fusèrent de partout et plusieurs rires cristallins, résonnèrent derrière la foule. Elles avaient réapparut près des tentes, dans le dos des spectateurs!
Elles s'inclinèrent, sous un tonnerre d'applaudissement et de cris de joie. Elles retournèrent auprès de leurs cellules familiales qui les attendaient pour les féliciter.
Cassandre s'approcha de son père et de Gaara par la même occasion. L'homme l'accueillit avec un immense sourire.
-Ma chérie, tu as été parfaite.
-Merci, père.
Alors qu'il allait prendre son enfant dans ses bras, la jeune fille se recula prestement.
-Vous semblez oublier, père que je ne peux toucher personne en dehors des autres femmes et ce jusqu'à ce que je sois assermentée...
-J'oublies toujours cette règle ridicule. Tiens, mon ange. Je crois que ta mère aurait aimé que tu le portes comme elle l'a elle-même fait.
Son père lui tendit un collier où pendait une magnifique pierre blanche. Le centre avait été gravé pour représenter un soleil, le même qui était tatoué sur l'épaule gauche de la jeune fille. Prenant garde à ne pas touché les mains tremblantes de son enfant, Atsuo glissa le pendentif au creux de sa paume.
-Père, vous ignorez à quel point cela me fait plaisir...
-Allez, va rejoindre les autres. Elles t'attendent pour débuter...
Cassandre et son père allèrent près du feu à l'endroit où s'était dressé le rideau blanc qui avait été rapidement démonté. La jeune fille s'agenouilla à côté des autres filles qui formaient une ligne parfaite devant le clan. Commença alors, la véritable cérémonie...
Atsuo prit la parole, sa voix grave apporta le silence de l'auditoire :
-Nous avons, ce soir, l'immense joie d'accueillir au sein de notre famille, sept nouvelles jeunes femmes...
Et les autres pères enchainèrent, l'un après l'autre :
- À vous toutes qui avez un cœur aussi grand et aussi pur que ce désert où nous vivons...
-Vous qui n'êtes jamais effrayé par notre long périple et qui ont le cœur à l'ouvrage pour assurer notre survie...
-Vous, nos petites filles que nous ne pouvons plus appelées ainsi tellement vous avez grandit...
-Vous, qui êtes devenue aussi belle que la lune et radieuse que notre soleil bien-aimé...
-Vous ne pouvez savoir la joie et la peine qui partagent nos cœurs de vous voir ainsi devenus si grande et belle.
-Nous sommes si honoré de pouvoir désormais vous comptez parmi notre clan!
Chaque père alla au devant de sa fille et sous son œil gauche, peignirent trois points de la couleur qu'elle avait choisi de représenté : bleu, rouge, jaune, vert, rose, noir et blanc.
En chœur, les sept voix prononcèrent ces paroles :
-Nous sommes conscientes de cet honneur et nous ferons tout pour ne jamais vous décevoir!
Ces vœux prononcés, elles se levèrent pour rejoindre leurs familles. Toutes sauf Cassandre qui resta assise sur le sol.
Son corps était parcouru de frissons incontrôlables. Tout allait maintenant se jouer pour elle.
Atsuo s'éclaircit la voix et ses premières paroles firent de nouveau taire les nomades enjoués et bruyant;
- Ce soir est spécial. On ne fête pas le simple rite de passage de sept jeunes filles, mais aussi un événement rare. Je crois que cela fait au moins vingt ans depuis la dernière fois qu'il fut célébrer. Un événement si rare qu'il mérite une attention toute particulière : l'avènement d'une nouvelle prophète! Si elle aurait été là, c'est ta mère qui aurait accomplie cette cérémonie...
-Mais comme ma fille nous a quittés bien trop tôt, continua la grand-mère de la jeune fille. C'est à moi qui reviens la passation de pouvoir.
Le silence complet accompagna ces paroles, tout le monde attendait la suite avec une impatience non-dissimulée.
Les mains de la vieille femme se teintèrent d'une étrange et douce lueur dorée. La jeune fille sourit au clin d'œil d'Obaa-sama. La lumière n'était qu'une illusion pour le «public» puisqu'en réalité, il n'y avait rien à voir...
Les deux mains ridées se posèrent avec douceur sur les tempes de Cassandre. La lumière descendit en cascade sur ses épaules, la nimbant d'une auréole dorée. Lorsqu'elle eut englobée tout son corps, elle disparut peu à peu.
-Je t'ai transmit la plus grande partie du savoir de tes ancêtres. Le reste, il te faut le découvrir par toi-même...
La nomade acquiesça d'un bref mouvement de tête et l'aïeule débita sur un ton doux :
-Comme je n'étais plus la prophète attitré depuis une vingtaine d'année et que celle en charge n'a pu donner son héritage avant de mourir, je dois la convoquer ici-même pour que la transmission de la charge soit officielle. Ce la ne sera qu'une brève apparition de notre disparue. Je n'ai aucunement le pouvoir de faire revivre les morts...
Un murmure étonné parcourut les nomades. La vieille femme sortit une petite pierre blanche des sous ses voiles et murmura quelques choses dans une langue que personne ne connaissait, sauf Cassandre; le langage sacrée des prophètes.
Une silhouette brillante apparut doucement, prenant la forme et l'apparence d'Hoshiko, la prophète disparue. Elle s'approcha lentement de sa fille et dit, d'une voix étrangement lointaine :
-Je n'ai que quelques minutes à te consacrer, ma chérie. Je suis tellement fière de toi et de ce que tu as accompli.
Elle effleura le visage de Cassandre de sa main transparente et continua, sur un ton un peu plus solennel :
- Moi, Hoshiko, prophète désignée de ce peuple, confie ma charge à Cassandre. Elle possède toute les qualités pour être une prophète d'exception. Que ceci soit entendue par mes ancêtres; Cassandre, ma fille, sera maintenant la prophète désignée des nomades!
Elle eut un tendre sourire à l'égard de son enfant et termina :
-Cassandre, je m'en veux terriblement de t'avoir privée d'une mère et de l'enseignement qu'elle peut apporter. Vous êtes tous présent dans mon cœur et j'espère que vous saurez pardonner cette erreur de ma part...
Elle s'adressait au clan dans son ensemble, une larme lumineuse roulant sur sa joue. Au nom de tous, la nouvelle prophète répondit :
-Il n'y a jamais rien eu à pardonner, maman. Et je ne t'en veux pas...
Un murmure d'approbation parcouru les rangs des nomades. L'apparition posa une main transparente et vaporeuse sur la tête de la jeune fille, l'autre sur son cœur.
-Alors, je peux définitivement trouver la paix, maintenant.
Elle accorda un dernier sourire à son mari et la silhouette s'effaça peu à peu. Des larmes silencieuses roulaient sur les joues de la jeune fille, encore sous le choc de cette apparition soudaine. Son père se rapprocha à nouveau d'elle et déclara :
-Il ne reste plus qu'a être acceptée par le clan... Ce qui est déjà chose faite. Lève-toi, Cassandre.
Ce qu'elle fit prestement, d'un mouvement souple et gracieux. Atsuo posa à plat ses mains sur les épaules de la jeune
fille.
-En tant que Chef de ce clan, j'accepte le choix d'Hoshiko en désignant Cassandre comme prophète désignée. Ma fille, acceptes-tu tes nouvelles responsabilités?
-Oui.
Ayant été mis au courant de la procédure à suivre par les ainés, tout les membres du clan touchèrent les épaules d'une autre personne. Cela créa un immense cercle dont la nouvelle prophète désignée, formait le centre. Tout à fait à l'arrière, Gaara n'osait pas imiter les nomades, ne faisant point parti du clan. C'est lorsqu'Obaa-sama, qui s'était mystérieusement retrouvée à ses côtés, lui fit signe d'imiter les autres, qu'il posa ses mains, avec réticence sur les épaules d'un inconnu devant lui. Il entendit Cassandre dire :
-Je prends maintenant conscience de la grandeur de mon rôle. Je vous promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous protéger et vous assurez un avenir radieux.
Quelques minutes passèrent. Pendant ce temps, la jeune fille ressentait profondément dans son âme, chaque étincelle de vie qui habitait les membres du clan. Elle se rendit compte qu'elle devait faire en sorte qu'aucune d'entre elles ne s'éteignent. Ces petites lumières restèrent gravées en elle, lui permettant de savoir à l'avance si quelque chose arriverait à l'une d'elle. C'est alors que dans l'ensemble lumineux, elle ressentit qu'une de ces lumières n'avait pas la même «couleur» que les autres. Et lorsqu'elle y apporta son attention, sa transe fut brisée par une extrême douleur à son omoplate droite. Le coup avait été si vif, si saisissant qu'elle s'évanouit sur le sable.
Une panique générale s'empara de la foule et ce ne fut que la sérénité de l'aïeule et les paroles de réconfort du chef qui calma les esprits échauffés. Il ordonna à tous de soit continuer la fête ou de retourner aux tentes. Ce que la plupart fit. Atsuo ramena sa fille inconsciente dans la tente qu'ils occupaient avec sa belle-mère. La jeune prophète y resta pendant presqu'une journée complète, sans aucun signe de vie.
Merci pour votre lecture, je suis vraiment touchée!
1- Cette chanson ne m'appartient pas, elle à été écrite par Félix Grey pour la comédie musicale Shéhérazade Elle se nomme: La danse des sept voiles et je vous conseille vivement de l'écouter, elle est tout simplement magnifique!
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