Auteur : enchanttheme
Traductrice : Hermi-kô
Mamori respirait et expirait profondément, faisant les cents pas dans la salle de séjour, n'ayant rien d'autre à faire. Elle essayait de faire passer plus vite les minutes qui restaient avant l'heure à laquelle elle avait prévue d'arriver à la bibliothèque, c'est-à-dire ni trop tôt ni trop tard. Arriver trop tôt montrerait qu'elle avait hâte d'y être et arriver trop tard énerverait simplement Hiruma, aussi fallait-il mieux pécher par excès de prudence –monotone et prudente égale ennuyeuse ajouta son esprit. Bienvenue dans mon monde, rétorqua-t-elle.
« Maman, j'y vais. » Elle avait décidé de mettre ses chaussures plates les plus confortables. Dès qu'Hiruma était impliqué, il fallait pouvoir être prête à courir.
« Tu sors avec des amis ? » Sa mère sortit la tête de la cuisine.
« Non, je vais juste à la bibliothèque. »
« Oh. OK. Fais attention à toi. » Sa mère soupira d'inquiétude. Parfois je me demande si je devrais être contente que la vie sociale de ma fille soit proche de zéro.
Mamori sourit intérieurement, elle était arrivée exactement à l'heure.
Elle se dirigea vers la section consacrée aux mathématiques et sur son chemin, croisa un groupe d'adolescents qui étaient bien trop bruyants pour rester dans la bibliothèque. Elle allait leur dire le fond de sa pensée lorsqu'elle vit Hiruma s'approcher d'eux.
« Vous allez la fermer, putain, ou vous dégagez ! »
L'atmosphère chaleureuse vira à la morosité alors qu'ils étaient maintenant tremblants de peur et se taisaient. Hiruma les dépassa pour aller tirer sur le garçon qui avait l'intention de coller son chewing-gum sous une table mais Mamori avait suffisamment expérimenté les facéties du démon pour l'arrêter à temps
« Hiruma-kun, non. »
« T'en as de la chance, morveux. »
Le garçon remit son chewing-gum dans sa bouche et s'enfuit de la bibliothèque.
« Depuis quand tu t'intéresses à ce que les gens font dans la bibliothèque, Hiruma-kun ? » Lui demanda-t-elle, perplexe quant à ses actions.
Comme pour répondre à sa question, il se saisit d'un mégaphone et déclara afin que tout le monde l'entende : « Aujourd'hui ceci est mon territoire, bordel, alors j'ai pas intérêt à entendre le moindre bruit et j'attends de tous que vous vous comportiez comme il se doit sur ma propriété. »
Ceux qui étaient à portée de voix hochèrent machinalement la tête et si possible essayèrent de respirer plus doucement. Certains décidèrent qu'il était temps de rentrer et d'autres restèrent par manque de choix.
« Ton territoire ? »
« Oui, merde. Et pas de bruits dans la bibliothèque, putain d'manager. » Ajouta-t-il d'un air strict.
Mamori était hébétée. Il ne semblait pas appartenir à cet endroit la bibliothèque, rien que ça. « Est-ce que c'est une sorte de travail bénévole pour tous les crimes que tu as commis ? »
« Ne sois pas aussi naïve, satanée manager. »
Peut-être que c'était trop beau pour être vrai mais c'était la seule chose qui lui venait à l'esprit. Je veux dire Hiruma, d'entre tous, se portant bénévole et utilisant son temps pour rendre service à la communauté juste comme ça ? Pas possible. Enfin elle aurait pu y croire, et encore pas sûr, mais jamais si c'était à la bibliothèque qu'il sévissait.
« Ke ke ke. Tu n'arrives pas à y croire, hein ? » Remarqua-t-il, ses yeux abritant clairement de mauvaises intentions.
« Quelle personne saine d'esprit croirait ça, Hiruma-kun ? » Elle se remettait à peine de la tournure qu'avaient prise les évènements lorsqu'une pensée lui effleura l'esprit : « Voulais-tu que je te fasse la leçon pendant que tu es là ? »
« Quelle idée à la con, putain d'manager. Je n'ai pas besoin de satanées leçons. Tu es ici en tant que remplaçante pendant que je fous le bordel dans tout le Japon et mets mes menaces à exécution, » dit-il comme si de rien n'était.
« Donc je suis juste venue pour ça ? » Demanda-t-elle, énervée par ce à quoi elle était destinée.
« Pourquoi tu te prends autant la tête ? » Il fit éclater sa bulle de chewing-gum.
Pourquoi je me prends autant la tête ? Je me suis levée une heure plus tôt que d'habitude. J'ai passé une heure dans la salle de bain. J'ai eu du mal à choisir quoi mettre. Quand je pense que j'ai même pris la peine de mettre du gloss sur mes lèvres et tu me demandes pourquoi ? « Pour rien, » répondit-elle à la place. Ce n'était pas comme si elle pouvait lui dire de toute façon, puisque le dire équivalait à admettre… A admettre quoi, Mamori ? Lui demanda son esprit. A ne rien admettre du tout, pensa-t-elle sur la défensive.
« Vas-y ! » Elle le poussa, espérant que quand il serait parti, elle arrêterait d'avoir d'étranges pensées en tête.
« Tu es bizarre, satanée manager, » releva-t-il mais il s'en alla tout de même.
Laissant Mamori dans ses pensées.
Un garçon incroyablement beau entra dans la bibliothèque pour rendre des livres. Il était grand et avait de sublimes yeux bleus qui semblaient hypnotiser Mamori. Elle le complimenta mentalement sur son sourire éclatant, son nez fin … et ses yeux, de la couleur de la mer, ajoutaient plus encore à son charme. « A rendre, s'il-vous-plait. » Sa voix clamait la confiance en soi.
Mamori lui adressa un sourire fondant et lui prit sa carte de bibliothèque. « Ça ne prendra pas longtemps. »
« Prenez tout le temps que vous voudrez. » Il lui montra son sourire Colgate.
Mamori sourit en retour et scanna sa carte.
« Tu travailles ici ? » Demanda-t-il, essayant d'engager la conversation.
« Non, je couvre juste quelqu'un. »
« Oh. Mais tu viens souvent ici ? »
« Pourquoi ? » Elle leva les yeux.
Son sourire était éblouissant de là où elle était. « Peut-être parce que j'aimerais te voir plus souvent. »
« Oh. » Elle rougit. Ce n'était pas la première fois qu'on flirtait avec elle mais elle n'était pas non plus experte en la matière.
Mamori débâtait toujours intérieurement sur quoi répondre lorsque le supposé bibliothécaire la poussa gentiment sur le côté.
« Ke ke ke, juste à temps je vois. Laisse-moi vérifier la date de rendu. »
« Mais Hiruma-kun j'ai déjà… » Hiruma la coupa : « Regarde, on dirait que la gamine veut attraper un bouquin, pourquoi t'irais pas l'aider, putain d'manager ? »
Mamori voyait bien la gamine qu'il lui montrait et n'avait pas le courage de l'ignorer. En réponse à son instinct maternel, elle lui vint en aide mais pas avant d'avoir adressé un regard menaçant à Hiruma. A quoi il lui répondit par un haussement d'épaules vague.
« Oh, voyez-ça… la date est déjà passée. » Sa voix était dangereusement basse et ses yeux brillaient de rouge.
« Ah, combien je dois payer ? » Il essaya de ne pas se ridiculiser en se faisant dessus.
« Pas beaucoup. Juste ta vie. » Ça le démangeait de tenir son flingue.
« Ahhhhhh. Euhhhhh. » Le garçon ne se serait jamais douté qu'un innocent flirt avec l'ange résulterait si vite en un baiser de mort. Je ne veux pas mourir jeune… j'ai encore des rêves… des souhaits à réaliser… Kami-sama…
« Tout va bien ? » Demanda Mamori en regardant Hiruma puis le garçon et encore une fois Hiruma.
« Non. Il allait partir. N'est-ce pas ? » Il le poignarda du regard.
« Ahhh, ouiii. » Il essaya de marcher droit bien que ses genoux ne le supportaient plus vraiment. Cependant, cela restait une bonne journée. Il avait survécu encore un jour. Merci Kami-sama, je promets de ne plus draguer l'ange… son ange.
Mamori n'arrivait pas à réaliser que le garçon marchant de manière comique était le même qui était entré fièrement il y a quelques minutes.
« Hiruma-kun ? »
« Quoi ? » Son visage était encore une fois de marbre.
Elle soupira. Elle savait qu'elle ne tirerait rien de lui. Il était bien trop bon à cacher ce qu'il pensait … il l'avait toujours été et le sera toujours. « Bon, je vais y aller puisque tu es déjà là… Hiruma-kun, est-ce que tu m'écoutes au moins ? » Maintenant ça la démangeait de tenir son balai. Quel salaud. Il était de nouveau affalé sur son ordinateur à taper à une vitesse hallucinante.
« Hiruma-kun, j'ai dit que j'y allais ! Hiruma-kun ! »
« Hum. »
Ça ne sert à rien de t'énerver, Mamori, se rappela-t-elle. Personne ne peut séparer le démon de son ordinateur, tu le sais mieux que personne. L'une des raisons pour laquelle elle abhorrait la technologie.
« A lundi, Hiruma-kun. »
Elle regarda le soleil couchant. La journée était presque finie et rien d'extraordinaire ne s'était passé. Le samedi dont elle s'était languie toute la semaine s'était révélé être un jour comme un autre… et ennuyeux qui plus est. Les rêves n'étaient que des rêves en fin de compte.
Dès qu'elle passa la porte il se saisit de son Carnet et se mit à griffonner dedans.
« Ne pense pas que tu es tiré d'affaire, putain d'prince charmant. Personne ne va en Enfer et en revient vivant. »
« Cerberus ! »
Note de l'auteur : Je laisse votre imagination faire le reste ^-^ J'apprécie beaucoup tous ceux qui ont mis cette fic dans leurs favoris et dans leurs alertes ! Ça me fait chaud au cœur et m'emplit de joie de recevoir de telles notifications. Ne vous inquiétez pas, un autre chapitre sortira si vous êtes toujours intéressés.
Note de la traductrice : Bonsoir ! Il faut vraiment que je bosse moi, à part traduire je ne fais rien - Mais j'adore ça alors je suis la seule responsable. Merci pour les reviews constructives et vos marques d'attention, j'en suis ravie^^ Concernant le trouble de Zweetoon pour le C4 de Kaleidoscope Heart, voici mes impressions sur le sujet :
*« Avec Hiruma lui donnant constamment des ordres et ajoutant à sa charge » (de travail). Vu que c'était marqué dans le même paragraphe, j'ai cru bon de réduire l'expression. Mais tu m'excuseras, traduire et corriger en regardant mon film préféré n'est peut-être pas la meilleure des idées.
*« Evidemment, elle y avait pensé la semaine dernière, mais franchement, passer la journée à écarter tout cœur rouge, rose et chocolat qui entraient dans son champ de vision » Même si elle est à la bibliothèque, toute l'école est en effervescence. Ses petits camarades s'échangent des chocolats à tour de bras, font des papiers cadeaux, écrivent des cartes et des lettres d'amour à tout va. Le fait qu'elle n'ait capté la signification d'aucun de ces signes montre qu'elle avait décidément la tête ailleurs et qu'ainsi la Saint-Valentin lui est passée sous le nez comme on dit. Et accessoirement, vu que Mamori est trop mignonne, elle a dû faire les frais des avances des autres garçons. Mais connaissant un peu son caractère, je dirais qu'elle a dû les rembarrer quand ils venaient la déranger dans son travail sans chercher à savoir ce qu'ils lui voulaient.
*« Sur la table en en renversant sur le sol » Lorsque tu poses un paquet de feuilles n'importe comment sur une table (parce que je vois pas Hiruma placer gentiment une pile propre et nette devant les gens, moi) il arrive que des feuilles tombent ça et là, voire se renversent. Je ne comprends pas pourquoi je devrais changer ma phrase pour mettre « y », qui dans cette tournure-là me semble bizarre. Les feuilles, dont la quantité est indéterminée, sont sous-entendu dans le « en » que j'ai utilisé.
*« Décida qu'elle pouvait tout aussi bien travailler sur le papier dû dans quelques semaines. » Comme je l'ai déjà expliqué à Mitsuko2813, elle a un papier (rapport/devoir) à rendre dans quelques semaines, et donc l'expression c'est qu'il est « dû » à ce moment-là.
*Enfin, concernant l' « Amefuto », moi aussi j'ai été très perplexe la première fois que j'ai lu cette fic : C'est la traduction japonaise de « football américain », où je devine que « futo » veut dire foot (« ame » veut dire pluie aussi, juste pour info). Et je tiens à préciser que j'essaye toujours au maximum d'éviter les fics trop OOC qui je trouve casse toute l'utilité de la fanfic. Bonne lecture !
*Hermi-kô***
