Une Jeune Fille Farouche, par Dobbymcl
Une Jeune fille farouche
Disclaimer : Rien n'est à moi, sauf Noé Prewwett (et encore le nom de famille je l'ai pas inventé) mais Eileen Prince est à Madame J.K.R.
Remerciements 1 : Aux modératrices du forum pour l'organisation du concours
Remerciements 2 : Merci à Charis pour ses corrections, ses conseils et ses encouragements.
Résumé : Eileen Prince n'aime pas les bals. Personne ne sait pourquoi, même pas son meilleur ami, Noé Prewett.
Dans la bibliothèque de Poudlard, le 12 février 1945, Noé Prewett, élève de Serdaigle observait les autres élèves autour de lui. A quelques tables de la sienne des adolescentes surexcitées, à cause du bal de la Saint-Valentin qui devait avoir lieu dans deux jours, gloussaient. Elles étaient insupportables. Lui, ça ne le dérangeait pas mais la Serpentard qu'il observait depuis cinq minutes une jeune fille brune, maigre, et, pas trop grande, ça la dérangerait à coup sur. Elle allait et venait dans les rayonnages de la bibliothèque, cherchant des livres pour son devoir de potion. Ses longs cheveux noirs descendaient le long de son dos et le Serdaigle adorait les voir virevolter même s'ils étaient un peu ternes. Il était si rare qu'elle laisse sa chevelure libre car la plupart du temps elle se peignait d'un chignon austère qui lui donnait un air trop sérieux. Il contemplait la jeune fille alors qu'elle revenait et il éclata de rire en la voyant ployer sous le poids des livres. La Serpentard lâcha son fardeau et lui jeta un regard noir avant de s'asseoir. Ensuite, elle s'adressa à lui, un peu sèchement car elle n'aimait pas qu'il se moque d'elle :
« Franchement, stupide Serdaigle, tu n'es pas sérieux ! Tu aurais pu m'aider au lieu de te moquer de moi.
- J'aurais pu, c'est vrai, et je me serais fait crier dessus parce que je n'ai pas sélectionné les bons livres. Tu sais très bien Eileen, que, je ne suis pas très doué en potion.
- Tu es à Serdaigle, tu devrais exceller dans toutes les matières. Je ne devrais plus t'aider. Au moins, tu serais obligé de réfléchir par toi-même.
- Tu t'ennuierais si tu ne m'aidais plus et puis on est ami, et s'aider, c'est ce que font les amis, mon petit génie des potions.
- Ne m'appelle pas comme ça Noé ! Je déteste ce surnom idiot.
- Et comment veux-tu que je t'appelle ? Mon petit génie du Quidditch peut-être ? Toi, qui adores voler sur un balai, ça t'irait bien ! » répliqua ironiquement le Serdaigle car Eileen détestait voler sur un balai. La Serpentard agacée par la remarque de son ami le fusilla du regard avant de lui répondre :
« - Tu pourrais m'appeler Eileen Prince, j'apprécierais grandement.
- Je sais mais génie des potions, c'est plus mignon et en plus c'est vrai.
- Ce n'est pas le fait que ce soit vrai ou pas qui me dérange mais que tu ne tiennes jamais compte de mon avis. Je n'aime pas ce surnom mais tu es plus têtu qu'un Gryffondor, tu fais toujours selon ton idée, même quand je ne suis pas d'accord.
- Eileen, tu ne crois pas que c'est ridicule de faire autant d'histoires pour un simple surnom.
- Si seulement il ne s'agissait que de ça mais tu sais très bien que je n'avais pas du tout envie d'être Capitaine de l'équipe de Bavboules et pourtant...
- Eileen, nous en avons déjà parlé alors on ne pourrait pas oublier. T'es rancunière, tu sais. Moi, je veux juste que tu sois plus sociable, et toi pour me remercier, tu me fais des reproches depuis des mois.
- C'est bien ce que je dis, tu es plus têtu qu'un Gryffondor et en plus tu me fais perdre mon temps. A cause de toi, je n'ai pas commencé mon devoir de potion. »
Noé, résigné, commença aussi son devoir de potion sans plus prêter attention à Eileen car lorsqu'elle était en colère mieux valait la laisser se calmer. Elle perdait rarement son calme, digne en cela de tout Serpentard qui se respecte, mais quand cela arrivait, elle n'hésitait pas à lancer des sorts. Elle l'avait déjà fait en lui lançant un Silencio quand elle était devenue Capitaine de l'équipe de Bavboules alors qu'il essayait de lui expliquer pourquoi il s'était désisté à son profit. Il avait prétexté que ses fonctions de Préfet lui prenaient trop de temps pour laisser sa place à Eileen. Son amie n'avait pas du tout apprécié alors qu'elle adorait les Bavboules et était une excellente joueuse. Elle l'avait toisé de ses yeux sombres, remplis de colère, pendant qu'il lui expliquait que cela serait une bonne chose pour elle d'être Capitaine de l'équipe car elle aurait davantage d'amis. Elle l'avait laissé parler, puis énervée, lui avait lancé un Silencio. Ensuite, elle lui avait dit hargneusement : « Maintenant tu vas m'écouter Noé Prewett. Je me moque d'avoir d'autres amis et surtout je déteste attirer l'attention sur moi. Tu le sais quand même ça fait cinq ans que tu me connais, mais bien sur, tu as fais à ta guise et sans me consulter. »
Ce qui avait mis Eileen, en colère, était qu'une photo d'elle avait paru dans la Gazette du Sorcier. Bien sur, la Serpentard ne souriait pas sur cette photo, mais affichait au contraire, « un air maussade et courroucé ». Il est vrai qu'elle souriait rarement, mais Noé, avait déjà eu droit aux rares sourires d'Eileen Prince. Il faut dire, aussi, qu'il avait tout fait pour les gagner ces sourires là. Etre son ami avait pris du temps à cause de la méfiance de la Serpentard. Elle n'accordait pas facilement sa confiance.
La première fois que Noé lui avait parlé dans le Poudlard Express, Eileen l'avait ignoré. Cela avait vexé le jeune garçon, qui, avait alors, changé de compartiment et s'était fait d'autres amis. Dans les jours qui suivirent la rentrée, Noé, avait déjà plusieurs amis à Serdaigle, et dans, les autres maisons, alors qu'Eileen, semblait fuir les autres élèves. Elle était souvent seule, jusqu'à ce que Noé, soit obligé de faire équipe avec la Serpentard en potion. Il était si peu doué qu'il avait énervé la petite brune chétive mais elle n'avait pu aller contre la demande du professeur Slughorn. Slughorn avait insisté pour qu'Eileen donne des cours particuliers à Noé, et ce dernier, avait profité de ces cours pour apprivoiser la Serpentard. Un sourire par-ci, un sourire par-là, un bonjour quand il la croisait dans les couloirs.
Petit à petit, Noé et Eileen étaient devenus amis. Il avait été le premier à parler à Eileen de lui, à la taquiner, puis Eileen avait consenti, un jour à sourire en sa présence. Ce jour là le Serdaigle avait su qu'il avait gagné la confiance de cette Serpentard si sauvage. Il avait été fier de voir sa quête d'amitié récompensée et au fil des années en était venu à considérer Eileen comme une sœur. Une sœur fragile et farouche, qui, ne faisait confiance qu'à lui, et, qu'il aimait protéger.
Noé fut sorti de ses pensées par Eileen qui avait fini son devoir de potion. Elle se saisit du devoir de Noé, et, bien entendu, soupira d'agacement :
« Tu n'as même pas fait la moitié du devoir et c'est plein de bêtises. Franchement Noé, tu peux me dire depuis quand on met de la Pierre de Lune , dans la potion de Sommeil Sans Rêves ?
Désolé Eilen, j'avais la tête ailleurs.
Je m'en doute parfaitement. J'ai bien remarqué que depuis que ta Serdaigle préférée, est entrée dans la bibliothèque, tu ne fais que rêvasser. »
Noé rougit car il n'avait pas remarqué l'arrivée d'Aurore Goldstein. Cette Serdaigle était un autre sujet de discorde entre Eileen et lui. Cela peinait Noé, qui, trouvait la jalousie d'Eileen ridicule. Noé avait invité Aurore au bal de la Saint-Valentin, car il en avait assez de ne pas aller au bal chaque année, à cause de son amie. Eileen détestait les bals, et bien sur elle les fuyait prétextant faire des potions. Noé lui tenait compagnie mais cette année il n'en avait pas envie, et bien sur, Eileen le prenait mal. Elle avait refusé de lui parler pendant plusieurs jours. Eileen était compliquée et parfois un mystère pour Noé. Elle parlait peu d'elle, et, le Serdaigle ne savait même pas pourquoi la Serpentard détestait les bals. Probablement parce qu'elle était si peu sociable, trop sauvage pour aller à un bal. Elle était timide aussi, manquait d'assurance. Enfin, c'était ce que le Serdaigle supposait car Eileen lui avait dit juste qu'elle n'aimait pas les bals et qu'elle ne savait pas danser. Ce qui était un mensonge, les sangs-pur qui respectaient les traditions, (et les Prince en faisaient parti) apprenaient à danser depuis leur enfance.
Il savait qu'il était le seul ami d'Eileen mais il avait envie de s'amuser, et, non de fuir la compagnie des autres. Cette année, donc, il irait au bal de la Saint-Valentin avec Aurore Goldstein et laisserait Eileen à ses potions.
Quand le soir du bal arriva, quasiment, tous les élèves de l'école étaient dans la Grande Salle en train de danser. Sauf Eileen Prince, assise sur un fauteuil de sa salle commune. Elle détestait les bals. Il n'y avait pas vraiment de raisons précises à cela ou alors il y en avait trop.
Tout d'abord le fait qu'elle ne soit pas belle. Elle le savait parce que sa parfaite mère ne cessait de le lui répéter. Elle n'était ni, belle, ni gracieuse, elle manquait de maintien. Depuis son enfance Eileen avait entendu ces reproches des milliers de fois et ils s'étaient malheureusement ancrés en elle. Petite, Eileen pleurait. Pas devant sa mère car chez les sorciers de sang-pur pleurer en public est une faute de goût.
En grandissant, Eileen ne pleurait plus mais ignorait sa mère, et lui adressait la parole le moins possible car elle s'était résignée sur le fait que sa mère ne l'aimerait jamais. Plus elle grandissait, plus Eileen la fuyait. Sa mère et ses soirées mondaines, sa mère et sa beauté parfaite, sa mère et son mépris pour la seule fille qu'elle avait.
Eileen soupira. Ce n'était pas de sa faute si elle ressemblait trop à son père. Ce n'était pas non plus, de sa faute, si sa mère détestait son père. Eileen comprenait que la belle Isadora Prince aurait voulu avoir pour mari quelqu'un de plus beau, de plus jeune, et, aussi plus riche que Julius Prince.
Les Prince, à force de jeter leur argent par les fenêtres, depuis des années étaient presque ruinés. Cela Isadora ne le supportait pas car elle ne pouvait pas organiser autant de soirées mondaines qu'elle voulait. En plus, elle portait souvent des robes de soirées d'occasion, portées par d'autres sorcières avant elle.
Isadora était quand même invitée dans les soirées, parce que, certes la famille Prince avait perdu sa richesse d'antan mais Isadora jouait de son charme. Avec ses longs cheveux blonds, ses yeux verts, sa taille fine, la mère d'Eileen était encore belle. Cette femme attirait tous les regards dès qu'elle entrait quelque part, tant, sa beauté était grande.
Ce n'était pas le cas d'Eileen, qui, n'avait en rien la beauté de sa mère. Isadora avait toujours rêvé d'avoir une fille mais surement pas une fille comme Eileen. Une fille qui lui ressemblerait, et, pas une fille trop maigre, trop brune, trop petite, et, sans grâce.
Eileen sentit que ses joues étaient humides. Cela faisait longtemps pourtant qu'elle n'avait pas pleuré en pensant à sa mère. Se levant de son fauteuil, elle monta dans son dortoir, chercher son chaudron et son livre de potions. Penser à sa mère ne servait à rien. Autant, faire des potions, cela la calmerait. En plus, c'était bien plus utile que de perdre son temps à un bal.
Eileen sortit donc de la salle commune de Serpentard et se rendit dans une salle de classe désaffectée où elle avait l'habitude de venir avec Noé. Noé, à qui, Eileen ne dirait jamais que si elle détestait tant les bals, c'était parce que sa propre mère les aimait tant. Eileen n'était pas sure qu'il comprendrait. Non surement, qu'il ne comprendrait pas et qu'en plus il la plaindrait.
Eileen ne voulait surtout pas que Noé la plaigne. C'était déjà bien que quelqu'un comme lui soit ami avec elle. Noé était, si elle y réfléchissait tout son contraire. Il était gentil, sociable, serviable alors qu'elle n'était qu'une jeune fille farouche. Il venait aussi d'une famille aimante, et, n'avait pas une mère aussi froide que la sienne.
Elle reconnaissait que c'était idiot de sa part, c'est vrai, de fuir les autres comme elle le faisait. Elle comprenait que cela agace le garçon mais elle n'appréciait cependant pas qu'il veuille la changer. Si elle était si peu sociable, c'est surement parce qu'elle avait l'habitude d'être seule. Elle était fille unique, son père travaillait au Ministère comme diplomate, et, était souvent en voyage à l'étranger. Sa mère ne s'était pas occupée d'elle, laissant cette fille qu'elle n'aimait pas d'abord aux Elfes de maison, et ensuite, à des précepteurs.
Eileen secoua la tête. Elle avait l'intention de faire une potion pour se calmer et pas de penser à nouveau à sa mère ou à son père absent. C'est à croire que ce soir, elle n'arriverait à rien d'autre que ruminer et se lamenter sur son sort. Si seulement Noé avait été là, elle n'aurait pas eu toutes ces idées en tête mais peut-être, qu'ils se seraient disputés une fois de plus.
Elle n'avait pas voulu être capitaine de l'équipe de Bavboules mais par la faute du Serdaigle elle l'était. Elle lui en avait voulu longtemps pour ça parce que son ami savait qu'elle n'aimait pas attirer l'attention sur elle. Ensuite, c'est lui qui, avait été fâché, ne comprenant pas pourquoi Eileen était si jalouse qu'il aille au bal avec Aurore Goldstein.
C'est vrai qu'elle était jalouse mais Eileen n'avait pas l'intention de se couvrir de honte en disant pourquoi. Elle ne le lui dirait jamais car elle avait bien trop peur de perdre son amitié. Quand Slughorn leur avait fait réaliser l'Amortentia , elle avait senti une odeur sucrée de pomme et de vanille : l'odeur de Noé. Enfin du moins pour elle.
Cette odeur des pommes lui rappelait le panier de fruits qu'il avait ramené au retour des vacances de printemps, en troisième année, et qu'il avait partagé avec elle. Depuis à chaque fois, qu'elle sentait une odeur de pomme, la serpentard la rattachait au Serdaigle. Quand à la vanille, c'était la première fois, qu'Eileen avait ri en présence de ce garçon qui ne comprenait rien à l'art des potions.
Elle lui donnait des cours supplémentaires sur la demande du professeur Slughorn. Au début elle le faisait à contrecœur ne voulant pas de ses tentatives d'amitié mais il était dur de résister à la gentillesse du Serdaigle. Petit à petit, elle s'attachait à lui, mais avait mis du temps à sourire et à rire en sa compagnie. La première fois où elle l'avait fait, c'est quand il lui avait dit alors qu'ils venaient de réaliser une potion dont l'odeur ne lui plaisait pas : « Cette potion sent vraiment mauvais, on devrait y rajouter de la vanille, elle sentirait meilleur. » La Serpentard aurait du s'offusquer d'une remarque si bête mais à la place elle avait ri et depuis ce jour là ils étaient amis.
Sauf que depuis qu'elle avait senti l'odeur de pomme et de vanille dans sa potion d'Amortentia, Eileen savait que Noé était bien plus qu'un ami pour elle. Elle aimait le Serdaigle mais elle préférait taire ses sentiments dans son cœur de jeune fille farouche. C'est donc avec plaisir que la Serpentard respira les vapeurs, qui s'élevaient en spirale de son chaudron, et qui, sentaient ce mélange de pomme et de vanille qu'elle aimait tant. Pourtant alors qu'elle contemplait la couleur dorée de l'Amortentia qu'elle venait de réaliser, le cœur d'Eileen se serra parce que Noé dansait avec une autre dans la Grande Salle.
