Bon, ce chapitre était censé contenir la partie avec Fury, mais cela faisait trop long. Cette partie-ci sera donc exclusivement réservé à notre cher Coulson !

L'incapacité de Kara à parler anglais correctement a plutôt été bien reçu et la relation qu'elle commençait à avoir avec notre regretté agent aussi. Les deux continuent ici.

Je remercie Baka-chan-love, La petite souris et YaNa31 pour leurs reviews. Je tenais aussi à remercier et répondre à Mel :

Merci pour ta review, effectivement ça arrive de se retrouver dans ce genre de situation - au moins, Kara n'est pas seule. J'espère que cette suite te plaira. SkyA.

Je remercie aussi LylineB, Evlan, Baka-chan-love, Criostal1994 et Synver pour suivre mon histoires et LylineB, Elvan, Baka-chan-love, Missabakuno, Criostal1994 et toundra95 pour avoir ajouté Kara à leurs Favoris.

Et merci à tous mes lecteurs anonymes !

Merci à ma bêta : Daiky


Aucune musique ne me vient à l'esprit, je m'abstiendrai donc et je vous laisse à votre lecture.

Rndez-vous à la conclusion,

SkyA.


CHAPITRE II

Partie 1 : Coulson

'' Agiter la main en souriant''


Non ?

– Je te le jure. J'y étais.

– Arrête, Clay ! Je ne te crois pas, fit Sharon Carter, dont l'expression de surprise sur son visage n'avait pas bougé d'un millimètre.

– Le gouvernement nous avait même aidés à financer la construction d'un robot géant : Red Ronin.

– Peut-être, mais je ne trouve pas Godzilla suffisamment crédible, ni suffisamment réel, pour te croire et je te crois encore moins lorsque tu dis que le S.H.I.E.L.D. fut chargé de le stopper.*

– Tu sais, depuis ce qui s'est passé à New York**, je crois de plus en plus aux monstres qui détruisent des métropoles...

– C'est pas l'agent Coulson, là-bas ?

Sharon Carter et son ami, l'agent Clay, venaient de tourner dans un des nombreux couloirs de la base secrète du S.H.I.E.L.D. Bien sûr, il n'était pas rare pour deux agents de l'organisation d'en croiser un autre dans l'Héliporteur. Et Coulson était un agent assez bien connu, le "bras droit de Fury". Cependant, il était rare de le voir accompagné d'une troupe de gardes, armés comme si le Président était menacé ou qu'il escortait le dieu du Mal en personne.***

Le cortège assez inhabituel et les deux agents se rapprochèrent à l'intérieur du couloir. Lorsqu'ils furent sur le point de se rencontrer, Coulson salua ses deux collègues :

– Agent Quartermain ! Agent 13 ! (I)

Ils lui répondirent par le même signe et Coulson continua son chemin.

Les deux agents s'écartèrent un peu pour laisser passer les gardes armés. Ces derniers passèrent devant eux sans leur accorder le moindre regard à travers la visière noire de leur casque.

Mais parmi toutes ces têtes couvertes, une avait des cheveux. Des boucles blond cendré retombant autour d'un visage dont le regard vagabonda un temps dans le couloir avant de se poser sur les deux agents. Des sourcils se soulevèrent un temps, surpris, avant de laisser place à un grand sourire. Les deux jeunes gens suivirent du regard la jeune femme qui continuait de suivre Coulson, sans les lâcher des yeux.

L'émerveillement qui tirait ses traits contrastait fortement avec sa situation. Elle leur fit signe de la main, le large sourire toujours sur son visage. Désarçonnés, les deux agents ne purent le lui rendre avant qu'elle ne disparaisse au tournant, toujours flanquée de son escorte.

En réalité, Kara ignorait ce que « agiter la main en souriant » signifiait, mais elle avait vu beaucoup de midgardiens le faire entre eux depuis qu'elle avait quitté le désert du Nouveau-Mexique.

Le fils de Coul l'avait fait monté dans une de ces créatures qu'il appelait « voiture » et l'avait emmené à travers des paysages magnifiques, avec des horizons qu'elle n'avait jamais pu observer dans un seul et même Royaume. Elle aurait pu même jurer que le ciel n'était pas du même bleu que celui d'Asgard. C'était sublime à un tel point que ses joues avaient commencé à tirailler sous son sourire.

Puis, le fils de Coul l'avait accompagné jusqu'à un oiseau pour le moins exotique. Il n'avait qu'une aile plantée dans son dos et dont les quatre plumes tournaient pour le faire s'envoler. Le plus étrange fut quand on lui demanda de monter, non pas dessus, mais à l'intérieur. Ça en valait la peine : Midgard était tout aussi impressionnant d'en haut.

Si elle ne prenait pas conscience de ce qu'elle représentait pour ce monde, de ce que sa venue signifiait, l'asgardienne était absolument fascinée par ce qui défilait devant elle – la technologie des midgardiens était si différente de celle d'Asgard –, sans comprendre ou demander où on l'emmenait, ni pourquoi. Et, au fond d'elle, elle ne voulait pas le savoir, pourvue qu'elle puisse continuer de rêver éveillée. Peut-être que si elle avait su que les armes que portaient les soldats autour d'elle possédaient autant de puissance que le pistolet qui l'avait déjà mise à terre, le rire qu'elle avait lâché en découvrant que la base secrète, grosse comme un sous-marin, volait aurait été un peu plus étranglé.

Une enfant...

Coulson se demandait s'il avait bien fait de prévenir Fury tout de suite. Il aurait peut-être dû attendre le retour du colonel et s'occuper lui-même de l'asgardienne. Mais Fury était le directeur – M. le directeur – et il avait parlé. Coulson était un agent et il n'était que ça. Mais la manière dont cette jeune femme aux yeux d'enfant avait extrait la balle de sa poitrine... avec autant de facilité... L'agent sentait que Kara possédait en elle un pouvoir si grand qu'elle n'aurait eu aucun mal à disperser la garde qu'on lui avait assignée et s'enfuir. Mais elle dissimulait quelque chose derrière son sourire... Voilà pourquoi Coulson s'exécutait, il voulait savoir quoi. Et Fury aussi.

Il présenta son badge à la porte face à lui. Cette dernière coulissa pour le laisser passer. Derrière lui, Kara trépigna d'émerveillement. Il est vrai que la salle était assez impressionnante. Circulaire à la manière d'un tuyau, elle était assez lacunaire. Seule une plate-forme en forme de grille permettait de s'y déplacer. Des barrières aux rampes d'un jaune poussin en jaillisaient et menaient jusqu'au centre de la pièce, où une sorte de boîte aux parois de verre était suspendue dans le vide, retenue par les quatre doigts d'une géante main mécanique. Les murs étaient tapissés de tubes plus ou moins grands et de quelques néons qui donnaient un éclairage presque maladif à la salle. Seule la boîte en son centre détonnait, avec son intérieur circulaire bleu-gris, un peu comme l'échantillon d'un appartement ultramoderne. Bien sûr, elle bien plus petite qu'un appartement normal.

Coulson entra puis se tourna vers le groupe de soldats qui dissimulait Kara.

– Attendez-moi dehors, leur dit-il.

Il obtint un hochement de tête général. Il n'était qu'un agent, mais son autorité était presque égale à celle de Fury.

– Kara, appela-t-il un peu plus fort pour que la jeune femme comprenne qu'il s'adressait à elle.

Sa main jaillit du groupe d'hommes armés et s'agita activement. Coulson sourit.

– Viens.

Sa voix était douce. Il ne se sentait pas obligé d'y mettre la même fermeté qu'avec les autres agents.

L'asgardienne s'exécuta alors que son escorte s'écartait pour la laisser passer. Coulson tendit sa main vers elle et la posa sur son épaule. Kara faisait à peu près sa taille.

Il la mena jusqu'à la boîte – le mystérieux matériau de ses bottes faisait un drôle de bruit sur la grille – et la laissa face à une sorte de porte dont l'apparence ne différait pas tellement des parois. Il lui fit signe de rester là. Elle hocha et le suivit du regard. Il alla se placer un quart-de-cercle plus loin, face à une sorte d'écran translucide où l'on voyait des écritures et des images. Les doigts de Coulson volèrent un temps au-dessus avant d'y tapoter deux ou trois fois.

La porte de la boîte coulissa devant Kara qui sursauta.

– Entre, lui intima l'agent, s'il te plaît.

L'asgardienne hésita un temps, observant l'ouverture sous toutes ses coutures, comme si elle craignait que la porte n'en surgisse pour se refermer sur elle. Finalement, elle entra. Son regard virevolta entre le plafond et le sol, en y notant chaque détail comme s'il s'agissait d'une chambre.

Coulson grinça des dents. Ce n'était pas une chambre, ni même une boîte : c'était une cage. Une cage bien plus dangereuse qu'elle en avait l'air, puisqu'elle n'avait pas été construite pour elle. Mais Fury lui avait recommandé une sécurité totale – plus pour eux, que pour l'asgardienne.

À travers la vitre, les yeux parsemés d'or de Kara se posèrent sur Coulson.

– Ici, je dors ?

Elle ne parlait pas mieux l'anglais que la dernière fois qu'elle avait ouvert la bouche, soit au Nouveau-Mexique.

– Oui, avoua Coulson en tordant ses lèvres en un sourire. Jusqu'à ce que Fury revienne.

– Fury ? répéta l'asgardienne en hochant la tête – bien que Coulson ne se rappelât pas avoir déjà prononcé le nom du directeur devant elle. Lui revient quand ?

– Quelques jours, tout au plus.

Consciencieusement, elle hocha de nouveau la tête puis, apercevant qu'une sorte de couchette trônait à l'autre bout de la cage, face à Coulson, elle y courut pour s'y asseoir. Elle était nettement moins moelleuse que la banquette arrière d'une voiture.

Coulson la regarda un temps, avant de refermer la porte. Kara ne se retourna pas, elle ne comprenait pas qu'elle venait d'être enfermée. Une pointe de regret atteignit l'agent en pleine poitrine et il se sentit obliger d'ajouter :

– Si tu as besoin de quelque chose, juste demande... Kara.

Le nom était sorti sans qu'il puisse y faire quelque chose, mais cela sembla plaire à l'asgardienne qui lui sourit. Un bien maigre réconfort, mais une marque d'attention qu'elle semblait apprécier.

Elle prit une profonde inspiration comme si elle allait se mettre en apnée et dit :

– J'aime livre.

– Un livre ? répéta Coulson visiblement étonné par sa demande.

– Oui, gros préfère, assura-t-elle en écartant ses mains à une certaine distance.

– Pour quoi faire ?

– Pour apprendre langage à vous, répondit l'asgardienne comme si c'était une évidence.

Évidemment, il serait plus facile pour Fury – et pour lui-même – de tirer des informations de quelqu'un qui parlait couramment l'anglais, plutôt que de quelqu'un qui ne savait construire une phrase correctement.

Coulson haussa simplement les épaules.

– Je vais voir ce que je peux faire...

Puis, comme Kara ne demandait plus rien, il se dirigea vers la sortie. Lorsque la porte s'ouvrit, il se retourna vers la cage. À l'intérieur, l'asgardienne lui fit coucou. Coulson lui répondit d'un air franc.

Plus tard, il lui apporta une édition en anglais de « L'Edda Poétique » de Snorri (II).

•••

« Deux ! dit Gimli, caressant sa hache. Il avait regagné sa place sur le mur.

Deux ? dit Legolas. J'ai fait mieux, encore qu'il faille maintenant chercher à tâtons mes flèches tirées ; j'ai employé toutes les miennes. En tout cas, j'évalue mon compte à une vingtaine au moins. Mais cela ne fait que quelques feuilles dans une forêt. »(III), lut Kara à voix haute, articulant clairement chaque mot et riant à la réplique de l'Elfe Sinda.

– Ça vous plaît ? lui demanda une voix, la coupant dans sa lecture.

L'asgardienne releva la tête vers la porte de sa cellule pour y voir l'agent Coulson, un livre entre les mains. Un sourire apparut sur son visage.

Voilà des jours que Kara avait élu domicile dans la cage du S.H.I.E.L.D. Après avoir joué avec son reflet, que les parois élargissaient légèrement, et avoir admiré en détail la plomberie des murs, elle s'était cherché une autre activité. Elle avait alors entamé le volume de poésie nordique que lui avait apporté Coulson, sans grande passion puisqu'elle n'en saisissait pas tous les mots. Mais comme il était la seule forme de loisir présent dans ce petit espace qu'était son lieu de vie, elle s'était forcée à s'y plonger avec un peu plus de concentration et s'était rendu compte que la plupart des poèmes de cette édition étaient exactement les mêmes que ceux contenus dans le volume de la bibliothèque d'Asgard. Et elle s'était alors amusée à retrouver chaque mot et, sans qu'elle ne pût voir le numéro des pages défiler, dévora le bouquin jusqu'à la dernière ligne. Elle s'était alors empressée de demander au fils de Coulson de lui en ramener un autre, mais « quelque chose de plus midgardiens ». Elle s'était alors empiffrée des oeuvres de Roald Dahl, enchaînant avec F. Scott Fitzgeral****, enrichissant, sans s'en apercevoir, son vocabulaire et renforçant sa grammaire. Si bien qu'après seulement quelques jours, elle parlait un anglais plus qu'acceptable.

Coulson s'émerveillait de ses progrès fulgurants et prenait plaisir à aider l'asgardienne à s'exercer, lui faisant la discussion à chacune de ses visites – qui étaient devenues, par la vitesse de lecture de Kara, quasi journalière. Il avait alors découvert toute l'étendue de l'esprit de la jeune femme aux yeux de fillette, sa soif de savoir, la curiosité qu'elle portait à ce monde et l'esprit dont elle pouvait faire preuve : elle n'était plus simplement naïve, mais intéressée, et cet intérêt et son envie de partager enchantaient l'agent. Bien qu'elle n'ait jamais dit un mot sur elle, son histoire, ni sur Asgard ou sur Thor... juste Midgard, la Terre, les midgardiens, leurs manières, ce qu'ils mangeaient, quand, comment, s'ils dormaient debout, la tête en bas... Et Coulson n'avait jamais tenté d'en apprendre plus sur l'asargdienne. Il n'en avait jamais vraiment eu le temps, mais revenait chaque fois, un nouveau livre, une nouvelle découverte en main.

En apercevant le bouquin qu'il lui ramenait aujourd'hui, Kara referma celui dans ses mains avant de dire, tout en en caressant la couverture du bout de ses pouces :

– Le style n'est pas facile, mais les inspirations de l'auteur me plaisent. Il y a tellement de points communs avec mon monde.

Puis elle tourna son regard vers lui et désigna le volume entre ses mains du menton.

– Qu'est-ce que m'amenez cette fois-ci ?

Coulson leva le livre pour en dévoiler la couverture. Un train rond et rouge crachant de la fumée étoilée y était dessiné. Sur une plaque à l'avant, on pouvait lire HOGWARTS EXPRESS. En premier plan, un garçon à lunette affichait un air étonné. En haut, sur un fond aussi rouge que le train, Kara lut « Harry Potter ».

Elle inclina la tête sur le côté d'un air intrigué.

– Un classique de la littérature pour enfant, assura Coulson en retournant le livre pour voir lui-même la couverture. Je ne l'ai jamais lu, mais on en dit beaucoup de bien.

Kara leva son regard vers lui, un sourcil arqué, puis dit, enthousiaste :

– Déposez-le !

Un sourire ravi aux lèvres, Coulson se dirigea vers l'écran de commande et tapota une série de touches digitales. Un plateau surgit, à la manière d'un tiroir, d'un des quatre coins de la cage. L'agent alla y déposer son présent. Aussitôt, le plateau glissa pour passer à l'intérieur de la cage et attendit que Kara récupère son contenu pour retourner se dissimuler dans la colonne de métal.

L'asgardienne jeta un coup d'oeil à la quatrième de couverture avant de s'exclamer dans un éclat de rire :

– Un géant ? J'ai hâte de lire ça !

Elle alla déposer le volume à côté de l'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Lorsqu'elle se retourna vers Coulson, ce dernier contenait difficilement une grimace. Elle ne retint pas un petit sourire au coin. Elle découvrait les humains, mais, au fond, ils n'étaient pas si différents des asgardiens.

– Vous n'aimez pas me voir dans cette « cage », fils de Coul.

– Je ne pense pas, en effet, qu'elle soit nécessaire. Mais le protocole oblige.

L'agent affichait cet air désolé qu'avaient les midgardiens lorsqu'ils compatissaient à votre souffrance.

Mais Kara ne souffrait pas de cet enfermement. Même si elle s'y savait limitée, elle ne doutait pas que le monde au-dehors l'était bien plus : où pourrait-elle aller, même libre de ses déplacements ? Elle se perdrait encore plus facilement qu'un enfant dans un supermarché. Non, elle faisait confiance au fils de Coul pour veiller sur elle. Une confiance qui était née de cette compassion qu'avait l'agent pour elle. Il l'avait instruit sur le monde au-delà de la cage, lui avait enseigné sa langue. En quelques jours, dans un espace aussi réduit, il lui avait appris bien plus de choses que la plupart des gens qu'elle avait pu croiser, dans l'éternité de son existence. Alors, non, elle ne voulait pas le voir désolé...

– Vous savez, dit-elle dans la confidence en s'asseyant sur sa couchette, je vivais autrefois dans une chambre que je n'aimais pas... Enfin...

Elle fixa un temps le sol, perdue dans sa mémoire, avant de reprendre après un soupir mélancolique :

– En comparaison, vous m'offrez le luxe. J'ai même un repas chaud trois fois par jour !

Coulson s'autorisa à rire – Kara se plaisait à voir son masque d'espion se fissurer si rapidement sous l'hilarité.

– Normalement, reprit-il plus sérieusement, vous devriez sortir dès le retour du colonel Fury.

– Fury, répéta l'asgardienne, songeuse. Qui est-il pour que son retour ait autant d'importance ? C'est le roi ?

Il y eut un court silence durant lequel les sourcils de Coulson grimpèrent sur son front, avant qu'il n'éclate si brusquement de rire, qu'il se plia en deux. Sa réaction déconcerta un temps Kara qui crut s'être mal fait comprendre, mais l'agent répondit entre deux rires :

– Le roi, non. Mais il n'en est pas loin !

Reprenant son souffle, il se redressa pour poursuivre :

– Le colonel Fury est le directeur et le fondateur de notre organisation. Après la Seconde Guerre Mondiale, le gouvernement décida de créer une agence d'espionnage pour contrer l'HYDRA.

– L'HYDRA ? L'hydre de Lerne ?

Coulson étouffa un petit rire nasal.

– Non, mais leur devise s'en approchait (IV). L'HYDRA était une organisation nazie.

– Les ennemis des Alliés et de l'Axe, lors de la Seconde Guerre Mondiale, récita l'asgardienne comme s'il s'agissait d'une leçon d'Histoire.

– Oui, et si l'un de leurs plus grands généraux, Crâne Rouge, n'a pas survécu à la fin de la guerre, le reste de l'HYDRA si. Ainsi fut créé le S.H.I.E.L.D.

Il y avait une certaine fierté qui habitait Coulson à ce moment de son discours.

– Plusieurs directeurs, continua-t-il avec le même ton, se sont succédé, mais Fury est, à ce jour, celui qui est resté le plus longtemps. Il est le seul officier de 33e degré, ce qui veut dire qu'il connaît l'emplacement des 28 bases sécrètes de l'agence à travers le monde.

Coulson parlait de Fury comme l'aurait fait un prêtre au sujet de Dieu, un élève de son professeur...

Comme une soeur de son frère...

Kara arrêta sa pensée par un sourire. Tout en balançant ses jambes devant elle, elle dit :

– C'est donc quelqu'un d'important. Et qu'attend-il de moi ?

– Il vous posera probablement des questions sur vous, sur Asgard... Un peu comme je l'ai fait au Nouveau-Mexique. Répondez juste le plus sincèrement possible et tout se passera bien.

– Alors, j'essaierai d'être sincère.

L'agent la regarda, tentant de voir si elle était sérieuse ou plaisantait simplement. Kara soutint son regard jusqu'à ce que ses yeux se plissent sous son sourire. Dans l'instant, elle sembla rajeunir et Coulson crut retrouver l'enfant qu'il avait vu empêtré dans sa cape, quelques jours plus tôt. La jeune femme affichait cette candeur sans aucune retenue, ne semblant pouvoir la laisser partir, ne voulant grandir. À moins que...

– Par simple curiosité, quel âge avez-vous ?

Le coin des lèvres de l'asgardienne retomba un temps, avant de se contracter pour lâcher une exclamation qui était tout sauf gênée :

– Oh ! des siècles et des siècles d'existence ! Je suis née bien après la guerre entre les Ases et les Vanes et au lendemain de celle contre Jotunheim.

Si les repères historiques semblaient précis pour l'asgardienne, il n'évoquait rien au midgardien qui était perdu. Heureusement pour lui, elle s'en aperçut.

– Ah ! Vous voulez certainement dire, d'après votre système. Attendez une seconde !

Fixant un point à l'horizon, elle leva son index au niveau de son regard, perdue quelque part dans sa tête. La réflexion fit s'entrouvrir sa bouche. Elle resta ainsi un instant avant de plaquer furieusement son doigt toujours tendu contre son front. Son visage se tordit en une grimace : le calcul n'était visiblement pas son fort. Patient, Coulson s'humecta les lèvres.

Finalement, les traits de l'asgardienne se détendirent et elle dit, dans un souffle comme si elle venait de courir :

– Je ne sais pas... Probablement aux alentours de vingt ans, peut-être moins.

– Comment est-ce possible ?

– Le temps n'a pas la même emprise sur nous, même sur moi qui suis de deux sangs. Vous, par exemple, j'ignore l'âge que vous avez, mais sur Asgard, vous pourriez bien encore vivre une bonne douzaine de siècles, les guerres comprises !

Elle rit. Coulson l'accompagna d'un sourire. Puis elle posa son regard sur les livres et caressa du bout de ses doigts la couverture.

– Cela me fait plaisir de pouvoir parler votre langue et de la pratiquer avec vous, fils de Coul. Merci de me rendre visite, je resterai muette sinon, et pourtant, j'adore parler.

Elle se mit à tapoter le volume de son index.

– Voilà pourquoi je m'efforce d'apprendre et je vous suis reconnaissante de m'y aider.

– Comment se fait-il que Thor parle couramment l'anglais, demanda Coulson curieux, alors que...

– ... Le mien était plus que mauvais ? termina-t-elle pour lui. Thor est un prince héritier, le futur roi de neuf royaumes, neuf peuples différents. Il se doit, pour le bien d'Asgard, d'en maîtriser toutes les langues.

Coulson remarqua qu'il y avait toujours une sorte de nostalgie dans sa voix lorsqu'elle parlait de Thor...

– À vrai dire, lui, ça ne l'intéressait pas tellement d'apprendre toutes ses langues... Lui...

Un froncement de sourcils, elle lâcha un petit rire et baissa la tête, en la secouant.

– Mais il avait toute l'éternité pour ça. Moi, je n'ai jamais appris, je n'ai jamais demandé...

Elle soupira pour laisser son menton retomber contre sa poitrine et demeura silencieuse.

Coulson s'approcha de la vitre et l'appela. Kara releva la tête. Son visage demeura neutre le temps d'un souffle, puis elle sourit de nouveau et la nostalgie disparut.

– Mais aujourd'hui, ça a changé ! Alors, merci. Qui prendrait soin de moi, sinon vous ?

L'agent ne sut que dire. Il lui rendit simplement son sourire. Kara le fixa encore un temps, puis s'empara du volume de Harry Potter et l'ouvrit aussi délicatement que s'il eut été fait d'air. Coulson se dit qu'il était temps pour lui de partir. Il s'éloigna de la cage.

– Passez une bonne journée, Kara !

– Vous reviendrez demain ? questionna-t-elle, le doigt posé sous « 1. LE SURVIVANT ».

Il la regarda.

– Oui, je reviendrai vous tenir compagnie aussi longtemps qu'il m'en sera possible.

Encore un sourire.

– Je n'ai jamais vraiment eu d'ami, avoua-t-elle.

Puis elle leva sa main et l'agita frénétiquement dans un signe d'au revoir.

Coulson quittait pièce, alors que derrière lui s'élevait déjà la lecture claire et surarticulée de l'asgardienne :

« Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu'ils étaient parfaitement normaux... »


* Histoire véridique dans les années 70 de l'agence d'espionnage ( Eh ! Ouais!)

** Voir "L'Incroyable Hulk" de MarvelStudio

*** Vous comprendrez tous la référence

**** Soit Tom Hiddleston dans ''Midnight in Paris'' de Woody Allen


(I) Dans l'univers de Marvel, Clay Quartermain et Sharon Carter sont tout deux de vrais agents du S.H.I.E.L.D. La deuxième vous dira certainement quelque chose (voir "Captain America : First Avengers & The Winter Solider").

(II) Principal recueil de poésie scandinave et donc de référence à la mythologie nordique

(III) Extrait du ''Le Seigneurs des Anneaux : Les Deux Tours'' de J.R.R. Tolkien

(IV) ''Coupez un membre, deux repoussent !''


La prochaine mission de Kara : survivre à Fury !
J'espère que malgré le peu d'action, ce chapitre vous aura plu.

Si vous avez détecté la présence de faute de grammaire, d'orthographe ou de vocabulaire, je vous prie de bien vouloir m'en excuser.

Je rappelle que je ne touche rien pour tous ses pixels utilisés et que vos reviews - bonnes ou mauvaises - sont toute ma fortune.

En espérant vous retrouver au prochain chapitre,

Bonne semaine et lisez-bien !

SkyA.