Chanceux que vous êtes, des vacances sans accès à internet et deux chapitres supplémentaires de traduits : La punition vécue par celui qui l'administre et La discussion, premier chapitre autonome.

Bonne lecture

3 La discussion

Harry avançait avec raideur au milieu du couloir. Quand il se sentit en sécurité, il s'assura que personne ne pouvait le voir et commença à inspecter son derrière endolori. Mais cela ne servait pas à grand-chose. Il se mit en quête de toilettes pour constater les dégâts.

À un virage, il tomba nez à nez sur Ron accompagné d'Hermione qui arpentaient le couloir de long en large, l'attendant manifestement.

- Harry ! s'exclama Hermione quand elle l'aperçut. Comment... ?

Elle se tut au milieu de sa question quand elle vit son visage. Harry était sûr qu'elle avait remarqué qu'il avait pleuré.

- Est-ce que ça va, mon vieux ? questionna Ron hésitant.

- Ça va, mentit Harry.

- Oh, Harry, que s'est-il passé ? le pressa Hermione. Il paraît que tu as presque tué Malefoy et que Colin Crivey a assuré qu'il t'a vu accompagné de Rogue dans le Grand Hall et qu'il portait une canne. Ce n'est pas vrai, n'est-ce pas, Harry ?

- Ne parlons pas ici, Hermione, dit Harry en pointant du menton l'endroit d'où il venait. Je ne suis pas prêt à croiser de nouveau la route de Rogue à l'heure du dîner.

- Bien sûr, répondit-elle. De toute façon, nous avons pensé que tu ne ne voudrais pas te rendre dans la Grande Salle. Prêt pour une ballade autour du lac ? J'ai emporté des sandwiches au cas où. J'ai demandé à Dobby de nous en préparer.

- Merci, Hermione. Je me cache sous ma cape d'invisibilité jusqu'à ce qu'on soit arrivé.

Peu de temps après, ils longeaient le bord du lac. Ron et Hermione écoutaient sans faire de commentaires le récit de Harry sur ce qui s'était passé dans les toilettes.

- Franchement, je suis heureux de l'arrivée de Rogue, même si j'ai eu la peur de ma vie, termina-t'il.

- Oh, Harry, c'est horrible ! s'étrangla Hermione. Mais à quoi pensais-tu ? Je t'ai toujours dit que tu ne devais pas faire confiance à ce manuel !

- Allons, Hermione, laisse tomber, s'énerva Ron. Que c'est-il passé ensuite ? Rogue t'a vraiment puni à coups de canne ?

Harry rougit. Ses deux amis le dévisageaient avec appréhension. Voyant leurs inquiétudes et leurs implications, Harry décida ne de rien leur cacher.

- Oui, il l'a fait, admit-il lentement.

Harry entendit alors ses camarades haletés d'horreur.

- Mais..., s'étonna Ron, Dumbledore ne le permettrait pas.

- Si. Rogue m'a emmené à son bureau et là Dumbledore m'a affirmé que sans Voldemort, j'aurais été renvoyé. C'est ainsi qu'ils arrivèrent à la conclusion du « châtiment corporel » selon son expression.

- Merde alors, grommela Ron pendant qu'Hermione dévisageait Harry avec une expression dubitative.

- Mais Dumbledore n'a jamais fait cela auparavant, n'est-ce pas ? bafouilla Ron. Et s'il voulait tellement te tanner le cul, ne pouvait-il pas choisir quelqu'un d'autre que l'espèce de bâtard graisseux. Il aurait dû savoir que Rogue aurait pu te tuer !

- Bien, en fait, commença Harry se sentant gêné, il m'a laissé le choix entre lui et Rogue.

- Et tu as choisi Rogue ? Tu es fou ?

Ron fixa Harry, la bouche ouverte.

- Je ne sais pas, répondit Harry, c'était seulement... Dumbledore était tellement déçu... la façon dont il me regardait... et j'ai seulement pensé que je ne pourrais pas supporter si c'est lui qui me frappait.

- Oui, bien sûr, mais... c'est toujours Rogue...

- Donc Harry, l'interrompit Hermione, quand le professeur Rogue t'a puni, était-il très... impitoyable ?

- Ouais, pour sûr, j'veux dire, il m'a vraiment frappé très dur. Franchement, je n'aurais jamais pensé que des coups de canne puissent faire autant mal. Cet homme possède une telle force dans le bras !

- Bien sûr, mais je veux dire, est-ce qu'il s'est moqué de toi ? Est-ce qu'il t'a provoqué par rapport à cela ?

- Bon, commença Harry qui paraissait un peu confus alors qu'il réfléchissait à la question d'Hermione. Pour te dire la vérité, pas autant que tu pourrais le penser. En se rendant aux cachots, il se moquait en affirmant que j'avais surpassé mon père... de plus, il ajouta qu'il allait prendre son pied. Mais au moment fatidique, il m'a seulement demandé de m'allonger et il a compté les coups. Voilà à peu près comment cela s'est passé, termina-t'il s'étonnant quelque peu de la conduite de son professeur.

- Connard, grommela Ron. Te harceler en comptant les coups... Je suis sûr qu'il a adoré cela !

- Bien, en fait, c'est une forme d'aide, admit Harry. Et il m'a aidé quand, dans les derniers coups, il m'a dit que c'était presque fini.

Il n'arrivait pas à le croire : était-il réellement en train de défendre Rogue ?

- Mais avant de partir, il m'a dit que j'avais ma première retenue ce soir et il m'a interdit de réduire la douleur ! ajouta-t'il avec un soupir.

- Alors tu vas obéir à ses ordres ? demanda Ron. Dobby pourra sans doute piquer de l'essence de Murlap pour nous. Je suis sûr que cela marchera sur ton derrière aussi bien que sur ta main. Rien ne t'oblige à lui en parler.

- Ouais, je le crois aussi, répondit Harry d'un air pensif.

- Non, Harry, s'il te plaît n'y pense même pas, cria Hermione. Tu as déjà tellement d'ennuis !

- Mais Rogue ne le saura pas ! insista Ron. Et c'est juste cruel de lui interdire de se soigner. Pourquoi Harry ne le pourrait-il pas ?

- Parce Rogue pense évidemment que l'actuelle douleur de Harry fait partie de la punition ! Je n'ose pas imaginer sa réaction s'il découvre que Harry lui a désobéi. Et Rogue le découvrira ! Pourquoi, à ton avis, a-t'il prévu la première retenue ce soir ? Il n'est pas stupide, Ron ! Harry, soupira-t'elle, je t'en prie, pour une fois, écoute-moi. Tu ne l'a pas fait pour le livre, mais écoute-moi, s'il te plaît, maintenant.

Harry lui offrit un petit sourire.

- OK, Hermione, je ne ferai rien. Peut-être que tu as raison à propos de la retenue de ce soir. Les autres auront lieu les samedis matins.

- Samedi ? Demanda Ron. Mais c'est notre dernier match de Quidditch !

- Oh, non... grognassa Harry. J'avais oublié !

- Tu as oublié le match de Quidditch ? Mais tu es notre capitaine !

- Peut-être que tu pourras persuader le professeur Rogue de déplacer sa retenue, suggéra Hermione qui ne faisait pas montre d'un optimisme exagéré. À vrai dire, il serait temps de retourner au château. Tu ne veux pas arriver en retard pour ta première retenue, n'est-ce pas, Harry ?

- Non, répondit Harry s'inquiétant de la possible réaction de Rogue. Surtout pas. De plus, il faut que je trouve Malefoy pour m'excuser... S'il est déjà sorti de l'infirmerie...

- Merde alors, tu dois t'excuser auprès de lui ? Je crois que... que je préférerai le châtiment corporel ! s'emporta Ron

- Crois-moi, Ron, c'est faux, répondit Harry avec un sourire douloureux, ou du moins pas par Rogue.

- Désolé, vieux, s'excusa Ron avec un peu d'embarras tout en continuant de grommeler « bâtard graisseux ».

- S'il te plaît, Ron, calme-toi ! D'après les dires de Harry, il semble que le professeur Rogue l'a traité de manière juste.

Elle se tourna alors vers Harry qui s'étranglait.

- Écoute, Harry, je m'en doute que tu souffres beaucoup, et j'en suis désolé, mais, bon... tu as toi-même admis que tu le méritais...

- Oui, bon, peut-être, répondit Harry encore abasourdi par l'opinion d'Hermione que le châtiment corporel était mérité. Mais cela ne signifie pas que je doive l'approuver et penser que Rogue est maintenant quelqu'un de juste.

- Bon, temporisa Hermione. Est-ce que tu regrettes d'avoir choisi Rogue plutôt que Dumbledore ? Est-ce que tu penses que la correction de Dumbledore aurait été plus légère ?

- Comment pourrais-je le savoir ? Il ne m'aurait pas battu aussi fort que Rogue l'a fait... peut-être qu'il m'aurait jeté un sort, mais non, je ne regrette pas mon choix. Je suppose que Rogue aurait pu m'humilier davantage mais pour une raison inconnue, il ne l'a pas fait. Ceci étant, j'ai toujours des retenues avec lui, le naturel va sûrement revenir au galop.

- Peut-être, répondit Hermione, les sourcils froncés par la réflexion. Mais peut-être pas. Il est de l'ordre du possible qu'il ait senti que tu avais une certaine confiance en lui pour accepter d'être corrigé par lui et sa façon personnelle de te montrer sa reconnaissance a été de se retenir de te harceler.

Harry et Ron se regardèrent, ils partageaient la même expression d'incompréhension peinte sur leur visage.

- Hermione, commença Ron en essayant de rester poli. Nous avons toujours dit que tu t'y connaissais par rapport aux sentiments et le reste, mais là, je pense que tu t'es fourrée, grave, le doigt dans l'œil !

Harry approuva avec vigueur.

Merci pour toutes les gentilles reviews.