Coucou : )
C'est avec un grand plaisir que je vous livre ce troisième texte. J'ai adoré l'écrire, et je vous souhaite de passer un bon moment avec !
Disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.
Rating : K +.
Avant que la bataille ne reprenne
La lutte faisait rage, âpre et acharnée. Aucun des deux camps ne voulait céder à l'autre le moindre bout de terrain, et tous les belligérants redoublaient d'efforts et de hargne pour vaincre leurs adversaires.
Un étrange silence régnait cependant sur le champ de bataille. Aucun cri, aucune vindicte, aucun sort même. Car c'était un combat à l'ancienne qui se jouait ici, au coucher du soleil, sur l'étendue immaculée et muette du grand parc.
Pas de baguette, pas de potion, aucun sort autorisé.
Seuls les bonnets, les écharpes, les gants et les mitaines avaient été admis.
Dans la grande prairie gelée qui s'étendait devant le château, en ce dimanche après-midi, quelques points de laine rouge, jaune, vert et gris constellaient par moment la virginité du grand manteau qui avait, la nuit auparavant, entièrement recouvert Poudlard et ses environs.
Après une salve particulièrement dense et qui avait laissé les deux camps à égalité, les soldats reprenaient leur souffle, retranchés chacun derrière les barricade de neige solide qui délimitaient les deux camps.
Renfonçant son bonnet sur ses lourds cheveux bruns, qui ondulaient encore plus que d'habitude sous l'humidité des boules de neige qui y avaient atterri, Hermione déclara à la ronde, dans un murmure plein de détermination :
« Au prochain assaut, il faut tenter une incursion ! Seamus, Neville, Ginny : vous contournerez notre mur par la droite, pendant que Harry, Dean, Lavande et moi ferons diversion par des rafales rapides de boules de neige. Ca devrait les déstabiliser. »
Tous hochèrent la tête, convaincus du génial de ce plan -quelques regards agréablement surpris se posèrent dans le même temps sur Hermione, stupéfaits de découvrir leur si sérieuse et studieuse camarade en chef de bataille de boules de neige aussi efficace et attaquante.
« Mais… et moi ? » demanda Ron, en retrait, bougon et déçu. Il ne voulait pas croire que son amie l'ait oublié ! « Je fais quoi, du coup ? »
La jeune fille posa sur lui un regard étonné, et c'est d'un ton d'évidence qu'elle répliqua :
« Ben, toi tu protèges mes… heu, nos arrières, bien sûr. »
Les joues de Ron se gonflèrent, comme s'il inspirait déjà une grande bouffée de courage avant le prochain assaut, ragaillardi par les paroles sans appel d'une Hermione qui lui témoignait toute sa confiance.
Resserrant d'un geste conquérant son écharpe, et renfonçant sur ses mains ses moufles tricotées maison -ornées d'une tête de renne surmontant un W jaune vif-, le plus jeune garçon Weasley s'exclama :
« Tu peux compter sur moi, Mione ! »
Et, sans attendre aucun signal de départ, ni même en respectant les consignes données, il franchit d'un bond leur muret de neige, et s'élança sur le champ de bataille jusque-là resté désert, en hurlant :
« On vous aura, sales vipères ! »
Bien que surpris de cette incursion aussi brutale qu'inattendue, les Serpentards furent prompts à réagir, et le cri suivant de Ron (ressemblant vaguement à « Que trépasse si je mollis ! ») fut noyé sous une avalanche de boules de neige rageuse.
Ignorant le gloussement de Ginny qui, toujours cachée derrière leur barricade, observait avec leurs amis son frère étendu dans la neige, Hermione enfonça son bonnet jusque sur ses yeux, et glapit :
« Mais qui m'a fichu un boulet pareil, nom d'un lutin déculotté ?! »
Retenant lui aussi un rire amusé, Harry lui tapota l'épaule en un geste réconfortant :
« Allons, allons, ce n'est pas grave… On devrait d'ailleurs profiter de sa diversion surprise pour canarder les Serpentards, tant qu'ils n'ont pas refait leur stock de boules de neige. »
« Excellent ! Tu as raison ! » s'exclama la brune, reprenant du poil de la bête. Faisant volte-face, elle lança à ses coéquipiers : « Prenez vos positions. Munitions en moufles. Prêts ?... Lancez ! »
La salve qui passa au-dessus de Ron -toujours étendu face la première dans l'épaisse couche de neige- fut épique. Grandiose. Implacable.
oOoOoOo
« C'est de la triche ! » décréta le jeune homme d'un ton sans appel.
Délaissant un instant les deux tasses de chocolat chaud dans lesquels il était en train de glisser des marshmallows, Harry se retourna et demanda, surpris :
« Qu'est-ce qui est de la triche ? »
« Votre stratégie de tout à l'heure. » reprit l'autre, en croisant les bras avec lenteur, pour bien souligner l'étendue de son indignation. Devant le regard ahuri du Gryffondor, il précisa d'un ton agacé : « Envoyer la belette neurasthénique sur le no wizard's land… C'est de la triche. On avait bien dit qu'on devait se viser depuis nos camps. »
Harry sourit, mais en voyant que cela énervait encore plus l'autre, il se concentra de nouveau sur les tasses de breuvage odorant. Touillant pour faire fondre les sucreries dedans, il tenta d'apaiser la colère frémissante de son camarade en adoptant un ton conciliant :
« Et bien… pour être honnête, non, nous n'avions pas précisé qu'il fallait rester retranché dans nos camps. »
« C'était une règle tacite ! Evidente, voyons ! »
Le brun préféra continuer à ignorer la mauvaise foi de l'autre, et reprit, tout en apportant les deux tasses vers le canapé qui trônait sous la fenêtre de la petite chambre de préfet-en-chef :
« Peut-être pas pour tous. Pas pour Ron, en tout cas… Tiens, prends. Attention, c'est chaud ! » Il sourit en voyant les yeux de son interlocuteur perdre un instant de leur froideur pour pétiller de gourmandise devant le chocolat chaud. S'asseyant aux côtés de l'autre adolescent, Harry souffla sur sa tasse, en but une gorgée, puis ajouta : « Il nous a surpris nous-mêmes en adoptant cette stratégie, tu sais. Ce n'était pas du tout ce qu'on avait prévu ! »
« Il n'avait lui-même sans doute pas prévu qu'on l'étale avec autant d'efficacité ! » triompha l'autre d'un ton impitoyable. Avec sarcasme, il ajouta : « Au fait, quelqu'un a pensé à ramasser la belette, ou bien il est toujours en train d'embrasser le sol ? »
« Moi c'est toi que j'embrasserais bien, là, tout de suite. »
Le blond hoqueta, manquant de s'étrangler avec sa première gorgée de chocolat chaud. Tournant un visage offusqué vers son camarade, il lança :
« Tu pourrais prévenir, avant de lancer ce genre de phrase ! »
Ses yeux verts pétillant de malice, Harry murmura, tout en se rapprochant imperceptiblement, et en glissant ses doigts dans les cheveux fins de Malefoy.
« Parce que tu m'as prévenu, toi, la première fois que tu m'as plaqué contre un mur et que tu m'as embrassé, peut-être ? »
A grande peine, Draco retint un gloussement de satisfaction à ce souvenir. Il recula contre le dossier du canapé, et se recomposa une attitude pleine de maîtrise et de classe. Il but avec une lenteur délibérée son breuvage fumant, claqua sa langue, puis répondit d'un ton détaché, sans fixer Harry :
« Nous venions de gagner notre première bataille de boules de neige contre vous. J'avais droit à une récompense. »
« Tu aurais quand même pu demander, à l'époque ! »
« Pourquoi, ça t'a déplu ? » demanda le blond, sincèrement étonné.
Potter sourit, et caressa doucement la joue de l'autre :
« Non. Ca m'a juste surpris. »
« Je suis un homme plein de surprises. » Devant l'air de faux reproche que lui adressa son compagnon, Malefoy concéda, tout en levant les yeux au ciel : « Oui, et un peu fourbe, aussi. »
Retirant doucement des mains du blond la tasse, et posant les deux chocolats au sol, le brun vint s'asseoir doucement à califourchon sur les genoux de son petit ami. Glissant lui-même ses mains sur les hanches de Harry pour le rapprocher encore davantage de lui -et se tenir chaud !-, Draco abandonna sans protester ses lèvres au Gryffondor. Leurs langues se mêlèrent en une danse lente et sensuelle, patinée d'un délicieux goût sucré de cacao. Les mains de Potter se perdirent dans les cheveux de Malefoy -ce qui lui vaudrait une engueulade plus tard, pour les avoir décoiffé sans vergogne-, tandis que le blond passait ses doigts sous l'épais pull pour venir apprécier la chaleur de la peau de l'autre.
Quand son compagnon l'étendit avec douceur sur le canapé, Harry demanda, un immense sourire aux lèvres :
« Au fait… aujourd'hui c'est nous qui avons gagné la bataille. Qu'est-ce que je vais avoir comme récompense ? »
Se passant une langue gourmande sur les lèvres, Draco lui répliqua :
« Le genre de récompense qui me fera certainement autant plaisir à toi qu'à moi… »
Il avait beau connaître l'autre par cœur, le Gryffondor ne put s'empêcher de frissonner d'excitation à ces mots.
Mais avec sadisme, le Serpentard ajouta, en levant un instant le nez vers la fenêtre, et en constatant que la neige tombait de nouveau :
« Mais ne te réjouis pas trop vite, petit lion : la semaine prochaine, c'est nous qui gagnerons ! Et je saurai te réclamer une récompense digne de ce nom ! »
Harry, beau joueur, le laissa enfouir sa tête dans son cou et commencer à le mordiller doucement… avant d'ajouter, cynique :
« Oui, enfin, si c'est comme pour le Quidditch, je n'ai pas trop d'inquiétude à avoir… »
Le petit coup qu'il se reçut sur la tête de la part d'un Malefoy vexé ne gâcha en rien la suite de leur étreinte, fort heureusement !
