Disclamer : Inutile, mais d'usage de préciser que les personnages utilisés dans cette histoire sont la propriété de J.K. Rowling. La permission m'est accordée de m'en servir afin de me distraire, mais également de vous divertir.

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Note de l'auteur : J'ai écrit cet OS dans le cadre de la 14ème édition de la « Nuit du FoF ». Il s'agit d'écrire en une heure un OS autour d'un thème donné au préalable. Le thème auquel est consacrée cette histoire est « prison ».

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Fond musical discret mais de qualité : Chopin, Nocturnes.

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A LA SANTÉ

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Putain ce qu'il fait froid.

Frigorifié, il se balançait d'avant en arrière, serrant convulsivement autour de ses épaules la maigre couverture qui lui avait été attribuée le premier jour où il était arrivé ici. C'était... Il ne savait plus à quand remontait son incarcération, il avait cessé de compter le jour où la réserve de cailloux qui lui servait à graver des traits sur les murs de sa cellule en guise de mémo était arrivée à épuisement.

Merde c'qu'il fait froid !

Ça devait être l'hiver, à en croire la température ambiante.La pire des saisons depuis qu'il était ici. Il n'avait même plus la force de se transformer. Penser était chaque jour plus difficile, les Détraqueurs n'était jamais rassasiés. D'ailleurs, il y en avait un qui n'allait pas tarder à passer devant lui, il le sentait, les sens aux aguets. Les pas lourds qui résonnaient sourdement sur la pierre brute vrillaient ses oreilles, l'odeur aux relents saumâtres qui se frottait à ses narines sans que le froid suffit à engourdir son odorat pour l'éviter et leur vue...(1)

Va-t-en ! Va-t-en ! Dégage saloperie, t'entends ?

A ce stade, il ne pouvait plus décrire ni ce qu'il voyait, ni ce qu'il ressentait. Il était comme fou. Plus rien avait de sens. Il se terra dans un angle de la cellule, sa cellule, celle où il était alors qu'il n'avait rien fait. Morts. Ses amis étaient morts et c'était sa faute. Il souffla sur ses doigts gourds, des larmes s'écoulaient sur ses joues sans qu'il ne s'en rendit compte.

Pourriture, fous le camp !

Ses protestations n'avait pas d'effet autre que d'exciter plus encore la créature qui s'approchait des grilles de sa cellule, unique rempart entre le Détraqueurs et lui, repas de choix ignorant qui ne parvenait même plus à s'agiter suffisamment pour éloigner le froid oppressant. Ses pensées n'étaient plus cohérentes, ombragées, comme recouvertes d'un voile tenace, poisseux, que sa volonté ne parvenait à soulever pour qu'il leur échappa. Il entendait en lui les cris de sa mère, il sentait, l'estomac noué, la nausée qui le gagnait tandis qu'on le chassait de chez lui.

S'il te plait va-t-en...

Il sanglotait à présent, déversant des bouillons de larmes irrépressibles teintées de crasse sur son visage. Pitoyable, il n'était que pitoyable, on lui avait bien assez dit, il le savait. Servilus avait raison quand il disait qu'il ne valait pas mieux que ceux qui massacraient les moldus. Lui aussi persécutait, à sa façon. De pire en pire, tout remontait à la surface, ses souvenirs, douloureux, lancinants, honteux. Enfermé et anéanti, voilà ce qu'il était.

Il ne voulait plus rien. Rien d'autre que tout cela cesse. S'il en avait eu la force, il aurait tendu les bras vers la créature et lui aurait roulé un dernier patin de tous les diables qui l'aurait mené droit en Enfer.

Rien n'était plus vicieux qu'Azkaban, pas même la mort. Il fallait être sacrément tordu pour avoir mis en oeuvre un endroit pareil. Et ces damnés gardiens qui ne prenait jamais de congés !

Suis innocent putain, barre toi !

Ni supplication, ni vociférations ne pouvait faire fléchir les Détraqueurs, il le savait bien, mais chaque fois, toujours, il ne pouvait s'empêcher de crier lui aussi, comme les autres détenus. Jamais on ne reprochait à l'un de ses compagnons de misère ses jérémiades. C'était un rituel tacite.

Et dire qu'il en avait envoyé du monde à Azkaban... S'il avait pleinement eu conscience de ce que cela impliquait, peut-être aurait-il utilisé ses convictions à d'autres fins, plus justes. Ou bien peut-être n'aurait-il pas retenu un Avada Kedavra par ce qu'il supposait être alors de la grandeur d'âme.

La bête s'éloigna finalement, partant se délecter des pensées d'un autre. Mais le soulagement fut de courte durée, le froid, lui, était toujours là.

Faut vraiment que j'me casse d'ici...

Quelques mois plus tard, il était enfin dehors.

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(1) « L'horreur ! L'horreur a un visage... » (Apocalypse Now) Pardonnez-moi, je pouvais pas m'en empêcher^^