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Royaume-Uni, Londres

10 Novembre

Jour 10

Gregory Lestrade alla chercher le dossier du dernier meurtre en date. Trois jours auparavant, une affaire sordide avait à nouveau pris possession de ses nuits déjà bien courtes. Un certain Alpha avait tué son Oméga avant de l'avoir bien mutilé. Affaire conjugale, en avait déduit Sherlock, qui s'était mal terminée. Encore une affaire conjugale.

Déjà qu'il n'était pas dans son meilleur état, surtout depuis la découverte de ses sentiments pour John Watson. Mais le voir aux bras de Sherlock, l'accompagnant dans des scènes de crimes où l'amour et la passion constituaient des raisons premières, avait définitivement eut raison de la bonne santé sentimentale de l'inspecteur.

Il soupira, alla prendre le dossier bientôt bouclé sur le bureau de Donovan et se dirigea vers son bureau. La télévision était allumée sur les chaînes d'information BBC.

— Sherlock, si tu as besoin de nouvelles affaires, il te suffit de me le demander. Je ne pense pas que la presse soit plus avancée que moi, maugréa Gregory en se frottant les yeux.

Il jeta le paquet de dossiers sur son bureau et se dirigea vers son fauteuil : son meilleur ami ces derniers mois.

— Greg, je pense que tu devrais regarder cela, conseilla John d'un ton préoccupé.

A ce moment, Donovan et Dimmock, suivis d'une bonne partie du MET, entrèrent dans le bureau.

— Nom de...

— Tu es le seul à avoir une télévision dans l'open space, expliqua Sherlock, coupant Gregory.

Ce dernier leva enfin les yeux sur la raison de tout cet engouement. Effectivement, les nouvelles s'annonçaient bien inquiétantes, du moins pour lui.

« Le sommet du G8 avait pour thème principal l'égalité entre les dynamiques dans les pays développés. Qu'en est-il de la situation actuelle ? Je laisse la main à mon collègue et spécialiste des dynamiques, Mark Homers, qui vous expliquera les détails de cette nouvelle loi internationale. »

« Bonjour à toutes et à tous. Ce mois d'août a été particulièrement intense en affaires internationales. Le retrait des troupes en Afghanistan, la cruelle série de meurtres et enfin, ce fameux sommet du G8 qui s'est déroulé d'une manière unique. Puisque pour la première fois depuis un siècle, le thème central a été d'ordre social et non pas économique ou politique. Quelles ont été les mesures préconisées ? Quelles sont les décisions adoptées ? Et enfin, que penser des répercussions sociales sur les années à venir ? »

« Nous sommes tout ouïe, Mark. »

« Le sommet avait pour thème l'égalité des dynamiques dans les pays du monde concernés qui comprennent l'Europe, l'Amérique du Nord, le Japon, le Brésil et quelques pays signataires du protocole de Londres. L'Asie, la Russie, l'Afrique et l'Amérique du Sud ont en grande partie refusé cette discussion pour des raisons que nous connaissons tous. Les questions abordées lors du sommet avaient été les suivantes : quelle est la place des dynamiques Bêtas dans la société ? Que faire pour égaliser davantage l'accès aux postes à responsabilité et à l'éducation des bêtas ? Comment instaurer une politique de discrimination positive sans aller à l'encontre des principes de la société civilisée d'aujourd'hui ?

»Tout d'abord, les gouvernements ont tenu à réaffirmer la nécessité de continuer les efforts d'égalité. Désormais, tous les Bêtas et B Omégas auront accès aux privilèges alors réservés aux Alphas, et surtout aux A Alphas. Les universités ont accepté d'enrôler sans discrimination des étudiants de toutes dynamiques. Un quota a été instauré prenant compte de la répartition de la population. Les entreprises sont également tenues de respecter ces quotas. La fonction publique continuera son attitude exemplaire déjà amorcée depuis les débuts du mouvement pro-bêtas.

»Dans un deuxième temps, les gouvernements ont décidé d'un commun accord d'accorder aux Bêtas et aux B Omégas le droit d'exiger des A Alphas et A Omégas une totale transparence quant à leur dynamique. Pour ce faire, les dynamiques extrêmes sont priées de se présenter au recensement général. Les dates seront données pour chaque circonscription. Tout A Alpha ou A Oméga qui n'aurait pas été au recensement encourt des poursuites judiciaires.

»Les A Omégas devront faire preuve de discrétion. Ils sont priés de se soumettre à un traitement hormonal dans le but de contenir toute forme de déviance physique et surtout hormonale. La même chose sera demandée aux A Alphas qui ne sont pas liés.

»Les premières mesures invoquées ont pour finalité une plus grande égalité sociale entre les dynamiques. En limitant l'accès aux A Alphas des positions habituellement dues à leurs dispositions naturelles, les Bêtas et B Omégas pourront accéder à un rôle plus important dans la société. Egalité donc.

»Ces deux dernières mesures ont été votées dans le but de limiter les comportements animaliers des A Alphas et A Omégas, afin de rendre la vie plus civilisée. »

« Bien sûr, ces quatre mesures ne constituent que les têtes de proue des mesures révélées et qui seront appliquées... »

« ... Appliquées dès la fin de cette semaine. D'autres mesures ont également été adoptées et la liste est consultable sur le site officiel des gouvernements concernés. »

Lestrade se détourna de l'écran et croisa le regard de Sherlock, visiblement furax.

— Il était temps ! Marre de ces A Alphas et A Omégas qui prennent toutes les bonnes choses, dit une jeune recrue.

— Sherlock, John, dans mon bureau. Le reste, sortez ! ordonna Lestrade de sa voie d'inspecteur respecté.

La foule quitta précipitamment le bureau sous un brouhaha de commentaires.

John alla fermer la porte et se posta contre un mur. Il toisa ses deux amis du regard, inquiet comme eux de la tournure des choses.

— Tu n'es pas déclaré, alors oublie le recensement, conseilla Sherlock qui s'était assis dans le canapé. Il joignit ses mains sous son menton et procéda à un examen minutieux de l'inspecteur.

— Peut-être bien pour moi, mais toi ? dit Gregory.

— Je n'ai pas le choix. Je suis déclaré dans mes papiers.

Gregory Lestrade soupira.

*xXx*

John monta les escaliers de l'appartement situé à Baker Street. Il déposa une partie des courses dans le salon de Mrs. Hudson après avoir accepté un gâteau au chocolat de sa part en guise de réconfort.

Il ouvrit la porte et découvrit l'A Alpha penché sur son microscope. John alla ranger en silence les courses dans la cuisine avant de s'approcher de son amant.

Il l'enlaça par derrière et enfouit son visage dans l'épaule de ce dernier.

— Tu entres parfaitement dans le stéréotype des B Omégas liés, plaisanta Sherlock en quittant son expérience des yeux.

Il se retourna, repoussa les bras de John avant de lui prendre le visage. Il lui déposa une flopée de doux baisers.

— Hey, toi aussi, tu agis comme un véritable Alpha, gaga comme tu es de moi ! protesta John.

Sherlock l'embrassa à nouveau pour le faire taire... Le baiser avait un goût doux-amer.

*xXx*

Après le dîner, confortablement installés dans le canapé, la tête de John posée sur ses cuisses, Sherlock regardait la télé. Il sentit l'Oméga bouger et baissa son regard.

— Qu'as-tu à me dire ? s'enquit l'A Alpha.

— Hm, que vas-tu faire ?

— Aller me présenter, dire que je suis lié à toi, un B Oméga, repartir, puis continuer notre vie comme avant. Pourquoi ?

— Cette nouvelle loi internationale va changer bien des choses, Sherlock.

— Pour les bêtas et toi, oui.

— Je conçois être concerné par ces mesures qui m'ont bien aidés. Si les pro-bêtas n'avaient pas formé de parti politique et réussi à garder les élections de ces dernières années, je n'aurais jamais pu entrer dans l'armée et encore moins devenir un médecin. Je sais que Greg et toi êtes inquiets... Non, ne dis rien ! Mais pour beaucoup de bêtas et de B Omégas, cela signifie la fin de l'oppression. N'ayant pas grandi dans un milieu aisé, je n'ai jamais vraiment eu de problèmes avec les A Alphas et A Omégas. Vous vivez dans un monde à part, pleins de privilèges et de traditions ancestrales. Alors je comprends que les bêtas issus de ces milieux soient hostiles à vous. Néanmoins, je suis content des avancées dues aux pro-bêtas.

— Mais tu avais l'air inquiet pour nous tout à l'heure.

— Vous êtes mes amis, c'est normal.

— Gregory s'en sortira mieux que moi. Personne ne connait sa dynamique.

— Mais il aura plus de difficultés à se cacher. Quant à toi, tu es certes lié et déclaré, mais tout le monde le sait également.

— Tu as peur que je sois la cible des railleries.

— Et des violences. J'ai déjà trop vu d'attaques perpétuées à l'encontre des dynamiques extrêmes et des bêtas. Tout cela n'a qu'augmenté les problèmes entre Bêtas et les autres. Je ne suis pas partisan de la violence, mais de la civilisation.

— Alors tu n'es pas d'accord avec cette loi.

— Du moins, je ne suis pas d'accord avec le fait de se déclarer. Je considère la dynamique être une chose privée que l'on choisit ou non de dévoiler au grand jour. Et cette loi ne va rien apporter de bon.

— J'en ai bien peur. Les crimes vont augmenter.

— Cela nous donnera du travail, ironisa John, finalement.

— Lestrade dormira encore moins.

— Tu as remarqué ?

— Si tu l'as déjà remarqué, penses-tu que je ne l'ai pas fait ? se moqua Sherlock.

— Oi! Vous les A Alpha et votre continuel besoin de dominer! s'exclama John changeant de position.

Il s'assit dans le canapé.

— Le divorce l'a profondément remué.

— Il ne va pas du tout bien, le pauvre. J'ai entendu hier Donovan s'excuser à sa place pour une histoire de pièce à conviction égarée.

— Les deux semaines de congés forcés n'ont pas arrangé les choses. Il est encore plus déprimé qu'à l'annonce de son divorce.

— Peut-être qu'il s'inquiète de Moriarty ?

— Je n'en suis pas sûr. En tout cas, Moriarty devrait sauter de joie à l'heure actuelle. Un minable B Bêta comme lui profitera en grandes pompes des mesures adoptées, dit Sherlock.

— Oui, peut-être bien.

Sherlock embrassa John et le fit taire de la manière la plus efficace qui soit. John le serra dans ses bras et ils restèrent ainsi, enlacés, savourant la quiétude d'une nuit à deux.

*xXx*

Gregory s'écroula dans son canapé. De rage, de dépit, ou de... il n'en avait aucune idée. Il avait renversé une bonne partie de sa collection de CD et son salon ne ressemblait plus à rien. Bon, son salon n'avait jamais ressemblé à rien, puisqu'il n'avait jamais eu le temps de déballer les cartons.

Deux mois auparavant, son divorce avait été prononcé. Il avait eu affaire aux meurtres les plus sordides de sa vie. Il avait découvert un Moriarty encore en vie. Sherlock et John connaissaient sa réelle dynamique.

Gregory soupira.

Il était follement amoureux de John Watson.

John Watson, B Oméga, médecin, capitaine, beau, sérieux, bon, brave, loyal, parfait. Et lié à son ami Sherlock, A Alpha notoirement magnifique et doué.

Que lui restait-il ?

L'A Alpha en lui grogna de désespoir. Il ne dormait plus, toute son existence était désormais focalisée sur John. John, John, John...

Que pouvait-il faire ? Il était A Alpha, peut-être encore plus que Sherlock. Ce dernier était fier de le montrer mais Lestrade connaissait les règles des dynamiques. Le plus puissant des Alphas restait toujours en retrait : le calme avant la tempête. Mais même le plus posé, le plus contrôlé, le plus refoulé des Alphas pouvait devenir fou. Et il en avait bien peur. Il n'avait jamais été aussi sur les nerfs que durant ces deux derniers mois.

On avait bien sûr remarqué son état instable. A tel point qu'il avait été obligé de prendre congé pour deux semaines. Sans résultat, puisqu'il les avait passé à grommeler dans son minuscule appartement entre la télévision et une bonne bouteille de whisky. Les deux derniers jours, cependant, il s'était repris en main. Son job était la seule chose qui lui restait, et il était prêt à tout pour le garder. Sans son travail, c'en aurait été finit de lui. Il le savait. Il le redoutait.

Greg se releva et se prit la tête dans les mains. Il devait se calmer, arrêter de penser à quelque chose d'impossible. Que pouvait-il espérer de John sinon son amitié ? Aujourd'hui encore, l'Oméga avait pris Sherlock dans ses bras à l'annonce de la nouvelle loi internationale.

Devant tel acte, Greg n'avait rien à dire. Et qu'en dire des baisers, regards enflammés, effleurement quotidiens dont il semblait être l'unique témoin ? Au fond de lui, il connaissait les instincts chez deux êtres marqués. Une des caractéristiques était le constant besoin de proximité physique. Une autre était la capacité à ressentir les émotions de l'autre, et ce, sans paroles. Enfin, deux êtres marqués rayonnaient de bonheur. John et Sherlock n'hésitaient pas le moins du monde à le montrer, au plus grand désespoir de Lestrade.

Lorsqu'il avait découvert les bracelets en or sur Sherlock et John, il s'était empressé d'aller les féliciter. Il était ravi de leur union, vraiment, et s'était même proposé d'être leur témoin lorsque les deux locataires de 221B auraient décidé de formaliser leur lien lors d'une cérémonie puis un mariage. Il était vraiment ravi pour eux, parce que John était heureux.

Alors il s'était tut. Ce jour-là, il décida de ne rien avouer de ses sentiments à John. Puisque ce dernier était heureux et entre de bonnes mains, il ne pouvait que leur souhaiter le bonheur absolu. S'il se mettait au travers de leur route, en jouant l'amoureux transit et jaloux, il risquait de perdre bien plus. Sherlock et John étaient ses plus proches amis et avec ce qui s'annonçait, il en aurait bien besoin.

Mais que lui restait-il ? Des sentiments, des pulsions physiques, des rêves inatteignables.

Il était dépressif et le savait.

Et voilà que maintenant, le gouvernement avait décidé de mettre les dynamiques extrêmes encore plus à l'écart. Depuis vingt ans, les lois se succédaient en Occident et pays signataires du protocole de Londres. Elles allaient toutes dans le sens des Bêtas. Gregory Lestrade ne les blâmait pas puisque ces derniers avaient toujours été « martyrisés » par les dynamiques extrêmes qui possédaient toutes les qualités rêvées.

Les A Alphas étaient généralement beaux, en très bonne santé, vivant longtemps, intelligents, de condition physique exceptionnelle -comme on l'avait pu voir à Bruges-... Les A Omégas étaient rares mais sages et extrêmement intelligents. Leur stabilité et bonté apaisaient les Alphas en quête inlassable de puissance et de pouvoir. Alors, lorsque les deux dynamiques se réunissaient dans les sphères hautes de la société, il ne restait aucunes places pour les Bêtas.

Ceux-ci avaient réussi à former un mouvement, celui des pro-Bêtas, qui, dans la société lambda, avait rapidement pris le pouvoir. C'était une des raisons pour lesquelles Gregory avait décidé de se cacher. Il était né dans une famille humble qui n'en avait que faire de la fierté d'avoir un A Alpha. Et puisque les Bêtas menaient déjà la danse, il n'avait eu d'autres choix que de vivre caché. Quelques années plus tard, les pro-Bêtas réussissaient à s'allier avec les B Omégas et même quelques B Alphas trop faibles pour lutter contre les A Alphas et A Omégas. Un nouvel ordre social était désormais en marche.

Aujourd'hui, cette nouvelle loi internationale avait définitivement entériné l'affaire.

Lestrade soupira encore une fois. Encore une nouvelle raison de ne plus dormir. Il savait que Sherlock irait se faire recenser. Le contraire aurait été vain puisque Lestrade aurait dû aller lui-même chercher son ami pour le faire juger d'un crime dont il n'en était pas coupable : celui d'être né A Alpha. Et quelle ironie, puisqu'il était lui-même un A Alpha, mais avait eu -pouvait-on le dire ?- la bonne idée de vivre caché !

Seulement, avec ce nouvel ordre social, le risque de violences à l'encontre des A Alphas et surtout des A Omégas plus faibles atteindrait sans doute des sommets. Une loi à double tranchant donc. Elle avait pour objectif d'apaiser les conflits entre les Bêtas et dynamiques extrêmes déjà rares, mais irait engendrer un autre conflit dans un autre sens.

Persécutés, les Bêtas deviendraient rapidement des persécuteurs, enfin libres de se venger de siècles et de siècles d'inégalités. De plus, ne constituant qu'une partie minime de la population -moins de 3%, 10% au Royaume-Uni selon les dernières estimations-, les dynamiques extrêmes n'auraient aucune chance de se faire entendre. Ils étaient bloqués. Et Lestrade, tout comme Sherlock, seraient au cœur de tout cela.

John... Ce dernier n'avait rien demandé. B Oméga, il était libre, enfin. Mais lié à Sherlock et ami de Greg, il devrait prendre une décision que Gregory connaissait malheureusement déjà.

Je serais là. Je ferais en sorte de les protéger comme je le pourrais. Tout pour le bonheur de John...

Greg se leva pour se diriger vers son cabinet d'où il en ressortit une bouteille de whisky. Il gardait cette bouteille pour les occasions rares. Qui savait quand il pourrait fêter quelque chose de qualitatif ? Quel gâchis de le laisser croupir dans un placard poussiéreux ! Il ne prit pas la peine de prendre un verre. Demain serait dimanche.

Alors oui, il but directement dans la bouteille. Oublier et ne plus sentir.

*xXx*

"— Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt ?

Désolé. Je ne voulais pas que tu t'inquiètes pour cela.

Idiot ! Tu sais bien que ta dynamique m'est égale. N'est-ce pas ... ?

Je suis d'accord avec elle. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas de ta faute. La question est maintenant de savoir si Kalyn va pouvoir supporter tes hormones.

Hey ! Je ne suis pas célibataire et j'arrive sans problème à me contenir.

Mais oui bien sûr ! D'ailleurs, ne m'as-tu pas promis un baiser aujourd'hui ?"

Anthea se réveilla en sursaut. Les rêves étranges sur son passé avaient repris. Les derniers mois avaient été particulièrement éprouvants. Elle venait juste de rentrer d'un voyage diplomatique d'Arabie Saoudite.

B Alpha, sa dynamique facilitait les transactions. Il fallait dire que les pays du Golfe Persique ne connaissaient pas de mouvements pro-bêtas. Ils n'étaient même pas traditionalistes. Pour eux, seuls les Alphas constituaient des dirigeants qualifiés. De ce fait, Mycroft Holmes, B Bêta reconnu, n'avait aucune chance de se faire entendre, encore moins de donner des ordres. Elle le représentait donc.

Anthea se leva de son lit et alla, tremblante, vers la salle de bain de son studio londonien. Elle l'avait récemment acheté. Avec son salaire de PA de première classe et ses économies amassées grâce aux largesses de son patron, elle s'était constituée un joli pactole qu'elle s'était empressée d'investir dans la pierre.

Son studio n'était pas grand, mais lui suffisait amplement. Soixante mètres carrés au plein cœur de Londres était un luxe qu'elle s'était permise. Ajouté à cela, elle avait acheté l'an dernier une place de parking et refait son salon. Désormais, il n'avait plus à rougir de celui de ses pairs. Impossible pourtant de faire la comparaison avec la demeure ostentatoire de Mycroft Holmes.

Elle enfila directement ses vêtements de travail après avoir pris une douche rapide. Elle se connaissait assez pour savoir qu'elle n'avait plus aucune chance de se rendormir. Autant se préparer.

La télévision semblait être un moyen correct de s'abrutir en attendant la matinée et le réveil de son BlackBerry. Elle l'alluma et tomba sur les informations.

Mais qu'est-ce que ce bazar ?

Les dernières informations défilaient et toutes tournaient autour du même sujet : la loi internationale.

Anthea n'hésita pas. Elle prit le combiné.

— Ecoute, on ne peut plus traîner, dit-elle.


Je remercie tous ceux qui commentent dans les reviews (partie I comme partie II). Vos avis me touchent et m'aident à aller de l'avant.

Je sais que certains se demandent ce qui va réellement se passer dans la suite, notamment avec le pairing, Merry (gentille ou mauvaise?), le mystère autour de la dynamique de Mycroft, et bien sûr l'univers en général. Je sais que les francophones ne connaissent pas bien cet univers largement exploité dans les fics de Sherlock. Il faut dire que j'ai été très surprise au début également. Je ne lis pas beaucoup de fics en français, préférant les fics anglaises. La raison principale étant justement la présence des univers Omégaverse, D/s (Domination/sub) universe, Wing!fics et autres. Beaucoup de gens ont du mal, mais c'est mon trip et je ne m'en cache pas.

Le projet actuel est de 4 parties. Les deux premières constituent des bases qui mettent en avant tout d'abord cet univers puis mon imagination un peu bizarre o_O. En clair, la partie I se focalise sur l'Omegaverse et la partie II sur les personnages originaux créés pour le besoin de l'histoire.

Encore, je ne suis pas une fana des personnages imaginés trop mis en avant. Je préfère de loin les personnages "canon", ce qui explique les pairings (Johnlock...) et ce que je prévoie par la suite. En effet, j'ai deux options qui s'ouvriront vers la partie III et je me tournerais vers vous pour la décision. Elle n'est pas simple car elle va "impacter" toute la suite. Je ferais sans doute une demande ouverte vers la fin de la partie II voire avant. Mais je n'en dis pas plus ^^

Sinon je remercie ma bêta Roxanne33. Elle vient de reprendre donc est un peu surbookée en ce moment. Je ne l'aide pas du tout car mon rythme devient également irrégulier. J'essaye donc de prendre de l'avance. Donc ce n'est pas de sa faute si tout est si lent, au contraire, j'ai une grosse part également! XD (une qui se nomme "A Summertime Chase").