Bonjour tout le monde.

Comme promis à certains d'entre vous, j'ai essayé de poster ce chapitre rapidement, mais, en fait, je me suis retardée toute seule. Je crois que je me met trop de pression pour être sûre que ce soit parfait (et pourtant, rien ne l'est !!). Plus vos critiques sont élogieuses, plus je veux vous satisfaire en faisant mieux, tout du moins, aussi bien.

Ce qui fait que je ne suis pas complètement satisfaite de ce chapitre, mais comme je suis perfectionniste... Tout ce qui compte, c'est qu'il vous plaise à vous !!

Bonne lecture !!

Hermione se réveilla le lendemain matin et réalisa qu'elle ne se trouvait pas, comme elle s'y attendait, dans le canapé du salon mais dans son lit. D'un geste brusque, elle arracha ses couvertures et poussa un soupir de soulagement. « Au moins, j'ai toujours mes vêtements », constata t-elle. Il était donc improbable que ce soit Drago qui l'ait transporté jusqu'à sa chambre, sa tenue n'aurait probablement pas été la même. « A moins qu'il n'ait suffisamment profité avec sa nouvelle conquête », acheva t-elle mentalement, son cœur se serrant douloureusement à cette idée. Il fallait qu'elle se le sorte de l'esprit et du cœur, ou leur cohabitation deviendrait vite un enfer. Principalement pour elle...Posant finalement pied au sol, elle se leva et, après s'être déshabillée, prit une douche rapide. Elle venait à peine d'enfiler ses sous-vêtements qu'elle entendit sa porte s'ouvrir. Elle se figea, n'osant se retourner.

- Granger ?...Hermione, tu es réveillée ??

- Malfoy !! Hurla t-elle en se retournant. Qu'est-ce qui te donne le droit de t'introduire dans ma chambre sans frapper ?

- J'ai frappé il y a quelques minutes mais tu n'as pas répondu !! Je pensais que tu ne t'étais pas réveillée.

- J'étais sous la douche !! Poursuivit-elle comme si cela était une évidence.

- C'est ce que je peux constater...lui répondit-il, un léger sourire appréciateur sur les lèvres.

- Mal...Malfoy !! Comment oses-tu ?? Sors immédiatement de ma chambre !! Rugit-elle en prenant conscience de sa tenue.

Préférant obtempérer pour ne pas l'énerver davantage, il se retrouva bientôt le dos collé à la porte de la chambre de la jeune femme, un air extatique sur le visage. Par Merlin, il ne l'avait jamais trouvé aussi belle qu'en cet instant, en sous-vêtement, les cheveux encore humides, les joues rouges de honte. Elle était magnifique, et il se maudit de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. De son côté, Hermione n'avait pas bougé, fixant d'un regard sombre la porte par laquelle il venait de disparaître. Pourquoi avait-il fallut qu'il pénètre dans sa chambre à un moment où elle n'était pas présentable, les cheveux défaits et mouillés, alors qu'elle portait un ensemble beige on ne peut plus banal. Rien de très séduisant, en fait. Jamais elle n'avait eu aussi honte de toute sa vie. Après avoir fini de s'habiller, elle patienta un moment, espérant qu'il sortirait de la salle commune. Si elle pouvait l'éviter avant le petit déjeuner, ce ne serait déjà pas mal. Autant ne pas le rencontrer trop rapidement, cette histoire pourrait bien être le dernier ragot de radio-Poudlard si elle n'y faisait pas attention.

A la pause de midi, elle rejoignit Harry, Ron et Ginny devant la Grande Salle pour le repas. Au moment de franchir les lourdes portes qui dissimulaient l'accès à la salle, elle n'avait pu se retenir de prendre une grande inspiration, craignant plus que tout que l'histoire ait fait le tour de l'école.

- Ca va, Mione ? Demanda Ron, ayant surpris sa réaction.

- Oui, ça va, lâcha t-elle, un peu agacée. Vous n'en avez pas assez de me poser cette question depuis hier. Ca commence à bien faire. Oui, je vais bien !! Voilà vous êtes contents ?

- T'énerves pas, c'est juste qu'on s'inquiète pour toi, c'est tout, la rassura Ginny.

- Ce n'est vraiment pas la peine, murmura t-elle, tandis que Ron lui tenait l'un des battants de la porte pour lui permettre de passer.

Avec surprise, elle constata qu'aucune tête ne se tournait vers elle tandis qu'elle se dirigeait vers la table des Gryffondors. Peut-être avait-il tenu sa langue, pour une fois ? Du regard, elle le chercha à la table des Serpentards, mais ne le trouva nulle part. Chassant finalement le beau blond de ses pensées, elle s'assit près de ses amis et profita de son premier repas de la journée avec entrain, rassurant ses amis sur son état.

Il avait finalement trouvé refuge près du lac. Tous les élèves devaient être dans la Grande Salle en train de profiter du déjeuner mais lui n'avait absolument pas faim. Toute la matinée, il avait été hanté par la vision angélique de sa colocataire en sous-vêtements. Il s'étonna d'être aussi chamboulée par ce détail. Il l'avait déjà vu en petite nue, voire moins, mais là, il ne s'en remettait pas. Peut-être parce que les fois précédentes, il était rongé par son désir et n'avait pas prêté plus attention à sa tenue qu'au reste ? Ou peut-être, et cette idée l'effrayait un peu bien qu'elle soit la plus plausible, son trouble n'était que le résultat de sentiments qu'il avait enfin mis à nus, que le moindre détail exacerbait ? Et cette avalanche de doutes qui l'assaillaient en permanence, cette impression que tous pouvaient lire en lui et voir son trouble, le minait au plus haut point. Jamais il ne s'était senti si faible !! Il avait pourtant entendu rabâcher depuis près de sept ans par Dumbledore –ce vieux fou – et par les partisans de Potter – ce crétin - que l'amour donnait une force inconditionnelle à celui qui se laissait toucher !! Mais lui, bien que fou amoureux d'Hermione (il le reconnaissait enfin), ne se sentait pas plus de force que ces stupides oiseaux se faisant balayer d'un revers de branche par le Saule Cogneur. Tout se mélangeait dans sa tête, les préceptes inculqués par son père, la doctrine de Dumbledore, les sermons de Ron à son égard la nuit précédente, la jeune femme, nue sous lui…Il ne savait plus où il en était, ce qu'il devait croire, qui il devait suivre.

- Qu'est-ce que tu fous là, Dray ?

- Fous-moi la paix, Blaise.

- Non…Désolé mais non….

- …

- Bon, maintenant, tu vas peut être pouvoir me dire ce qui t'arrive depuis hier ?

- Et que crois-tu qui m'arrive, d'après toi ?

- Perso, j'en sais rien. Hier à midi, tu quittes la Grande salle en plein repas, hier soir, tu fixais bizarrement la table des Gryffondors, et ce midi, tu ne viens même pas manger !!…Tiens, d'ailleurs, Pansy m'a donné ça pour toi. Drago s'empara de la pomme que lui tendait son ami.

- Merci.

- Théo a une drôle de théorie, si ça peut t'intéresser.

- Vraiment. Et qu'est-ce que ce cher Nott à bien pu imaginer ? Demanda t-il de son habituel ton sarcastique.

- Il pense que tu es amoureux, lâcha enfin Blaise, fixant du regard son ami pour voir sa réaction. Et je pense aussi comme lui…Mais bon, tu es un Malfoy et tout le monde sait bien que les Malfoy ….

- Ne tombent pas amoureux, je sais, finit-il à la place de Zabini.

- Oui.

- ….

- ….

- Ce serait si mal que ça ??

- Pour la haute société, probablement. Pour ta mère, je ne pense pas. Ton père se retournera probablement dans sa tombe….

- Et pour vous ? Enfin, je veux dire Théo et toi ?

- Une preuve de plus que tu es un peu humain finalement….Bon, alors dis-moi…..Qui est-ce ?

- Blaise !! ….Tu pousses un peu, là.

- J'essayais c'est tout. T'avais l'air bien parti pour une longue séance de confidences, c'est tellement rare, plaisanta le Serpentard, agrippant le cou de son ami et le forçant à prendre le chemin de la Grande Salle.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans la Grande Salle, Drago repéra immédiatement la jeune femme à la table des rouges et or. Elle riait aux pitreries de Finnigan et ne semblait pas gênée le moins du monde par ce qui avait pu se passer le matin même. Qu'il l'ait vu en petite tenue ne la dérangeait pas tant que ça apparemment. Cette idée lui fit l'effet d'un coup de couteau en pleine poitrine. Si ça ne la dérangeait pas, ce devait sûrement être parce qu'elle ne se souciait pas de lui et de ce qu'il représentait. Il suivit d'un pas lourd Blaise jusqu'à leur table et s'y assis sans pour autant toucher à la nourriture devant lui. Il la vit se lever en même temps que Ron et Potter, et s'attarder quelques secondes. Elle semblait chercher quelqu'un du regard, et à l'instant même, leurs regards se croisèrent. Il la vit écarquiller les yeux, piquer un fard et s'enfuir à la suite de ses deux amis. Finalement, peut être que ça la dérangeait un peu malgré tout !!

La première chose qu'il vit lorsqu'il revint dans leur salle commune respective en fin d'après-midi fut la présence d'un nouveau tableau accroché à gauche de la porte de la Gryffondor. Une jeune femme en robe de soie blanche posait sur un rocher près d'un petit cours d'eau. Tandis qu'il s'en approchait pour l'observer plus attentivement, une voix résonna derrière lui.

- Le professeur McGonagall a été très compréhensive et m'a permis de disposer de ce tableau à ma guise.

- Tu sais que ça ne servira pas à grand chose…J'entendrais ton mot de passe dès que tu le prononceras.

- Faux…Assura t-elle, de son ton professoral. La jeune femme peinte sur ce tableau était sourde de naissance…Elle n'ouvre qu'à la personne a qui elle a été assigné. C'est-à-dire moi.

- Très pratique en cas d'urgence !! Ironisa t-il.

- Tout a été prévu, je te rassure. Il y a aussi un tableau dans ma chambre – son fiancé – qui lui, parle parfaitement et comprend le langage des signes. Il pourra traduire sans aucun souci.

Sur ces mots, elle le dépassa et pénétra dans sa chambre, le laissant seul et abasourdi. Jamais il n'aurait pensé qu'elle en arriverait à de telles extrémités. L'empêcher de rentrer dans sa chambre. Elle n'avait donc pas confiance en lui. Pourtant, elle aurait du reconnaître qu'ils avaient fait pire que de se découvrir en sous-vêtements. Il ne la comprendrait vraiment jamais. La satisfaction qu'il avait éprouvé le midi en voyant la jeune femme rougir au souvenir de leur mésaventure de la matinée s'estompa immédiatement au profit d'un lourd ressentiment face à sa méfiance. Elle ne lui accorderait jamais sa confiance, elle en faisait une fois de plus la démonstration. Autant ne pas s'accrocher davantage, il trouverait bien une autre fille qui serait décidément moins farouche et désagréable avec lui. L'amour ne lui apportait rien de bon, autant s'en passer.

Hermione s'était assise sur son lit, incapable d'enlever de son visage le petit sourire victorieux qui y était né lorsqu'elle avait aperçu la mine contrite de son homologue Serpentard. La découverte du nouveau système de régulation des entrées de sa chambre ne lui avait apparemment guère fait plaisir, mais au moins, elle était certaine que l'incident de ce matin ne se reproduirait plus à l'avenir. Et ceux des jours précédents également Elle pourrait ainsi se réfugier dans sa chambre dès qu'il ferait mine de vouloir la provoquer. Plus jamais elle ne répondrait à ses provocations, leurs finalités la faisant décidément trop souffrir. Bien sûr, elle aurait pu retourner à la tour des Gryffondors, du moins pour un temps. Mais ce n'était pas une solution et elle n'était pas du genre à fuir. Elle ne l'avait pas fait pendant la guerre, elle n'allait pas commencer avec Malfoy !! Elle entendit la porte de la salle commune claquer dans un bruit sourd. Bien, elle pourrait enfin aller chercher le livre qu'elle avait oublié sur la table basse la nuit précédente afin de réviser avant le dîner.

L'équipe de Gryffondors tournoyait depuis près d'une heure au-dessus du terrain de Quiddich de l'école et le capitaine ne semblait pas décidé à stopper cet entraînement éprouvant. Ron volait tranquillement devant ses buts, attendant l'arrivée d'un souaffle à proximité de sa zone, lorsqu'il vit en contrebas dans le parc de Poudlard, un jeune homme blond à l'allure aristocratique se pavanant tel un paon au milieu d'un groupe de cinquième année de Serdaigles admiratives. Etouffant un juron, il reporta son attention sur le terrain, trop tard cependant pour stopper le souaffle que sa sœur venait de tirer.

- Mais bon sang, Ron, qu'est-ce que tu fous ?? Lui hurla Harry depuis le centre du terrain. Tu crois qu'on s'entraîne pour s'amuser !!

- Ecoute Harry, tu fais ce que tu veux, mais moi, j'en ai marre aujourd'hui !! Lui répondit-il sur le même ton, en prenant la direction de la plate-forme qui menait aux vestiaires.

- Mais qu'est-ce qu'il a en ce moment ? Il est bizarre lui aussi… Commença Harry, que le comportement de son meilleur ami intriguait.

- Tu ne crois pas qu'il pourrait être amoureux ? Demanda gentiment Ginny.

- Je n'espère pas !! S'exclama le Gryffondor. Parce que c'est Malfoy qu'il regardait !! Poursuivit-il en montrant à sa petite amie la direction que fixait auparavant son frère aîné.

Ron sortit en trombe des vestiaires sans même prendre le temps de se doucher ou de se changer. Ce qu'il avait dit la veille à ce petit prétentieux arrogant ne l'avait apparemment pas atteint et il allait lui apprendre à se moquer des sentiments d'Hermione. Il le rejoignit rapidement et l'attroupement féminin qui s'était formé autours de l'attrapeur des verts et argents se dispersa lorsque plusieurs filles croisèrent le regard venimeux du cadet des Weasley.

- Qu'est-ce que tu fiches Malfoy ?? Demanda Ron avec virulence.

- En quoi ça te regarde, Weasley ?? Répliqua Drago sur le même ton. Je ne fais rien de mal que je sache.

- Ce que je t'ai dit hier soir ne t'as absolument pas fait réfléchir, à ce que je vois, continua Ron, baissant toutefois la voix, afin que leur discussion demeure privée.

- Au contraire…Elle n'a aucune considération pour moi, aucune confiance en moi…C'est un fait qui ne changera pas… A quoi ça sert que je m'accroche ? Tout ce que je pourrais faire, c'est la blesser. Puis, voyant Harry et Ginny s'approcher. Ron, ce que tu essayes de faire pour elle est tout à ton honneur – et Merlin sait ce que je pensais avant de l'honneur des Weasley- mais ça ne sert à rien. Jamais je ne pourrais obtenir ne serait-ce que ce qu'elle vous donne à Potter et à toi.

- Il ne tient qu'à toi de changer, Drago… Chuchota Ron, tandis que le Serpentard regagnait l'école d'un pas traînant.

Puis, voyant sa sœur et son meilleur ami venir à lui, il se pressa de retourner aux vestiaires afin de se rendre enfin présentable pour le souper.

Hermione soupira. Plus de cinq heures qu'elle travaillait sans relâche et, une fois n'est pas coutume, ses révisions l'ennuyaient au plus haut point. Son esprit ne cessait de s'aventurer dans des contrées qu'elle cherchait désespérément à fuir, lui faisant revisiter le corps de son colocataire, redécouvrir la douceur de ses cheveux, le panel de gris qu'était capable de revêtir son regard,… Il fallait absolument qu'elle cesse d'y penser. Drago et elle, ensemble. Poudlard ne s'en remettrait sûrement pas. « Et Harry et Ron encore moins !! » songea t-elle avec un sourire triste. Son estomac la tira soudainement de ses mornes réflexions. Il était près de 22 heures, elle avait laissé passer l'heure du repas et, à présent, elle sentait la faim la tirailler. Elle sortit de sa chambre en silence, constant que leur salle commune était déserte et se faufila discrètement jusqu'aux cuisines. Elle était certes préfète-en-chef, elle pouvait donc se promener dans les couloirs sans risquer d'être punie, mais les veilles habitudes ont la vie dure, et les années passées à défier le règlement aux côtés d'Harry et de Ron avaient laissées des traces en elle. Elle arriva sans encombre jusqu'aux cuisines et pénétra dans la pièce.

- Bonsoir Miss Granger.

- Bonsoir. Excusez-moi de vous déranger, mais je souhaitais savoir s'il était possible de trouver quelque chose à grignoter. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de souper ce soir.

- Bien sûr, Miss Granger, je vous apporte quelque nourriture immédiatement.

L'elfe de maison s'éloigna et revint rapidement avec un plateau chargé de victuailles : tourte à la viande, tarte aux citrons confits, jus de citrouille, différentes sortes de fruits… Elle le remercia avec toute la reconnaissance possible et, faisant voler le plateau à l'aide d'un sort, elle retourna dans ses appartements. Installée sur son lit, feuilletant un magazine prêté par Ginny, elle profita de ce moment de détente pour faire le vide dans son esprit, tant et si bien qu'elle s'endormit avant même d'avoir entamée la tarte aux citron confits.


La suite est déjà en cours d'écriture, ça ne devrait donc pas tarder !!