Chose promise... Voila le chapitre 3. Dans lequel Le Dark Edward touche le fond du trou avant de commencer sa rédemption.

Encore merci aux revieweuses qui ont survécu au chapitre précédent.

Et un grand merci à ma Vivi d'amour qui est toujours avec moi pour entre autre, me souffler les coupures sadiques.

Disclamer : (A réciter religieusement avec moi) Les personnages et l'univers de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer. Nous ne faisons que jouer avec eux. Merci Stephenie. Amen.

Bonne lecture.


13h50
Quesqu'elle fait cette connasse dans sa R5 ? Elle m'a pas vu au quoi ?

Je pile, les roues se bloquent dans un bruit de crissement strident, je me cramponne à mon volant. Choc...choc...silence...je vois les glissières par le toit ouvrant...choc...fracas...j'aurais du mettre la ceinture finalement...je m'écrase par terre. Je vois une BMW grenat s'éloigner en virevoltant en l'air puis disparaitre en contrebas.

Je veux me lever et courir mais aucun muscle ne répond. Je vois de la fumée mais ma vision est trouble,... Une explosion sourde... Il fait nuit...un éclair blanc...


Le silence...il me semble que je rampe...une douleur atroce envahit tout mon corps...c'est insoutenable...je rampe...je n'avais jamais eu mal avant...jamais malade...jamais d'accidents...putain de R5...tout est flou...jour...nuit...la forêt...les champs de blé...un ruisseau...jour...nuit...

_oO°

Je me réveille. Quel sale rêve...j'ai mal à la tête, j'ai besoin d'un café serré.

Je m'assois et j'essaie de reprendre mes esprits. Je tremble. Il fait noir, quelle heure est-il, je cherche mon réveil.

Ma vue s'habitue. Je suis au milieu d'un champ en pleine nuit, aucune lumière à proximité. Bordel. Je me lève et commence à courir dans une direction quelconque, l'odeur du sang sur mes vêtements m'agresse. Je cours vite, très vite. Le décor file à toute vitesse sans toutefois être flou. Je cours sans m'arrêter des heures durant. Je trouve un village. Désert a cette heure. Je vole des vêtements étendus, les miens sont sales et déchirés. Le jour se lève, le ciel est noir. Il pleut encore. Je fais du stop jusqu'à Paris. Il faut que je comprenne.

.

Devant ma villa je reste bras ballants. Tout est fermé. Un épais registre est placé sur une table nappée de noir, juste devant le portail. Je m'approche groggy.

Condoléance famille MASEN et PARKER. Nos regrettés Edward, Marie Héléonore, Jules, Gaspar MASEN et Brenda PARKER, nous ne vous oublierons jamais.

Je m'assois sur le trottoir incapable de bouger. Littéralement brisé. Je n'ai pas la force de pleurer.
Après un long moment, je m'approche du portillon. Je tourne la poignée mais c'est verrouillé. Je force et brise la serrure sans difficulté. Je me rends dans ma chambre, regarde une photo de mes enfants jouant dans l'herbe. Je vais vers le coffre.

Un à droite, Trois à gauche, neuf à droite. Treize septembre (1962), la date de naissance de B.

Je sors mon 357 magnum et une boite de cartouches. Je charge une seule balle. Assis sur le lit je pose le canon sur ma tempe en pensant à Brenda, j'appuie sur la détente. Bang...

Un bruit assourdissant me fait siffler l'oreille gauche, mon oreille droite est étrangement sourde. Je m'affale sur le coté. Je ne vois plus rien. Tout est blanc. Une odeur de poudre et de sang mêlé. Un mal de tête atroce.

_oO°

Dans la salle de bain, je me regarde dans le miroir. Je tiens une ogive déformée et ensanglantée à la main, je suis maculé de sang mais indemne. Le mal de tête et passé, j'entends et je vois correctement. Je tente de réfléchir à cette situation irréelle.
Je mets mon équipement de randonnée, un équipement de professionnel qui me servait pour mes sorties a Thoiry. J'ai envie de fuir. Loin.
Je prends mon GSXR 1100 neuf et m'élance sur l'autoroute. Il fait nuit. Mes yeux sont embrumés de larmes qui coulent maintenant à flot. je roule au hasard.

J'accélère à fond de rage. Droit vers ce pilier de pont. Je passe de 200km/h à 0 en un instant. Un bruit fracassant de plastiques, ferrailles, os, et autres débris divers... Une douleur intense presse tout mon corps ... noir...
Puis je me réveille. Je me relève regardant la carcasse broyée de mon engin.
Et je pars en courant, loin, loin de la ville et de son chahut. Je cours encore et encore. Et finis par m'arrêter au cœur de montagnes sauvages. Quelque part, nulle part.

_oO°

Les mois passèrent. La douleur était là, toujours vivace. Je ne dormais pas, je ne mangeais rien, ne buvais rien non plus. J'en étais arrivé à la conclusion que j'étais maudit.

Je payais pour ce que j'avais été. Une ordure suffisante qui ne croyait pas en Dieu, qui trompait sa femme, délaissait ses gosses, traitait l'amour de sa vie comme une vulgaire maitresse, et méprisait tout le monde. Un connard égoïste. J'allais peut être vivre une éternité dans cette douleur.
Les années passent comme des semaines. Je me suis habitué à survivre dans cette peine. j'ai bien réfléchi à ce que j'avais été, à ce que j'étais devenu, à ce que je devais faire.

Je dois me changer les idées si je ne veux pas devenir complètement fou. Me changer les idées pour oublier, faire le deuil.
Je décide de retourner à la civilisation.
Les cheveux longs, la barbe jusqu'aux genoux. Sale comme un pou, habillé d'un reste de lambeau de ce qui fut un vêtement.

Je cherche une habitation. Je trouve une maison de campagne isolée et fermée. Je pulvérise la porte d'un coup de pied. Trouve un ciseau, un rasoir, des vêtements décents. Je retrouve le beau jeune homme de 22 ans dans le miroir. Ses yeux verts me fixent incrédules.

Je pars faire le tour du monde à la recherche de quelqu'un d'autre dans mon cas. Ou de tout autre événement surnaturel qui me réconforterait. J'épluche les journaux, Internet, je suis chaque rumeur. Je vais dans les coins les plus reculés du monde, questionne les chamans, les moines, les prêtres, les druides, les rabbins, les imams, les voyantes, les sorciers, les vaudous. Fréquente le monde de la nuit, les réseaux SM, la drogue, la prostitution, les trafiquants d'arme, la guerre, les paris clandestins, tout y passe. Tous les pays. Je ne trouve rien. Aucune explication. Aucun indice.

Après des années d'errance je prends mon parti de souffrir en silence et de m'établir. Je choisis Seattle. Un peu par hasard. Je vis sans vraiment vivre. Je m'occupe. Le jour je me ballade ou je reste assis dans l'appartement que je loue cash.

-Combien le loyer ?
-300
-400 dollars en liquide et aucune question.
-Ca marche.
Le vieil homme mâchouillant un vieux cigare comprenait vite. Tant mieux.

Je me trouvais une place de barman de nuit dans un rad quelconque du centre ville.

-Salaire ?
-80 dollars par nuit, boissons comprises et un sandwich. Les pourboires sont pour moi.
-50 en cash, pas de paperasse, pas de question.
-Parfait, ça me va, mais pas d'histoire compris.
-Rien à craindre m'sieur, je serais invisible.

Je passais mes nuits derrière mon comptoir et fermais le bar aux aurores.

Je me faisais brancher par des célibataires en chaleur qui écrivaient leurs numeros sur tout et n'importe quoi, jusqu'à leur petite culotte. Je mettais leurs généreux pourboires dans le pot commun et jetais le reste.

_oO°

- Salut Eddi, toujours en avance ?
J'aime pas qu'on m'appelle Eddi.
-Oui, rien d'autre à faire.
- Tu veux venir avec nous au Palace samedi soir ?
- Sans façon merci, j'ai déjà mon compte ici.
- Allez quoi, ça te ferait du bien, t'est blanc comme un cul. Faut te trouver une nénette mon pote.
- Ben qu'en j'en voudrais une je te sonnerais Mickey.
- Quel rabat joie marmonna-t-il en partant.

Nuit calme. Froide, en semaine. Donc calme.

4h43

La salle se vide lentement. Un groupe de six est calé au fond dans la pénombre. Je ne les ai pas vus entrer c'est bizarre. Je devais être occupée mais d'habitude rien ne m'échappe et ce soir c'est pas le boulot qui m'a débordé.

Je finis ma vaisselle avant d'aller les voir, ils patienteront un peu, ils avaient qu'à venir me voir en entrant, suis pas la boniche du coin non plus. Surtout que la serveuse a pris sa soirée et que je suis tout seul.

J'astique soigneusement mes verres, que faire d'autre, je ne pense à rien. Je suis passé maître dans l'art de ne penser a rien.

Le dernier couple paye. La nana me déshabille du regard alors qu'elle est derrière son mec, incroyable. En partant elle laisse son paquet de clopes sur le comptoir. 854-5552, et un billet de 50 dans le paquet.

Allé, allons voir les casses couilles. Je m'approche et n'en vois que cinq. Je m'approche encore.

_oO°

Je tombe en arrêt devant elle. Assise en face de moi. Nous nous fixons intensément. Je suis scotché. Impossible de bouger. Son visage d'ange, ses cheveux de soie bruns mi long aux reflets de cuivre, ses lèvres pulpeuses. Elle me dévisage de ses yeux couleurs miel qui m'intriguent. Quelqu'un dit quelque chose. Je reprends mes esprits.

- pardon ?
- je disais : nous ne voulons rien, merci.

Le grand mince cheveux blond plaqués chemise crème qui vient de parler me tend un billet de 100 en me souriant de ses dents parfaitement blanches.

Celle qui parait être sa femme, cheveux châtains clair mi-long ondulés robe crème a l'air gentille et me sourit.
Un gros costaud brun coupé court avec une veste des alligators me regarde bizarrement, sa copine, une blonde cheveux longs robe vert bouteille qui est sur ses genoux m'ignore.

Une douce brune plus petite cheveux noirs courts corsé noir à lacets très classe me sourit calmement.

Tous ont les mêmes yeux couleur miel intense.

Je prends le billet en les remerciant, le recroise SON regard qui me transperce.
Il faut que je fasse quelque chose, prendre une décision. Mais quoi ? Je remarque la trousse portant l'insigne de médecin aux pieds du grand blond. Je réfléchis extrêmement vite.

J'attrape un verre vide sur la table laissée pas des clients précédent, la petite brune change immédiatement de visage.
- NOOONNNN hurla t elle juste avant que je ne fasse éclater le verre entre mes doigts.

-je suis confus, je... (Il devra me soigner, excellente approche.)

La morsure du verre sur mes doigts, quelques goutes de sang, je me sens immédiatement attrapé par derrière, une violente douleur sur mon cou surgit dans un craquement froid, puis un bruit de succion atroce. Une horrible brulure se répand dans mon sang.

- JAZZ NOONNN...

Ils semblent tous effrayés. Certains sautent à une vitesse ahurissante sur leur compagnon. Ma déesse reste assise, je ne la quitte pas de yeux, elle ne me quitte pas de ses yeux affolés. Je ne suis plus que douleur. On se débat derrière moi. De longs instants. La petite brune supplie. Les battements de mon cœur ralentissent.

- Non Jazz, arrête, je t'en prie, tu peux te contrôler, tu peux le faire, je le sais.
Elle semble pleurer, mais ne pleure pas.

Tout devient flou, sauf son visage, la tête me tourne, mes membres s'engourdissent. Si je tombe dans les pommes je ne profiterais plus de ma divine inconnue. Les minutes passent. Les gorgées résonnent dans mon cou encore et encore. Les battements de mon cœur s'arrêtent. Qu'il est bon de mourir.

On se débat toujours derrière moi. Tout devient noir, soudain je décide de me dégager, je décide de revoir ma belle, je décide à cet instant précis de changer de vie, ELLE sera mon but, ma quête,...mon graal.

La petite brune s'écarte instantanément et se fige, le regard rempli d'incompréhension.

Dans un mouvement de bras sec j'envoie valdinguer la masse collée à mon cou de l'autre coté de la pièce. Des tables explosent sous le choc. Dans un réflexe, le gros costaud se jeté sur moi en sifflant, je l'arrête d'un crochet du gauche qui brise mes phalanges. Son menton est comme de la pierre. Tous se figent. Je reprends rapidement mes esprit refabriquant le sang qu'il me manque. Je revois enfin ma déesse devant moi.
Puis tous disparaissent en une fraction de seconde.

Je me retrouve seul, au milieu de la pièce, a genoux, deux trous dans ma carotide crachent encore un peu de sang avant de se refermer. Son image est imprimée à vie sur ma cornée.

Je ne suis plus malheureux pour la première fois depuis des décennies.


Voila. J'espère que vous avez aimé.

La suite Samedi normalement.

Avec encore de L'action.