Chapitre 2

31 Juillet 1991.

C'était rare qu'elle soit réveillée avant Dudley ou le reste de la maisonnée. Même s'il faisait toujours sombre dans son placard, elle savait que c'était encore la nuit. Elle se recoucha, cherchant désespérément son sommeil quand un sorte de roucoulement la fit sursauter. C'était ce bruit là qui l'avait réveillée. Elle alluma la petite lampe de chevet qu'elle était parvenue à sauver des mains de Dudley et observa fascinée la chose qui la fixait attentivement. Un oiseau. En fait, le plus grand oiseau qu'elle ait jamais vu. Il était magnifique avec son plumage vert et argenté.

« Bonjour ! » Murmura t elle en tendant lentement la main vers lui de peur qu'il disparaisse.

Au contraire, il se rapprocha d'elle et posa sa tête contre la paume ouverte de sa main avec un roucoulement apaisant.

« Qu'est-ce que tu fais là toi ? Tu t'es perdu dans mon placard ? »

Aussi étrange que ça puisse paraître, elle avait vraiment l'impression d'être comprise par cet oiseau. C'était une première dans la mesure ou sa propre famille ne la comprenait pas et préférait l'oublier dans un placard. Enfin, l'oubli restait préférable à la torture, aux coups et à l'humiliation ! Elle remarqua seulement la longue boîte accrochée à la patte de l'oiseau et la lettre attachée à son cou. Un pigeon voyageur géant. Elle savait bien que c'était son 11ème anniversaire mais personne n'y pensait jamais alors, elle s'était résignée ! Elle ouvrit doucement la lettre à son nom. L'écriture était belle, avec de longues cursives, une calligraphie impeccable. Le papier était épais, un peu jauni mais d'excellente qualité. Elle fronça les sourcils en voyant la signature. Son père ? Pourquoi lui écrivait il ? Pourquoi maintenant ?

Mon bébé, mon ange, ma Séfira,

Tu as 11 ans aujourd'hui, bon anniversaire. Je sais que ta vie n'a pas été facile et je m'en excuse. Peut être aurais je du laisser ta mère vivre ici avec moi mais dans ce cas, vous en auriez toutes les deux souffert et ce n'était pas envisageable, encore moins acceptable. De toute manière, je suis mort et elle aussi mais je voulais quand même laisser quelque chose derrière moi. Une bonne empreinte qui concurrencerait tout le mal que j'ai pu faire dans ma vie. Je sais ce que l'on dit, un mauvais père vaut mieux que pas de père du tout mais dans mon cas, tu n'aurais pas été heureuse. Je préfère te laisser tes illusions de petite fille. Peut être m'imagines tu comme un prince charmant, quelqu'un de courageux, de volontaire, de bien, quelqu'un qui t'aimerait plus que tout autre chose au monde et sur ce dernier point, tu as raison. Devoir laisser partir ta mère a été la chose la plus difficile que j'ai eu à faire. Moi qui désirais tant un enfant, savoir que jamais je n'aurais eu la chance de te voir, de te parler, de te toucher, de calmer tes pleurs ou tes craintes. Je m'en veux probablement plus que tu ne m'en veux si ça peut te consoler. J'aurais aimé te donner la vie de rêve que je n'ai jamais eu, là aussi j'ai échoué et tout ce que j'ai à t'offrir, c'est ma fortune, la garantie de mon amour et des surprises que tu découvriras petit à petit. L'homme qui t'a élevé, qui t'a donné son nom, James Potter, n'est pas ton père. Je lui suis très reconnaissant d'avoir aussi bien pris soin de toi et de t'avoir aimée comme j'aurais voulu le faire. Un jour, tu apprendras qui je suis, qui est ton véritable père et ce jour là, tu me haïras. Je sais ce que tu te dis en ce moment. Jamais je ne pourrais faire cela. Crois moi sur parole ma chérie, tu y viendras un jour et je l'aurais bien mérité. J'ai fais beaucoup de choses dont je ne suis pas fier et ce sont ces choses qui m'ont conduits à la mort. Mais grâce à ta mère, je suis mort digne, heureux et comblé.

Aujourd'hui, un vieil homme va venir te chercher. Un homme de confiance, quelqu'un de bien qui t'espère depuis 10 ans. il a du se résigner à te laisser chez cette femme qui se prétend être ta tante et je peux t'assurer que ça lui a coûté plus que tu ne le crois. Cet homme est le père de ta mère. Il est le directeur d'une école particulière. Une école de sorcellerie qui s'appelle Poudlard. Ne fais pas des yeux ronds. Tu le sais bien que tu es différente des autres petites filles de ton âge. Je me demande si tu as tous mes dons. L'avenir aussi nous le dira. Dis toi que le château où tu vas est à toi. C'est ta maison. Il fut un temps où je l'ai moi même possédé. S'était une propriété familiale que j'ai accepté de changer en école avant de m'en faire chasser. Ironique mais pas si terrible que ça quand on connaît le contexte. Il ne te parlera pas de moi alors, ne l'interroge pas non plus. Je préfère que tu conserves une idée généreuse de moi pour encore quelques années. Viendra un moment où la vérité s'imposera à toi et ce jour là, tu obtiendras toutes les réponses à tes questions je te le promets. Tu trouveras une autre lettre dans le château, derrière un tableau représentant un serpent dans les cachots.

J'ai cherché bien longtemps ce que je pourrais t'offrir pour ton anniversaire. 11 ans est un âge important chez nous. La petite boite dans la grande boite contient une bague que j'ai fait forgé spécialement pour toi. J'espère qu'elle te plaiera. Il y a également une robe à nos couleurs. L'oiseau est un phénix. Il a éclot spécialement pour toi et n'as pas encore de nom. A toi de lui en trouver un.

Je resterais près de toi ma chérie. A Poudlard, tu ne seras jamais seule je te le promets. Je veillerais sur toi même si je suis mort. Tu es mon univers, mon cœur, mon âme et je t'aime plus que tout au monde ne l'oublie jamais.

Ton père.

Les yeux remplis de larmes, Séfira replia doucement la lettre et la rangea avec soin sous son oreiller. Elle n'avait pas forcément tout compris à part le principal. Son défunt père l'avait aimée. Elle ne savait rien de ses parents mis à part ce qu'elle entendait de la part de sa tante et son oncle. Violents, alcooliques. Maintenant, elle savait qu'ils n'étaient pas comme ça. Un père violent et alcoolique n'écrivait des lettres aussi merveilleuse. Avec des gestes délicats, elle écarta les feuilles de soie qui recouvraient sa robe et la souleva avec un réel sourire enfantin. Elle semblait être sortie d'une autre époque. Noire en velours assez épais, ce qui lui allait bien puisqu'elle était très frileuse, un liseré d'argent serpentait sur les bord et des dessins discret au fil vert émeraude terminait le design. Elle trempa un chiffon dans le baquet d'eau glacée qui lui servait de salle de bain et se débarbouilla en frissonnant. Une fois propre, elle passa la robe de son père et sourit. S'était doux et chaud. Tout à fait ce qu'elle aimait. Elle prit le peigne à moitié cassé et dénoua ses longs cheveux blonds argentés avant de ramasser un long ruban de velours dans la boîte et de nouer sommairement ses cheveux en une demi queue. Finalement, elle ouvrit la petite boite et glissa à son annulaire gauche une petite bague en or blanc en forme de serpent qui enroulait sa queue autour d'une émeraude.

Quand Pétunia vint tambouriner à sa porte, elle était relisait pour la 15ème fois la lettre de son père, apprenant ses mots par cœur. Au moins, tout était plus claire. Elle n'était ni un monstre, ni anormale. Une sorcière. Comme beaucoup d'autres visiblement. Ça expliquait beaucoup de choses qui lui arrivaient ou lui étaient arrivées. La manière dont elle lisait dans l'esprit des gens, la manière dont elle parlait aux serpent, dont elle changeait la météo, dont elle faisait voler des choses ou qu'elle cassait des choses quand elle s'énervait.

Pétunia manqua de peur de faire tomber sa poëlle en voyant sa nièce apparaître dans la cuisine comme un ange tombé du ciel. Bon sang ce qu'elle pouvait la détester.

« Où as tu trouvé ces vêtements ? »

« Cadeau d'anniversaire ! Je m'occupe du café ? »

« Oui ! »

Pétunia l'observa à la dérobée, cherchant ce qui avait changé en une nuit. Sa nièce avait l'air radieuse et confiante. S'était mauvais ça sachant qu'elle avait 11 ans aujourd'hui. Bah, quoiqu'il se passe, plus vite elle serait partie et plus vite elle serait tranquille. Elle sursauta en entendant la sonnerie de la porte. Probablement le facteur pensa t elle en allant ouvrir. Un cri aigu s'échappa de sa gorge en avisant le vieux barbu devant elle. Le père de sa sœur. Albus Dumbledore, le vénéré directeur de Poudlard, école de sorcellerie.

« Allez vous en ! Je ne veux pas d'autres monstres chez moi ! »

« Je suis venu chercher Séfira. Définitivement si c'est ce qu'elle veut. »

« Eh bien prenez là et disparaissez d'ici ! Morveuse ! » Beugla t elle à travers la maison.

Albus se sentit fondre en voyant la petite merveille blonde apparaître derrière sa tante. Magnifique dans cette robe noire en velours aux décorations digne de Serpentard. Ce cher Salazar aurait il songé à laisser des cadeaux à sa fille ? Il n'y avait pas à dire, il était très fort.

« Bonjour Séfira. Je m'appelle Albus Dumbledore. Je suis ton grand père et je suis venu te chercher. Enfin, si tu veux venir avec moi bien sur ! »

« Je vais chercher mes affaires ! » Murmura t elle sans même y réfléchir.

Tombant nez à nez avec son phénix, elle s'en voulut de ne pas encore lui avoir accordé un peu d'attention. Elle tapota doucement son épaule sur laquelle il se posa en douceur et elle récupéra simplement la couverture rose de son enfance et la lettre de son père avant de rejoindre cet homme aux airs de père noël qui était son grand père.

« Au revoir tante Pétunia ! » Souffla t elle avant que la porte ne se referme violemment sur elle.

« Je suis désolé de t'avoir laissée ici. Je n'avais pas le choix à l'époque. Tu as une très jolie robe. Les couleurs sont très particulières surtout. Ça ressemble beaucoup à ton père. »

« C'est mon cadeau d'anniversaire. »

« Le phénix aussi ? »

« Oui. Ainsi que la bague. Est-ce que vous le connaissez ? »

« Comme tous les sorciers. Tu le sauras bien assez tôt ne t'en fais pas. Séfira, j'imagine que ça doit être compliqué à comprendre… »

« Vous n'imaginez rien ! » Remarqua t elle doucement d'une voix néanmoins plus sèche. « Pour Pétunia et son mari, mes parents étaient deux chômeurs alcooliques qui sont morts dans un accident de voiture. Puis je reçois cette lettre. Un homme qui se dit être mon père, qui m'aime plus que tout et qui regrette d'avoir dû me séparer de lui. Et après vous arrivez en me disant que vous êtes mon grand père et que vous êtes désolé de ne pas avoir pu me garder à l'époque. Vous vous êtes déjà demandé à quel point je pouvais me fiche de vos pitoyables excuses ? Avez vous imaginé ce qu'à été ma vie pendant ces années ? Seule et rejetée de tous, enfermée dans un placard sinistre, sombre et froid, me croyant anormale parce que je pouvais faire des choses que les autres ne pouvaient pas faire. Laissez moi vous dire une petite chose monsieur Dumbledore, quand vous retrouvez votre petite fille abandonnée depuis 10 ans, évitez de lui parler de son père avec cet air dégoûté parce que pour le moment et à ma connaissance, il est le seul à m'avoir réellement aimée ! »

Incapable d'aligner deux mots cohérents, Albus la regarda avancer sans même se retourner. Voilà comment on se faisait moucher par une gamine de 11 ans. elle n'avait pas tort d'un autre côté. Pour lui qui espérait tant de ces retrouvailles, ça lui faisait l'effet d'une douche froide. Comme quoi on pouvait toujours être surpris.

« Séfira ! Je suis désolé. Je ne voulais pas te vexer. J'ai oublié ce que s'était d'être normal. »

« Pour eux, je suis surdouée alors, n'aie pas peur de me parler comme à une adulte. C'est tout ce que je demande. Enfin, ça et connaître l'identité de mon père mais d'après lui, ça viendra un jour ou l'autre et il vaut mieux que je me complaise dans mes fantasme d'enfant ! »

« Eh bien je dirais que les humains sont comme des pièces. Elles ont toutes deux faces et quoique ton père ai pu faire, c'est vrai qu'il t'aimait vraiment beaucoup. »

« Tu veux bien me parler un peu de maman et de lui ? Ou de l'homme qui m'a élevée comme sa fille ? »

« Ta mère, Liliane, était magnifique. Enfin, c'est normal puisque je suis son père mais tout le monde la trouvait magnifique et tu lui ressembles beaucoup. Surtout les yeux. S'était une sorcière incroyable. Puissante, gentille. Elle a rencontré ton père plutôt par hasard. Autant dire qu'il était le plus puissant sorcier de sa génération. Il avait une très mauvaise réputation et ta mère étant ta mère, elle a cherché l'homme qui se cachait sous cette carapace. Ils sont tombés amoureux l'un de l'autre et elle est tombée enceinte de toi. Il paraît qu'il était extatique quand elle lui a annoncé la nouvelle mais la situation s'est gâtée et il l'a obligée à partir pour ne pas mettre vos deux vies en danger. Elle ne savait pas quoi faire quand elle est revenue à Poudlard. Elle a demandé à James de t'adopter et il a immédiatement accepté. Tu n'étais pas sa fille mais il t'aimait quand même plus que tout. S'était le meilleur ami de ta mère et comme il ne pouvait pas avoir d'enfant, tu as été son rayon de soleil l'espace d'une année. »

« Et toi là dedans ? »

« Le monde sorcier, notre monde, est un endroit très particulier et pour que tu comprennes tout bien, je vais devoir remonter un peu dans le temps. Il y a 50 ans, j'étais directeur adjoint de l'école et j'ai été chargé de ramener un jeune sorcier. Il s'appelait Tom Elvis Jedusor. Il était très intelligent un peu comme toi mais son âme était noire même a 11 ans. Il a mal tourné. Très mal tourné même. Quand il est sorti de l'école, il a disparu quelques années et est revenu sous le surnom de Lord Voldemort. il se battait pour la pureté du sang. Il pensait que seuls les sangs purs avaient le droit à une éducation et même à la vie. Tes parents se sont dressés contre lui avec moi et d'autres sorciers de leurs générations ou de la mienne. C'est ce qui les a tous conduits à la mort. Le soir où il a tué tes parents, il a aussi essayé de te tuer mais ça n'a pas marché comme il le voulait et c'est lui qui a été détruit. Dans notre monde, tu es très célèbre et pas seulement en bien. Beaucoup t'adulent et ceux qui supportaient Voldemort te détestent. C'est pour cette raison que je n'ai pas pu m'occuper de toi. Tu n'avais qu'un an et demi à l'époque. Le monde sorcier était en pleine reconstruction et tu aurais été en danger. Je ne pensais pas que te placer chez Pétunia était une si mauvaise chose. Je te dois toutes mes excuses. »

Elle le transperça de son regard émeraude, cherchant à déterminer jusqu'à quel point elle devait lui faire confiance. elle n'avait jamais fait confiance à qui que ce soit.

« Où allons nous ? » S'enquit elle incapable de se décider tout de suite.

« Eh bien c'est ton anniversaire et 11 ans est un âge important chez nous. Et puis, j'ai quelques cadeaux de retard. De plus, j'ai la liste de ce dont tu auras besoin une fois à l'école. Que pense tu de découvrir l'un des plus beaux endroits de notre monde ? »

« A une condition. »

« Je t'écoute. »

« J'ai toujours pas trouvé de nom pour mon phénix et j'aimerais trouver quelque chose qui lui irait bien. »

« Je t'offrirais l'histoire de Poudlard. Tu y trouveras certainement un nom intéressant. »

« Et nous entrons dans un bar parce que ? »

« Parce que c'est l'entrée du chemin de traverse. Suis moi ! » Sourit il en prenant sa main.

« Bonjour professeur Dumbledore ! » Salua le barman avec un sourire à moitié édenté. « Déjà en mission pour Poudlard ? »

« Non. Juste une journée shopping entre un grand père et sa petite fille. Tom, voici Séfira. »

« Mais bien sur ! C'est Séfira Potter ! »

Un silence de plomb tomba sur l'assemblée. Séfira serra les dents, assaillies par des dizaines de pensées qui n'étaient pas les siennes. Voilà ce qui l'avait aussi étonnée avec son grand père. S'était tellement calme autour de lui. Là, ça fourmillait d'idées, de scénarios déplaisants. Sa cicatrice se mit à la piquer quand un homme maigre à la tête enrubannée la salua vivement avec un bégaiement prononcé. Les couleurs blessaient ses yeux sensibles. Ça n'était pas la première fois que ça lui arrivait mais elle avait toujours pensé à des hallucinations oculaires. Hors, la majorité des personnes de ce bar étaient entourées par des couleurs, des mots ou des signes qu'elle semblait comprendre.

« Miss Potter ! C'est une grande joie pour moi ! » Balbutia t il.

Son esprit était brouillé et double. Une partie de lui était sincère, l'autre lui promettait milles morts. Le gris était presque dissout dans le noir et il n'y avait que des têtes de morts et des serpents. Flippant !

« On peut y aller ? » Pressa t elle doucement en serrant ses mains l'une contre l'autre.

« Bien sur ! » Sourit albus en l'entraînant derrière lui vers le fond du bar. « Ça va ? »

« Non. Leurs pensées étaient trop fortes et ça me vrillait les tympans. »

« Tu es télépathe ? »

« J'en sais rien. C'est nouveau pour moi. Mais ce que je sais, c'est qu'autour de toi, il n'y a rien. »

« C'est parce que je pratique toujours l'occlumentie. Une manière de dire que mon cerveau est fermé aux intrusions. Ça doit être pour ça que tu n'entends rien. »

« Je risque de souvent squatter ton bureau si je suis toujours entourée de gens qui pensent trop forts. »

« Tu es la bienvenue dans mon bureau quand tu le souhaites Séfi ! Tu as d'autres dons aussi intéressant ? »

« Je peux faire voler des objets par la pensée, je peux parler aux serpents, je peux changer le temps aussi. » Expliqua t elle, préférant garder sa dernière faculté pour elle.

« Impressionnant. Passons d'abord par Gringott, c'est la banque des sorciers et ensuite, nous irons à la librairie ou nous tenterons de trouver des livres qui te permettront de dominer tous ces dons. »

Elle hocha doucement la tête reconnaissante et soulagée de ne pas être considérée comme un phénomène de foire. Elle pénétra avec lui dans le hall de gringott et eut du mal à se faire à la luminosité ambiante. Le bâtiment était magique. Ça devait être ça qu'elle voyait. La magie. L'âme de la magie. Des petites choses très moches gardaient les comptoirs et après l'avoir interrogé, Albus lui expliqua qu'il s'agissait de gobelin. Des créatures experte en matière d'argent, de placement et de garanties.

« Professeur Dumbledore ! » Grommela leur gobelin en jetant un rapide coup d'œil à la petite fille aux côtés du directeur. « Que puis je pour vous aujourd'hui ? »

« Je suis venu retirer quelques galions de mon coffre personnel et je crois que mademoiselle Potter souhaiterait en faire tout autant. »

« C'est votre anniversaire mademoiselle Potter ? »

« Oui monsieur. J'ai 11 ans aujourd'hui ! » Murmura t elle impressionnée.

« Je vois. Si vous voulez bien venir dans mon bureau tous les deux ! »

« Il y a un problème Griphook ? » S'enquit Albus en fronçant les sourcils.

« Pas du tout professeur. Suivez moi ! »

Ils longèrent quelques couloirs avant de déboucher sur un bureau ovale de bonne grandeur, remplie de dossiers, de caisses et aux murs couverts de tableaux représentant d'éminents gobelins.

« Installez vous je vous prie ! » Ordonna t il en fouillant un grand coffre présent. « J'ai reçu l'ordre de remettre quelque chose à mademoiselle Potter si elle se présentait ici pour ses 11 ans. » Expliqua t il en sortant une longue boite et une lettre tout aussi jaunie que l'autre et portant la même écriture.

« C'est une lettre de papa ! » Murmura t elle le cœur serré. « On dirait qu'il a organisé un parcours découverte ! » Plaisanta t elle faiblement en la décachetant.

Ma princesse,

Si tu lis ceci, c'est que le gobelin à qui je l'avais laissé a bien rempli sa fonction. Finalement, cette banque aura eu plus d'avenir que je le croyais au début. Tu as normalement 11 ans et donc, tu as du recevoir une première lettre de moi. Connaissant bien le futur, je sais qu'aucune baguette ne te conviendra parce que certaines créatures ont disparu. Vois tu, les baguettes magiques sont faites à partir d'arbre magico-porteur et au centre, on retrouve quelque chose appartenant à une créature magique. Je crois que beaucoup d'entre elles vont disparaître et parmi elles, la plus parfaite, la plus puissante et la plus aboutie des créatures qui est également ma création. Le basilique. C'est un serpent géant dont un simple regard peut tuer. Ça a l'air méchant mais comme nous sommes toi et moi fourchelangue, ils restent de très agréables animaux de compagnie extrêmement fidèle. Peut être un jour en croiserais tu un. J'en avais laissé un pour la protection de Poudlard. Puisqu'elle ne m'est plus d'aucune utilité, je te lègue ma baguette. Tu sais, elles ne sont pas qu'un instrument dépourvu d'âme. Elles portent en elles le cœur, les rêves et les espoirs de son précédent sorciers, raison pour laquelle les baguettes sont enterrées avec leurs possesseurs. J'ai préféré te laisser la mienne afin qu'elle te protège comme j'aurais voulu et du le faire. Traite la avec respect et en échange, elle sera ta meilleure protection. Je sais que tu te poses aussi de nombreuses questions quand à ce don dont tu tais l'existence, quand Albus aura le dos tourné, procure toi un livre sur les liseurs d'aura. Il t'apprendra de bien nombreuses choses. Une fois ce don parfaitement maitrisé, tu sauras exactement ce qui t'entoure mais si je peux me permettre de te donner un conseil tout paternel, fie toi toujours à ton instinct et ne t'arrête pas aux préjugés. J'ai ouvert un compte à ton nom. Dépense cet argent comme bon te semble. Offre toi tout ce que j'aurais aimé t'offrir. Une autre lettre et une autre surprise t'attendent à Poudlard.

Ton père qui t'aime.

« C'est sa baguette ! » Souffla t elle en prenant la boîte en bois dans ses mains.

Elle souleva doucement le couvercle et sortit un long bout de bois noir entouré d'un liseré d'argent qui vibra entre ses mains. Elle se sentit entourée par un vent chaud, doux, réconfortant et bourré de sentiments positifs. La tendresse, l'amour et la tristesse de n'avoir pu être là.

« Cette personne qui tient à garder l'anonymat a également laissé un coffre à votre attention mais il ne vous sera accessible qu'à vos 15 ans. En attendant, vous avez celui que vous a laissé votre mère. »

« Je veux juste de quoi m'acheter des vêtements et des livres ! » Souffla t elle.

« Bien sur ! Je vous en prie ! » Déclara t il en la laissant sortir du bureau.

« Qu'a t il laissé dans son coffre ? » Demanda Dumbledore à voix basse.

« Beaucoup de trésors de notre monde mais surtout, les titres de propriété de Poudlard. C'était un château familial qu'il a prêté aux 3 autres fondateurs pour faire l'école mais la propriété et le château en lui même appartiennent à la famille serpentard. Vous pouvez remercier Merlin pour elle parce que si elle n'était pas sa fille, Voldemort aurait pu faire main basse sur le château ! »

« Effectivement, remercions Merlin pour ça ! »

« » « » « »

« Et donc, ça, c'est de l'or ! » Récapitula Séfira en regardant les galions dans sa main. « Et ce sont les pièces qui ont le plus de valeurs ici ? »

« Exact mais tu ne trouveras pas grand chose qui vaut un galion. Tu auras plus souvent affaire aux mornilles et aux noises. Par quoi veux tu commencer ? »

« La librairie. J'adore la lecture ! »

« Allons à la librairie alors ! » Sourit il heureux en voyant qu'elle ressemblait vraiment beaucoup à sa mère.

Elle fila de son côté dès qu'ils eurent passés la porte et il l'entendit lui crier de se retrouver dehors une heure plus tard. Séfira laissa tomber les comtes pour enfants et alla directement voir les livres des sections réservées aux plus vieux. Magie ancienne, magie sans baguette, télépathie, télékinésie, fourchelangue, légilimencie et occlumentie, les sorts de protection, la potion pour débutant et experts, les créatures magiques, les serpents, les liseurs d'auras, tout y passa. Elle ne voyait même plus où elle mettait les pieds au final tant elle avait des livres dans les bras. Après avoir pris aussi les livres de la liste, elle déposa le tout sur le comptoir en essayant de ne pas les faire tomber et sourit au caissier qui la regarda halluciné.

« Ces livres ne sont pas tous de votre âge mademoiselle… ? »

« Potter ! Je vous en prie. C'est pour ma culture personnelle ! »

« Séfira Potter ? Je serais bien mal venu de vous refuser quoique ce soit ! » Sourit il gentiment et lui mettant tout en sachets. « 3 galions et 4 noises s'il vous plaît ! »

Elle lui tendit 4 galions et récupéra ses sacs avant de partir sans reprendre sa monnaie.

« Aurais tu dévalisé la librairie ? » Plaisanta Albus en l'aidant à tout porter.

« J'adore lire ! Et il y avait tellement de livres fascinant que j'ai du me retenir. Est-ce que je pourrais revenir avant la rentrée scolaire ? »

« Bien sur ma chérie. Au pire, on prendra le catalogue et tu passeras autant de commandes que tu le souhaites. Mais tu sais, nous avons une fascinante collection à Poudlard. As tu déjà un peu regardé le programme ? »

« Oui. Je crois que je vais adorer les cours de potion, de défense contre les forces du mal, de soins aux créatures magiques et de vol ! »

« Nous avons le meilleur professeur de Potion. Il s'appelle Severus Rogue mais il est un peu… particulier. Ne te vexe pas s'il ne se montre pas vraiment sympathique ou accueillant. Il est comme ça avec tout le monde. »

« 10 ans avec oncle Vernon et Jack l'éventreur passe pour un gentleman ! » Pouffa t elle le regard malicieux.

« Si tu te montres bonne élève, il sera peut être plus souple. »

« Je ne suis pas bonne élève grand père. J'ai toujours été la meilleure et je resterais la meilleure ! »

« Je n'en doute pas. Et si nous allions nous occuper de ta garde robe ! »

« J'aime bien ces couleurs ci ! »

« Eh bien ça sera ces couleurs là alors ! » Sourit il en l'emmenant chez madame Guipure.

« Albus ! » S'exclama celle ci visiblement ravie. « Et vous êtes venu avec Séfira. Ta maman avait un goût très sur pour la mode tu sais. Tu es venue pour tes robes de Poudlard ? »

« Ça et une garde robe complète ! Séfira aime le noir, le verts et l'argent ! »

« James Potter se retournerait dans sa tombe s'il savait que sa fille renie les couleurs des Gryffondors ! » Pouffa t elle en prenant les mesures de la petite fille qui se laissa docilement faire. « Vous avez besoin de tout ? Sous vêtements y compris ? »

« Oui ! »

« Chaussure ? »

« Aussi ! Manteau, bonnets, gants, la totale ! »

« Ça ne sera pas prêt avant demain ! »

« Vous auriez au moins une chemise de nuit et une tenue pour demain en attendant ? » Demanda doucement Séfira en inspectant les modèles déjà exposés.

Elle fila dans sa réserve et revint avec une robe et un pijama.

« Tu envoies le reste à Poudlard avec la facture ! »

« Tu auras ça demain en début d'après midi Albus. J'enverrais un elfe à Poudlard ! »

« Parfait ! Séfira ? Prête à voire Poudlard ? »

« Oh que oui ! » Sourit la fillette en sautant du tabouret, frétillante d'anticipation.

« A Poudlard alors ! » S'exclama Albus en la soulevant sur son épaule, remarquant au passage qu'elle ne pesait pas grand chose.

A suivre…

Je suis désolée par avance pour toutes les fautes d'orthographe, j'espère que vous n'avez pas trop les yeux qui saignent mais je vous avoue qu'à cette heure, je suis claquée! Je voulais updater l'histoire plus tôt mais j'étais en vacance et je suis assez fière de ne pas avoir sorti mon ordinateur une seule fois! :)

Bonne lecture et à bientôt pour le chapitre 4!