Troisième partie.
Et les jours passaient. Ils passaient plus rapidement pour Ruki, qui se morfondait moins sur son sort. Tous les jours, Reita venait le voir, dans sa chambre, pour que petit à petit, leur « jeu » reprenne, montrant, prouvant au petit chanteur que son ami était là pour lui, quoi qu'il advienne. Reita n'avait pas parlé aux autres membres du groupe de cette pratique, qui redonnait espoir au benjamin d'oublier. Il y avait une nette amélioration : Ruki mangeait beaucoup plus, sortait parfois -malgré que ce soit toujours très difficile- ... Mais ne parlait qu'à Reita. Il n'y avait qu'à lui qu'il se confiait, il n'y avait qu'avec lui qu'il avait des contacts plus ou moins rapprochés. Avec une patience extrême, et une douceur infinie, Reita le mettait en confiance, le sortait peu à peu de sa dépression. Mais le procès de l'homme qui avait agressé Ruki approchait, et bientôt le chanteur devrait une nouvelle fois affronter ses peur, affronter le regard de l'homme qui l'avais sali. Et Reita ne voulait aucunement que son protégé ne replonge. Avec son témoignage en plus de la victime, ce type allait pouvoir crever en taule.
Aussi pour poursuivre ces attentions qui lui faisait remonter la pente, Reita décida qu'il était temps de mettre en place la phase finale de son « plan ». Il jugeait que Ruki était prêt, qu'il lui accordait toute attention et toute confiance. Choisissant soigneusement son jour -jour où tous les autres membres du groupe n'était pas là-, il s'arrangea pour que personne ne puisse les déranger. Il s'avança vers la porte du petit blond, respirant un bon coup, voulant paraître le plus décontracté du monde. Ruki allait paniquer s'il le voyait stresser. Il toqua trois coups à la porte, tandis qu'une voix mal assurée demanda :
« - C-c'est Reita ? »
L'interpellé attrapa la poignée et l'abaissa pour que la porte s'ouvre, laissant passer sa tête dans l'encadrement, souriant :
« - Bien sûr que c'est moi. Qui veux-tu que ce soit ?
- Je ... Je sais pas. Entre, restes pas derrière la porte, fit Ruki content de voir son bassiste lui rendre visite, comme il en avait l'habitude.
- Tu faisais quoi ? Demanda gentiment le bandé tout en s'asseyant sur le lit aux côtés de son petit blond.
- Pas grand chose ... Je t'attendait en fait.
- Oh, et pourquoi tu m'attendais ?
- Ben ... Parce que j'aime bien quand t'es là ... »
Reita ne put retenir un sourire : tout en lui avouant cette dernière phrase, Ruki avait attrapé les chevilles de ses jambes croisées, un petit sourire enfantin flottant sur ses lèvres, et une légère teinte rosée ayant apparu sur ses joues. Son cœur s'emballa et il fut parcouru d'un petit frisson ; il ne s'en préoccupa que quelques secondes, se demandant comment pouvait-il ressentir quelque chose de semblable, en cet instant ...
« - Pourquoi tu rigoles Rei' ? »
Sa petite voix le sortit de ses pensées : il ne s'était même pas aperçu qu'il s'amusait de cette bouille blonde.
« - Pour rien, t'es juste trop mignon. »
Les joues de Ruki s'empourprèrent un peu plus. Le dit « Rei » esquissa un autre sourire. Il se jeta sur son ami pour chatouiller ses côtes, le faisant se tordre de rire. Ce petit jeu dura quelques minutes, et Ruki attrapa une crampe à la mâchoire tellement il riait. Reita consentit à s'arrêter, lui laissant un peu de répit, l'observant par la même occasion, se retrouvant à moitié allongé sur lui.
« - Hé, mais tu t'es maquillé Ruki ?
- Je ... Oui ... J'avais rien à faire, alors j'ai voulu ... Enfin ... Tu aimes ?
- Bien sûr que oui, tu t'es vachement bien appliqué. »
Il contempla plus longuement les traits de ce visage si enfantin. C'est vrai que cela faisait longtemps qu'un trait de maquillage n'y avait pas réapparut, même si ce n'était que léger. Ce visage qu'il aimait parcourir de ses lèvres ... Ce qui ne tarda pas trop d'ailleurs. Il les déposa à la commissure de celles de son vis-à-vis, qui ne put s'empêcher de sourire. Le jeu reprenait. Vraiment ..?
Doucement, Reita fit glisser sa bouche jusque dans le cou pâle de Ruki, le caressant lentement de sa langue. Il sentit le souffle de l'autre s'accélérer, aussi remonta t-il pour l'embrasser tendrement. Puis, tout contre son oreille, Reita chuchota, comme si il ne voulait que personne à part lui n'entende :
« - Ruki ... Tu sais que la dernière chose que je veux c'est te faire du mal ?
- Oui, mais pourquoi tu me dis ça ?
- Je te demandes de me faire confiance, quoi qu'il arrive. Tu peux le faire ?
- Je ... Je crois oui, mais ...
- Chut, surtout ne t'inquiètes pas. Garde toutes tes pensées fixées sur le moment présent, celui que tu es en train de vivre. C'est tout ce que je te demande. »
Pour toute réponse, Ruki hocha la tête en signe d'acquiescement. Ses mains posées sur les épaules de l'aîné se crispèrent, sentant en lui une appréhension qu'il ne pouvait définir, mêlée à la curiosité de découvrir ce qui allait se passer. Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, mais d'un côté, Reita était son ami et il savait qu'il n'allait pas lui faire de mal, ni que rien ne pourrait briser ce lien d'amitié. Lien qui s'était renforcé durant cette période difficile qu'il avait traversé, et dont il ne se serait peut-être jamais sorti sans l'aide de Reita. Lien d'amitié, seulement ..?
Alors oui, il lui faisait entièrement confiance, aveuglement même.
Mais il paniqua tout de même lorsque les grands doigts de l'autre commencèrent à s'occuper du premier bouton de sa chemise.
« - Rei, qu'est-ce que tu fais ! »
Le cœur serré, Reita continua ce qu'il avait commencé, se mordant la lèvre inférieur et se répétant mille et une fois dans sa tête de ne pas lever les yeux vers ceux de Ruki, qu'il devinaient affolés. Enfin, la chemise étant complètement déboutonnée, ses doigts tremblants écartèrent les deux pans afin de découvrir le torse nu du plus petit. Ses paumes se posèrent sur son ventre, n'osant pour le moment faire un seul geste. Il avança doucement sa tête jusqu'au nombril, et déposa ses lèvres dessus.
" - Rei, arrêtes j'ai peur ! "
Le bassiste serra les dents et remonta vivement jusqu'au visage de son protégé, écrasant ses lèvres sur les siennes. Il l'embrassa avec douceur, sans forcer l'entrée de cette bouche avec sa langue, un baiser de surface rempli de tendresse et ... D'amour ?
Ruki ne devait pas avoir peur, non : Ruki devait oublier. Reita ne voulait laisser paraître aucun doute quand à ce qu'il allait faire. Ruki lui faisait confiance, il ne devait pas le décevoir. Il se recula un peu et ancra son regard dans celui du plus jeune.
" - Je sais, je suis désolé ... J'ai peur, moi aussi. J'ai peur pour toi, peur que tu ne te remette jamais de cet épisode de ta vie. Moi je veux t'aider ... Je veux t'aider, il faut que tu me croies. Je ne veux pas te perdre, je ..."
Il déglutit difficilement : il n'avait pas imaginé que ce soit aussi dur de passer cette étape. Affronter les yeux remplis de peur et de panique de Ruki était une torture. Mais jamais il ne laisserai tomber, jamais il ne baisserai les bras ... Pour lui.
" - Je t'aime et je veux que tu ne souffres plus, je veux que tu sois heureux, alors s'il te plaît, fais-moi confiance. Je ne sais pas ce qu'il va se passer ensuite, mais je le fais pour toi, quoi qu'il arrive."
Les larmes lui montaient aux yeux : il l'avait dit, il avait passé un cap. Il essuya machinalement les quelques larmes qui osèrent couler le long de ses joues, et renifla discrètement.
" - Reita ... "
L'interpellé (même si cela n'avait été qu'un murmure) releva la tête vers son vis-à-vis. Il s'attendait à tout : à ce que Ruki le repousse, à ce qu'il hurle, pleure de le laisser tranquille, à ce qu'il ne veuilles plus jamais le revoir, à tout, vraiment à tout ...
" - Tu m'aimes ? "
... Sauf à ça. Les yeux de Ruki brillaient légèrement, comme quand ils étaient seulement tous les deux, dans les moments où rien ne pouvait briser cette intimité qu'ils partageaient. Reita ne savait pas quoi répondre, trop étonné de cette question. Il se contentait de détourner son regard de Ruki avec un air embarrassé, ses joues prenant une teinte rouge. Le petit chanteur eut un sourire en coin, comme s'il devinait la réponse de son ami. Ses mains allèrent se poser sur les épaules de son aîné, tandis qu'il captait le regard de ce dernier.
" - Reita, appela t-il timidement, tu ... Tu peux m'embrasser ? Tu sais, comme quand on est que tous les deux ... Mais, avec en plus ... Tout ton amour dedans, pour que ce soit mieux ... "
Alors là, Reita hallucinait complètement. Mais un sourire se dessina bien vite sur son visage. Comment refuser une demande pareille ..? Alors doucement, timidement même, il se pencha vers son ange, à lui seul, pour déposer ses lèvres sur les siennes, si sucrées. Quelques secondes plus tard, il entrouvrit légèrement la bouche pour que sa langue chaude et mutine viennent délicatement lécher les lèvres de Ruki, une demande muette pour aller rencontrer sa jumelle. Ce qui ne tarda pas à se passer, puisque lentement, Reita put faire glisser son muscle humide dans la bouche de son cadet, ne tardant pas à découvrir ce qu'il cherchait. Alors il caressa tendrement ce petit membre si chaud et si doux, avec la même assurance d'un premier baiser. Il referma ses lèvres sur celles de Ruki, comme s'il devait cacher un trésor aux yeux de tous, son trésor. Il bascula légèrement sa tête sur le côté et profita pleinement de cette étreinte si douce. Une des mains du bassiste se posa sur la joue du plus jeune pour la caresser, encourageant celui-ci à participer et s'offrir complètement aux soins experts de son ami, pendant que l'autre chercha celle de ce dernier pour entremêler leurs doigts. Le bras libre de Ruki s'enroula autour de la nuque de Reita, approfondissant un peu plus encore ce baiser, l'appréciant sans retenue. Leurs langues dansaient un véritable ballet entre leurs bouches, tendresse et précipitation s'y mélangeant. Le chanteur pris tout de même quelques initiatives, aussi donna t-il parfois quelques coups de langues sur le palet de son aîné qui retenait ses gémissements de contentement. Puis, à la plus grande surprise de Reita, la main de Ruki entremêlée à la sienne dirigea ses doigts vers sa poitrine, l'incitant à le caresser, s'abandonnant donc à ce dernier, confiant. Dernier qui ne se fit pas prier, pinçant pour commencer l'un des petits tétons du chanteur, qui soupira plus fort de cette attention. Le baiser s'éternisait, et Reita décida à regret de l'arrêter, mais laissa sa langue sortie et en profita pour la faire glisser le long du cou pâle de son protégé, appréciant la douceur sucrée qui resta sur sa langue. Il descendit encore et encore, atteignant l'endroit où se tenaient ses doigts quelques instants auparavant. Lentement, sa langue y succéda, humidifiant ses morceaux de chair qui durcissaient au fur et à mesure, passant de l'un à l'autre en les suçotant, l'heureuse victime de ses assauts délicieux gémissant de cette attention. Puis, il descendit lentement, embrassant chaque parcelle de peau qui n'était pas cachée par le pantalon. Il releva ensuite un peu Ruki, pour pouvoir enlever sa chemise et la laisser tomber à terre, à côté du lit.
Après ça, il l'embrassa une nouvelle fois, toujours aussi tendrement, pendant qu'il déboutonna le pantalon du petit blond, l'abaissant pour que finalement il rejoigne à son tour le sol. Du bout des doigts, Reita effleura le bas ventre du chanteur, qui fut parcouru d'un frisson, avant d'appuyer un peu plus ses caresses, pour qu'un soupir plus fort que les autres n'échappe à Ruki. Ce dernier passa timidement ses mains sous le débardeur de son aîné pour le relever et le faire passer par-dessus sa tête, terminant quelque part dans la pièce, s'occupant ensuite de son pantalon, subissant le même sort que le débardeur. Ruki ne put alors s'empêcher de contempler ce qu'il avait sous les yeux : un torse parfaitement dessiné se prolongeant sur des bras fins et musclés. Il eut honte tout à coup ; il baissa les yeux vers son corps, et se mordit la lèvre inférieure en les relevant une nouvelle fois.
" - Ruki, tu me reluque ... "
L'intéressé détourna le regard en rougissant violemment.
" - Je ... C'est que ...
- T'inquiètes pas, je rigolais, s'amusa Reita devant la mine embarrassé de son ami ... Amant ?
- C'est juste que ... T'es tellement bien ... Enfin, beau et tout, et moi regarde ... Moi je suis moche, petit, boudiné ...
- Ruki ?
- Oui ?
- Tais-toi. "
Alors Ruki se tût sous cet ordre. Il ne faisait que dire la vérité, Reita était si beau et lui ...
" - Tais-toi, parce que tout ce que tu dis est faux, poursuivit Reita.
- Non, c'est pas vrai ...
- Si c'est vrai, s'enquit le bassiste en collant son front à celui du plus petit, tu n'es ni moche, ni petit, ni boudiné. Et je ne dis pas ça uniquement pour te faire plaisir, mais parce que c'est vrai et que je le pense, je le vois. "
Pour toute réponse, Ruki lui sourit en rougissant de plus belle, et accueillit encore les lèvres du plus grand. Décidemment, ce contact leur était vital.
Finalement, Reita descendit sa tête au niveau de l'entrejambe de son partenaire, y frotta doucement son nez, mais s'arrêta net. Ils allaient passer aux choses sérieuses, et ça, il venait à peine de le comprendre. Et il venait aussi de réaliser qu'il n'avait jamais fait ça avec un homme ... Réaliser qu'il n'avait jamais fait l'amour à un homme. Et cette première fois n'était pas n'importe laquelle. Il n'avait aucune expérience, et ce n'était sûrement pas la même chose qu'avec une femme. Alors comment s'y prendre, sachant que cette première fois devait en plus aider Ruki ..? Il allait falloir qu'il aille contre la peur de celui-ci, qu'il le force pour qu'il retrouve un peu de tendresse dans sa tristesse, qu'il refasse surface de cet océan de larmes qui l'avait terrassé. Et pour tout dire, il avait peur ... Oui il avait tout simplement la trouille de ne pas bien s'y prendre, de lui faire mal, de ne finalement rien lui donner, si ce n'est de la souffrance en plus ... Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ?
" - Reita ... ? "
Plongé dans ses pensées, il avait complètement oublié qu'il se trouvait au-dessus de l'entrejambe de Ruki, qui attendait patiemment qu'on lui accorde un temps soit peu de soins.
Il remonta jusqu'à son visage, pour voir un sourire se tracer sur les lèvres de son chanteur préféré.
" - Je suis sûr que tu vas très bien t'y prendre, lui dit Ruki comme s'il avait deviné les pensées soucieuses de son ami, c'est juste moi le problème. Je sais que tu vas savoir, tu vas trouver comment faire, même si j'ai peur, atrocement peur qu'on me touche de nouveau. Surtout, ne t'arrêtes pas ... Même si je te dit le contraire. "
Le ton déterminé de Ruki suffit à Reita pour le remettre quelque peu en confiance. Surtout que, même s'il ne se l'avouait pas facilement, il avait atrocement envie de ce petit corps sous lui ... Il se pencha vers son oreille, après lui avoir volé un baiser :
" - Ruki, le truc c'est que j'ai vraiment jamais rien fait avec un homme ... Mais je vais m'appliquer, je te jure que je vais te donner le plus de plaisir possible, parce que ... Parce que j'ai très envie de toi, Ruki. "
Pour ponctuer sa phrase, Reita envoya un doux coup de bassin dans celui de Ruki, qui gémit en agrippant une nouvelle fois les épaules de son aîné, ce qui ne déplut pas à ce dernier. Il fallait l'avouer … Même si sa tête et sa raison lui dictait d'y aller doucement, avec tact et tendresse, son corps lui, voulait celui de son vis-à-vis, avait envie de ce contact entre leurs peaux. Mais Reita savait parfaitement à quoi s'en tenir. Aussi il reprit quelque peu confiance, conscient que cette étape allait être difficile pour Ruki.
Il embrassa une nouvelle fois le petit blond, qui lui renvoya un regard angoissé, mais néanmoins assuré.
Reita descendit une bonne fois pour toutes au niveau de l'entrejambe de son cadet, et respira un grand coup. Ses doigts frôlèrent le bassin du chanteur, doucement, tombant vers l'intérieur des cuisses, pour ensuite remonter et recommencer son parcours. Il se délectait des soupirs d'aise que son partenaire laissait échapper, ce qui l'enhardit un peu plus. Enfin, ses phalanges atteignirent l'élastique du boxer, les insinuant à l'intérieur pour le faire lentement descendre le long des jambes de Ruki, qui poussa un petit gémissement craintif. A ce son, le bandeauté remonta vers son visage, admirant au passage le corps nu en-dessous de lui, mis en valeur par les légers reflets de la lune se filtrant à travers les rideaux de la chambre.
« - Tu es magnifique Ruki … murmura-t-il en tout contre son oreille. »
Même s'il faisait noir, Reita le sentit rougir.
Alors, le bassiste prit les mains de son amant pour les diriger lentement vers son propre boxer, sa bouche toujours près de son oreille.
« - Vas-y Ruki … Enlèves-le. »
Ruki déglutit. Pourtant, il trouva la force d'ordonner à ses doigts de caresser le dos de son aîné, retraçant sa colonne vertébrale, savourant chaque frisson de Reita qu'il ressentait sur la peau de ses phalanges. Enfin, ses mains débarrassèrent timidement ce dernier de son boxer, devenu trop étroit, lui arrachant un soupir d'aise.
Alors, le bassiste s'allongea sur lui, collant leur deux corps, faisant entrer en contact leurs peaux chaudes et légèrement humides. Reita posa ses paumes de chaque côté de la tête de Ruki, se relevant en y prenant appui. Il le regarda dans les yeux avec un sourire qui se voulait rassurant, avant d'entamer un long et lascif mouvement de bassin, faisant se rencontrer leurs deux sexes tendus de désir. Ruki se cambra légèrement, agrippant le drap de ses mains. Reita réitéra son geste, encore, et encore, tout en l'observant avec envie. Des myriades de soupirs s'échappaient de la bouche du chanteur, tandis que quelques débuts de sons sortirent de celle-ci. Reita se mordit la lèvre, tellement c'était bon : le contact de leurs zones si érogènes, de ces peaux si sensibles et si réactives, c'était simplement excquis.
Mais toute chose ayant une fin, Reita stoppa tout mouvement pour descendre vers la virilité maintenant bien tendue de son compagnon. Il prit une inspiration, et laissa courir son souffle erratique sur ce membre chaud. Faire une fellation, cela ne devait pas être trop difficile ?
Alors il se lança. Maladroitement, la pointe de sa langue vint se poser au sommet de la verge de son partenaire. Elle titilla quelques secondes cette partie sensible, puis referma ses lèvres sur son gland, l'enserrant doucement tout en y appliquant une petite aspiration. Il fut satisfait d'entendre un gémissement un peu plus franc et plus audible que les autres sortir tout droit de la gorge de Ruki. Relâchant ensuite cette zone plutôt érogène, il s'appliqua à lécher de haut en bas l'érection du petit chanteur, pour ensuite la prendre un bouche, et ainsi alterner les moments à l'air libre, et ceux enfermés dans cet étau chaud et humide. Des gémissements de plaisir mêlé de crainte et de peur sortaient en abondance d'entre les lèvres du blondinet, profitant à la fois de ce que lui offrait Reita, se rappelant aussi de ces mauvais souvenirs, chassés bien vite par le plaisir du moment. Reita s'était appliqué à imposer un rythme régulier entre ses coups de langues et les va-et-vient de sa bouche autour du sexe érigé de Ruki. Ses mains caressaient ses cuisses de l'intérieur, pour remonter à l'extérieur, lui offrant mille frissons tous aussi délicieux les uns que les autres. Il soupirait d'extase en sentant ce dernier trembler légèrement sous le désir affolant qu'on lui faisait ressentir. Reita jouait maintenant avec ses dents, chatouillant certains endroits où sa langue repassait ensuite.
« - Hm … Reita, encore … »
Le bassiste s'activa un peu plus, accélérant les mouvements, faisant résonner dans la pièce les bruits de sa fellation mélangés aux soupirs et aux gémissements du chanteur. Celui-ci glissa une de ses mains dans les cheveux de Reita, appuyant inconsciemment sur son crâne pour s'enfoncer un peu plus dans sa bouche. Finalement, le bandeauté s'abandonna à sa main, le laissant dicter ses va-et-vients comme bon lui semblait, ses doigts s'agrippant comme ils le pouvaient à cette chevelure blonde décolorée.
Et au bout de quelques secondes, Reita arrêta lentement ses gestes, retirant ses lèvres de la verge humide de son partenaire. Il se releva vers Ruki, essuyant rapidement un léger filet de salive au passage. Il s'empara des lèvres de son cadet, entamant un baiser fiévreux et passioné, empreint de désir. Ce baiser avait le goût sucré des lèvres du plus petit, ainsi que la saveur du sexe de ce dernier, imprimé sur la langue et la bouche du bassiste. Mon Dieu qu'il était bon, ce baiser. Ruki accrocha ses mains sur la nuque de Reita, tandis qu'il lui mordillait gentiment, mais possessivement la lèvre inférieure. L'aîné approcha ensuite ses trois premiers doigts de la bouche du blondinet, caressant une dernière fois ses lèvres de sa langue.
« - Tiens, il faut que tu les humidifient … »
Sa voix était rauque et trahissait son désir grandissant, le rongeant, le calcinant comme des milliers de flammes le feraient. Ruki s'appliqua donc à lécher les phalanges du plus grand, gêné par le regard insistant de celui-ci. Une fois qu'ils furent bien mouillés, Reita les descendit au niveau de l'intimité du plus petit, qui s'aggrippa à ses épaules.
« - Ne t'inquiètes pas, je te prépares. Normalement, humidifiés comme ils le sont, ça ne devrait pas te faire mal. Tu me dit tout de suite si tu veux arrêter. »
Ruki se contenta d'acquiescer. Il s'accrocha comme il put aux épaules du bassiste lorsque celui-ci entreprit d'enfoncer un premier doigt en lui. Mais il ne ressentit rien, pas même une petite douleur. Alors Reita en insinua un deuxième, puis un troisième, commençant avec l'accord du regard du chanteur des mouvements d'avant en arrière, ayant pour but d'étirer au maximum les parois de chair. A part une légère gêne, Ruki ne s'attendait pas à ressentir du plaisir, ce plaisir qu'il n'avait pas eu la chance de connaître. Et Reita était là, en train de le lui donner, ce plaisir. Aussi s'empala-t-il tout seul sur les phalanges de son amant, en redemandant toujours plus, cherchant ses sensations grisantes que cela procurait.
Reita, satisfait, retira ses doigts, ce qui lui valu un grognement mécontent. Mais il n'allait pas s'arrêter là : il se redressa et demanda doucement à Ruki de se retourner, de façon à être allongé sur le ventre. Ce dernier s'exécuta sans broncher, et se retrouva le ventre contre les draps. Reita s'allongea légèrement au-dessus de lui, ne mettant pas tout son poids sur le corps du cadet. Ses mains se placèrent dans son dos, caressant ses omoplates du bout des doigts. Il poussa les cheveux de la nuque de Ruki pour y apposer un baiser, y ajoutant sa langue après quelques instants. Il mordilla son cou quelques secondes, avant de tracer lentement, très lentement, un sillon humide suivant sa colonne vertébrale, arrivant à l'arrête des fesses de son petit protégé. Il continua encore, jusqu'à se retrouver devant son intimité maintenant préparée. Ses mains se posèrent sur ses fesses, les écartant légèrement pour laisser passer sa langue entre celles-ci. Ruki se cambra d'un seul coup, poussant un petit cri de surprise mêlé au plaisir. Il retomba lourdement sur les oreillers, serrant les draps entre ses doigts. Reita s'appliquait à lécher du bout de la langue les minces parois de cet anneau de chair sensible, dérivant pour y rentrer sa langue le plus loin qu'il put.
« - Han … Haaa, Reita ! »
Ses lèvres apposèrent un mouvement de succion, tandis que ses mains caressaient doucement la peau qu'elles touchaient. Ruki étouffait ses plaintes d'extase dans l'oreiller, l'enserrant parfois de ses dents. Enfin, le bassiste se releva et retourna doucement le cadet, haletant et en sueur. Il se plaça correctement au-dessus de Ruki, les yeux dans yeux, cherchant sa main pour entremêler ses doigts avec les siens.
« - Je vais y aller … préviens t-il en empoignant doucement son propre sexe. »
Encore une fois, Ruki hocha la tête en signe d'affirmation. Oui, il était prêt.
Alors avec un petit sourire maladroit, Reita dirigea son érection vers l'intimité dilatée de son amant. Il le pénétra alors tendrement, doucement, pour le blesser le moins possible. Mais son membre étant plus conséquent que ses doigts, une petite larme coula sur la joue du blondinet. Celui-ci serra les dents autant qu'il pouvait, pour s'empêcher de crier. Malheureusement son envie fut plus forte, et l'emporta sur sa raison, qui elle lui dictait de prendre sur lui à cet instant.
« - Non … NON ! Criailla Ruki tout en enfonçant ses ongles dans les épaules de son aîné. »
Le pauvre Reita arrêta ses mouvements devant la mine de son protégé tordue par la douleur. Il se pencha vers lui et l'enserra dans ses bras le plus fort qu'il put, déposant par dizaine de petits baisers au creux de son cou. Il lui murmura des paroles rassurantes, douces et tendres.
« - Tout va bien se passer Ruki, je suis là …
- Non, ça fait mal, s'il te plaît non … »
Reita s'en trouvait déstabilisé. Il continuait pourtant, ses doigts frôlaient doucement la peau du plus jeune en caresses légères, et ses murmures se voulaient amoureux.
« - S'il te plaît … J'ai mal … geint Ruki entre deux sanglots.
- Ruki, écoutes-moi, écoutes ma voix. Détends-toi, ça va aller … Ça va aller parce que tu es fort, et je le suis aussi pour toi. »
Alors, Ruki se détendit. Il souffla longuement, se décontracta sous les caresses que lui procuraient Reita. Ce dernier se releva au bout de plusieurs secondes, découvrant son amant plus confiant, et surtout, lui souriant. Le plus petit bougea son bassin pour lui signifier qu'il pouvait continuer. Ainsi, Reita s'avança dans cet étau de chair, le pénétrant encore plus tendrement qu'au début. Au fur et à mesure qu'il s'enfonçait en lui, un râle sortit de la bouche du cadet, se faisant plus rauque et surtout plus fort : Ruki n'aurait jamais imaginé une telle sensation ! C'était simplement délicieux. Où était passée la douleur de sa première pénétration ? Envolée ? C'était bien le dernier de ses soucis à ce moment-là.
Il demanda à Reita de recommencer, voulant ressentir ce même saisissement que lors de son entrée. C'était tellement bon ! Celui-ci ressortit lentement, pour mieux le re-pénétrer longuement, se délectant des frissons que le frottement des parois musculaires se contractant contre son membre lui procurait, gémissant en profitant de cette étroitesse si délicieuse. Puis Reita commença doucement mais sûrement à accélérer. Ruki l'accompagnait par des mouvements de bassins, tandis que leurs mains se caressaient. Reita se pencha vers Ruki pour l'embrasser, quand celui-ci l'attrappa à la nuque pour le rapprocher brusquement de son visage. Un baiser enflammé s'en suivit, leurs langues se cherchant, se trouvant pour mieux se perdre, se retrouvant encore plus délicieusement. Les coups de reins de Reita se faisaient plus brutaux, encouragés par Ruki qui se sentait animé par une flamme qu'il n'avait jamais connu encore. Quand soudain, Ruki fut obligé de stopper leur étreinte buccale pour laisser échapper un cri : Reita venait de toucher de plein fouet sa prostate.
« - Han, Reita, encore s'il te plaît ! »
Alors Reita recommença. A chaque coup, Ruki resserrait un peu plus ses muscles autour du membre de Reita, ce dernier n'y restant pas insensible.
« - Haaaa … Rukiiii … »
Le blondinet attira le grand contre lui, entourant sa nuque de son bras libre. La tête enfouie dans son cou, Reita gémissait maintenant contre l'oreille du chanteur. Le bandeauté dirigea sa main vers le sexe gonflé de son cadet, et y appliqua des mouvements de va-et-viens au même rythme que ses coups de hanches. Les jambes de Ruki entouraient possessivement la taille de Reita, l'incitant à s'enfoncer plus encore. A ce train-là, ils n'allaient plus tenir très longtemps. Reita s'enfonçait plus, toujours plus …
« - Hm, ha Reita, j-je vais veniiir … Han ! »
Sans même s'en rendre compte, Ruki jouit dans la main de son amant, aspergeant leurs ventres au passage. Ce fut ensuite le tour de Reita, qui après quelques coups de reins supplémentaires, se lâcha en Ruki dans un cri rauque contentant le nom de ce dernier, serrant entre ses doigts ceux de Ruki.
Jamais Ruki ne s'était senti aussi bien. Il se sentait comme libéré, plus rien n'existait à part le corps de Reita sur le sien, encore insinué en lui comme s'ils voulaient ne faire qu'un pour toujours. Il entendait et sentait le souffle rauque et éraillé du bassiste dans son cou et son oreille. Il sentait son ventre se gonfler et se dégonfler comme s'il venait de courir sur une très longue distance, ses membres tremblant encore légèrement.
Les doigts du petit chanteur vinrent effleurer le dos de l'aîné, qui frissonna et se détentit complètement, se remettant lentement de cet orgasme.
Il l'avait fait.
Parce c'était Ruki, et qu'il le voulait.
Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Reita, se serrant tout contre son protégé, humant son odeur, enfumant tout son être avec son subtile parfum de bonheur, d'amour et de légèreté d'après l'acte : celui fait par amour, celui fait par douceur. Rester comme cela des heures et des heures durant, ils auraient pu le faire. Si le sommeil ne les avaient pas rattrappés. Toujours dans les bras l'un de l'autre, Reita souleva légèrement son bassin pour se retirer en douceur de Ruki, qui grimaca une dernière moue d'extase en le sentant sortir de son corps, un petit soupir dépassant la barrière de sa bouche.
Le bassiste releva son visage au-dessus du petit chanteur, un sourire heureux aux lèvres : puis il se pencha pour prendre celles de ce dernier entre les siennes, entamant leur dernier baiser fougueux pour cette nuit. Leur langues dansaient calmement, avec douceur. Les mains de Reita se perdirent dans la chevelure dorée de son amant, tandis que celui-ci gardait les siennes dans son dos et sur sa nuque. Puis finalement, Reita s'éloigna du cadet : c'était sans compter que lui, ce petit blondinet, le retint en attrapant sa lèvre inférieure entre des dents, tirant un sourire au bandeauté qui entama un nouveau baiser.
Se mouvant l'un contre l'autre, pour rien au monde il ne laisserai passer ce moment de bonheur. Finalement, le plus grand bascula sur le côté, serrant Ruki, qui se lovait dans ses bras. Un petit sourire heureux était accroché aux lèvres du blondinet, le premier depuis longtemps, qui dessinait du bout de l'index des arabesque sur le torse de son maintenant amant, attendant sagement et patiemment que le sommeil le rattrape. La main de Reita était enfouie dans ses cheveux en bataille, tandis que l'autre caressait distraitement et tendrement la joue de son petit protégé, le tout se terminant par leurs jambes entrecroisées.
Au bout de quelques minutes de silence relaxant, leur permettant de reprendre un rythme cardiaque normal, et de se remettre de leur acte, Ruki baîlla à s'en décrocher la mâchoire, se collant encore plus à son grand bandeauté.
« - Ruki, appela doucement Reita, se décidant à briser le silence. Je t'aime … »
L'interpellé leva la tête vers son vis-à-vis, arborant un sourire amoureux et reconnaissant.
« - Moi aussi … Merci Reita, merci pour tout. »
Ils s'embrassèrent une dernière fois, entremêlant leurs doigts pour s'enfoncer dans un sommeil profond, emprunt de rêves heureux désormais …
Quelques temps plus tard, on pouvait voir un Ruki heureux et en pleurs ressortir du procès, accompagné de près par Reita qui le soutenait toujours, et de ses amis. Les deux blonds étaient restés très liés, très amoureux, et entretiennent toujours ce même lien d'affection. Les autres l'ont très vite appris, ravis du rétablissement progressif de leur chanteur, et compréhensifs de cette nouvelle relation qui les enchantaient tous. Ruki avait gagné son procès, et bientôt le groupe allait pouvoir de nouveau reprendre ses activités.
Une histoire d'amour qui débuta sur un drame, avant de se terminer pour deux personnes de façon heureuse, plus qu'avant encore.
Ffioooooooooooo ooooooooooooooo oou ! J'ai enfin terminé cet OS ! =DD
Alors désolée je me jette des fleurs hein : mais j'aime le lemon de cette troisième partie ! Allez savoir pourquoi. C'est le meilleur que j'ai écrit depuis longtemps je trouve xD Enfin pour l'instant.
La fin est un peu niaise, je vous l'accorde, mais fallait que je termine et vite, ça s'éternisait !
Enfin bref, j'attends vos impressions évidemment :3 En tout cas, ça me fait encore une chose de terminée ! Merci d'avoir suivi cet OS en plusieurs parties (ou mini-fiction si vous voulez).
Kisu, Aaiko S.
