Lorsque la porte s'ouvrit complètement, Félicity sauta sur ses pieds et essaya d'attaquer l'homme qui se tenait en face d'elle. Elle le reconnut tout de suite, ce visage, elle l'avait scruté durant des heures, c'était lui-même qui lui avait couru après, l'empêchant de s'échapper. C'était ce même visage qui l'avait terrifié et qui hantait en partie ses rêves. Le bras droit de Travel lui saisit les poignets avant qu'elle ne puisse lui porter un coup de couteau et il sourit sadiquement. Son regard glacial et embrumé par la haine lui glaça le sang. Il lui tordit le bras l'obligeant à lâcher ce qu'elle tenait dans les mains.

- Allons ma jolie, on en avait pas fini avec toi.

Si sa situation n'était pas aussi désespérée, elle aurait pu rire du cliché de sa phrase. Seulement, elle n'était pas sur son canapé à assister à un mauvais film d'horreur, elle le vivait et en cet instant présent, cela n'avait rien de comique. Elle donna un coup de genou dans sa cuisse et profita de sa réaction pour s'extirper de sa poigne. Elle voulut courir jusqu'à sa porte mais il la rattrapa dans son salon et lui attrapa la taille avant qu'elle ne puisse atteindre la poignée de sa porte. Le poids de son corps la fit basculer et elle s'effondra sur sa table basse, brisant le verre en des milliers de morceaux. La douleur qui la submergea la paralysa. Ses côtes la faisait horriblement souffrir et sa tête avait dû heurter le sol avec dureté car elle la sentait sur le point d'exploser. Alors que l'homme se relevait er se rapprochait d'elle, elle tâtonna à la recherche de quelque chose qui pouvait l'aider. Trop tard, il était déjà sur elle et passait ses mains autour de son cou. Il l'étrangla et l'air commença à lui manquer. Continuant de chercher de la main, elle trouva enfin un morceau de verre suffisamment gros pour être coupant. Elle s'en saisit et porta un coup à son visage. Celui-ci la lâcha et elle se dirigea vers la fenêtre. Auparavant fermée, l'individu devait l'avoir ouverte lorsqu'il avait fouillé son appartement. Elle enjamba le rebord et grimpa l'escalier. Elle la ferma ensuite, consciente que cela ne ferait que le ralentir tout au plus. Elle voulut descendre mais une porte grillagée était fermée à clé et barrait le passage. Il était trop tard pour aller chercher la clé, elle n'avait plus qu'une solution, elle allait devoir monter. Entendant qu'il forçait déjà sur l'ouverture de la fenêtre, elle se dépêcha de monter l'escalier. Pieds nus, en t-shirt trop grand et short de pyjama, elle commençait déjà à avoir froid. Elle monta aussi vite qu'elle put et entendit l'homme se lancer à sa suite. Lorsqu'elle arriva sur son toit elle se dirigea vers la porte de fer qui menait à l'intérieur de l'immeuble mais impossible pour elle de l'ouvrir de l'extérieur. Désespérée, Félicity tapa rageusement dessus. Elle était coincée. Elle courut vers le rebord et jaugea la distance qui la séparait du toit d'à côté. Elle ne pourrait jamais sauter le vide qui la séparait de l'immeuble voisin. Elle se maudit intérieurement. Sarah aurai pu sauter cet espace, mais elle, elle n'était qu'une employée de bureau spécialisée dans les ordinateurs. Sa vie dépendait de cet instant et elle se retrouvait démunie.

- Tu n'as plus nulle part où aller.

Elle se retourna et vit son cauchemar se matérialiser devant elle. Cette immense carrure se détachant de la clarté de la lune, ses yeux noirs et ce visage dont les cicatrices témoignaient de la violence de cet homme, tous ces détails lui donnèrent la nausée. Consciente qu'elle n'avait plus aucune échappatoire, elle se désigna à ne plus tenter de fuir. Dès qu'il avait franchi le seuil de son appartement, elle savait au fond d'elle qu'elle n'avait plus aucune chance de s'en sortir.


*Flash back*

On l'attacha à cette chaise recouverte de sang et Travel s'avança vers elle, un mélange de surprise et de fureur sur son visage. Par chance durant sa fuite, elle avait pu enclencher le virus de Clock King sur son téléphone et celui-ci s'était autodétruit.

- Que faites-vous ici, hum ?

Faisant jouer une lame de couteau entre ses mains, il continua calmement.

- Pour qui travaillez-vous ? Je doute que vous enquêtiez sur moi par hasard. Et vous n'êtes certainement pas de la police.

Elle était restée silencieuse. Qu'aurait-elle pu dire ? Elle n'aurait certainement pas trahi Oliver pour se sortir de cette situation. Il réitéra sa question et voyant qu'elle s'obstinait à rester muette, il la gifla, renversant sa chaise au sol. Il ordonna qu'on la relève et il s'approcha à quelques centimètres de son visage.

- Je vais vous montrer ce qui arrive quand on ne coopère pas…

Il jeta un coup d'œil dans les poches de sa veste et en sortit le petit portefeuille rose fluo de Félicity.

- Félicity Smoack, sourit-il en lisant son badge d'identification de la Queen Consolidated. Eh bien Félicity, voilà un avant-goût de ce qui vous attend durant les prochaines vingt-quatre heures.

On fit avancer un homme, le visage tuméfié et plein de sang. On l'assit sur une chaise face à la sienne et on l'attacha. La victime n'avait même plus la force de lever la tête. Travel tourna le dos à Félicity pour s'approcher de lui.

- L'homme que vous voyez ici est mon comptable. Était, se rattrapa-t-il. A cause d'une de ses erreurs de calculs, j'ai failli perdre vingt mille dollars.

Il prit son couteau et lui planta dans la main, arrachant un cri déchirant à cet homme impuissant. Félicity dut fermer les yeux, incapable de soutenir ce spectacle du regard. Elle l'entendit rire, un rire gai et tonitruant, comme s'il venait d'entendre une blague hilarante.

- Ce n'est que le début miss Smoack et cet homme n'a fait qu'une simple erreur dans son travail. Imaginez donc ce qui vous attend vous, qui êtes venue jusqu'ici m'espionner afin de me faire tomber. Vous n'imaginez pas à quel point la colère me fait faire des choses déraisonnables.

Comme pour illustrer ses dires, il retira la lame da la main ensanglantée et dans un geste vif et précis, il lui trancha.


L'homme s'avança vers elle et s'apprêta à la saisir lorsqu'il reçut une flèche dans la jambe. Surprise et soulagée, Félicity profita de la douleur de son adversaire. Elle ancra ses pieds au sol tel que Sarah le lui avait montré et elle frappa de plein fouet son adversaire au visage. Une fraction de seconda passa avant qu'Oliver ne saute sur le toit. Il s'approcha d'elle et saisit son visage entre ses mains afin de vérifier son état. Profitant de cette distraction, l'homme s'enfuit et Sarah qui venait d'arriver, partit à sa poursuite. Soudain en proie au vertige, Félicity tangua sur ses pieds et Oliver attrapa sa taille afin de la maintenir. Il la prit dans ses bras, soulagé qu'elle n'ait rien. Se sentant en sécurité ainsi logée contre lui, elle faillit éclater en sanglots de soulagement. Il l'avait sauvé encore une fois, pile à temps et elle n'en éprouvait que plus d'amour à son égard.

- Diggle, appelle le détective Lance. Sarah, tu l'as intercepté ?

- Non il s'est enfui.

- Et les policiers ?

Félicity entendit la voix de Diggle résonner à travers l'oreillette.

- Les deux hommes sont morts.

Sous le choc, Félicity pensa à l'officier Shepner. Cet homme ne reverrait jamais sa famille, ses filles ne verraient plus leur père et c'était de sa faute.

- J'emmène Félicity à l'hôpital.

- Pas d'hôpital, trancha-t-elle. Emmène-moi au QG.

Oliver faillit protester mais après la soirée que venait de vivre Félicity, il n'eut pas le cœur à la contrarier. La serrant contre lui, il tira une flèche et descendit de l'immeuble. Il retrouva John et Sarah en bas. Celle-ci enfourcha sa moto tandis qu'il déposa doucement Félicity dans la voiture avant de rejoindre le siège passager. Ils partirent tous et se rendirent au Verdant. Elle regretta de ne pas se retrouver seule avec lui, ou même avec Digg à leur côté. Elle appréciait Sarah mais de voir qu'encore une fois elle les avait suivi et prenait un rôle de plus en plus important dans l'équipe la vexa. Au moins, ils n'avaient pas encore partagé de baisers devant elle ou un quelconque signe d'affection. Prostrée sur la banquette, elle tentait de penser à autre chose qu'à la tournure qu'aurai pu prendre sa vie si jamais Oliver n'était pas intervenu à temps. Soudain, elle laissa exploser son chagrin et des larmes roulèrent sur ses joues en silence. Oliver qui jetait des coups d'œil anxieux dans le rétroviseur dans sa direction se mépris sur ses sentiments.

- Tu n'as plus à avoir peur Félicity. Il ne t'arrivera plus rien, désormais tu seras sous ma surveillance.

Elle mit un moment avant de répondre.

- Je n'ai pas peur Oliver. Je pense à ces hommes qui sont morts par ma faute. L'un d'eux était père de famille. Cela devait être sa dernière soirée à me surveiller, il devait rentrer voir ses filles et sa femme. Et à cause de moi, elles ne verront plus jamais leur père. Comment est-ce que je vais pouvoir vivre avec l'idée que j'ai tué un homme. J'ai son sang sur mes mains !

La voiture s'immobilisa et elle vit qu'ils étaient arrivés. Oliver descendit en vitesse et lui ouvrit, la sortant du véhicule. Lui tenant fermement les bras, il lui faisait face et la regardait avec sérieux.

- Tu n'es pas responsable de sa mort Félicity, tu m'entends ? Ce n'est pas ta faute. Si quelqu'un doit être responsable de tout ça, c'est moi. Je n'ai pas su tenir mes engagements et te protéger. En aucun cas leur mort ne doit être sur ta conscience. Il faisait son travail, il savait qu'il risquait sa vie, il en avait fait le choix.

Félicity ravala ses larmes, perturbée par le regard intense de son patron.

- S'il y a bien quelqu'un qui ne doit pas s'en vouloir, c'est toi. Tu as fait preuve d'extrêmement de courage.

Il l'entraîna vers le sous-sol, Diggle à sa suite et Sarah quelques instants plus tard. Il lui donna des antidouleurs et laissa Sarah examiner ses blessures étant donné que Félicity ne portait qu'un simple t-shirt et pas de soutien-gorge. Elle releva son haut au maximum tout en laissant sa poitrine cachée et regarda attentivement ses côtes. Après une palpation qui arracha quelques gémissements à Félicity, elle put conclure que ses autres côtes n'avaient pas été touchées mais que les deux déjà fracturées mettraient du temps à cicatriser. Quelques minutes plus tard, elle dut partir afin de commencer son service au bar. Oliver parlait au téléphone au détective en tant qu'archer et lui expliqua la situation. Après de nombreuses de minutes de discussion il lui expliqua que désormais Félicity habiterait chez Oliver Queen afin que ses gardes et lui-même en tant que justicier aient un œil sur elle. Elle allait protester lorsque Digg l'interrompit. Une fois qu'il eut raccroché, il s'avança vers elle.

- La question est réglée, tu vas vivre avec moi.

- Il en est hors de question ! J'ai mon appartement et je n'ai aucune envie de vivre dans ta maison…enfin manoir... Peu importe.

- Et pourtant tu n'as pas le choix. Tant que le procès n'aura pas eu lieu, il est hors de question que je te laisse seule et que ce genre de situations se reproduise. Si même la police ne peut garantir ta sécurité, il n'y a que moi pour te protéger.

Elle voulut protester mais elle savait parfaitement qu'il avait raison. De plus, terrifiée comme elle l'était, elle ne tenait pas à prendre le risque de revivre cet éternel cauchemar. Il vit sur son visage qu'elle capitulait et qu'il avait gagné.

- Si tu t'en sens le courage, demain nous irons chez toi chercher quelques affaires. En attendant, Sarah te prêtera quelques unes des siennes.

- Je peux tout de même aller les chercher toute seule.

- Je crois que tu n'as pas bien saisi la situation Félicity, ajouta-t-il d'un ton très sérieux. Je ne vais pas te quitter d'une semelle.

Il avait dit tout cela en continuant de la regarder droit dans les yeux. Face à son regard si impénétrable elle avala difficilement sa salive et se sentit rougir. Dieu qu'il avait de l'effet sur elle. Il exerçait une véritable attraction et elle gravitait autour de lui tel un petit électron libre. Il avait fallu qu'elle l'aime... Jamais elle n'avait éprouvé de sentiments aussi forts, à en faire palpiter le cœur, à en faire oublier jusqu'à son nom et aujourd'hui que cela arrivait, c'était tombé sur le plus convoité et intouchable des hommes. Encore moins accessible pour une fille comme elle. Elle aurait voulu lui parler, se confier à lui, pouvoir lui exprimer ce qu'elle ressentait mais qu'adviendrait-il de leur relation ? Il serait gêné de ne pas partager ses sentiments et elle honteuse d'avouer aimer quelqu'un qui en retour ne lui accordait aucune valeur sentimentale. Elle devait donc garder pour elle ce qu'elle avait tant de fois voulu lui dire. Il n'y avait que lui pour ne pas s'en apercevoir. Oliver avait beau être intelligent, il était incapable de discerner ce qui se déroulait juste devant ses yeux. Et pourtant cela se voyait comme le nez en plein milieu de la figure. Le premier à s'en être rendu compte avait été Digg. Il en avait éprouvé que plus de sympathie à l'égard de Félicity. Il y avait eu Barry puis Moira. Des gens qu'ils ne voyaient que rarement ensemble et pourtant ils avaient deviné. Sarah devait aussi s'en douter désormais au vu de ses réactions. Il n'y avait que lui, aveuglé et préoccupé à refouler le moindre de ses sentiments, qui ne voyait rien. Ce n'était pas plus mal pour elle au final. Comment réagirait-il s'il le savait et qu'il ne pouvait y répondre… la prendrait-il en pitié ? Cette pensée la refoula.


Lorsqu'ils arrivèrent au manoir, celui-ci était plongé dans l'obscurité et tout le monde dormait. Oliver portait un sac plein d'affaires que Sarah lui avait donné pour son assistante. Celle-ci se trouvait à l'instant dans l'entrée, visiblement mal à l'aise. Il ne sut si c'était l'obscurité ou le manoir qui lui faisait cet effet mais il passa une main dans son dos, l'incitant à rentrer. Il lui fit signe de la tête de le suivre et ils montèrent l'escalier en silence. Il la mena à l'étage dans un long couloir et entra dans une des portes. Lorsqu'elle y mit les pieds à son tour, Oliver venait d'allumer une lampe de chevet, baignant la pièce d'une douce lumière, rendant la chambre accueillante et chaleureuse. Elle s'approcha avec hésitation puis finit par s'asseoir sur le lit, le regardant s'activer à fermer les rideaux et vérifier qu'elle disposait de tout ce qui pouvait être nécessaire à son confort. Silencieuse depuis son arrivée, il s'approcha et la rassura.

- Ma chambre est juste à côté de la tienne, elle y est reliée par cette porte juste ici donc si tu as besoin de quelque chose, tu m'y trouveras de l'autre côté. Notre salle de bain est commune mais il y en a plusieurs à l'étage donc n'hésites pas à les utiliser si tu préfères. Et ne t'en fais pas, s'il se passe quoique ce soit, je l'entendrais donc ne t'inquiète pas, tu n'es pas seule.

Il déposa une couverture au pied du lit en prévision. Avant de la laisser, il posa une main sur son épaule et s'enquit :

- Ça va aller ?

Levant vers lui ses timides yeux bleus, elle hocha doucement la tête et lui fit un sourire rassurant. Il disposa et partit prendre une douche dans sa salle de bain. Soucieux de ce que pouvait bien ressentir son ami, il pensa à ce qu'elle avait dû traverser. Lui-même avait connu l'enfer et ne savait que trop bien pour y avoir été confronté ce que c'était que de vivre avec un passé qui nous hante. Félicity, si innocente et joyeuse complétait le malheureux tableau des rescapés de l'équipe. Même si elle n'était pas du genre à se plaindre ou à parler de ses problèmes, elle allait avoir besoin de soutien et il s'assurerait qu'elle trouverait toujours une oreille attentive pour l'écouter ou des bras pour la réconforter.

Etant donné l'heure tardive, Oliver s'allongea dans son lit, les bras croisé sous sa tête et il contempla son plafond, incapable de fermer l'œil. Comme chaque soir, il appréhendait le moment de fermer les yeux car une foule de souvenirs ressurgissaient. Il renvoyait chaque jour passé sur l'île, chaque torture, chaque mort. Les ombres qui dansaient dans sa chambre faisaient remonter ses plus vives craintes et seul dans l'obscurité, il ne parvenait jamais à trouver suffisamment de sérénité pour dormir. Comme tous les soirs depuis son retour, il ne dormit pas d'un sommeil réparateur, il se contentait de somnoler quelques minutes, une à deux heures tout au plus et le reste du temps il se contentait de fermer les yeux, les sens toujours en alerte. Alors qu'il se réveillait doucement d'une période de sommeil léger, il entendit du bruit. Un bruit étouffé, une voix, un gémissement, il ne sut exactement ce que c'était, trop inaudible pour l'identifier. Il se leva et en chercha l'origine. Soudain, une plainte se fit entendre, plus brève et nette, il put clairement discerner le son dans ce silence abrutissant.

Non !

Se dirigeant vers la chambre mitoyenne à la sienne, il ouvrit la porte et comprit la source de ce phénomène. Allongée dans son lit, Félicity remuait nerveusement dans son lit et balbutiait quelques mots. Il s'approcha d'elle et lorsqu'il s'assit sur le bord du lit, il vit qu'elle se débattait, luttant contre un cauchemar. Les yeux fermés, elle fronçait les sourcils, ne cessant de répéter « non ». Voulant la réveiller et la rassurer, il posa la main sur son bras qui agrippait fermement le drap. Elle se débattit mollement, toujours endormie et dans un souffle ajouta :

Épargnez-le…

Ces mots firent leur effet car Oliver resta un instant stupéfait. Qu'avait-il bien pu se passer cette nuit-là ? Il ne tarderait pas à le savoir. Il ferait parler Félicity, il finira pas la mettre suffisamment en confiance, dans un sentiment de totale sécurité afin qu'elle lui confie ce qui s'est passé. Et quand il saura enfin ce qu'on lui a fait, il lui rendrait justice.

Lui caressant doucement le bras de sa main, il appela son nom d'une voix douce et réconfortante, ne voulant pas l'effrayer. Cela n'eut pas grand effet car lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se débattit et recula dans le lit. Levant les bras en l'air en signe de paix, Oliver l'appela.

- Félicity c'est moi…n'aie pas peur tu es chez moi, tu es en sécurité.

Face à son air désorienté et affolé il avança doucement ses main et pris son visage.

- Regarde-moi, calme-toi…

Il attendit qu'elle retrouve ses repères puis il s'avança un peu plus, la prenant dans ses bras. Il se rappela de sa première nuit à la maison après son sauvetage, la détresse qu'il avait ressenti, la peur qui lui tenaillait le ventre et la violence avec laquelle il avait réagi lorsque sa mère l'avait réveillé. Il ne voulait pas qu'elle vive ça. Il ne voulait pas qu'elle subisse et endure ces longues nuits pénibles qu'il ne connaissait que trop bien.

- Je n'arrive pas à dormir… je ne fais que revivre ce cauchemar encore et encore. Lorsque je ferme les yeux. J'ai peur de ne pas me réveiller, de ne pas sortir de ce rêve… peur de rester coincée dans ce tourment. J'ai peur Oliver…

S'allongeant à moitié dans le lit, il ouvrit les bras et l'approcha contre lui. Elle hésita un moment puis vint se loger, la tête sur son torse.

- Tu peux t'endormir maintenant, je serai là pour te réveiller si ça ne va pas.


Un long moment s'ensuivit avant qu'il n'entende le souffle régulier de sa respiration, témoignant qu'elle s'était enfin assoupie. Elle marmonnait dans son sommeil et lorsqu'il sentait qu'elle s'agitait, il lui caressait doucement les cheveux afin de la calmer. Passer le reste de sa nuit à veiller sur elle eut un drôle d'effet apaisant sur lui. Il parvenait à chasser les sombres souvenirs de sa tête et se rappelait des nombreux moments qu'il avait connu avec Félicity. Il se remémora leur rencontre, les mimiques qu'elle lui offrait à chacune de ses piètres excuses pour lui demander de l'aide, les nombreuses phrases à double sens qu'elle sortait malgré elle, les fois où il l'avait vu rire. Il n'avait jamais vraiment songé à ça mais il tenait à elle. Depuis qu'elle était entrée dans leur vie à Digg et lui, il n'avait pu imaginer qu'elle en ressorte un jour. Bien sûr les choses étaient compliquées entre son travail et ses relations. Mais il avait toujours pu compter sur son soutien, sa loyauté et son écoute. Il y avait entre eux une relation qui ne demandait qu'à s'épanouir mais il ne leur avait laissé aucune chance. Comment le pourrait-il ? S'il tenait vraiment à elle, il devait l'éloigner de lui. Il ne pouvait mettre plus en danger quelqu'un qui l'aimait. Et puis il y avait eu le retour de Sarah. Ils avaient partagés tant de choses, que ce soit l'île ou les sentiments. Ils avaient partagés bien plus qu'un passé, c'était indéniable et puis elle était capable de se défendre. Cependant il ne s'était jamais posé la question à savoir s'il aimait. Certes ils avaient partagés quelque chose de fort et encore maintenant ils étaient ensemble mais était-ce vraiment ce qu'il voulait ? Ou était-ce par facilité qu'il l'avait choisi ? Facilité car il n'aurait pas à s'inquiéter pour elle, à la protéger de lui et de ce que ça entrainait comme conséquences d'être avec lui. Regardant celle qui dormait dans ses bras, un sentiment de bien-être lui gonfla la poitrine et pour la première fois il se demanda ce que cela lui ferait de partager la vie de Félicity. Malgré ce qu'elle venait de vivre, elle était encore innocente et avait une vue objective sur lui. Elle l'appréciait pour ses qualités comme ses défauts et non pas parce qu'ils avaient vécu la même chose ou partagés un passé comme c'était le cas avec Sarah. Elle le considérait pour ce qu'il était, pas seulement pour ce qu'il avait traversé. Elle le voyait comme quelqu'un de bien, pas seulement comme un justicier ou un homme entrainé à survivre et lutter. Elle le voyait comme un homme, quelqu'un d'humain. Cela lui réchauffa le cœur. Pour une fois dans sa vie on l'aimait pour ce qu'il était au fond, pas pour ce qu'il représentait ou l'image qu'il véhiculait.

Alors alors ? Qu'en pensez-vous ?

J'espère arriver à vous passionner !

En tout cas je suis prête à continuer et emmener loin notre Oliver et notre Félicity

Curieusement inspirée,

Lia L.