Coucou à tous et resalut à ceux qui repasse. Voici aprés une demie semaine intensive d'explication d'année de Terminal et de papier à remplir; qu'est ce qui sont chiant les profs, y a que celui de math qui nous à pas baratiné avec les habituels dépôts de présentation, à laquelle s'ajoute la semaine de retape du chapitre; oui, oui, la semaine de retape spécial "effaçons le maximuns de faute d'orthographe et limitons les phrases barbante", le deuxième chapitre de Adieu Le Camps Sanga en espérant que l'histoire ne soit pas trop bizarre. Quoi que je commence à en douter. -_-'
Bref, sinon rien de bien nouveau pour l'instant
Réponse au review anonyme et au question d'intérêt:
1997sonia:merci pour ton commentaire aussi. J'espére que tu aimera
Voili, voilou pour aujourd'hui et bonne lecture.
Titre: Adieu le camp Sanga
Résumé (complet): Début octobre en cette année 3960 de l'Anguna. De nouveaux prisonniers, de simple vagabond aux tueurs en série, débarquent sur les quais de la haute prison gouvernementale, Sanga, au vue de grossir les rangs déjà plein de ce camps de détention. Parmi eux se trouve trois jeune à qui la vie n'a pas fait de cadeau et qui par les aléa du destin vont se retrouver à faire route ensemble: Naruto, un jeune orphelin de naissance, Tenten, talentueuse voleuse au comportement de garçon, et Shikamaru Nara, un génie du type feignant, aube d'un nouvelle ère
Disclaimers: les personnages appartienne à Masashi Kishimoto, l'histoire à moi
Avertissement: Si vous n'aimez pas l'idée de deux personne du même genre qui s'aiment, vous pouvez passer vôtre route. Vous êtes prévenus.
Pairing: varié et variable.
Note 1: pour des raison de pratique l'histoire sera sous le personnage de Naruto Uzumaki seulement, même si elle prend aussi pour personnage important Tenten et Shikamaru
Note 2: Je n'assure pas le non OCC des personnage principaux en point de vue interne. Allez-y vous d'essayer de vous mettre dans la peau d'un personnage sans être sur que vôtre vision de celui-ci soit valable.
Chapitre 2: Chant de fer
Le roulis inlassable du train, les légers bruits du métal de la carcasse de fer, le ronronnement de la mécanique et la marche funèbre des gardes dans les couloirs, ne troublaient pas l'étrange silence des lieux. Pas plus que l'odeur rance de vieux cuir flottant dans l'air, qui attestait que les compartiments n'avaient jamais été aérés, ou l'épaisse couche de poussière qui s'étendait partout en laissant entrevoir le passage de plusieurs générations de détenus. Le temps était comme figé en plein envol et dans l'attente de sa reprise.
Un soupir passa ses lèvres sèches et craquelées. Depuis combien de temps se trouvait-elle dans ce train ? Elle n'aurait su répondre. La notion de temps l'avait quitté depuis son départ, atténuée par l'espèce de drogue que les gardes lui avaient refilée. Néanmoins, elle devinait que ça faisait longtemps. Très longtemps même. Bon, peut-être pas un jour parce que son ventre aurait quand même crié famine si ça avait été le cas, quoiqu'elle commençait à en douter, mais un peu plus d'une demi-journée… Approximativement.
Elle baissa le livre qu'elle lisait, le seul bien qu'on lui avait autorisé d'emmener en plus de ses affaires de détention, stockée dans un sac sous la banquette, et jeta un regard vaseux par la vitre. Au travers de son reflet, elle pouvait voir que les paysages étaient en train de gagner en netteté. Ce qui devait probablement signifier que le train ralentissait et qu'ils entraient dans la gare principale de collecte. Pourtant ce constat ne tira rien d'elle, et elle secoua lentement la tête. Elle souffrait plus qu'elle n'en avait conscience, de l'inertie que lui imposait la drogue. Saleté de substance.
Un soudain désarroi l'envahit, nouant son estomac et amenant des larmes aux coins de ses yeux. Elle se laissa choir dans la banquette, oublieuse du nuage de poussière que son geste créa, et resta paralysée devant la déferlante des mauvais souvenirs des cinq derniers jours. Son amie d'enfance, son amie de toujours, son amie de prouesse nocturne, avait tenté de… Matsuri avait tenté de la… Le mot ne parvenait même pas à se former dans sa pensée, comme si le dire, l'émettre, le concrétiser, serrait affirmer ce qui s'était presque passé. Elle se replia sur elle-même, cherchant la protection futile de son corps.
Les images se firent plus acérées. L'expression folle de Matsuri, la lueur inquiétante de son regard, ses attouchements déplacés, la peur au creux de son ventre devant sa faiblesse. Puis l'arrivée d'un des veilleurs, détenus d'une tente proche que les gardes avaient considéré digne de cette tâche, qui l'avait libérée et entourée de la première couverture à portée de main avant d'appeler un garde en faction. Et Matsuri qui avait tenté de la… de la…
« Ne t'en prend qu'à toi-même. C'est de ta faute, ta faute »
Elle porta son poing à sa bouche, mordant sans pitié ses phalanges dans le but de retenir un sanglot. Ça faisait mal. Matsuri avait été son amie de cœur, sa sœur d'adoption, cette jumelle sensiblement différente qui n'aurait jamais commis un acte barbare. Cette jumelle si proche d'elle et si différente, si fragile et si femme quand elle inspirait le contraire.
Le train s'ébranla brutalement. Ne s'y attendant pas tellement elle était concentrée sur le nœud de son estomac, elle tomba de la banquette et s'affala douloureusement au sol. Un juron lui échappa, mortel d'agressivité, mais fut couvert par le crissement des freins sur les rails. Ils entraient sensiblement en gare et elle se replia encore plus sur elle-même, la respiration erratique. Lorsque la machine de ferraille cessa de vibrer, de siffler et de bouger, elle se redressa, renifla et effaça les traces de larmes qui couvraient son visage. D'un geste vague de la main elle épousseta son haut, songeant qu'elle devrait peut-être se reprendre et se remit à trembler imperceptible.
Matsuri avait….
Son pied heurta quelque chose et son regard descendit, craintif. Le livre avait glissé à terre, s'ouvrant n'importe comment, et lui donnait un spectacle tragique de défaite. Devant sa propre déchéance, elle soupira, le ramassa et alla s'asseoir de nouveau en y centrant son attention. Ce bouquin, elle l'avait lu et relu à plusieurs reprises. Du moins, jusqu'à ce que son corps, qui n'aimait visiblement pas l'inactivité des heures de pause, cède et la fasse arrêter pour une paisible gestuelle qu'elle et Matsuri fai…
Sa respiration se coupa avant de repartir. Ses yeux se mouillèrent. Ses muscles se contractèrent. Néanmoins elle parvint à se retenir d'éclater une nouvelle fois en sanglots, serrant le lourd volume qui lui avait tenu compagnie. Elle y accrocha son regard, ses pensées, son attention et parvint, non sans difficulté à éloigner la vision hagarde de Matsuri au-dessus d'elle, de son regard vide pendant qu'elle…
Elle secoua la tête, affermit sa prise sur la couverture marronâtre qui avait dû être, par le passé, d'un splendide carmin et se replia. L'odeur de papier et d'encre qui s'en dégageait, malgré l'état de dépérissement avancé du livre, l'apaisa un peu et elle put se redresser. Le volume se glissa entre ses cuisses, prenant place dans le creux de ses jambes qu'elle avait repliées devant elle et se cala paisiblement. Elle y passa sa main, comme dans une douce caresse et ferma les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit, elle c'était calmée, mais le souvenir attendait, insidieux, pour refaire son apparition.
Elle entendit vaguement que les gardes ouvraient les portes des wagons et se concentra sur l'examen du livre qu'elle tenait. Les pages, jaunies par le temps et salies par les nombreuses personnes qui les avaient consultées, s'effritaient, et la reliure de cuir, qui avait perdu de son éclat et de sa qualité, ne tenait plus qu'une partie des feuillets qu'il contenait. Le livre n'en avait plus pour longtemps dirait un professionnel et donc, plus de valeur, mais elle l'aimait bien comme ça.
Elle rabattit la couverture, redessina du doigt le titre en relief, et se mit à gratouiller le nom de l'auteur, un certain Minato Namikaze. Petit à petit, au fil de son observation pensive, ses sens s'engourdirent et elle ferma les yeux. Une série d'hurlements et de coups de feu perça son apathie, la faisant reprendre contact avec la réalité. Ce tintamarre fut suivi d'un silence de plomb. Certains des détenus présents sur le quai avaient dû se faire remarquer. Sûrement.
Elle baignait dans une torpeur fragilisée par le froid ambiant quand un sursaut la parcourut, provoqué par une détonation. Les sens soudain en état d'alerte, elle resta immobile et silencieuse. Puis elle bougea légèrement, vérifia qu'elle n'était pas en position dangereuse et jeta un regard vers la fenêtre. Le ciel, d'un bleu parfait ne répondit pas à sa curiosité et elle soupira. Une détonation. Une unique détonation. Comme une mise à mort.
Une mise à mort ? Elle repoussa une mèche de ses cheveux, déplaça le livre sur ses jambes et se leva. Son corps, encore endolori par sa précédente chute, protesta dans la manœuvre et tout au long de son avancée avant de la récompenser d'une accalmie lorsqu'elle se laissa retomber sur la banquette. Pourquoi n'avait-elle pas, bon dieu, pensé à détendre ses muscles ?
Un nuage de poussière l'accueillit, occupant momentanément son attention, et l'amenant irrémédiablement à tousser pour les trente secondes à venir. Elle tenta d'éparpiller les particules agressives de la main, l'autre étant chargé d'étouffer ses hoquets, en grognant après elle et sa soudaine inattention. Enfin, lorsque le nuage se fut dispersé et qu'elle eut récupéré sa respiration, elle put revenir à son but premier: s'informer de ce qui venait d'arriver.
Elle marqua un instant d'arrêt devant la situation incongrue qui lui faisait face. Scindée en plusieurs groupes d'une quarantaine d'individus tenus par deux gardes, la foule respirait une quiétude et une harmonie extrêmement étrange. Rien qui lui permettait d'expliquer la détonation plus tôt. Puis son regard capta quelque chose d'anormal dans les postures, les regards, comme si les détenus étaient absents.
Une peur soudaine l'envahit, quelque peu irraisonnée devant ses regards vides. Une peur très différente de celle qu'elle avait connue par le passé. Une peur muette qui prenait aux entrailles, refroidissait le haut du corps et paralysait les membres. Une peur très différente de celle qu'elle avait ressentie en voyant sa première hécatombe. Peut-être était-ce ce qu'on appelait la véritable peur.
Elle détourna la tête en tremblant, ramena ses bras autour d'elle et attendit, fiévreuse, que sa crise de panique passe. Lorsqu'elle put enfin cesser de trembler, elle rejeta un coup d'œil par la fenêtre. Cette fois-ci, la foule était explosée, affichant l'animation propre à ce genre de regroupement et elle se sentit un peu soulagée. Elle préférait de loin cette vision anarchique des détenus en route vers leur fin à celle, statique, de son hallucination.
Sa tête se reposa contre le verre glacé, profitant de sa froideur, et sa respiration y dessina des ronds de buée. Agitée sur le quai de nombreux soubresauts et de plusieurs tirs de feu, la foule se faisait avaler par le train, nourrissant dans un vacarme infernal les wagons. Son regard glissa sur plusieurs postures soucieuses, anxieuses, apeurées, angoissées ou même effrayées ayant un même point commun: la crainte d'un événement passé. La mise à mort ? Comment savoir.
Elle relâcha son attention, perdant de son acuité visuelle. La foule se trouvait trop loin pour pouvoir discerner les petits détails, mais elle savait quand se forçant un peu et en plissant les yeux elle pourrait, l'espace de quelques micros secondes, parvenir à discerner les émotions sur les visages. L'espace de quelques secondes, ses yeux lui offriraient une vision supérieure à la norme. Une vision qui l'avait sauvé à de nombreuses reprises.
Un remous attira sa pupille, amenant son attention sur une zone un peu à l'écart et titilla sa curiosité. Debout face à un garde, un adolescent semblait avoir pris la défense d'une enfant et d'un vieillard. Un utopiste qui ne savait pas dans quoi il pénétrait, ni où il allait finir. Un utopiste qui finirait sûrement sa vie au cours du voyage sans avoir compris que… Le garde hurla.
Dans un sursaut de surprise elle se recula, retrouvant son reflet étonné. Le cri poussé était celui de la douleur et peu de temps après, une clameur s'éleva, accompagnant cette amorce de combat. Les grondements de la foule la ramenèrent contre la paroi, le corps palpitant d'une envie injustifié de combat, de violence et d'assaut.
Le passage des gardes dans le couloir, la refroidit soudainement et elle se retira en grimaçant, les sourcils froncés dans un vague mécontentement. Il lui fallut un moment pour calmer les pulsions sauvages qui la traversaient, vagues relents d'une envie bestiale. Lorsque ce fut fait, elle lâcha un profond soupir et revint, sans vraiment le vouloir, à la scène. À sa grande surprise la foule ne scandait plus et les gardes molestaient quelques personnes sans intérêts. Elle reposa sa tête contre la vitre en soupirant de nouveau, quelque part déçue et soulagée.
Ses yeux noisette firent le tour de la foule, accrochèrent un groupe composé de six gardes et repartirent en quête d'un sujet d'étude intéressant. Ils y revinrent lorsque deux hommes, l'un hautement gradé comme l'attestaient ses nombreuse médailles, l'autre discret et commun, s'y dirigèrent. Sembla s'ensuivre une discussion animée pendant laquelle le chef écouta ses subordonnés.
Soudain ennuyée, elle fit la moue et attendit qu'il s'éloigne avec quatre de ses hommes, pour se reprendre. Sur les six gardes qui avaient composé le groupe, il n'en restait plus que deux, auxquels s'ajoutait celui qui avait accompagné le chef, elle hésitait à dire second, et le faiseur de trouble qui lui apparaissait dans une sorte de second état.
Elle le regarda avec une rare curiosité, cherchant à savoir quel genre de personne il pouvait être pour réchapper à la mort. Visiblement aussi grand qu'elle, et sensiblement du même âge, il n'avait rien de bien particulier dans sa silhouette ou dans sa posture pour l'instant avachie. Seuls ses cheveux, d'un blond tendant vers le jaune vif, le faisaient sortir de l'ordinaire. Et la manière douce dont ils retombaient sur son visage…
Sa respiration se fit soudain sifflante, ses yeux se dilatèrent et un flot d'images l'envahit, la ramenant malgré elle vers cette nuit. Ses cris, les murmures obscènes de Matsuri, sa main sur un de ses seins occupée à… Puis la brutale morsure du froid, une apparition digne d'un grand navet. Une silhouette de faible gabarit, une stature androgyne et une tête blonde. Cheveux longs.
Ses ongles mordirent la peau de sa taille, la marquant de petit croissant rouge de part et d'autre. Elle tenta tant bien que mal d'essayer de couper court au flot de sensations qui l'envahissaient, répétant en boucle la même phrase. La même rengaine tout en sachant que c'était un mensonge honteux, qu'elle ne serait jamais à l'abris. Jamais. Mais entre voir la douloureuse vérité en face et l'admettre, il y avait un pas. Un pas énorme. Un pas de géant qu'elle n'avait pas la capacité de faire, et qu'elle ne voulait pas faire. Nier était bien plus simple.
Lorsqu'elle eut purgé son esprit de tout mauvais souvenirs, elle se concentra de nouveau sur le quatuor, devenu duo, toujours sur le quai maintenant désert. Ses sourcils se froncèrent dans sa perplexité. De nouveaux soldats investirent l'espace, montant parfois dans le train avant d'en redescendre. Le groupe d'accompagnement du train apparut finalement sur le quai. La sous-chef, une certaine Anko dont le sourire l'avait pétrifiée tout comme les propos un brin sadique et pervers, sembla discuter de quelque chose avant de remonter, laissant derrière elle sa faction et des gardes sur le cul.
Elle revint à ses premiers sujets d'étude, retrouvant le blond et son gardien, une jeune recrue. Celui-ci passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus en les faisant rebiquer. Déjà qu'il avait des épis d'enfer, là il dépassait le record personnel d'un vieux qu'elle avait, par le passé, volé. Ce qui devait être un effet de style plus qu'une coiffure naturelle.
Elle laissa un pâle sourire étirer ses lèvres à ce souvenir d'une époque révolue, son regard toujours entrain de détailler le trouble-fête. Le passé était le passé, et elle se devait de vivre. Oui, elle se devait de vivre pour s'écrire une histoire qu'elle pourrait vanter à l'infini.
Elle se reconcentra sur le blond, étudiant son visage qu'elle devinait carré. D'où elle se tenait, il lui était impossible d'en discerner plus, et elle dut se contenter d'hypothèse alors qu'elle essayait d'entrapercevoir les yeux de l'adolescent. Elle finit par abandonner et son regard délaissa la tête pour tomber sur la tenue qui la laissa entre la surprise et le choc.
Ce devait être des vêtements de toile ou de laine, ceux qui paraissent rugueux au toucher, grattent, mais tiennent bien chaud. Des vêtements pratiques, comme ceux qu'elle portait actuellement. Des vêtements de pauvres qui, pourtant, n'étaient pas déchirés, ni trop salis. Mais ce n'était pas la qualité des habits que l'adolescent portait qui l'avait fait émettre cette moue dégoûtée. Elle n'aimait pas la façon dont le tissu avait de retomber sur le corps en plis informes, donnant l'apparence d'un sac à patate, mais ça aurait pu passer; elle n'était pas du genre à s'attarder à l'image que les autres donnaient d'eux, si l'inconnu n'avait pas teint le tissu en orange. Et heureusement pour elle, d'un orange qui devait être moins vif que ce qu'il avait dû être à la base
Un garde se glissa au côté du duo et sembla venir les informés qu'ils pouvaient y aller puisque l'instant d'après ils se rapprochèrent du train et disparurent de son champ de vision. Elle soupira, se laissa aller contre la banquette et attendit que le train redémarre, cette fois en direction du camp Sanga. Normalement, aucun arrêt ne se ferait sur la route. Ils étaient tranquilles jusqu'au terminus.
Ses cils papillonnèrent quand ses paupières s'abaissèrent et se relevèrent. Elle se sentait de nouveau fatigué, prête à repartir au pays de l'inertie. La drogue et la distance à parcourir devait y être grandement pour quelque chose. Comme le temps morne qui se pointait et promettait un voyage d'une horrible monotonie. Elle replongeait.
La porte de son compartiment s'ouvrit, laissant voir un jeune homme brun vêtu de l'uniforme des gardes. Au premier regard, elle nota une légère surprise, qui disparut aussitôt qu'elle fut apparu, et l'adolescent referma la porte. Le loquet résonna à son oreille, signalant qu'elle venait d'être enfermé. Sans gravité puisqu'elle n'allait pas s'enfuir en sautant du train. Surtout dans son état.
Le train s'ébranla d'un coup, la cheminée de la locomotive siffla, expulsant un jet de vapeur grise, et la machine se mit en marche. Et avec elle, le roulis monotone, les bruits métalliques et les secousses qui l'avaient accompagné depuis sa montée dans le train, lui revinrent. Le silence du voyage avec, aussi lourd, si ce n'était plus, qu'avant.
- Parce qu'il faudrait que je croise les bras et que je me taise peut-être ? Il est hors de question que je laisse des gens souffrir devant moi ! »
Le cri avait brisé la cadence infernale du silence et peu de temps après, la porte de son compartiment s'ouvrit de nouveau. Le garde, qui se trouvait il y a peu sur le quai, passa la tête par l'entrebâillement, vérifiant elle ne savait quoi. Elle remarqua vaguement la cicatrice qui lui barrait le visage et, avant qu'elle n'ait pu trouver un mot à mettre pour qualifier la couleur de ses yeux, il disparut. L'instant d'après le blond du quai était propulsé sans ménagement dans son wagon.
- Eh ? » S'étonna-t-il.
Le loquet résonna de nouveau.
- Mais… qu'est-ce que…. » Balbutia-t-il.
Elle le fixa sans le voir, trop engourdie pour songer à quoi que ce soit. Néanmoins lorsqu'il se mit à cogner contre la porte en gueulant des imprécations quelconques un éclat de vivacité perça la brume qui la baignait. Les variations de ses attaques sonores et physiques finirent par lentement la tirer de son état de contemplation végétative et elle se secoua.
Il lui fallut un sacré effort de volonté supplémentaire pour chasser la paresse qui pesait sur son corps, mais elle y parvint. Elle attendit encore un instant, histoire de faire remonter un sentiment, qui s'avéra être le cynisme, et l'interrompit le avec une pointe de moquerie noir.
- Je doute que ça serve à quelque chose. Tout ce que tu risques de faire c'est d'ameuter les gardes, et ils ont plutôt la gâchette facile. »
Il sursauta, pivota dans sa direction et ouvrit de grands yeux surpris. Comme elle l'avait pensé, mais sans y donner de suite, il avait bel et bien les yeux bleus. Elle nota aussi la présence de griffures sur les joues, qui ressemblait à s'y méprendre à des moustaches, et une tache rouge, du sang, au niveau de l'épaule droite. Une blessure…
- T'es qui toi ? » La questionna-t-il soudain méfiant et curieux.
Elle se figea un instant, prise momentanément de court par la question. Puis son sourire sarcastique se fana. Cela faisait bien longtemps qu'on avait cessé d'apprendre à la connaître. Personne n'était suffisamment fou ou inconscient pour de tel futilité, même elle. Elle baissa la tête.
Le blond du paraître gêné; sûrement pensait-il qu'il l'avait brusquée, et elle ne put retenir un sursaut d'appréhension quand il s'assit à coté d'elle d'une façon lâche, soulevant un nuage de poussière qui les fit tousser.
- Mais merde. » lâcha-t-elle quand elle retrouva une respiration normale bien qu'hachée. « T'était obligé de te laisser tomber ? »
- Oh ! Ça va hein ! » L'attaqua-t-il de suite. « Comment j'étais censé savoir que c'était plein de poussière ? »
Il acheva sa tirade par une série de quintes de toux qui la fit grimacer. Blessure et virus, un bon mélange nul doute. Elle se décala légèrement, venant se coller à la vitre pendant que son voisin portait une main à son bras.
- T'es pas malade j'espère ? » S'enquit-elle prestement. « C'est un truc à crever avant d'arrivé ça. »
Il lui jeta un regard interrogatif, relâcha son membre, puis gonfla subitement ses joues, à la manière d'un hamster. Ce changement d'attitude, loin de l'exaspérer, la fit néanmoins soupirer, un sourire sur le bout des lèvres. Devant son esquisse de sourire, le blond perdit de son expression pour rire et elle faillit le suivre. Finalement le voyage ne serait peut-être pas aussi horrible que ça s'il faisait preuve d'autant de dynamisme.
Son regard se ternit soudain, perdant brutalement en éclat. Le voyage ne serait peut-être pas aussi horrible qu'elle se l'imaginait, mais elle ne se faisait pas d'illusion. Une fois arrivés à Sanga, leurs routes divergeraient forcément, prenant chacune une voie. Vraiment, fous étaient ceux à encore vouloir socialiser dans leur situation.
Ils restèrent un moment silencieux, et, alors qu'elle réfléchissait, les yeux dans la vague, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas eu la réponse à sa question. Son voisin finit par se lever et s'étira. Elle le laissa faire, se contentant de le suivre du regard alors que son corps ondoyait. Puis il se relâcha avec souplesse et elle se laissa aller contre la vitre.
Elle le regarda évoluer avec calme dans le compartiment, baignée de nouveau dans une vague torpeur. Lorsqu'il se pencha pour récupérer son livre, un excès de panique la traversa et elle se redressa brutalement, manquant de peu de s'écrouler, faute d'équilibre.
- Pas touche ! » S'exclama-t-elle en se ramassant.
Son reste de mouvement lui apparut confus, mais il lui sembla que la tension qu'elle avait accumulée dans ses jambes l'avait propulsée vers l'avant et qu'elle lui avait sauté dessus. Ce dernier, qui ne devait sûrement pas s'attendre à la recevoir sur le dos, s'était écroulé, les entraînants dans un roulé boulé qui s'acheva brutalement.
Ils restèrent un moment face à face, elle au-dessus de lui, et lui la regardant d'un air étonné, avant qu'elle ne se tende soudainement. Les flashs back déferlèrent, vénéneux. Elle sous Matsuri. Matsuri sur elle. Le toucher humide, l'immobilisation totale. Dans un mouvement désordonné pour s'éloigner, elle se jeta en arrière, glissa et finit assise par terre, le livre plaqué contre sa poitrine agitée par sa respiration hâtive.
- Ça va ? » l'interrogea-t-il.
Elle sursauta et opta inconsciemment pour une posture défensive en se levant. Les sourcils froncés, le blond s'avança d'un pas, devenant soudain la silhouette fine de sa camarade, et elle en recula d'un. Il retrouva son apparence première l'instant d'après, une expression hideuse et la main levée vers elle. Si sa conscience perçue l'inquiétude sincère qui brillait dans les pupilles bleus, son inconscient imposait le besoin de s'éloigner, et la peur panique qui l'avait prise au dépourvu ne lui permettait pas de se contenir.
- Ne me touche pas ! » s'écria-t-elle en levant ses bras devant son visage. « Ne me touche pas »
Comme s'il venait de saisir la profondeur de sa requête il recula lentement, gardant ses mains bien en vue. Elle ramena ses bras autour d'elle tentant de maîtriser son comportement hystérique et y parvient. Lorsque sa crise passa, elle se sentit honteuse et évita tout contact visuel avec son visiteur. C'était pas possible. C'était pas pos…
- Ça c'est pas commun. » Commenta le blond sur un ton léger.
Puis il enchaîna sur un « aie » assez sonore et se concentra sur sa blessure. Elle redressa la tête, incapable de lire son expression et recula. Quand elle sentit la banquette contre ses jambes, elle se laissa choir sur le siège, soulevant un nuage de particules qui la fit à peine éternuer. Le blond la regarda avec étonnement avant de se détourner d'elle pour retourner à sa blessure. Il finit par s'asseoir à son tour, sur l'autre banquette en cuir, et éternua.
- P'tain, faudrait qu'ils fassent passer une femme de ménage de temps en temps. » Blagua-t-il après une demi-minute. « À croire que ce train en est jamais connu. C'est quand qu'on arrive ? »
Elle eut un sourire crispé, mentalement rassurée qu'il ne mette pas sa crise à l'ordre du jour. Inconscient de son soulagement, son camarade s'était remis à étudier sa plaie et la triturait allègrement. Puis il la lâcha, se cala dans la banquette et ferma les yeux comme pour se concentrer sur autre chose.
Nerveuse, elle finit par détourner le regard et laissa son livre glisser sur ses cuisses. Lorsqu'elle fut sur le point de le lâcher, elle le cala habilement et l'ouvrit d'une main mal assurée. Les pages se lissèrent sous ses doigts et elle ferma les yeux pour effacer le reste de ses symptômes de panique. Une vague envie de l'utiliser la parcourut, mais elle la refoula. Elle l'avait perdu depuis un moment.
Elle rouvrit les yeux, ferma le bouquin dans un bruit sec et le balança nonchalamment à coté d'elle. Elle enchaîna en s'étirant, dénouant ses muscles de nouveau engourdis, avant de jeter un nouveau coup d'œil au blond qui paraissait encore en pleine réflexion. À moins qu'il ne fusse occupé à quelque chose d'occulte.
Elle sourit légèrement à l'idée plus que farfelue avant qu'il ne se mette à la dévisager. Ce fut d'abord son regard vitreux qui la capta, puis ce fut les mèches qui s'agitaient autour de sa tête comme prises dans un souffle d'air. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle crut voir un filament orange, un truc vraiment fin et léger, qui dansait sous ses cheveux blond.
Elle sentit quelque chose reflué discrètement et les yeux du blond retrouvèrent une lueur de vie qui agrémenta la pupille de plusieurs teintes de bleu. Sous le regard neutre, bien que légèrement craintif, comme incertain, de ce dernier, elle déglutit en se demandant si elle n'aurait pas mieux fait de ne pas… qu'Est-ce qu'elle n'aurait pas dut faire au juste ?
- Le train est repartis là, hein ? » l'interrogea le blond d'une voix nerveuse.
Elle referma la bouche, sidérée par la question, plus que déplacé, de son vis-à-vis. C'était qui ce mec ?
- Oui. Et il ne s'arrêtera pas ! » répondit-elle agressivement. « Du moins, tant qu'on ne sera pas arrivé à Sanga. »
- Sanga ? » Demanda-t-il.
- Oui, Sanga, le grand camp de détention. » Répliqua-t-elle
Devant son air interrogateur elle fronça les sourcils. Sanga était le camp de détention le mieux connu de l'Anguna. Le plus grand aussi. Et le plus restrictif de tous les camps. Néanmoins, la qualité de vie était meilleure, et les chances de survie élevées. Du moins tant qu'on se pliait à la discipline. Un ramassis de probables foutaises auxquelles il était difficile de ne pas céder.
- Oui, Sanga » Répéta-t-elle pensive.
Puis elle ramena ses jambes devant elle, glissa ses bras autour et ferma les yeux. Tout doucement, elle se laissa imprégner par la mécanique du train, fondant sa conscience dedans et devint la machine qui filait, impérieuse, vers des landes humides. Elle s'oubliait étonnamment.
Une demi-heure plus tard, elle sortait de sa sorte de stase pour fixer son compagnon de compartiment qui s'agitait. Le teint pâle, les yeux hagards, le front luisant de sueur et les mèches, autrefois rebelles, collées au visage, il lui semblait en proie à un banal mal de transport. D'ailleurs il ne tarda pas à se lever pour se diriger vers la porte, et à gratter dessus comme s'il espérait que quelqu'un vienne l'ouvrir. Elle soupira.
- Tu devrais te rasseoir et ignorer les roulis » conseilla-t-elle.
Le blond lui jeta un regard humide et fuyant….
- Mais ça marche pas ! » se plaignit-il comme un gamin.
…et se remit à gratter.
Elle le regarda glisser le long de la porte en geignant et finit par détourner la tête. Étaler une faiblesse n'était pas son genre, se moquer de celle des autres non plus. Mais difficile d'ignorer les gémissements du blond et de ne pas lui en coller une pour le faire s'arrêter. Son livre retrouva donc ses cuisses et elle se réattaqua à la préface qu'elle pouvait prétendre connaître par cœur.
Ses yeux agrippèrent les caractères, les analysa, les lias ensemble, et finalement saisit un mot. Elle continua en assemblant les mots obtenus, formant une phrase dont elle concrétisa le sens. Puis elle s'attaqua à la suivante, en faisant tourbillonner la première pour ne pas l'oublier: elle décryptait, ou déchiffrait, plus qu'elle ne lisait en faite. Une préface portée en l'honneur d'une famille, d'un enfant attendu, d'une femme sublime de caractère, d'un politicien vivant à la dur. Le mémoire de la famille Namikaze et de tous ce qu'elle valait aux yeux de l'auteur. De Minato.
Une secousse lui fit perdre la ligne qu'elle analysait et elle en profita pour se caler une nouvelle fois, cherchant une meilleure position. Elle avait enfin trouvé son bonheur quand le loquet sauta, amenant son camarade tremblant à se lever pour ne pas être dans le passage.
Elle le vit tendre la main vers la poignée, mais il n'eut pas le temps de la saisir que la porte se dérobait, laissant voir deux gardes occupés à molester quelqu'un. Interdite, elle suivit la scène et sursauta à peine, alors que son vis-à-vis c'était écarté, quand les gardes jetèrent leur fardeau dans le compartiment. C'est-à-dire un jeune homme brun à l'apparence assez débraillée, qui fit une courte glissade sur le sol en bois avant d'y rester l'air passablement ennuyé.
- Et qu'on t'y retrouve pas ! » Gueula l'un des hommes qui avaient dû le trouver. « Comprit ? »
Il n'y eu aucune réponse. Du moins crut-elle avant d'entendre un galère inaudible qui sonnait plus comme une marque de désespoir qu'autre chose.
- Comprit ? » S'énerva l'adulte.
Elle remarqua que ses doigts s'agitaient sur le manche du pistolet, comme si le tirer pour abattre le brun le démangeait. Non, abattre le brun le démangeait, même si elle ne savait pas pourquoi, et elle ne put pas s'empêcher de retenir un sursaut d'appréhension lorsqu'il dégagea son arme.
- Laisse tomber » siffla le second. « Ce gars est complètement bouché. Lui tirer une balle dans la tête empirera nôtre situation. Viens. »
Le premier, qui ne décolérait pas, finit par être traîné par son compatriote. La porte claqua de suite, marquant la fureur du garde, avant que le loquet ne retentisse, fermant la cabine pour la troisième fois consécutive.
Tandis que son premier compagnon d'infortune fixait le panneau qui vibrait encore sous le choc, des larmes de joie aux yeux, elle se concentra sur le nouveau qui se redressa, s'examina, et soupira fortement une fois qu'il sembla avoir constaté les dégâts. Elle eut un rictus entendu.
- Galère » se lamenta-t-il. « Et dire que j'avais trouvé un endroit tranquille pour roupiller. »
Puis l'adolescent retira l'élastique qui maintenait ses cheveux pour les recoiffer et alla s'asseoir sur la banquette en face d'elle en traînant des pieds. Tout comme le blond la première fois, il se laissa choir, soulevant un épais nuage de poussière, et toussa à n'en plus finir.
- Fait chiez. » grogna-t-il une fois la crise passée. « Il faudrait qu'ils engagent des femmes pour le nettoyage. Jamais vu un endroit aussi poussiéreux. »
Elle souleva un sourcil, médita les propos, et émit une mauvaise grimace. En plus d'un abruti, qui s'acharnait à ouvrir la porte en tournant la poignée dans le mauvais sens, elle devait supporter un de ces machos qui ne courent pas les rues. Pourtant, il était plutôt mignon dans ses vêtements couleur terre et feuilles de printemps, quelque peu déchirés. Une tenue tellement ample qu'elle paraissait trois fois trop grande, et qui le rapetissait alors qu'il était plutôt grand et assez frêle. Le brun, à vrai dire, était loin de l'archétype du macho: des mecs très viril, plein de muscles, sans cervelle, et insultant envers les femmes. Enfin, de son idée du macho. Et ses yeux étaient loin d'exprimer une supériorité. Non, les pupilles ébène semblaient éteintes, comme s'il était las de la vie. Las de tout plutôt.
Un bruit mat se fit entendre, et les murs tremblèrent, provoquant une secousse qui se répercuta dans tout son être. Son livre glissa une nouvelle fois de ses genoux et s'écrasa à terre dans un bruit mat définitif. En voyant l'autre se redresser en se massant l'épaule elle ne trouva strictement rien à dire.
Ignare de leur présence, le blond s'élança contre la porte et elle secoua la tête avant d'aller récupérer son livre. En constatant que le brun suivait ses gestes, le regard fixé sur la couverture, une flamme d'intérêt dans les yeux, elle faillit s'arrêter. Mais cette vivacité disparut aussitôt, couverte par ce sentiment de lassitude relevé plutôt. Avait-elle rêvé ?
- Tu connais ? » questionna-t-elle, poussé par une soudaine envie de savoir.
Il la regarda vaguement, gratta sa nuque puis soupira. Elle tenta un sourire engageant auquel il répondit par un sourcil vaguement haussé.
- Je ne pensais pas que ce genre de littérature convenait aux femmes. » répondit-il.
Son sourire en prit un coup, mais tint relativement bien. Pas si mignon que ça en fin de compte et bien misogyne le mec.
- Tu sais parler aux femmes toi. » répliqua-t-elle.
Son ton, parfaitement maîtrisé, était courtois et faux. Le brun soupira un galère, marmonna quelque chose sur l'hypocrisie féminine et rétorqua. Elle plissa momentanément les yeux, laissant poindre un début d'agacement véridique.
Un nouveau bruit mat retentit et la parois vibra pour la énième fois. Elle détourna son attention du brun pour se concentrer sur le blond et resserra légèrement les mains en poing. Ce dernier se reculait déjà en se massant l'épaule gauche, l'air concentré sur ce qu'il faisait. Semblait que sa nausée était déjà partit.
Un soupir lui échappa, inqualifiable, et un sentiment d'étrangeté naquit dans un coin de son esprit. Elle revint au brun qui s'était allongé de coté sur la banquette et fixait le manège d'un œil mauvais.
- Il est toujours comme ça ? » lui demanda-t-il soudain.
- Lui ? » s'assura-t-elle. « Aucune idée. »
- Tss. Aucun sens de l'observation. » Soupira-t-il.
Elle ferma les yeux, le temps de retenir la vague de colère qui montait en elle, et répondit en souriant nerveusement.
- Parce que tu penses pouvoir le dire ? »
- Non. »
Il y eut un flottement durant lequel elle fut quelque peu déstabilisée par l'expression indifférente de son interlocuteur. Bon, peut-être pas si misogyne que ça le mec.
- Du moins pour l'instant. » ajouta-t-il
Un gémissement l'empêcha de répliquer de manière convenable. Elle fusilla le blond du regard, mais ce dernier, visiblement insensible aux éclairs qu'elle dardait dans sa direction, se lança de nouveau contre la porte. Elle le regarda recommencer à plusieurs reprises, grognant de douleur par moment avant de retenter sa chance et de pester ou jurer.
- Galère. » Soupira le brun. « Il est bruyant. »
- Fait avec. » Grommela-t-elle en réponse pendant que leur compagnon de compartiment se redressait. « Je supporte ça depuis le départ. »
- Toujours à vous complaindre vous les femmes. » Soupira son interlocuteur
Elle s'hérissa, sentant la moutarde lui monter pour la énième fois au nez. Le brun semblait se moquer d'elle avec son expression nonchalante, son léger sourire en coin et son regard posé dans lequel brillait une intelligence maligne. Se jeter sur lui ne résoudrait pas le problème de l'échange et elle inspira un grand coup.
- Un problème ? » l'interrogea ce dernier.
- Aucun. » répliqua-t-elle sèchement. « Strictement aucun. »
- Dans ce cas, tu me vois ravi de l'apprendre. »
Elle ne posa pas de questions, détournant son attention du brun et croisa ses bras sur sa poitrine en s'enfonçant dans le dossier. Un boom, ramena à l'ordre du jour sa frustration, et elle ferma les yeux en serrant les dents. Un deuxième boom. Un chapelet de jurons. Un troisième boom. Deux gémissements entrecoupés de grognements. Un autre boom…
Très vite, elle se sentit arriver à sa limite entre les réguliers soupirs du brun allongé sur la deuxième banquette et le blond qui s'entêtait à vouloir enfoncer la porte. Une première pour elle, dont le caractère assez indulgent tant qu'on ne lui marchait pas sur le pied, l'empêchait de se montrer un peu trop agressive. À une énième tentative, elle ne put retenir une remarque acide qui ne sembla pas décourager le blond et amusa le brun.
Après avoir fusillé le moqueur, elle se leva et se dirigea d'un pas décidé vers le blond. Elle l'attrapa en vol, l'empêchant d'aller se fracasser une nouvelle fois contre la porte, mais le lâcha presque aussitôt, sa main tremblant trop sous l'effort.
- Ça suffit. » siffla-t-elle. « retourne t'asseoir. »
Le blond lui offrit son regard céruléen et refusa de la tête. Ce fut l'acte de trop, la goutte d'eau qui fit déborder le vase, le refus qui brisa le barrage qui l'empêchait d'exploser de colère. Ou peut-être était-ce parce que le brun, toujours allongé, avait lâché un énième « galère » suivit d'un commentaire de son cru.
Ou les deux…Allez savoir…
Alors ? Verdict ? Je suis ouverte à toute les critiques, remarque et question donc n'hésiter pas à reviewer si vous avez quelque chose à redire.
