CHAPITRE DEUX : CONNARD
Le pirate regarda la jeune femme coincée par son poids et sa force, il était toujours assit sur son dos. Son visage resta impassible, froid, éloigné de toutes expressions. Le capitaine jeta un regard à la dague qu'il avait écarté : fine avec un fourreau noir sans aucunes inscriptions. Il vérifia en même temps son arme, son sabre était toujours à la même place au cas où. Law détacha son attention des armes pour la remettre sur la jeune femme qu'il venait d'immobiliser au sol.
— Artymis-ya.
Aucune réponse, il regarda la blonde sous son corps. La mâchoire de la jeune femme était serrée : elle ne voulait pas lui répondre. Ses yeux étaient clos. Il avait de la patience, certes mais il pouvait vite la perdre dans ses moments là.
— Artymis-ya, appela une seconde fois le capitaine en usant d'une voix plus dangereuse.
— Crève.
Un sourire froid s'installa sur le visage de Trafalgar à l'entente de la voix cristalline à demi étouffée. La blonde ouvrit ses yeux pour les planter immédiatement dans ceux du pirate. Elle tenta de se défaire de l'emprise qu'avait Law sur ses poignets mais sans sucés, elle resta coincée sous l'homme. De toute évidence, il était plus fort physiquement malgré sa mince carrure.
— Oh, Artymis pourquoi es-tu si vulgaire ? Se moqua le pirate en se penchant une nouvelle fois sur l'oreille de la blonde tout en bloquant ses mouvements pour le repousser. Sa voix était emplie de sarcasme. Il souriait.
Un silence s'installa, la blonde plissa furieusement les yeux sur le visage de l'homme pour y décerner une quelque conque expression ; un sourire moqueur l'accueillit. Elle grogna comme un animal dangereux, mais le brun garda son sourire.
— Traître.
Presque aussitôt le sourire de l'homme disparu, laissant place au regard meurtrier du brun. Il sentit la jeune femme se raidir sous son emprise, mais elle ne détourna pas le regard. Le pirate sanguinaire aurait très bien put s'emparer de son cœur, la frapper, lui entailler gravement la peau, lui faire mal. Mais il ne fit rien. Il se contenta de la regarder froidement avec son sourire moqueur.
— Onze ans et ta première réaction est de m'insulter comme une fillette de huit ans ?
— As-tu sérieusement pensé que j'allais me jeter dans tes bras, tout en en implorant ton pardon ?
— Ça aurait été une meilleure réaction que de m'insulter.
La blonde pinça les lèvres en une ligne droite, sans quitter le chirurgien du regard. Le chirurgien lâcha l'un des poignets de la jeune femme pour attraper l'arme d'Artymis un peu plus loin, il tendit le bras et l'attrapa. Il la posa entre les deux omoplates de la jeune femme en appuyant légèrement pour la dissuader silencieusement de faire le moindre mouvement. Voyant qu'elle n'opposait plus aucune résistance, il lâcha ses poignets en ordonnant encore d'une voix froide en s'écartant du corps.
— Retourne-toi. Sur le dos.
À contre cœur, elle dût obéir. Elle roula sur le dos pour faire face au pirate. Law regarda son visage sculpté avec une finesse indéniable. Il plaça la dague sur sa gorge en prenant place sur son corps une nouvelle fois. Les traits de la jeune femme lui était bel et bien familier, mais ce qui attira son regard fut le liquide carmin qui sortait de son nez. Du sang. Le pirate supposa que son nez avait buté contre le sol lors de sa chute assez violente. Le liquide carmin se répandait sur ses lèvres fines pour trouver un chemin en direction de son menton. Il la regarda une nouvelle fois dans les yeux, elle était calme. Terriblement calme.
— Je suppose que tu avais de quoi m'attacher, où as-tu planqué tes affaires ?
— Sous le lit.
L'homme jeta un coup d'œil rapide sous le lit sans délaisser la blonde de surveillance, un sac était bien là. Il tendit la main et l'attrapa sans grande difficulté, il n'eut pas besoin de l'ouvrir puisqu'il l'était déjà. D'un coup d'œil rapide il inspecta le contenu : une corde, deux autres dagues, des affaires et des menottes.
Il saisit les menottes, lâcha la dague et attrapa le poignet de la jeune femme d'un mouvement maitrisé et uniforme. Le premier bracelet se ferma sur son poignet, Law ferma ensuite le second sur l'un des barreaux noirs du lit. Elle grogna de désapprobation en tirant légèrement dessus faisant tinter par la même occasion la petite chaînette quand Law se recula. La jeune femme n'avait pas prévu d'être attaché avec ses propres armes. Il lui tourna le dos pour se diriger vers le fauteuil sur lequel était posé ses affaires. Le brun n'accorda pas un regard à Artymis. Le pirate saisit son sweat jaune dans une main pour se préparer à l'enfiler.
— Law. Il ignora l'appel de la jeune femme. Law, s'il te plaît.
Il enfila son sweat sous les plaintes de la jeune femme.
— Tu m'as manqué.
— Menteuse.
— S'il te plaît.
La voix de la blonde était plaintive, il se retourna pour la regarder. La jeune femme avait essuyé son nez avec le dos de sa main, maintenant enduit de son propre sang. Sa joue aussi, une trace rouge était visible. Il garda un soupire à la vue. La jeune femme ressemblait plus à une sauvage avec le sang sur sa joue maintenant. Le pirate souffla doucement.
— Artymis-ya.
L'homme remarqua immédiatement la grimace sur le visage de la concernée. La jeune femme lui lança un regard acérée auquel il se contenta de sourire visiblement amusé. Law s'avança vers elle avant de s'accroupir à sa hauteur, il la regarda avec un sourire hautain et vainqueur avant de déclarer.
— Ce n'est pas tout les jours que l'on croise la fille de Donquixotte Doflamingo en position de faiblesse. Il marqua une pause courte et reprit d'un ton beaucoup plus dangereux. Donquixotte Atymis.
Il la vit grincer des dents, mais elle ne lui répondit pas. Law la vit tourner les yeux vers le sol, elle ne protestait pas ? Il l'avait pourtant connu plus vivace, il avait connu la jeune femme avec plus de répondant. Le chirurgien lui attrapa le menton entre ses dents, un peu plus durement que prévu voyant sa grimace, et la força à le regarder dans les yeux. Son regard rencontra le regard océan houleux de la jeune femme et presque aussitôt elle lui répondit.
— Trafalgar Law qui s'en...
Elle ne termina pas sa phrase volontairement et approcha son visage proche de celui de l'homme. Il sentit sa main glisser le long du col de son sweater jaune, le tirer un peu plus vers elle, il fronça très légèrement les sourcils mais se laissa faire. Elle ne pouvait pas faire grand chose avec sans ses deux mains. Les yeux d'Artymis se fermèrent doucement alors qu'elle attirait le visage du pirate plus près du sien. Law fit de même, se laissant faire.
Presque aussitôt les lèvres charnues de la blonde s'écrasèrent avec douceur sur celles du chirurgien. Doucement dans un premier temps, puis le rythme accéléra brutalement. Plus. Le baiser se transforma en une lutte pour la domination, il n'y avait plus rien de doux. Le pirate lâcha le menton de la jeune femme pour la poser sur l'épaule de celle-ci, il la poussa contre le sol de façon à se retrouver au dessus d'elle. Il grogna quand elle passa ses fines jambes autour de sa taille dans un mouvement lent. Les deux langues jouaient dans un ballet enflammé, se rapprochant sans cesse pour se rejeter dans la seconde suivante. Mais La jeune femme le repoussa en appuyant ses mains sur son torse. Ses yeux bleus se plantèrent dans ceux du capitaine.
— Pourquoi m'as tu laissé ?
