Gazel laissa échapper un cri de frustration alors qu'il administrait un coup de plus dans le sac de sable face à lui.
Stupide, stupide, stupide ! J'aurais du m'en douter, il n'a jamais su dire merci
L'adolescent était frustré. Frustré d'avoir cru que son rival réagirait à son geste, de s'est agrippé à ce mince filet d'espoir, alors qu'il savait très bien que l'autre n'avais jamais su être aimable et reconnaissant. Burn était tout simplement un bon cas de constipé émotionnel comme on les aime, car il savait que sous les remarques cinglantes et les grimaces cinglantes se cachait quelqu'un de doux.
Il y avait eu des moments dans le passé. Des petits gestes qui auraient paru anodins aux yeux d'une autre personne, mais qui restaient gravées dans la mémoire de Suzuno. Une bouteille d'eau laissée sur la table de la cuisine quand il revenait tard des entraînements, un sandwich laissé dans le frigo, sauvé de la bataille qu'étaient les repas de groupe des équipes. Il sourit doucement en repensant à ces moments. Appelez-le pathétique, mais il préférait mille fois les petits gestes réconfortants à la fin d'une journée aux grandes déclarations surfaites, et ces petites attentions ne manquaient jamais de lui réchauffer le cœur.
Cela n'excusait cependant pas son comportement. Il avait beau avoir du mal à communiquer ses vraies pensées, ce n'était pas une excuse pour hurler sur la première personne qui essayait de l'aider. Suzuno, qui avait ralenti ses coups sur le sac, se remit à frapper de plus belle en pensant à la conversation de plus tôt. Il avait été si inquiet en ramenant son coéquipier à l'intérieur. Son front était brûlant, et sa jambe était en très mal état de sa course dans les bois. Après lui avoir administré des premiers soins il avait fallut revenir sur son chemin et nettoyer tout le sang laissé en traversant les couloirs.
Il était exténué, mais l'adrénaline l'avait gardé éveillé jusqu'à présent. Soupirant, il alla se laisser glisser contre un mur de la pièce. Un coup d'œil vers l'horloge de la salle de sport lui indiqua qu'il était aux alentours de 3 heures du matin. L'adolescent était fatigué, exténué au-delà des mots. Tout s'était accumulé récemment: de plus en plus d'entraînements pour se remettre sur pied après leur dernière défaite, un déménagement hors de leur ancienne base qui avait été détruite, l'union des équipes du feu et le la glace.. Et puis Burn. Des mois et des mois à essayer de garder un visage impassible dès qu'il souriait ou qu'il riait. A ne pas montrer à quel point le moindre contact l'affectait.
Ne le fixes pas trop longtemps
Ne laisses pas ta main glisser sur son bras
Arrêtes de rougir
Ne dis rien, sois discret, gardes ça pour toi.
« Super, pensa-t-il, en plus je vais être un zombie à l'entraînement aujourd'hui »
Il n'eût pas le temps de se lamenter car des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Quelqu'un arrivait.
