Bêta : MoOonshine

Couple : 01 x 04

Disclaimer : Mobile Suit Gundam Wing est la propriété exclusive de Sunrise et Bandai Visual.

Notes : Si j'en crois vos reviews, vous êtes toutes prêtes à donner une chance à ce couple méconnu qu'est le 01x04 et Duo vous agace de plus en plus… Merci, je prends ça comme une petite victoire car je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin !

N'oubliez pas, il n'y a pas que le Heero x Duo dans la vie, il y a d'autres personnages et d'autres couples aussi…

Bonne lecture.

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He's Mine !

Chapitre 03 : Quiproquo

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Quatre parcourut le long couloir attenant à sa chambre. Arrivé au niveau de l'escalier, il s'arrêta.

« Étrange… »

Avec précaution, il posa sa main gauche au niveau de sa cage thoracique et fronça les sourcils en se rendant compte que son imagination ne lui jouait - à son grand étonnement - aucun tour : son cœur qui auparavant battait à un rythme effréné, ne tambourinait plus aussi fort qu'avant dans sa poitrine et chose encore plus déconcertante, il sentait sa cadence ralentir peu à peu.

En moins d'une minute, ce dernier avait repris son tempo habituel.

« Comment cela se fait-il… ? »

Était-ce parce qu'il n'avait plus peur ? Non, impossible. L'appréhension de se retrouver seul avec Duo était toujours bel et bien présente. Pourtant, il avait l'impression que la panique qui l'avait accompagné jusque là, prenait peu à peu ses distances, comme remplacée par quelque chose d'autre, quelque chose qui la surpassait et l'étouffait avec force… mais quoi ?

La résignation.

Bien que l'angoisse liée à sa future mission lui tordait encore douloureusement les entrailles, il se rendit compte avec stupéfaction qu'il avait accepté inconsciemment le fait qu'il ne pourrait définitivement pas en réchapper.

C'était peut-être mieux ainsi.

Ses tentatives de fuite face à Shinigami ne le menaient nulle part. Pire, elles ne faisaient qu'accroître sa douleur.

Ses barrières mentales baissées, pour ne pas dire brisées, le soumettaient à toutes sortes de sentiments qui n'étaient pas les siens, rendant son quotidien infernal, invivable et douloureux. Malgré tout, il y avait toujours des moments d'accalmies aux longueurs variables où il arrivait plus ou moins facilement à garder la tête hors de l'eau et d'autres évidemment, bien plus terribles, où des vagues d'émotions incontrôlables le submergeaient jusqu'à le laisser pantelant, comme au bord de la noyade.

Ça, c'était lorsqu'il venait de contrarier le Dieu de la Mort.

« Comme ce matin… »

D'un geste rageur, il refoula ses larmes qui menaçaient de couler.

Il était las de tout ceci. Las de subir la hargne implacable de Shinigami, las de n'être qu'un simple spectateur de sa propre existence, las de supplier inlassablement qu'on le laisse en paix.

Toute cette souffrance, cette dépendance psychique instaurée par le Dieu de la Mort afin de le punir, tout cela devait prendre fin ce soir.

Impérativement.

Oh, il n'était pas idiot. Il savait bien que tout n'allait pas se terminer en happy end juste en claquant des doigts. Il savait pertinemment qu'en affrontant son bourreau, il n'en ressortirait pas totalement indemne et l'américain non plus sans doute, mais qu'importe. Cette guerre des nerfs invisible à l'œil nu n'avait que trop durée.

Shinigami, Duo ou lui, l'un des trois allait devoir capituler.

Sans condition.

-xOx-

Appuyé contre l'un des murs du salon, les bras croisés, Heero attendait la venue de son koibito avec hâte depuis plusieurs minutes. Pourtant, aucun geste ou signe extérieur ne trahissait le fait qu'il bouillonnait d'une impatience mal contenue, tant il paraissait calme et serein.

Certaines habitudes changeaient. D'autres pas. Le stoïcisme du japonais faisait partie intégrante de cette deuxième catégorie. Là où d'autres faisaient les cents pas, tapaient du pied avec irritation ou encore se trituraient les mains avec rage, l'ex-pilote du Wing ne bougeait pas d'un pouce, aussi immobile qu'un soldat de plomb.

Son regard vide, absent, fixait le sol sans le voir, comme si son impassibilité physique était la clé permettant à son esprit de vagabonder librement, d'errer au gré de ses sombres réflexions dans une dimension dont il était le seul maître. Ailleurs, perdu dans un labyrinthe de questions sans réponses, il en oubliait même de cligner des yeux.

- Yuy ?

Le japonais reprit imperceptiblement pied dans la réalité.

Wufei agitait sa main devant lui, visiblement amusé.

- Des heures de sommeil à rattraper ? lui demanda-il d'un air ouvertement moqueur.

Le brun l'ignora.

- Je vais chercher Quatre.

Et avant que son homologue ne puisse répliquer quoi que ce soit, Heero ouvrit la porte donnant sur le couloir, puis la referma d'un geste sec avant d'arpenter ce dernier. Il trouva finalement son amant en bas des escaliers, adossé à la rampe en chêne massif.

Il esquissa un micro-sourire.

- C'est là que tu étais ?

Pour toute réponse, le blond regarda par-dessus l'épaule du japonais qui, d'un mouvement rapide dénué cependant de toute brusquerie, le prit dans ses bras.

- Je suis seul, les autres t'attendent dans le salon.

Soulagé, l'empathe lui rendit immédiatement son étreinte. Ils restèrent ainsi quelques secondes, avant que l'arabe ne quémande un baiser qu'il obtint sans aucune difficulté. Heero mit fin à leur échange en lui prenant doucement le poignet gauche, caché sous un bandage.

- Tu as toujours mal ?

- Un peu, mais plus autant qu'avant.

Le japonais fronça les sourcils.

Le blond s'était soi-disant foulé le poignet dans la salle de bain, suite à une chute provoquée par une vulgaire flaque d'eau et avait vraisemblablement tenté de se rattraper au bord de la baignoire, en vain.

« Tu parles… »

Ça, c'était la version officielle, mais l'ex-pilote du Wing avait de gros doutes sur cette déclaration tirée par les cheveux. Qu'à cela ne tienne, il finirait bien par découvrir la vraie raison de cette blessure.

Pour l'instant, seul le comportement étrange de son amant au cours de ces derniers jours, accaparait toute son attention.

- Quatre… Tu es sûr que ça va ?

- Oui.

- Vraiment ?

- Oui oui, sûr et certain !

L'empathe se mit à le scruter, ennuyé.

- Pourquoi me poses-tu cette question ?

- Parce que je suis inquiet.

- Tu n'as pas à l'être.

Le brun soupira.

- J'ai de très bonnes raisons de l'être, Quatre.

- Ah oui ? Lesquelles ?

- D'une, tu as le teint encore plus blême que d'habitude, ce qui me laisse penser que tu n'as pratiquement pas dormi hier soir, de deux, tu ne me regardes pas en face, ce qui prouve que tu me mens, de trois, tu…

- Ne recommence pas à exagérer ! l'interrompit son compagnon d'un air agacé.

Il jeta un coup d'œil à sa montre.

- Je dois partir en mission, alors nous en discuterons plus tard, d'accord ?

Heero haussa un sourcil.

- Non mais tu te fous de moi ? !

Il était interdit.

Une nouvelle fois encore, son amant tentait de couper court à leur discussion, une sale habitude que le blond avait prise depuis l'incident avec son empathie.

- Tu n'iras nulle part tant que tu ne m'auras pas expliqué pourquoi tu réagis aussi violemment dès que je cherche à en savoir d'avantage sur ce qui se passe avec toi !

- Je n'ai rien à te dire, Heero. Rien.

- Et bien tu devrais !... Regarde-moi Quatre. Je suis là, à essayer de comprendre ce qui t'arrive, à me faire un sang d'encre pour toi parce que je t'aime et parce que tu es tout pour moi… et toi, de ton côté, qu'est-ce que tu cherches à faire ? Tu essayes par tous les moyens de fuir, d'échapper à cette conversation !

- Oh, vraiment ? Alors laisse-moi te dire que je vais faire mieux que cela : je vais y parvenir !

Mais l'empathe eut à peine le temps de faire un pas en arrière, que déjà la main du japonais se referma sur son poignet sain, l'emprisonnant.

- Lâche-moi !

- Non, fit l'ex-pilote du Wing d'une voix étrangement calme. Tu veux partir ? Réponds à mes questions, autrement je te garderai ici aussi longtemps qu'il le faudra, même si je dois y passer la nuit.

L'arabe dévisagea son compagnon.

Le regard azurite de son partenaire, aussi impénétrable que de le plomb, aussi dur que l'acier et plus déterminé que jamais, lui prouva de manière formelle qu'il ne plaisantait pas.

« Zut… »

- Quatre, reprit son amant, tu as besoin d'aide.

- C'est faux ! se récria-t-il.

- Tu ne me hurlerais pas dessus si c'était réellement le cas, contra le brun.

L'empathe, piégé, préféra garder le silence.

- Tu ne voudrais pas non plus me fuir si c'était effectivement le cas.

- …

- Tu ne jouerais pas les muets.

- …

- Tu n'irais pas jusqu'…

- D'accord, concéda son amant, tu as raison ! Pardon.

- "Pardon" ? éructa Heero. C'est tout ce que tu as à me dire, un simple "Pardon" ? Tu es sûr de n'avoir rien d'autre à ajouter ?

Le blond se renfrogna.

- Certain !

Exaspéré, le japonais faillit - pour la première fois de sa vie - lever les yeux au ciel.

« Et dire qu'avant j'étais imbattable niveau patience… »

- Écoute Quatre, je n'en ai peut-être pas l'air mais je commence sérieusement à fatiguer. J'en ai marre de tes silences, de tes cachoteries et de tes sautes d'humeur à répétition qui vont me rendre dingue à force. Je ne plaisante pas !

- C'est pourtant ce que je suis, lunatique au possible…

- Non, c'est ce que tu es devenu. Tu as beaucoup changé depuis ton accident empathique.

- Qu'en sais-tu ? Qui te dit que je ne l'étais pas déjà avant ? le toisa l'arabe.

- Ce que j'en sais ?

Le regard d'Heero se fit soudainement plus tendre.

- Aurais-tu oublié qu'on forme un couple ? Que je te connais par cœur, tout comme toi tu me connais sur le bout des doigts ? Que tu m'as fait découvrir ce sentiment qu'est l'amour ? Que je t'aime plus que n'importe qui sur Terre ou dans les Colonies ?

Lentement, l'ancien pilote du Wing relâcha le poignet de son amant, avant de prendre son visage entre ses mains et de déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Une fois ceci fait, Quatre en profita pour nicher sa tête au creux de son cou.

- Non, je ne l'ai pas oublié et ne l'oublierai jamais… mais tu sais, j'ai toujours été très obstiné…

- C'est vrai, je te l'accorde. Pourtant, depuis l'incident du couloir, j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de toi. C'est comme si tu n'étais plus le même, comme si tu cherchais à mettre de plus en plus de distance entre nous, comme si… tu avais peur en permanence.

- Ce ne sont que des élucubrations.

Le brun se recula, cherchant à plonger ses yeux cobalts dans ceux fuyants de son partenaire.

- Qu'est-ce que tu me caches à la fin ?

- Rien…

- Pourquoi est-ce que tu me mens ?

- Je ne te mens pas.

- Pourquoi tu refuses mon aide ?

- …

- Quatre !

- PARCE QUE JE N'EN AI PAS BESOIN ! finit par hurler le blond. Combien de fois devrais-je te le dire avant que tu ne le comprennes ? Laisse-moi tranquille, Heero ! Je vais BIEN ! Fin de la discussion !

Énervé envers son compagnon qui cherchait à tout prix des réponses, mais également furieux envers lui-même qui ne pouvait lui en apporter aucune alors qu'il en mourait d'envie, il tourna des talons et partit.

- Très bien, cria dans son dos le japonais, je te laisse. Va donc rejoindre ton Duo puisque tu sembles l'apprécier plus que moi !

« QUOI ? ! »

L'empathe se retourna prestement, abasourdi.

- Qu'as-tu dit ?

- Ne me prends pas pour un imbécile Quatre ! répliqua le japonais, excédé. Tu crois que je n'ai pas remarqué votre petit manège ?

- Notre petit manège ? Que sous-entends-tu par là ?

- Je trouve que vous passez beaucoup trop de temps ensemble pour que ça soit anodin, voilà ce que je sous-entends. C'est étrange, mais tu as toujours du temps à partager avec lui, jamais avec moi.

- Arrête Heero, tu délires…

- Non, j'expose des faits.

L'arabe eut soudainement envie d'éclater en sanglot.

Ce n'était pas possible, le brun ne pouvait pas lui faire une crise de jalousie à cause de l'américain ? Non, non, non, tout mais pas ça !

- Il n'y a strictement rien entre Duo et moi, finit-il par avouer d'une voix blanche, crois-moi.

Le brun secoua la tête.

- C'est faux, tu me mens. Si c'est effectivement le cas, pourquoi tu bafouilles toujours une excuse incompréhensible à chaque fois que je te surprends seul avec lui ? Soi-disant que tout va bien, qu'il n'y a pas à s'en faire, que je ne dois pas m'inquiéter… Je trouve que tu rougis beaucoup trop pour une personne qui n'a apparemment rien à cacher.

- Je ne couche pas avec lui, si c'est cela que tu tiens tant à savoir !

- Bien sûr, répliqua froidement l'ancien pilote du Wing, et je suppose que tu vas me sortir que tu passes ton temps enfermé avec lui dans la salle de bain, la cuisine, la chambre et je ne sais où encore, à parler de la pluie et du beau temps ?

- C'est pourtant ce que l'on fait, nous discutons !

- Arrête de dire des absurdités ! L'autre jour, quand tu as eu cette crise qui t'a laissé inconscient une journée entière, j'ai bien vu que Duo avait eu envie de te tuer quand il est entré dans la chambre. Mais pas parce que j'étais avec toi… parce que toi tu étais avec moi !

- Non, fit le blond d'une voix brisée, comprenant où son amant voulait en venir. Tu te trompes ! Ce n'est pas du tout ce que tu penses, je…

- Ce n'est pas de moi dont Duo est amoureux Quatre, mais de TOI !

- NON ! C'est faux ! paniqua l'arabe. Je refuse de te laisser dire une énormité pareille !

- Regarde la vérité en face une bonne fois pour toute ! Il n'y a pas d'autres explications possibles !

- Bien sûr qu'il y en a ! Écoute, si je me retrouve aussi souvent avec lui, c'est parce que Shinigami me… ARGH !

L'empathe se prit brusquement la tête entre les mains. Tremblant, il tomba à genoux et hurla mentalement au Dieu de la Mort qu'il avait bien compris le message, qu'il ne tenterait plus de parler à Heero.

« Je te le jure, je n'essaierai plus jamais de le lui dire… alors arrête ! Les autres ne me laisseront pas partir s'ils me voient dans cet état ! Je t'en prie ! »

D'un coup, la douleur disparut tout aussi rapidement qu'elle était apparue. Quand il ouvrit les yeux, il vit que le brun, inquiet de le voir une nouvelle fois faire un malaise, s'était agenouillé pour le prendre dans ses bras.

S'en fut trop pour Quatre qui le repoussa brutalement, lui assenant une gifle monumentale.

- Hé ! Qu'est-ce que tu… OUCH !

- NE ME TOUCHE PAS ! !

Le japonais se tint la joue gauche, incrédule.

- J-Je suis désolé, fit aussitôt l'empathe d'une voix éteinte.

Heero, bien que fortement déboussolé face à la réaction violente et disproportionné de son compagnon, décida de ne pas lui en tenir rigueur. Perdu, il mit ça sur le compte de sa crise d'empathie et sur le fait qu'il n'était peut-être pas encore tout à fait maître de lui-même, vu ce qui venait de se produire.

- Je suis désolé, répéta une nouvelle fois son amant. Je… je ne peux pas, c'est au-dessus de mes forces, je…

- Quatre, soupira le brun, j'essaye par tous les moyens de comprendre ce qui t'arrive, mais je t'avoue que je n'arrive plus à savoir sur quel pied danser. Donne-moi au moins un indice, parle-moi, explique-moi, dis-moi ce qui t'arrive, je ne pourrai pas t'aider sinon !

Pour toute réponse, l'arabe se remit silencieusement debout. Prenant appui sur le mur, il jeta un regard désespéré à son partenaire.

- Heero, promets-moi que ce qu'il vient se passer restera entre nous.

- Quoi ? Mais enfin, tu…

- S'il te plaît.

L'ex-pilote du Wing se leva à son tour.

- Je ne peux pas faire ça. Tu viens d'avoir une crise, cette mission doit être annulée.

- Non. Tu n'annuleras rien du tout.

Heero explosa.

- Bon sang Quatre, cesse de faire l'enfant et regarde-toi ! Tu tiens à peine sur tes jambes et tu voudrais que je te laisse partir ? Tu voudrais que je te laisse mourir simplement parce que tu me le demandes ? Il en est hors de question ! Tu resteras ici que tu le veuilles ou non !

- J'effectuerai cette mission avec ou sans ton accord ! répliqua le blond, de nouveau sur la défensive. Au cas où tu l'aurais oublié, c'est celle que les Preventers nous ont confié à moi et à Duo ! Tu ne peux pas l'annuler, il n'y a que lui ou moi qui puissions faire une telle chose et tu le sais !

Le japonais serra les dents.

- Évidemment, si Duo est avec toi, il n'y a aucune raison pour que tu restes ici…

- Il n'a rien à voir avec le fait que je doive impérativement effectuer cette mission !

- Je n'en suis pas si sûr.

- Et après tu oses me dire que je suis aussi têtu qu'une mule ? C'est également ton cas !

Il prit une grande inspiration pour se calmer.

- C'est bon, tu as gagné. Je te jure que dès que nous serons rentrés, je répondrai à toutes tes questions nous concernant Duo et moi, et je t'expliquerai tout ce que tu veux savoir. Cela te convient-il ?

- Tout ? reprit Heero avec méfiance.

- Absolument tout. Tu as ma parole.

« Si je suis encore vivant d'ici là… »

- Très bien. Dans ce cas, je te promets à mon tour de ne pas parler aux autres de ce qu'il t'est arrivé dans ce couloir.

- Merci, souffla Quatre visiblement soulagé.

Le japonais, après avoir dévisagé une dernière fois son amant, lui tourna le dos et se dirigea vers les escaliers qu'il commença à monter.

- Mais je ne te promets pas d'être là, à ton retour.

-xOx-

Quatre resta silencieux plusieurs minutes après le départ de son amant.

Heero avait raison sur toute la ligne.

Tout allait de travers.

La vie de l'empathe était devenue infernale et son monde, qu'il avait mis des mois à construire, s'écroulait petit à petit. Cependant, même s'il en mourrait d'envie, il ne pouvait rien dire sur l'étrange relation qui le liait depuis quelques jours à Duo.

Effectivement, il lui arrivait de se retrouver enfermé avec l'américain, seuls et oui, il bredouillait très souvent une excuse incompréhensible qui pouvait prêter à la confusion, lorsque Heero le surprenait en compagnie de l'américain, mais non, ce n'était en rien de l'amour. Bien au contraire.

C'était de la haine.

Shinigami, tout comme le natté, nourrissait une telle haine envers sa personne, qu'il avait bien failli le tuer plusieurs fois. La salle de bain, la cuisine, la chambre… Si les portes étaient systématiquement verrouillées, ce n'était pas pour instaurer une atmosphère intimiste propice aux confidences et autres câlins, mais pour éviter toute tentative de fuite de la part du blond. Et ça marchait.

Éreinté, fourbu par tout ce qu'il venait de vivre, Quatre se mit à rire nerveusement en pensant à la mission qu'il allait devoir effectuer avec le châtain. Dire que Lady Une les avait mis ensemble parce qu'ils étaient comme "deux frères"…

« La bonne blague… »

Une semaine auparavant, c'était encore vrai, mais maintenant…

L'arabe, ne voulant plus perdre le temps qu'il n'avait pas à s'apitoyer sur son sort, ravala un sanglot, se donna de petites claques histoire de faire roussir ses joues et se remit en marche.

Il poussa la porte du salon.

- Oh, celui que l'on attendait plus daigne enfin nous honorer de sa présence, ironisa Wufei. Yuy n'est pas avec toi ?

- Il est monté de reposer dans sa chambre, l'informa Quatre.

- Tout seul ? Comme c'est dommage…

Trowa lui assena prestement un coup de coude qui le fit se plier en deux.

- Barton ! Sale enf…

- Ne l'écoute pas, reprit le français, et prends plutôt ce sac.

Il lui tendit un sachet assez grand qui contenait le matériel nécessaire pour infiltrer la base décrite dans l'ordre de mission.

- Si tu cherches Duo, il est déjà dehors à t'attendre.

- Merci.

Il se dirigea vers l'entrée.

- Winner ! l'apostropha tout-à-coup Wufei alors qu'il allait refermer la porte. Fais attention à toi, d'accord ? Je ne sais pas pourquoi, mais je le sens mal ce plan. Reste sur tes gardes.

L'empathe opina du chef.

- Promis.

Il remercia ses deux partenaires et sortit dans la cour.

Un 4x4 noir corbeau stationné devant le portail l'attendait, avec un certain américain à son volant.

- Hé ben, pas trop tôt ! s'exclama ce dernier lorsque Quatre s'assit à la place du mort. J'ai bien crû que t'avais tellement eu la trouille de faire cette saloperie mission avec moi, que t'en avais fait dans ton froc et que t'allais jamais venir ! Faut croire que j'avais tort…

Il éclata de rire puis démarra en trombe, direction la base ennemie.

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A suivre...

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Les Escaliers Tueurs D'Américains

Voilà maintenant plusieurs mois qu'un mystérieux mal sévit aux États-Unis qui, bien qu'étant le pays le plus puissant de la Terre, voit sa population masculine décliner dangereusement de jours en jours. Mr. W.C., qui tient à rester anonyme par peur de représailles, témoigne : « Moi, j'sais ce qui leur arrive ! Z'avez déjà vu un film ricain, nan ? Avec des types qui s'font tirer dessus comme des lapins mais qui crèvent jamais, hein ? Ben y'a d'autres gars qu'ont trouvé la soluce pour les buter : les escaliers ! Plombez-les de balles avec vot' flingue et ils crèvent pas, mais faites-les tomber dans les escaliers et là -BOUM- vous verrez qu'ça marche du feu de Dieu ! Moi j'vous l'dis, c'est pas des fusils à pompe qu'il faut pour les crever ces cons, mais des escaliers ! Bon c'pas tout, mais j'ai un bouffeur d'hamburgers à aller buter moi. Si vous voulez bien m'excuser… »

-x-

Wufei, impatient : Allez Maxwell, tu vas le descendre ce satané escalier ou t'attends que je te pousse ?

Duo, méfiant : T'es sûr que les marches sont solides ?

Wufei, catégorique : Certain.

Duo, qui flaire le piège : Alors pourquoi j'ai l'impression que tu veux me tuer ?

Wufei, l'innocence faite homme : Heu… ben… pour rien…

Duo, pas dupe : Menteur ! Je t'ai reconnu Wufei Chang, alias W.C. ! Que la honte s'abatte sur toi !

Wufei, dégoûté : Grrr… une fois encore, tu as réussi à déjouer mon plan machiavélique… INJUSTICE !

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Réponse à la Review

Lou : Duo n'acceptera jamais un autre homme qu'Heero, quoi qu'on puisse lui dire. De plus, pour qu'Heero se débarrasse de lui, il faudrait d'abord qu'il soit au courant de tout ce qui se passe entre lui et Quatre… Le sera-t-il un jour ? Mystère…