Toujours guidée par ses membres, elle sortit de l'impasse où elle avait été agressée. Elle rejoignit une grande rue qui menait à un carrefour. Au croisement elle tourna à droite. Enfin elle traversa la rue pour plonger dans l'obscurité d'une petite ruelle. Là, elle découvrit un escalier en fer, rouillé par le temps. Elle monta les larges marches. Quand elle eut fini son ascension, elle vit une porte accompagnée d'une petite sonnette portant le nom « Maria CARTER ». Comme elle l'avait fait jusqu'ici, sa main, en parfaite indépendance, appuya sur la sonnette et frappa trois fois à la porte. Enfin, elle tourna la poignée ; la porte n'était pas fermée.

Elle entrait dans la sombre demeure.

Soudainement, quand la jeune femme ferma la porte derrière elle, elle fut plongée dans une autre époque. Une époque antérieure au présent. L'atmosphère était étouffante. Elle parcourut le long couloir qui menait au salon. Sous ses pas, le plancher miteux craquait. Dans un coin du salon était disposé un fauteuil. Une ombre semblait l'occuper... Elle s'approcha encore...

C'est alors que le plancher craqua à nouveau mais beaucoup plus fort que la première fois. Les murs changèrent brusquement d'aspect et se recouvrèrent de sang séché. Meubles et objets volaient, changeaient de place ou disparaissaient. Les ténèbres s'installaient et prenaient possession des lieux. Le fauteuil n'avait pas bougé, elle se trouvait juste derrière. Une femme était assise sur l'imposant fauteuil. Son visage était dissimulé par la pénombre de la pièce.

- C'est toi TINA ?

La jeune fille tétanisée ne sut répondre et garda le silence. Sa respiration était forte et s'accélérait.

- Alors comme ça on décide enfin de venir rendre visite à sa vieille mère ! Que veux-tu encore ! Mais ; Mais c'est du sang ! Une arme et un couteau ! Qu'as-tu fait enfin mais qu'as-tu fait !

Sans le vouloir la jeune fille dit ces mots :

- Il m'a agressée ! J'ai été obligée de …tirer. Je... je ne voulais pas lui faire du mal mais il...il ne voulait pas me laisser partir...

- SILENCE ! Tais-toi. Tu l'as tué ! Tu l'as tué ! Il faisait partie de la Sainte Église. Que va-t-il nous arriver maintenant ? Ils devront tuer notre famille pour rétablir la pureté …

La jeune femme s'évanouit.