Hermione (2)

Lord Varys, car il devait s'agir de l'homme que l'autre garde était aller chercher et que son physique correspondait à la fiche qu'on lui avait donné lors de la longue préparation de mission, lui prit les mains et les serra chaleureusement. Ses propres mains lui parurent sèches comparées à l'humidité qui recouvrait celles de l'eunuque. C'était un homme important, se rappela la sorcière : Faudra être attentive à ces propos…

« Ma chère amie, vous me faites un immense honneur, nous sommes si peu à pouvoir interférer avec vos semblables ! » Il lui lâcha les mains avec un soupire de satisfaction et doucement s'appuya sur la table qui se trouvait derrière lui. « Un oisillon m'a chuchoté votre prénom : Hermione. Je suis Lord Varys, l'eunuque ou encore l'Araignée, ou autres surnoms dont on m'affable. Votre chef m'a informé par le biais d'une dizaine de lettres de la quête qui vous a été inculpé et il m'a explicitement demandé de vous prendre en charge, du moins au début. Après si besoin est, je devrai vous laisser vous envoler. Mais pour l'instant, ce sera la première de plusieurs rencontres, souligna Varys avec enthousiasme et un léger pouffement.
- Je vous suis grée de l'aide et de l'attention que vous me portez, messire. »
Toujours les appeler par leur bon titre, sinon il vous en coûtera. Voilà une règle qu'elle avait au plus vite retenue. Les gens de ce monde, surtout les nobles et chevaliers prétentieux, s'offusquaient de toutes erreurs et de tout comportement déplacé. On disait que leur punition était… démesurée. C'était du moins ce qu'on lui avait enseigné.
L'eunuque éclata de rire et se frotta les mains, amusé. Physiquement, il avait un air de ressemblance avec Slughorn, aussi dans ses mimiques. Mais quelque chose lui donnait le sentiment qu'il était bien dangereux, à sa manière.
« Je vois que vous avez retenu vos leçons, très chère. C'est très bien, vous avez ainsi plus de chance de survivre plus longtemps. »
Très rassurant… Les poils de son échine se redressèrent, allait-elle survivre ?
La même servante lui apporta des rafraîchissements et c'est avec soulagement qu'elle trempa ses lèvres dans un nectar fruitée qui la refroidit un peu. Cette chaleur… Même le palais de pierres n'était pas clément.
« Il fait atrocement chaud aujourd'hui, mais ça ne durera pas, lui annonça Lord Varys après avoir d'un geste distrait déplacé un des pions noirs de son échiquier.
Echec et mat.
- Avant de vous en dire plus sur ce qui vous attend ici à Port Réal…»
Hermione récita son cours sur les villes de ce continent, donc : elle se trouvait dans la capitale du Royaume. Les pupilles du seigneur Varys s'éclaircirent subitement.
« Oh ! Avant que j'oublie…, notre bon roi Robert n'est plus des nôtres, c'est son fils Joffrey qui occupe le trône à présent, annonça-t-il en se versant le nectar dans une coupe en verre. Il a été ouvert par un sanglier, le pauvre, Robert évidemment, pas Joffrey. » Il fit un temps de silence et en profita pour s'abreuver à son tour. « Vous allez rapidement remarquer que nous mourrons autrement que chez-vous, mon amie.
- Il y a eu une époque, dans mon monde, où nos vies se rassemblaient plus, mais ce fût il y a fort longtemps, précisa la sorcière avant de se rafraîchir une nouvelle fois. » Allait-elle réussir à s'accommoder à ce monde ? Ou n'allait-elle jamais rentrer chez-elle ?

« Parfait, je peux ainsi vous parler de ce sujet…délicat qui me préoccupe. J'aimerai vous prévenir le plus tôt possible. Je ne peux m'empêcher de souligner votre beau minois et votre corps de femme. Ici, votre con sera probablement soumis à des tentatives d'intrusions…, faites-en un arme est mieux vous vous en porterez, mais je ne crains pouvoir vous offrir une occupation sans risque. Les hommes vont probablement vous prendre. C'est un sujet qui n'est pas tabou, vous êtes femme ! avez-vous déjà connu un homme ? » Varys en parlait sans gêne, apparemment, semblait-il préoccupé par le sort de sa nouvelle protégée.
« Oui, j'ai connue un homme et je suis consciente de ce risque. On m'a sensibilisée à ce sujet, je… ferai ce qu'il faudra faire. » Son coeur se serra à la pensée de son ancien amant, de son meilleur ami. Est-ce que Ron allait bien ?
Ne t'inquiète pas pour lui, focalise-toi sur ce qui se passe maintenant,
s'ordonna-t-elle, de ses mains elle agrippa la soie ocre de sa robe, détendant ainsi un peu sa tension, elle respira un grand coup.
« Vous pourriez finir grosse très chère…
- Je sais, messire.
- Bien… maintenant, votre mission ne m'est pas étrangère et je ferai mon mieux pour vous aider, mais je ne peux pas vous promettre que mes services vous seront utiles. J'ai informé l'intendant, par le biais d'un ami, qu'une jeune femme cherchait une place acceptable au palais. J'espère qu'il vous mettra aux services d'une femme de la cour ou en cuisines, vous y risquerez certainement le moins. Sauf si le boulanger décide de vous pétrir les miches. Il pouffa et reprit rapidement son sérieux : Vous a-t-on enseigné les métiers de la Cour ?
- Partiellement, je le crains. Les miens ne savent que ce qu'on leur a appris. La pratique ils nous
- l'ont, hélas, pas ou rarement, enseigné. Mais j'apprend vite, affirma-t-elle, comme pour se rassurer.
- Vous me semblez sûre de vous, c'est une qualité, certes, mais prenez garde ! certains seigneurs préfèrent les servantes soumises, silencieuses et stupides. Ce qui n'est pas mon cas, heureusement. »
Lord Varys ferait-il parti de ces seigneurs prétentieux ? Tendrement, il saisit le poignet de la servante qui venait récupérer, en toute discrétion, les services et la boisson de son maître.
« Messire ? murmura la fillette de sa voix claire, ses yeux bleus brillaient d'humidité.
- Vous seriez bien brave si vous pouviez nous amener une robe que l'intendance a en réserve pour notre amie ? Les soieries feraient scandales, sinon.
- Votre servante, messire…
- Tout va bien mon enfant ? Vous me semblez émue. Varys la sondait doucement avec ses yeux sombres. Elle a l'air d'avoir pleuré, remarqua Hermione, cette enfant lui faisait de la peine, elle était bien trop jeune pour travailler et qui sait ce qu'elle subissait dans l'enceinte du château.
- Oui, Lord Varys, merci pour votre intérêt.»
Puis elle fit demi-tour pour quitter la pièce, rapidement.

L'eunuque émit un claquement de langue réprobateur, puis se retourna vers la sorcière qui ruisselait sur la chaise, les jambes fléchies. Il la regarda longuement, d'une façon qu'elle ne su déchiffrer.
« Hermione, une fois Milly revenue, je demanderai au garde, qui vous a mené à moi, de vous escorter chez l'intendant qui vous assignera un travail. Et si cela peut vous rassurer, car je vous sens inquiète, je garderai un oeil bienveillant sur vous.
- Merci Lord Varys, pour tout. J'aurai néanmoins une question, voire une requête à vous soumettre : on m'a confisqué une baguette en arrivant…
- Et on ne vous la rendra pas, je le crains, coupa-t-il sec, sans méchanceté mais il semblait être arrêté sur sa décision. Ses sourcils s'étaient froncés.

- Pourquoi ? » Elle déglutit avec difficulté, pitié pas ça, tout sauf ça, je serai condamnée…