Chapitre 3
Hiashi était debout tôt ce matin-là. Assez tôt du moins pour entendre son neveu quitter la résidence dès cinq heures trente. Hiashi savait que Neji avait une mission aujourd'hui par le biais d'Aoi, qui, travaillant avec le Hokage le lui avait dit, mais il aurait tout de même préféré que son neveu lui apprenne la mission lui-même. Il aurait aussi aimé que Neji lui dise au revoir, aussi stupide que cela puisse paraître. Parce que les Hyuuga n'étaient pas seulement un clan, ils étaient aussi une famille. Et Hiashi voyait bien que personne ne voyait le clan Hyuuga comme étant une famille unie. Il n'y avait qu'à voir son propre neveu. Il semblait ressentir aucune émotion à part de la haine et du mépris pour les siens. Rien d'autre.
Hiashi poussa un long soupir et se mit en position de méditation. Parfois, il espérait secrètement que quelqu'un soit capable d'ouvrir les yeux de son neveu. Car le monde n'était pas fait de tristesse et de désespoir comme il le pensait tant.
Le dirigeant du Clan en était là de ses pensées quand , soudainement, il ressentit le chakra de deux des Anciens, Hisoka et Hitoshi. Les deux séniors étaient des cousins très proches et étaient nés le même jour, presque en même temps. Tous deux issus de la branche qu'ils appellent « royale » , ils avaient une stricte façon de faire respecter la loi du clan. Hiashi pouvait admettre qu'il n'était pas toujours d'accord avec eux, mais, étant Anciens, c'était d'eux que venaient l'exemple et le respect.
L'homme, sans ouvrir les yeux de sa méditation, pencha sa tête en guise de salutation.
- Anciens.
- Hiashi, salua la voix d'Hitoshi, et Hiashi l'entendit s'asseoir en face de lui. Tu es très matinal.
- Je peux dire la même chose de vous, chers Ancestraux.
Hisoka échangea un regard impatient avec son cousin.
- Nous voulions te parler.
- Ah ? Hiashi ouvrit ses yeux. Je suis tout ouï.
- Tu sais que Neji est en ce moment même en mission d'escorte du daimyo du feu, je présume ?
Hiashi acquiesça, ne sachant pas où Hisoka voulait en venir.
- Hitoshi et moi avions eu la merveilleuse idée d'inviter sa fiancée à vivre ici un moment à la fin de la mission. Afin de les accoutumer à être ensemble. Tu sais comme Neji est têtu avec les relations.
Silence.
- Mais, Hitoshi-sama, finit par répondre Hiashi après une pause, je ne pense pas que cela fonctionnera. Comme vous l'avez bien remarqué, Neji n'est pas... comme tous les hommes.
- Encore heureux ! Ce serait dommage que notre prodige soit comme tout le monde, n'est-ce pas ? Plaisanta Hisoka.
- Ce que je dis, reprit le dirigeant, c'est que Neji ne sait même pas... sourire.
- Un Hyuuga ne sourit pas.
- C'est vrai. Mais je doute que Neji ait la capacité de sourire. Enfin si, bien sûr qu'il l'a, mais qu'il sache l'utiliser. Si la jeune daimyo surprend que son fiancé ne ressent rien pour elle, elle pourrait annuler l'union.
Hisoka laissa échapper un grognement.
- N'oublie pas Hiashi que ce n'est pas un mariage d'affection, mais politique. La jeune Sâto en est très bien consciente.
- Plus, ajouta Hitoshi, si Neji espère un jour atteindre une meilleure place dans ce clan, il se doit de l'épouser.
Et avec ça, les deux séniors quittèrent le dojo, laissant Hiashi avec la nette impression d'avoir manqué quelque chose d'important. Venaient-ils d'insinuer que Neji pouvait obtenir une « meilleure place » dans le clan ? Qu'entendaient-ils par meilleure place ? Que la marque maudite sur son front pouvait lui être retirée ?
Non... c'était tout bonnement impossible. Hiashi avait sans doute imaginé tout ça.
Neji arriva le premier au bureau du Hokage afin de la prévenir de leur départ. La sannin n'était même pas encore réveillée quand il arriva, alors il passa le message à Shizune, occupée à rédiger de la paperasse. Quand la jeune femme leva les yeux sur lui, elle lui offrit un sourire et lui dit de signer sur une feuille, comme pour chaque départ de mission. Cela servait à ce qu'il y ait une preuve de consentement de la part du participant. Bien évidemment, les shinobis ne signaient pas de leur main. Non, ce serait trop facile: sinon n'importe quelle personne douée au Genjutsu aurait pu imiter n'importe quelle signature.
Pour signer, il fallait faire un sceau qui contenait de son chakra.
- Où est Tenten ?
- Elle dort. Je lui ai donné rendez-vous aux portes du village pour plus tard. Je signerai pour elle.
Shizune cligna des yeux.
- Mais Neji, tu ne peux pas... tu le sais bien.
Le jeune Hyuuga, signature finie, leva les yeux sur la femme. Son regard n'exprimait rien d'autre que de l'impassibilité, mais pas sa parole.
- Tenten est ma coéquipière.
Il fit une pause.
- Et je sais qu'elle est d'accord pour faire cette mission.
- Mais il ne s'agit pas de...
Neji soutint son regard, et finalement, Shizune abandonna.
- Va, va. De toute façon, Tsunade n'en dira rien. Signe pour elle.
Et elle l'observa sortir un kunai infesté de chakra de la jeune brune et déposer de son chakra à elle, comme si c'était le sien. Elle fronça les sourcils. Comment avait-il fait pour avoir du chakra de Tenten comme ça ? Comment avait-il fait pour en transporter ?
Neji voyait bien comme la femme le regardait. Il décida de répondre calmement à sa question silencieuse.
- Je me bats presque tous les jours avec Tenten. Aucune de ses attaques m'est inconnue. J'ai simplement gardé un de ses kunais chargés en chakra afin de séparer le chakra de l'arme.
Shizune acquiesça, l'observant minutieusement s'en aller. Décidément, ce jeune homme était nettement digne de tout ce qu'on racontait de lui.
Bien sûr, Tenten arriva en retard aux portes du village. Cheveux ébouriffés, sac légèrement posé sur une épaule, la jeune fille avait les joues toutes rouges à cause de la course impressionnante qu'elle venait d'accomplir à une vitesse fulgurante. Qui traverserait tout Konoha en dix minutes ?
Arrivée en face de Neji, la jeune fille se pencha sur ses genoux afin de reprendre son souffle, tout en essayant de s'excuser à la fois. Mauvaise idée.
- Ah, Neji, je suis...
Pour toute réponse, Neji plissa ses yeux, affolant Tenten.
- D-désolée ! Mais mon réveil est... il n'a pas sonné et... j'ai pas pu...
- Comme prévu.
- Je me suis levée... trop tard... et...
- Laisse tomber.
Elle déposa ses yeux sur lui, assez surprise qu'il lui parle comme ça. Ses yeux pâles l'observaient sans cligner, aucune once d'agacement à l'intérieur. Tenten fronça les sourcils, se demandant si ce n'était pas un de ses clones plutôt que lui, mais l'énervement qui se forma dans sa pupille à cause de son regard trop insistant lui répondit que non.
- Allons-y, lâcha-t-il en faisant volte-face.
Tenten observa comme ses cheveux suivirent avec grâce le mouvement de sa tête, assez fascinée. Il venait à l'instant d'être tolérant. Or, Neji n'était pas tolérant. Neji ne tolérait pas. Que lui était-il arrivé ce matin ?
Tenten se remit vite de sa surprise car, déjà le Hyuuga était hors du village, et elle se dépêcha de le rattraper. Ils devaient d'abord aller chercher le daimyo chez lui, à la citadelle du pays du Feu (soit la capitale), puis l'emmener au pays de l'eau. Rien de bien long s'ils avançaient vite. Mais les seigneurs féodaux n'avançaient pas vite, alors, d'après Neji, ils finiraient la mission dans cinq jours si tout irait bien.
- Tsunade sama avait compté une semaine pour le voyage..., contredit Tenten, qui sautait d'arbres en arbres à ses côté. On arrivera pas en cinq jours.
Neji ne jugea pas nécessaire de répondre. Si Tenten pensait qu'il gaspillait sa salive pour proférer des mensonges, c'était son problème. Là maintenant, ils devaient se contenter d'aller chercher le daimyo chez lui.
Le daimyo... Tch, se dit-il, dégoûté. Le père de Nanako Sâto, sa « fiancée ». Sûrement la raison pour la quelle Neji avait été choisi pour cette mission. Tsunade était donc au courant. C'était en fait pour que le politicien jauge son futur gendre, qu'il l'examine.
C'était marrant comme toutes ces décisions semblaient concerner tout le monde sauf lui. Même l'Hokage l'était.
Neji serra son poing. Quand serait-il maître de ses décisions sans que personne ne s'en occupe ?
- Neji, appela doucement la voix de sa coéquipière. Il y a quelque chose qui te tracasse ?
Neji desserra aussitôt son poing. Tenten avait remarqué son changement d'humeur. Si Tenten pouvait, tout le monde en était capable. Or, il ne voulait pas qu'on ne s'intéresse à lui. Sa vie ne regardait que lui. Même si le Destin semblait prendre un malin plaisir à jouer avec.
- Neji ?
- Arrête de raconter des bêtises, lâcha-t-il assez sèchement. Puis le prodige décida de détourner son attention de lui :
« - Tu ferais mieux de te concentrer sur la route. »
La jeune fille fronça davantage les sourcils, observant le Hyuuga avec attention. Visiblement, quelque chose l'énervait. Et vu comme elle l'avait remarqué, ça ne devait pas être rien. Et impossible de mettre la main dessus. Tenten ne pouvait pas s'empêcher de penser que Neji lui cachait quelque chose - comme d'habitude, vous diriez, mais plus important cette fois-ci. Comme Tenten aurait adoré qu'il se confie à elle, au lieu de tout garder à l'intérieur ! Pourquoi ne lui faisait-il pas confiance ? Elle, tout ce qu'elle voulait, c'était aider son coéquipier, voilà tout. Elle le connaissait depuis tellement longtemps, il était son ami. Elle voulait l'aider.
Mais Neji s'était déjà renfermé dans sa coquille.
Cinq heures de voyages plus tard, et sans une seule pose devrait-je préciser, les deux jeunes shinobis arrivèrent à la Citadelle du pays du Feu. La citadelle était la capitale du pays, et c'était là que se passaient toutes les réunions des politiciens du monde. C'était aussi là que tous les échanges se faisaient. Il y avait donc beaucoup de monde. Tenten était fascinée comme les choses étaient ici : c'était en rien comme à Konoha, c'était plus « moderne », pensa-t-elle, plus riche surtout. Tenten se rendit alors compte à quel point sa mission était importante, parce qu'elle allait s'assurer de la protection du daimyo. Ce n'était pas n'importe qui !
Alors qu'elle traversait les rues, la jeune fille se rendit compte à quel point Konoha était paisible à côté de cette ville. Ici il y avait beaucoup trop de monde, trop de civiles qui peuplaient les rues, et Tenten se sentit vite vertigineuse face à tout ce monde. Neji semblait comme d'habitude tranquille. Tenten ressentit un violent vertige quand on la bouscula pour la dixième fois. Plus le soleil, çà n'arrangeait rien.
Elle serra les poings et s'efforça de garder son calme. Elle était forte. Et elle détestait se plaindre.
- Oh là là, marmonna-t-elle faiblement malgré elle. On ne trouvera pas la maison de Sâto avec tout ce monde !
Remarquant sa voix tremblante, Neji déposa brièvement les yeux sur elle, d'un mouvement rapide. Son teint habituellement hâlé était dorénavant pâle et un trait barrait son front, signe qu'elle était tendue et qu'elle ne se sentait pas bien. Neji leva les sourcils. Il ne savait pas que Tenten était malade au milieu de la foule. Pourtant, si sa mémoire était bonne, elle allait bien souvent faire du shopping avec Ino, Hinata et Sakura, parfois. Et n'était-ce pas pire de s'aventurer au milieu de magasins rempli de monde que dans des rues bondées ? Neji fronça les sourcils. Pourquoi le faire alors, si ça lui faisait mal ? Pour défier sa maladie ? ...Ou alors peut-être tout simplement qu'elle allait dans les magasins pour ne pas rendre ses amies tristes.
Ce n'était rien d'autre qu'une forme de gentillesse.
...Pathétique.
La gentillesse n'est que pour les faibles, se dit-il avec amertume. Avoirs des amis rend faible.
Mais sans rien dire, Neji attrapa fermement le bras de Tenten entre sa main et, passant en force, il lui fraya à l'aide de son autre main une place à travers la foule. Tenten, surprise qu'il la touche – chose qu'il n'avait jamais faite, à part pour la frapper – resta bouche bée et se laissa faire, jusqu'à ce que le prodige ne la dépose dans un endroit plus respirable.
Et il la lâcha aussitôt.
Tenten leva les yeux sur lui, ébahie, mais le Hyuuga avait déjà recommencé à marcher, l'ignorant totalement. Tenten se dépêcha de le rattraper, puis, arrivée à son niveau, elle se demanda pourquoi il avait fait ça. Il venait de l'aider.
Neji Hyuuga venait de l'aider.
Peut-être avait-il comprit qu'elle avait le vertige quand il y avait trop de monde ? Ah bravo. Il a dû la trouver minable et faible ! Tout ce qu'elle n'était pas.
Pourtant, il l'avait aidée.
- Merci, lâcha-t-elle avant qu'elle ne puisse s'en empêcher.
Le Hyuuga déposa alors sur elle un regard perplexe. Tenten leva timidement les yeux sur lui, sourire gêné. Il l'observa intensément, essayant de comprendre, et Tenten se sentit bêtement rougir sous son regard pressant.
- Pourquoi me remercies-tu ? Finit-il par demander.
- Pour ton aide.
Neji ne retira pas ses yeux des siens, sourcils froncés, puis il serra les dents.
- Tch, je ne t'ai pas aidée, répondit-il alors, détournant la tête. Je ne veux pas être ralenti dans cette mission, voilà tout.
Tenten acquiesça lentement. Cette raison lui ressemblait bien mieux que la première qu'elle venait d'énoncer. Pourquoi Neji l'aiderait-il ? Néanmoins, elle fut contente que Neji l'ait aidée – même s'il ne considérait pas ça comme tel.
Ils marchèrent sans parler, mais le silence n'était pas tendu. Neji, comme à son habitude, réfléchissait. Il se demandait ce qu'il lui avait prit – est-ce qu'il s'attendrissait ? Non, répondit aussitôt une voix dans sa tête. C'est simple ; s'il ne l'avait pas aidée à franchir la foule, elle serait sûrement tombée malade, et ç'aurait engendré de multiples complications. Voilà pourquoi il avait décidé de l'aider.
Pas parce qu'il devenait gentil.
C'est une servante qui les accueillit lorsqu'ils sonnèrent à la porte de la maison du daimyo, et, sans un mot, elle les invita à entrer. La maison était sublime et haute, plus haute même que la célèbre résidence des Hyuuga, avec marbre au sol et tapis fait main qui recouvrait toute la surface. Tenten essaya de ne pas trop s'émerveiller face à toute la richesse de l'endroit, mais c'était difficile. Elle n'avait jamais eut un tel confort chez elle. Elle s'était promise de n'acheter que l'essentiel avec l'argent que les missions lui rapportaient (nourriture, meubles, vêtements) même si, parfois, elle faisait des exceptions quand elle craquait sur quelques armes.
- Tenten, gronda Neji. Arrête de regarder la pièce comme ça. C'est impoli.
Tenten leva ses yeux noisette sur lui, assez surprise qu'il ait remarqué ce qu'elle pensait.
- C'est juste que... c'est tellement beau.
- Hn.
- Et je n'ai pas ça chez moi.
Neji ne dit rien. Il haussa les épaules, avant que, soudainement, un éclair de sérieux passa dans ses yeux, et il se retourna brusquement vers la gauche, et para le coup d'un homme avec son kunai.
Tenten sursauta : un shinobi se tenait là ! Il avait failli attaquer Neji ! Que faisait cet intrus chez le daimyo ? N'y avait-il pas de garde ?
Et, alors que la jeune fille se mettait en position de combat, prête à le noyer sous ses armes, l'homme explosa de rire.
- Ca va, ca va, les jeunes, dit l'homme, levant ses deux mains devant lui. Tout va bien.
Tenten fronça les sourcils, et aperçut que Neji ne baissa pas sa garde non plus.
- Qui êtes-vous ? S'enquit sèchement le Hyuuga, regard sombre. Répondez, ou je vous tue.
L'homme se contenta de sourire davantage, et, alors qu'il fit mine de répondre, il disparut soudainement, apparaissant cinq mètres plus loin. Tenten haleta , quelle rapidité ! jamais elle n'avait vu pareille vitesse.
Neji au contraire, grogna.
- Mon nom est Kensuké, répondit alors le shinobi. Je suis à la tête de la protection du daimyo.
- Dans ce cas, s'écria Tenten, pourquoi avez-vous essayé de nous attaquer ?
Neji fit taire Tenten du regard.
- Oh, laisse-la parler, jeune homme ! ...Tenten, c'est bien ça ?
Tenten ne lui faisait toujours pas confiance. Alors, elle n'acquiesça pas. A la place elle serra son poing, en garde.
Kensuké haussa les épaules.
- Parce que, jolie fille, je vous testais, bien évidemment.
- Un test ? Grommela la voix de Neji, toujours en position de combat. Et pourquoi cela ? Vous pensez peut-être que l'Hokage aurait donné la protection du daimyo à des novices, peut-être ?
- Calme-toi, gamin. C'est de mon protégé qu'on parle. J'ai besoin de voir si vous êtes à la hauteur.
- Absurde.
Après l'avoir observé longuement, Neji desserra sa position, même s'il ne lui faisait toujours pas confiance.
L'homme semblait se moquer de lui, et ça, Neji détestait. Le prodige plissa les yeux sur l'intrus et l'examina. Il était d'âge moyen, du genre la quarantaine, avec cheveux couleur poivre et petits yeux sombres. Il souriait amplement, accentuant quelques rides, et Neji ne pouvait pas s'empêcher de se méfier alors qu'il observait ses yeux.
Et la façon dont il avait esquivé son coup l'avait impressionné, il devait l'avouer... Quel ninja était-il capable d'une telle vitesse alors que Neji ne ressentait qu'un homme au chakra moyen ? Et puis, il sentait bien qu'il n'avait pas une aura très élevée. Etait-ce possible qu'il puisse cacher à son Byakugan l'étendue de sa puissance ?
Mais les apparences sont trompeuses, se rappela-t-il. Et, cet homme, visiblement, était l'exemple parfait pour cette expression.
- Tenten, appela brusquement Neji, surprenant la jeune fille. Viens. Allons chercher le daimyo. Ne perdons pas notre temps avec ça.
- Il est au salon, leur apprit Kensuké avec un sourire amusé, mais Neji le savait déjà. Et n'essayez pas de vous plaindre. Murasame sama est au courant.
Neji déposa sur lui un regard qui aurait pu geler la mer toute entière, mais il n'impressionna guère son adversaire. Sans un mot, il se dirigea dans le séjour.
La pièce était à l'image même de l'entrée de la maison, c'est-à-dire grande, riche et lumineuse. Neji aperçut dans un premier temps Murasame Sâto, assit de tout son long dans un canapé, vêtu de sa tenue de politicien. Par politesse, il s'agenouilla devant lui, et Tenten l'imita, prudemment. Il sentait d'ici comme l'aura de sa coéquipière s'émouvait, et il vit par la manière dont elle touchait nerveusement le tissu de son pantalon qu'elle était tendue. Il se demanda brièvement ce qui la rendait nerveuse à ce point, ne comprenant pas ce sentiment qu'était l'anxiété. Peut-être était-elle tout simplement impressionnée. Et qu'elle ne voulait pas rater la mission.
Hn, se dit-il. Si elle écoutait ses directives, il n'y aurait pas de problème.
- Daimyo sama, parla poliment Neji, tête baissée. Nous sommes les deux shinobis chargés de votre protection pour votre voyage, sir. Nous partirons dès que vous êtes prêt.
- A la bonne heure ! Répondit le vieillard d'une voix fatiguée. J'espère ne pas être en retard, ce serait gênant !
- En effet.
- Compris, acquiesça le daimyo. A propos, comment trouvez-vous ma tenue pour ce voyage ?
Neji, jugeant la question plus qu'inutile, ne répondit pas.
Par chance, il entendit la voix claire et enfantine de Tenten lui répliquer :
- Si vous voulez mon avis, elle est pas très adéquate, sir. Vous risquez de vous salir, comme ça.
- Vous pensez ? Il ne faudra pas me faire marcher trop longtemps tout de même..., répondit le politicien d'un ton plaintif. Bon, si vous le dîtes. Misa ! Appela-t-il alors. Misa !
Tenten échangea avec Neji un regard d'incompréhension – du moins c'est ce qu'elle comprit dans son regard mauve, avant qu'une femme n'arrive, une servante sans doute.
- Oui, sir ?
- J'aurais besoin d'une tenue qui me permettra de bouger dans... un territoire mouvementé.
- Oh. J'arrive tout de suite, sir.
Elle quitta la pièce pratiquement en courant, et, quand elle revint avec ses vêtements, Tenten se dit qu'ils ne devaient pas rester là. Alors, donnant un coup de coude à Neji, elle lui fit silencieusement signe de quitter la pièce.
Neji ne protesta pas, pour une fois.
Le daimyo était fin près. Tenten lui proposa de tenir son sac, mais l'homme préféra le donner à Neji. Elle décida de ne pas se plaindre.
Kensuké vint les saluer. Il observa Tenten avec malice, intensément, et Tenten se demanda avec brusquerie quel était son problème. S'il voulait se battre, qu'il vienne ! Et puis, se demanda-t-elle, pourquoi n'assurait-il pas lui-même la protection de son cher daimyo s'il était là ?
Elle allait lui poser la question quand une voix se fit entendre.
- Grand père, attends !
Une fille accourut alors dans leur direction. Elle portait une robe bleue ciel très jolie, et beaucoup de bijoux. Tenten remarqua comme ses cheveux noirs étaient coiffés en une coiffe complexe et experte, et comme ses ongles étaient vernis de rose pâle.
La petite fille du daimyo, se dit-elle lentement. Une vraie chochote.
- Grand père, tu as oublié de me dire au revoir, se plaignit la fille, quoique Tenten se dit qu'elle devait à peu près avoir son âge. Cela ne se fait pas.
Sâto se retourna lentement et un sourire éclaira lentement ses lèvres.
- Nanako, ma petite fille, mais je t'ai déjà dit au revoir... ! Ou peut-être que j'ai oublié ?
Elle leva les yeux au ciel.
- Oui grand père, t'as oublié. Mais ce n'est pas le plus important. Je voulais te rappeler que tu dois ramener quelques souvenirs du pays de l'eau, marmonna la gamine. J'aime les jupes qu'ils font. Tu sais, celles fabriquées main ?
Le politicien acquiesça, malgré l'absurdité de la chose. Son grand père était vieux et fatigué. Si elle voulait quelque chose, pourquoi ne pas y aller elle-même ? Ah, ces civiles !
- Si je trouve.
La jeune fille fit la moue, ses yeux gris maquillés se posant brièvement sur elle avant qu'elle ne regarde une fois encore son grand père.
- Donc c'est eux les shinobis de Konoha qui vont te protéger...
Et alors, il se passa quelque chose de surprenant. La fille ouvrit grand ses yeux gris, comme si elle réalisait quelque chose et ; se tournant vers Neji, elle pointa son doigt manucuré sur lui.
- Neji Hyuuga ? S'écria-t-elle. C'est vous, n'est-ce pas ?
Tenten se demanda brièvement comment elle pouvait le connaître. Mais sûrement avait-elle lu la missive de Tsunade ! Assez étonnant qu'elle sache lire, vu comme elle réfléchissait...
Neji, que Tenten n'avait pas entendu parler depuis un moment déjà, pencha légèrement la tête. Quelques mèches de ses cheveux s'échappaient de son élastique, remarqua Tenten. Sûrement à cause du combat qu'il avait mené plus tôt.
- Sâto-sama, gratifia-t-il d'une voix simple.
Mais la fille – Nanako – l'observait toujours avec de gros yeux, comme fascinée. Tenten serra les dents. C'est quoi son problème ? Okay, Neji était plutôt mignon. Enfin, il était attirant. Mais pas la peine de l'observer comme s'il venait d'une autre planète. Vraiment, les filles qui faisaient ça étaient ridicules !
- Enfin je vous rencontre, lui dit enfin Nanako en posant ses deux mains sur son cœur. Neji. Mon beau fiancé.
La maitresse des armes ouvrit grand ses yeux bruns, se demandant si elle avait bien entendu. Fiancé ?
- Sâto, répondit Neji, faussement à l'aise.
- Appelez-moi Nanako.
Tenten entendit son grondement dissimulé par un « hn » assez sec, mais vu comme la pimbêche observa Neji en retour, elle ne sembla par avoir comprit sa réponse comme étant négative.
Mais Tenten, elle, était en état de choc.
Neji allait se marier ? Qu'est-ce que cela voulait dire ?
FF m'énerve en ce moment. Il supprime tous les points virgules, c'est dingue !
Anyway ! Merci d'avoir lu.
